Dans les cou­lisses de la prin­ci­pale UR­GENCES. cli­nique de garde vé­té­ri­naire de Tou­louse

À Tou­louse, la cli­nique Vet-Ur­gen­tys concentre près de 95 % des ur­gences vé­té­ri­naires. On vous em­mène dans les cou­lisses de ce ser­vice de garde qui prend soin de nos amis à poils.

Voix du Midi (Toulouse) - - En Ville -

Quand on a une ur­gence mé­di­cale, pas de sou­cis : on com­pose le 15, le nu­mé­ro d’ap­pel du Sa­mu. Mais que faire lorsque l’ur­gence concerne son ani­mal de com­pa­gnie ? Dans ces cas-là, les maîtres ne savent pas tou­jours à quel Saint se vouer… et la si­tua­tion est d’au­tant plus stres­sante que le « ma­lade » ne peut pas com­mu­ni­quer sur son état. « En rai­son d’une très forte em­pa­thie avec l’ani­mal, il y a une vraie an­goisse des pro­prié­taires en cas d’ur­gence vé­té­ri­naire, qui dé­passe sou­vent ce qu’ils pour­raient res­sen­tir en cas d’ur­gence concer­nant leur propre san­té ou celle d’un proche » , re­lève Ja­rek Szc­ze­pa­niak.

Ce vé­té­ri­naire est l’un des deux as­so­ciés, avec Maxence de Jou­ven­cel, de la Cli­nique vé­té­ri­naire Vet-Ur­gen­tys de Tou­louse. Si­tué bou­le­vard de Suisse, près des Ponts-Ju­meaux, l’éta­blis­se­ment de san­té dé­dié aux chats et aux chiens concentre des ur­gences vé­té­ri­naires ve­nues d’un rayon de 25 km au­tour de Tou­louse.

Re­lais d’une cen­taine de vé­té­ri­naires

La cli­nique Vet-Ur­gen­tys s’est créée en 2004 pour ré­pondre à un be­soin des vé­té­ri­naires tou­lou­sains. « Jusque-là, une ro­ta­tion de tours de garde était ins­tau­rée, et elle ne per­met­tait pas une qua­li­té de ser­vice op­ti­male » , pour­suit le vé­té­ri­naire. La créa­tion de cette cli­nique s’est faite sur un par­te­na­riat avec 95 % des vé­té­ri­naires de l’ag­glo­mé­ra­tion. Au­jourd’hui, ils sont en­vi­ron une cen­taine à ren­voyer leurs clients vers ces ur­gences quand leur ca­bi­net est fer­mé. Vet-Ur­gen­tys est ain­si ou­verte en se­maine de 19 h à 8 h 30, les week-ends du sa­me­di à 12 h au lun­di à 8 h 30, et tous les jours fé­riés. Toute l’an­née, sans in­ter­rup­tion… « Ren­voyer vers une même cli­nique iden­ti­fiée per­met d’as­su­rer un sui­vi et une éga­li­té de soins, mais aus­si de ré­duire les dé­lais de prise en charge des ani­maux » , ana­lyse Ja­rek Szc­ze­pa­niak. L’équipe compte sept vé­té­ri­naires, dont les deux as­so­ciés, et quatre as­sis­tantes qui se re­laient tout au long de l’an­née grâce à un plan­ning ré­glé comme du pa­pier à mu­sique.

Car, se­lon le pro­fes­sion­nel, c’est un vé­ri­table tra­vail d’équipe pour par­ve­nir à gé­rer de fa­çon ef­fi­cace et hu­maine les si­tua­tions d’ur­gence. « On re­çoit entre 10 et 20 per­sonnes par nuit en se­maine, une cen­taine sur un week-end com­plet. Nos as­sis­tantes ef­fec­tuent un im­por­tant tra­vail de ré­gu­la­tion en amont pour prio­ri­ser les ur­gences et évi­ter que maîtres et ani­maux se re­trouvent en salle d’at­tente pen­dant plu­sieurs heures » . En cas de sou­cis avec votre ani­mal, il est en ef­fet dé­con­seillé de dé­bar­quer à la cli­nique. « Ap­pe­lez d’abord votre vé­té­ri­naire qui, s’il n’ef­fec­tue pas lui-même ses gardes, vous orien­te­ra vers la struc­ture avec la­quelle il tra­vaille. S’il ne ré­pond pas, té­lé­pho­nez di­rec­te­ment à la cli­nique : un pré-diag­nos­tic pour­ra être ef­fec­tué pour dé­ter­mi­ner le ni­veau d’ur­gence » , ex­plique le vé­té­ri­naire.

En cas d’ur­gence bé­nigne, comme un boi­te­ment par exemple, il pour­ra être de­man­dé au pro­prié­taire de pa­tien­ter avant de ve­nir. « Chez nous, lors­qu’on pa­tiente, c’est plu­tôt une bonne nou­velle : ce­la veut dire que la si­tua­tion n’est pas grave. Une grande par­tie de notre tra­vail vise donc à ras­su­rer les pro­prié­taires. » Viennent en­suite les ur­gences re­la­tives, dans les­quelles la vie de l’ani­mal n’est pas en dan­ger mais qui né­ces­sitent une prise en charge pour évi­ter que la si­tua­tion ne s’ag­grave. Ci­tons par exemple les cas d’un épillet, très fré­quents en été, coin­cé dans l’oeil d’un chien. En­fin, les ur­gences ab­so­lues, qui en­gagent la vie de l’ani­mal, sont trai­tées en prio­ri­té : tor­sion de l’es­to­mac, ac­ci­dent de la route, coup de cha­leur, chat tom­bé d’une fe­nêtre ou at­teint de throm­bose (in­ca­pa­ci­té à uri­ner), etc. « On est gé­né­ra­le­ment ca­pables de dé­ce­ler ces ur­gences ab­so­lues au té­lé­phone car elles se ca­rac­té­risent par des symp­tômes vrai­ment par­ti­cu­liers. »

La cli­nique s’agran­dit

Au fil des an­nées, la cli­nique a ré­gu­liè­re­ment su­bi des trans­for­ma­tions afin de ne ja­mais être sub­mer­gée. Elle dis­pose ain­si de quatre salles de consul­ta­tion, dont une spé­ciale pour les gros ani­maux, un bloc opé­ra­toire et son propre la­bo­ra­toire d’ana­lyse « pour per­mettre des diag­nos­tics ra­pides » . Au mois de juin, l’équipe a éga­le­ment inau­gu­ré un tout nou­vel es­pace che­nil. La cli­nique peut dé­sor­mais ac­cueillir jus­qu’à 50 ani­maux si­mul­ta­né­ment – contre 30 au­pa­ra­vant –, avec des es­paces sé­pa­rés pour les chats et les chiens. Une troi­sième zone est dé­diée aux ani­maux conta­gieux.

No­tez que Vet-Ur­gen­tys ne soigne que les chats et les chiens. Pour toute autre es­pèce, il existe à Tou­louse une cli­nique spé­cia­li­sée dans les NAC (Nou­veaux ani­maux de com­pa­gnie) : si­tuée à Lar­denne, elle pour­ra soi­gner vos rep­tiles, oi­seaux et autres ron­geurs… En­fin, l’équipe vé­té­ri­naire a dé­ci­dé de­puis quelques mois de mettre l’ac­cent sur la pré­ven­tion par l’in­ter­mé­diaire de son site in­ter­net. « Beau­coup de fausses in­for­ma­tions cir­culent sur in­ter­net quant à la san­té ani­male. On a donc pris le par­ti de pu­blier ré­gu­liè­re­ment des ar­ticles thé­ma­tiques pour aler­ter les pro­prié­taires sur des su­jets ré­cur­rents – comme par exemple les épillets, le coup de cha­leur, la consom­ma­tion de cho­co­lat chez le chien, etc. » , conclut Ja­rek Szc­ze­pa­niak, qui es­time que cette ac­tion de sen­si­bi­li­sa­tion fait par­tie in­té­grante de son mé­tier.

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