à Bor­de­rouge, l’im­meuble « Sky-Line » UR­BA­NISME. où la mai­rie va dé­mé­na­ger des ser­vices

Cer­tains ser­vices de la mai­rie de Tou­louse vont in­té­grer l’im­meuble Sky-Line à Bor­de­rouge au nord de Tou­louse. Un pro­jet lié au fu­tur cam­pus du nu­mé­rique de Com­pans-Caf­fa­rel­li.

Voix du Midi (Toulouse) - - En Ville - Da­vid Saint-Ser­nin

L’im­meuble s’élève dé­jà au coeur du quar­tier de Bor­de­rouge au nord de Tou­louse. Mar­di 24 oc­tobre, le maire de Tou­louse Jean-Luc Mou­denc a po­sé sym­bo­li­que­ment la pre­mière pierre de Sky- Line, un pro­gramme im­mo­bi­lier com­po­sé de deux bâ­ti­ments aux courbes fu­tu­ristes.

Les deux bâ­ti­ments de cinq et six étages vont pro­po­ser 6 500 m2 de sur­face pour des bu­reaux qui se­ront si­tués à proxi­mi­té im­mé­diate du mé­tro, sta­tion Bor­de­rouge.

Deux bâ­ti­ments aux courbes fu­tu­ristes

C’est dans l’un de ces im­meubles, dont les fa­çades se­ront en ré­sine mé­tal­lique, que la mai­rie de Tou­louse a dé­ci­dé de dé­mé­na­ger ses ser­vices de la pro­tec­tion ma­ter­nelle et in­fan­tile ( PMI), ac­tuel­le­ment lo­gés dans un mor­ceau de l’an­cienne ca­serne mi­li­taire deComp ansCaf­fa­rel­li. Les 230 sa­la­riés de la PMI in­té­gre­ront le plus grand bâ­ti­ment, d’une sur­face de 4700 m2, qui dis­po­se­ra d’un par­king de 79 places. C’est en 2019 que le bâ­ti­ment réa­li­sé par le pro­mo­teur Icade se­ra li­vré. Le se­cond bâ­ti­ment a été ven­du à la so­cié­té Keys Se­lec­tion.

Cette opé­ra­tion im­mo­bi­lière de Bor­de­rouge est liée au pro­jet dont nous vous avons par­lé dans l’édi­tion du 26 oc­tobre der­nier : la réa­li­sa­tion d’un cam­pus nu­mé­rique sur la place de l’Eu­rope à Com­pans-Caf­fa­rel­li qui ver­ra l’ar­ri­vée d’une école mais aus­si d’un hô­tel et d’un es­pace de co­wor­king. Pour ac­cueillir ce pro­jet à Com­pans, qua­si­ment un tiers de la place ain­si que les lo­caux de la mai­rie de Tou­louse si­tués dans l’an­cienne ca­serne ont été cé­dés au pro­mo­teur Icade en contre­par­tie de la construc­tion du fu­tur im­meuble Sky-Line qui ap­par­tien­dra à la mai­rie.

Cet échange s’est fait à somme nulle en ver­tu de la der­nière dé­li­bé­ra­tion vo­tée lors du conseil mu­ni­ci­pal du 18 oc­tobre 2017. La ville ne va rien dé­bour­ser pour re­lo­ger son per­son­nel, lui faire quit­ter des lo­caux dé­la­brés et pro­vi­soires (des al­ge­cos ac­cueillent du per­son­nel sur la place) pour des lo­caux tout neufs. Cette opé­ra­tion fi­nan­cière réa­li­sée par la mai­rie va avoir pour consé­quence de qua­si­ment di­vi­ser par deux la place de l’Eu­rope ce qui a sus­ci­té des ré­ac­tions chez de nom­breux ri­ve­rains mais aus­si au sein de l’op­po­si­tion mu­ni­ci­pale.

Voi­ci ce qu’en a dit le so­cia­liste Joël Car­rei­ras. « Cette nou­velle ces­sion d’es­pace pu­blic est celle d’une vé­ri­table bra- de­rie pour un lieu qui au­rait mé­ri­té un autre ave­nir que ce­lui de la spé­cu­la­tion. Bien sûr, les agents de la ville mé­ritent des condi­tions de tra­vail amé­lio­rées. Évi­dem­ment, la place de l’Eu­rope mé­rite une vé­ri­table re­qua­li­fi­ca­tion. Mais ce que ré­vèle cette af­faire est l’ab­sence to­tale de ré­flexion préa­lable pour sa­voir ce que l’on sou­haite avant de se sai­sir pa­res­seu­se­ment d’une op­por­tu­ni­té of­ferte par le mar­ché. C’est bien tout le contraire d’une po­li­tique de l’ur­ba­nisme, La place de l’Eu­rope, à Tou­louse, mé­rite mieux que son am­pu­ta­tion et la li­vrai­son, par pro­cu­ra­tion, de son de­ve­nir. À ce titre, mé­ri­tant mieux qu’un com­pro­mis avec les pro­mo­teurs, elle au­rait ga­gné à voir tra­cé son ave­nir avec les ri­ve­rains » .

Lors de la pose de la pre­mière pierre de Sky- Line, Jean- Luc Mou­denc a sou­hai­té ap­por­ter un point fi­nal à cette po­lé­mique. « Cette opé­ra­tion si­gni­fie of­frir à nos agents un cadre de tra­vail plus conforme aux normes d’au­jourd’hui. Le bâ­ti­ment de Com­pans n’est plus aux normes et ne suf­fit plus à ac­cueillir tout le monde. S’ins­tal­ler à Bor­de­rouge, c’est aus­si fa­ci­li­ter l’ac­cès à nos ser­vices aux fa­milles qui se­ront ame­nées à ve­nir à la ren­contre de nos per­son­nels » . Et d’en­chaî­ner. « L’on a pu en­tendre que le pro­jet de Com­pans n’a pas de consen­sus. Nous avons l’ha­bi­tude… Nous avons donc dé­li­bé­ré car si l’on doit at­tendre le consen­sus pour avan­cer… Le nou­veau pro­jet va don­ner un nou­veau souffle à Com­pans avec une école in­no­vante dans une fi­lière, le nu­mé­rique, qui connaît une crois­sance im­por­tante » .

Opé­ra­tion « blanche »

Dans la pre­mière mou­ture de « l’échange » entre la mai­rie de Tou­louse et Icade ac­tée en 2016, la mai­rie de­vait dé­bour­ser 400 000 eu­ros pour son nou­vel im­meuble à Bor­de­rouge tout en cé­dant une par­tie de la place de l’Eu­rope pour un pro­jet qui pré­voyait un cam­pus nu­mé­rique, une ré­si­dence étu­diante et un es­pace de co- wor­king, soit 15 600 m2 de lo­caux. C’est en aug­men­tant la sur­face du pro­jet et en au­to­ri­sant la réa­li­sa­tion d’un hô­tel pou­vant ac­cueillir à la fois des étu­diants et du pu­blic (en lieu et place de la ré­si­dence étu­diante, ndlr) que la mai­rie a abou­ti à une « opé­ra­tion blanche » .

© Jean- Pierre Lott/ Icade

En 2019, le ser­vice Pro­tec­tion Ma­ter­nelle In­fan­tile de la mai­rie de Tou­louse va in­té­grer l’un des deux im­meubles Sky-Line de Bor­de­rouge.

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