Ro­main Cu­jives (PS) : « Je tra­vaille à un pro­jet pour Tou­louse »

Pour l’élu so­cia­liste à la mai­rie de Tou­louse, les élec­tions mu­ni­ci­pales de 2020 (ou 2021) doivent in­té­res­ser la gauche dès main­te­nant. Au plan des idées dans un pre­mier temps.

Voix du Midi (Toulouse) - - Politique - Pas­cal Pal­las

Ro­main Cu­jives est élu d’op­po­si­tion à la mai­rie de Tou­louse. Tren­te­naire mo­ti­vé, il veut bous­cu­ler la gauche pour qu’elle entre dans la pré­pa­ra­tion des élec­tions mu­ni­ci­pales (2020 ou 2021) et de la construc­tion d’une al­ter­na­tive à la po­li­tique de Jean-Luc Mou­denc (LR). In­ter­view. De­puis sa dé­faite en 2014, la gauche a dit qu’elle at­ten­drait la fin des élec­tions pré­si­den­tielle et lé­gis­la­tive, concor­dant avec la mi-man­dat de Jean-Luc Mou­denc, pour s’in­té­res­ser à la re­con­quête de la Ville rose. Nous y sommes au plan ca­len­daire. Mais estce aus­si vrai dans les faits ?

Tout le monde, à gauche, s’ac­corde à dire que l’heure est au dé­bat d’idées, dans un cadre col­lec­tif et c’est une très bonne chose. Je sou­haite m’y ins­crire plei­ne­ment. Je n’ai d’ailleurs pas for­cé­ment at­ten­du au­jourd’hui pour com­men­cer à tra­vailler, ayant créé un site in­ter­net très in­ter­ac­tif avec les Tou­lou­sains au len­de­main de notre dé­faite, mul­ti­pliant les ren­contres et les vi­sites de ter­rain. Êtes-vous can­di­dat à la can­di­da­ture de la gauche pour les pro­chaines élec­tions mu­ni­ci­pales ?

L’heure n’est pas à la dé­si­gna­tion mais au dé­bat d’idées, je le ré­pète. Et ce dé­bat d’idées, je veux le com­men­cer con­crè­te­ment. Clai­re­ment : je tra­vaille à un pro­jet pour Tou­louse et je l’as­sume. En­suite on ver­ra com­ment on le porte de­vant les Tou­lou­sains et qui le por­te­ra. Je ne me cache pas que Tou­louse est la seule grande pas­sion de mon en­ga­ge­ment po­li­tique. Je n’ai ja­mais été can­di­dat à d’autres man­dats. Cette ville m’ha­bite. Et je ne me dé­fi­le­rai pas quand il le fau­dra. Le tra­vail col­lec­tif c’est très bien mais à un mo­ment don­né, il fau­dra quel­qu’un pour por­ter le pro­jet de la gauche, il fau­dra quel­qu’un qui in­carne le re­nou­veau, il fau­dra quel­qu’un qui ras­semble les gauches. Se­lon vous, il faut donc ras­sem­bler les gauches dès avant le pre­mier tour ?

La gauche doit s’unir, si­non elle n’a au­cune chance. Mais en­core fau­dra- t- il réus­sir une union des ta­lents et des en­vies à gauche et non pas une al­liance des ap­pa­reils po­li­tiques. Les der­nières sé­quences élec­to­rales et ce que j’ob­serve de­puis 10 ans m’ont convain­cu que se par­ta­ger des places sur une liste, à trois mois de l’échéance, dans l’ar­rière- bou­tique, ne pro­duit rien d’in­té­res­sant. Vous ap­par­te­nez pour­tant à un par­ti qui s’en était fait une spé­cia­li­té. Rai­son­na­ble­ment, peut-on en­vi­sa­ger une autre mé­thode ?

J’ap­par­tiens d’abord à une gé­né­ra­tion qui res­pecte les dif­fé­rences à gauche. Au­jourd’hui, je vois de l’appétit chez nos par­te­naires. C’est une très bonne chose. Il faut en­cou­ra­ger chaque ini­tia­tive. Et puis, je crois qu’il faut sa­voir al­ler au-de­là de ces par­te­na­riats his­to­riques. Tou­louse est une ville pé­trie de ta­lents. Et ces ta­lents, la po­li­tique ne va ja­mais les cher­cher à Tou­louse… Il faut s’en­tou­rer des meilleurs et c’est une vo­lon­té que je por­te­rai. Quant au PS, qui tra­vaille au­jourd’hui à cor­ri­ger ses er­reurs, il doit en­fin com­prendre qu’il n’est pas hé­gé­mo­nique et qu’il y a ur­gence à aban­don­ner un cer­tain nombre de vieilles tra­di­tions in­ternes. Nous ne de­vons pas nous conten­ter de cor­ri­ger ce qui a été mal fait de­puis 15 ans. Il faut in­ven­ter une nou­velle fa­çon de faire, quelque chose de fort, no­va­teur et en­glo­bant qui ré­ponde à la seule ques­tion qui vaille : com­ment va-t-on en­fin réus­sir à faire de la po­li­tique au­tre­ment ? Com­ment comp­tez-vous, vous-même, faire de la po-

li­tique au­tre­ment ?

Mon tra­vail pour un pro­jet tou­lou­sain de­vra le mon­trer. Et je crois que l’éche­lon mu­ni­ci­pal est un for­mi­dable la­bo­ra­toire pour prou­ver ce­la. Je crois que pour chan­ger la vie des gens, il faut chan­ger la ville des gens.

C’est ce que je vais por­ter. Je fe­rai des pro­po­si­tions en la ma­tière pour pous­ser des ini­tia­tives et idées de ges­tion mu­ni­ci­pale ra­di­ca­le­ment dif­fé­rentes de celles pra­ti­quées ces der­nières an­nées à Tou­louse, à gauche comme à droite. Il faut par exemple faire confiance à des ou­tils comme le ré­fé­ren­dum ci­toyen ou en­core le bud­get par­ti­ci­pa­tif. Et je le re­dis, il faut faire confiance aus­si à de nou­veaux ta­lents, is­sus de toutes les belles ini­tia­tives et réus­sites tou­lou­saines. C’est pour ce­la que je dis qu’il faut s’en­tou­rer des meilleurs, dans le but de pro­po­ser non pas une al­ter­nance aux Tou­lou­sains mais une vraie al­ter­na­tive ca­pable de gé­rer à la fois le quo­ti­dien des Tou­lou­sains et le de­ve­nir de la ville. Voi­ci les deux pi­liers sur le­quel doit être as­sis une po­li­tique mu­ni­ci­pale ef­fi­cace. À Tou­louse, per­sonne n’a ja­mais été ca­pable de me­ner de front ces deux vo­lon­tés de­puis de très nom­breuses an­nées…

Ro­main Cu­jives (PS) est élu d’op­po­si­tion à la mai­rie de Tou­louse.

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