Mon chien pour­suit les vé­los

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La­no­tion d’ha­bi­tude peut aus­si in­ter­ve­nir. Le chien qui est ac­cou­tu­mé par son maître à cou­rir der­rière sa voi­ture pour l’en­traî­ne­ment phy­sique, peut, si on in­ter­rompt ce­lui-ci, conti­nuer ce com­por­te­ment mais avec une autre mo­ti­va­tion. De ma­nière consciente ou in­cons­ciente, le maître en­cou­rage par­fois le chien contre « l’intrus ». Par exemple contre les mo­by­lettes qui « cassent les oreilles ». Des en­fants peuvent tout à fait conduire leur chien à ce type de com­por­te­ment de pré­da­tion, par leurs cris et leurs en­cou­ra­ge­ments. Il suf­fit éga­le­ment que le chien soit avec un com­pa­gnon plus âgé, ou do­mi­nant, c’est-à-dire un lea­der, pour que par es­prit de meute, il imite le com­por­te­ment de la pour­suite.

Com­ment cor­ri­ger ?

Pour cor­ri­ger cette at­ti­tude, il faut ob­te­nir l’obéissance, en lui fai­sant faire des exer­cices de base qui dé­montrent au chien la place hié­rar­chique du maître et qui vont per­mettre de le di­ri­ger à n’im­porte quel mo­ment. Marche au pied, as­sis, cou­ché, et bien en­ten­du le rap­pel im­mé­diat jus­qu’à ce qu’il soit par­fait, même en pré­sence de l’ob­jet in­ci­ta­teur : voi­ture, ou vé­lo. L'ob­jec­tif, c'est de dé­mon­trer par quelque chose qui sort de l'or­di­naire, frian­dise ou jouet, qu'il faut re­ve­nir dès le rap­pel. Le chien a be­soin aus­si de sti­mu­la­tions ; on doit le sor­tir par­tout où il peut dé­cou­vrir des odeurs, des sons, des choses dif­fé­rentes ; d’autre part, on ex­ploite ses ins­tincts na­tu­rels. L’ins­tinct de pré­da­tion peut être com­blé en fai­sant de l’at­taque spor­tive, de la pour­suite de leurre pour le Lé­vrier, du pis­tage pour toutes les races, ou bien en­core par le jeu der­rière la balle qu’on jette de plus en plus loin et dans les en­droits les plus dif­fi­ciles d’ac­cès. Il est im­por­tant aus­si de le dé­con­di­tion­ner en dé­viant son at­ten­tion. Il est en longe et dès qu’il fait mine de s’élan­cer sur un vé­hi­cule, on fait re­ten­tir un coup de sif­flet, on jette la balle ou on se met à cou­rir dans l’autre sens comme si on avait vu quelque chose d’in­té­res­sant. Le maître doit aus­si ten­ter de le dé­sen­si­bi­li­ser, en le sor­tant en ville, en pleine cir­cu­la­tion afin qu’il soit sub­mer­gé par les sti­mu­la­tions des vé­hi­cules. Comme dans le cas du chien mé­fiant en­vers une seule per­sonne, qui de­vient in­dif­fé­rent dans une foule. On peut uti­li­ser éga­le­ment un sti­mu­lus aver­sif as­so­cié de ma­nière in­dis­cu­table sur l’ob­jet de pour­suite. Au mo­ment où le chien ar­rive sur le vé­hi­cule, il va avoir une sur­prise désa­gréable comme le col­lier à air avec le dé­clen­cheur à dis­tance.

Le chien est pu­ni au mo­ment de la faute sans bru­ta­li­té, par ef­fet de sur­prise, tout en gar­dant une confiance to­tale en son maître qu’il ne peut as­so­cier au désa­gré­ment. Le maître doit dé­dra­ma­ti­ser la si­tua­tion ; pour ce­la il doit s’im­pli­quer phy­si­que­ment et psy­chi­que­ment. Il fau­dra pré­voir des com­parses qui viennent pro­vo­quer le chien, en ar­ri­vant brus­que­ment et en frei­nant de­vant son nez. Le maître reste calme et pé­nètre dans le vé­hi­cule en ap­pe­lant son chien. Dès que ce­lui-ci s’ap­proche, il le ré­com­pense puis le fait mon­ter pour une courte pro­me­nade. Le but est de rendre les voi­tures agréables dans l’es­prit du chien, afin qu’il ne les pour­suive plus. Sa vie en dé­pend... et votre tran­quilli­té aus­si !...

Cer­tains chiens posent de réels pro­blèmes à leur maître... Ils ont un ins­tinct de pour­suite tel­le­ment dé­ve­lop­pé qu’ils se pré­ci­pitent der­rière la moindre roue de vé­lo ou de voi­ture. Ces chiens risquent bien en­ten­du de pas­ser sous une voi­ture, mais ils peuvent aus­si par cette fâ­cheuse ha­bi­tude, pro­vo­quer de dra­ma­tiques ac­ci­dents qui peuvent mettre en pé­ril leur vie, mais aus­si celle des pas­sa­gers ou des cy­clistes. Pour­suivre ce qui se sauve est un ins­tinct na­tu­rel du chien. Par contre se lan­cer à la pour­suite des vé­los et des voi­tures est un com­por­te­ment à com­battre. Les causes de ce­lui-ci peuvent être va­riables. Cette at­ti­tude peut aus­si être due à l’ab­sence de li­mites Ter­ri­to­riales, s’il n’y a pas de clô­ture. Cette fâ­cheuse ma­nie peut aus­si être consé­cu­tive à une in­suf­fi­sance de sti­mu­la­tions. L’éner­gie non ex­ploi­tée s’ac­cu­mule et il faut bien une is­sue ; ce se­ra l’ins­tinct de pré­da­tion qui veut qu’on pour­suive tout ce qui bouge ou tente de s’échap­per. Ce com­por­te­ment est na­tu­rel et tous les chiots l’uti­lisent lors de leur dé­ve­lop­pe­ment pour re­con­naître le mi­lieu. Chez l’adulte, il se­ra ex­ploi­té par l’homme dans le jeu ou dans le tra­vail, et s’il ne l’est pas, ce­la res­sor­ti­ra dans un trouble du com­por­te­ment.

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