Chow-chow

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Elé­gant et at­ta­chant, le Chow-chow a su conser­ver son pres­tige à tra­vers les siècles. Ses ori­gines sont an­ciennes et par­fois mêmes lé­gen­daires, car avant de trou­ver ses pre­miers ad­mi­ra­teurs eu­ro­péens au XIXE siècle, c’est en Asie, il y a plus de 2000 ans que l’on re­cen­se­rait ses plus vieux an­cêtres. Et au­jourd’hui en­core, ce pe­tit chien à la langue bleue-noire et à la cri­nière de lion conti­nue de sus­ci­ter fan­tasme et ad­mi­ra­tion.

Une race de plus de 2000 ans

L’his­toire du Chow-chow dé­bute en Chine et sa pre­mière re­pré­sen­ta­tion re­mon­te­rait à en­vi­ron 200 ans avant Jé­sus-ch­rist, avec les sta­tuettes en terre cuite réa­li­sées sous la dy­nas­tie Han (206 avant J.-C. – 220 après J.-C.). Ces sta­tuettes fu­né­raires étaient des­ti­nées à être dé­po­sées dans les cer­cueils des dé­funts les plus nobles pour en éloi­gner les mau­vais es­prits. Qu’elles re­pré­sentent des ani­maux ou des hu­mains, on les ap­pelle des ming­qi. Elles sont ve­nues rem­pla­cer les sa­cri­fices ini­tia­le­ment réa­li­sés. Outre une cer­taine sty­li­sa­tion ar­tis­tique, on re­con­naît les ca­rac­té­ris­tiques propres au Chow-chow. A sa­voir un chien as­sez bas du dos, au cou im­po­sant, aux oreilles pe­tites et droites et à la queue en­rou­lée sur elle-même. Un har­nais est éga­le­ment pré­sent sur cer­taines re­pré­sen­ta­tions. Si pour cer­tains il se­rait le sym­bole du Lion sa­cré (lire en­ca­dré), pour d’autres, il est la preuve que le Chow-chow était pré­sent dans les foyers au temps des Han, comme chien de garde no­tam­ment. Son har­nais au­rait alors ser­vi à at­ta­cher le chien à l’en­trée de la mai­son. Le Livre des rites, éga­le­ment ap­pe­lé Li-ji, com­pi­lant les usages et cou­tumes au temps des Han, men­tionne trois fonc­tions pour le chien dans les foyers : la chasse, la garde et la consom­ma­tion. C’est en ef­fet l’em­pe­reur Han Gao­zu, co-fon­da­teur de la dy­nas­tie qui porte son nom, qui ini­tia son peuple à la consom­ma­tion de viande de chien. Et le Chow-chow ne semble pas avoir échap­pé à la ten­dance. Les Han pour­raient mal­gré tout être les pre­miers éle­veurs de Chow-chow, ce qui fait re­mon­ter l’his­toire de ce chien à plus de 2000 ans.

Entre lé­gendes et vé­ri­tés, entre mythes et réa­li­té ( lire en­ca­dré), pas tou­jours fa­cile de dé­ce­ler le vrai du faux quant aux ori­gines du Chow- Chow. Tan­tôt chien de garde ou des­ti­né à la consom­ma­tion, ses fonc­tions semblent avoir beau­coup évo­lué au fil des siècles. Le Chow- Chow ap­par­tient à la fa­mille des Spitz connue pour être la fa­mille des plus an­ciens chiens do­mes­tiques.

Une den­rée ali­men­taire

La dy­nas­tie Tang ( 618- 907) au­rait éga­le­ment beau­coup oeu­vré pour le dé­ve­lop­pe­ment de l’es­pèce. On dit qu’elle au­rait pos­sé­dé près de 25 000 couples de Chow- Chow. En­core une fois, la fron­tière entre lé­gende et vé­ri­té semble bien mince mais au de­là de l’exac­ti­tude du chiffre, ce­la montre à quel point elle s’est in­ves­tie dans l’es­pèce, consi­dé­rée comme sa­crée à l’époque ( lire en­ca­dré). La suite de l’his­toire chi­noise est beau­coup moins rayon­nante pour le Chow- Chow. La cor­rup­tion des der­niers em­pe­reurs Tang a contri­bué à la dé­chéance de la dy­nas­tie. Les guerres et les ré­voltes des peuples conquis ne tar­de­ront pas à faire chu­ter les Tang. La pé­riode sui­vante, dite des Cinq Dy­nas­ties, se­ra sous le signe de la res­tric­tion et les chiens ne se­ront plus pré­sents que dans les grandes fa­milles de nobles. Et c’est à cette époque, que le Chow- Chow se­rait vrai­ment de­ve­nu un ani­mal des­ti­né à être man­gé, comme peut l’être le mou­ton par exemple. Ele­vés au sein de grandes fermes, ces pe­tits chiens, en­core consi­dé­rés comme sa­crés il y a quelques cen­taines d’an­nées seule­ment, sont dé­sor­mais pro­duit en éle­vage. Et on en­tend par­fois dire que les pauvres man­geaient des chiens adultes et les riches des chiens plus jeunes. La four­rure ser­vait quant à elle pour fa­bri­quer des ob­jets et vê­te­ments. S’agis­sai­til de Chow- Chow pure race ? Ce­la reste dif­fi­cile à prou­ver. Et il est par­fois pré­fé­rable d’ou­blier cette pé­riode si­nueuse pour le pe­tit chien à la cri­nière léo­nine. La suite du par­cours du Chow- Chow est dé­li­cate à tra­cer, mais ce qui est cer­tain, c’est qu’on le re­trouve au XVIIIE siècle et en Eu­rope cette fois.

Adop­té par la no­blesse an­glaise

C’est l’an­gle­terre qui ac­cueille les pre­miers Chow- Chow. Ra­me­nés sur le ter­ri­toire eu­ro­péen par la Com­pa­gnie Bri­tan­nique des Indes Orien­tales, ils sus­citent la cu­rio­si­té. On trouve une des­crip­tion du Chow- Chow écrite en 1789, par le pas­teur Gil­bert White dans « Na­tu­ral His­to­ry and An­ti­qui­ties of Sel­borne » . S’ap­puyant sur un couple de Chow- Chow adop­té par son voi­sin tra­vaillant pour la Com­pa­gnie, l’au­teur ré­dige une des­crip­tion dé­taillée de l’es­pèce, met­tant en avant ses sin­gu­la­ri­tés phy­siques et com­por­te­men­tales. On peut ain­si lire : « Em­me­née en ex­té­rieur, dans un champ, la fe­melle a mon­tré quelque dis­po­si­tion pour la chasse. » Le pas­teur re­vient éga­le­ment sur leur vo­ca­tion à être man­gé en Chine : « Ele­vés en por­che­ries, où ils sont en­grais­sés pour la table avec du riz et autre nour­ri­ture fa­ri­neuse. » Un siècle plus tard, en 1865, c’est dans le che­nil du châ­teau de Wind­sor, au­près de la reine Vic­to­ria, qu’on les trou­ve­ra. Et les vi­si­teurs pour­ront éga­le­ment les ad­mi­rer au zoo de Londres. Mais c’est vé­ri­ta­ble­ment la pe­tite fe­melle de M. Taun­ton, Chi­nese Puzzle, rap­por­tée en 1879, qui sus­ci­te­ra l’en­goue­ment pour le Chow- Chow. Pré­sen­tée en ex­po­si­tion par son pro­prié­taire, il s’en sui­vra un réel in­té­rêt pour cette ado­rable es­pèce. Elle va d’ailleurs très vite pour­suivre sa route du cô­té des plus grandes fa­milles an­glaises. Au mi­lieu des an­nées 1880, le comte de Lond­sale offre un pe­tit Pe­ri­dot à la mar­quise de Hunt­ley, qui don­ne­ra nais­sance à un Pé­ri­dot II, fon­da­teur de la li­gnée Gor­dons de La­dy Gran­ville. C’est elle qui pro­dui­ra les pre­miers bleus avant de pas­ser le re­lais à sa fille La­dy Fau­delP­hil­lips ( Am­well Ken­nel), qui de­vien­dra elle- même une éle­veuse de pre­mier plan. C’est en 1890 que le pre­mier ChowC­how est pré­sen­té aux Etats- Unis, il s’agit de Ta­kya, ap­par­te­nant à Miss Der­by. Le club an­glais se forme quant à lui en 1895 et un pre­mier stan­dard est ré­di­gé. Il se fonde sur un cham­pion ap­pe­lé Chow VIII. L’ame­ri­can Chow Club ver­ra le jour quelques an­nées plus tard, en 1906. Il fau­dra at­tendre 1926 pour que le club fran­çais soit fon­dé ( lire en­ca­dré), par Mme Re­née Ma­ré­chal. Elle se­ra une ac­trice ma­jeure dans la connais­sance de l’es­pèce en France, tout comme Mme Yvonne Diot, qui pren­dra le rôle de pré­si­dente après la guerre.

Le chou­chou des stars

C’est donc au XXE siècle que le Chow-chow ac­quiert sa pe­tite cé­lé­bri­té (sans ja­mais tom­ber dans la po­pu­la­ri­té), no­tam­ment au­près des per­son­na­li­tés ou de la fa­mille royale Bri­tan­nique. Si la reine Vic­to­ria en a fait son chou­chou, elle a été sui­vie par quelques grands noms, comme le Duc de Kent, le duc de Wind­sor, la reine Eli­za­beth II et même, la reine de Rou­ma­nie ou bien la prin­cesse de Grèce. De l’autre cô­té de l’at­lan­tique, le Chow-chow a éga­le­ment été adop­té par le pré­sident amé­ri­cain Cal­vin Coo­lidge. En France, les am­bas­sa­deurs de Chow-chow sont : l’ac­trice Sa­rah Bern­hardt, la Com­tesse de Sé­gur, le ba­ron de Roth­schild, l’ac­trice Ma­rie Bell ou en­core l’ac­teur Jean Ga­bin. Alors si la race n’a ja­mais été choyée du grand pu­blic elle a tout de même su s’im­po­ser au­près des mi­lieux nobles, bour­geois et ar­tis­tiques.

Une es­pèce qui évo­lue

A en croire les pho­to­gra­phies du dé­but du XXE siècle en An­gle­terre, le Chow-chow a phy­si­que­ment évo­lué. Entre un su­jet du dé­but du siècle der­nier et ceux que l’on connaît au­jourd’hui, le chan­ge­ment est si­gni­fi­ca­tif. Le chien est de­ve­nu beau­coup plus bour­sou­flé et s’est pe­tit à pe­tit éloi­gné du type Spitz, connu pour leur tête as­sez tri­an­gu­laire, avec un mu­seau plus long, se rap­pro­chant de celle du l’eu­ra­sier. L’eu­ra­sier qui est, à juste titre, une race mé­tis­sée de Chow-chow et de Spitz- Loup. On constate que leurs oreilles aus­si étaient plus pointues, que leurs poils étaient plus longs et qu’ils avaient, de ma­nière gé­né­rale, une os­sa­ture moins grosse. De­puis une di­zaine d’an­nées, un cer­tain ef­fet de mode se consti­tue au­tour du Chow-chow, et c’est no­tam­ment pour son cô­té pe­luche qu’on l’ap­pré­cie. On re­cherche cet as­pect léo­nin, tant par sa cou­leur fauve qu’à tra­vers divers as­pects mor­pho­lo­giques.

Une dé­marche guin­dée

Au­jourd’hui, on leur re­marque un mu­seau plus car­ré et des formes plus tra­pues. Res­tant mal­gré tout loin du type mo­los­soïde, le Chow-chow a ga­gné en puis­sance et en com­pa­ci­té, c’est à dire que son corps n’est pas beau­coup plus long qu’il n’est haut. Son ga­ba­rit moyen est de 48 à 56 cm pour un mâle et de 46 à 51 cm pour une fe­melle. On a cou­tume de dire que son corps doit pou­voir s’ins­crire dans un car­ré. Son en­co­lure est re­la­ti­ve­ment épaisse et sa poi­trine as­sez large. Son os­sa­ture est so­lide et im­po­sante. A l’in­verse, son dos et ses reins sont plu­tôt courts. Ses pieds sont éga­le­ment pe­tits et ses doigts as­sez cam­brés. Une autre spé­ci­fi­ci­té du Chow-chow est sa queue qui vient se po­ser sur son dos. Si ses aplombs sont bien droits, ses an­gu­la­tions ar­rières ont une par­ti­cu­la­ri­té : le jar­ret est non cou­dé. C’est d’ailleurs la seule race qui n’a pas d’on­du­la­tion à l’ar­rière et c’est pré­ci­sé­ment ce qui lui ap­porte cette dé­marche courte si par­ti­cu­lière que le stan­dard qua­li­fie de guin­dée.

Une ex­pres­sion si sin­gu­lière

La tête du Chow-chow est à l’image de son corps, plu­tôt forte et car­rée. Cet as­pect est ren­for­cé par la cri­nière touf­fue qui vient au­réo­ler son vi­sage. La ligne du chan­frein res­tant pa­ral­lèle à celle des yeux, son mu­seau ne tombe pas. Fiè­re­ment dres­sées sur le haut de sa tête, ses pe­tites oreilles lé­gè­re­ment ar­ron­dies et bien écar­tées l’une de l’autre plongent lé­gè­re­ment vers le haut de son front. De lourdes ar­cades sour­ci­lières viennent en­cer­cler ses pe­tits yeux fon­cés. De dis­crets plis au ni­veau du front contri­buent quant à eux à of­frir au Chow-chow cette ex­pres­sion si sin­gu­lière qu’on lui ap­pré­cie tant. Les An­glais ont un mot bien à eux pour la dé­crire, ils parlent de « scowl », que l’on pour­rait tra­duire en fran­çais par « ren­fro­gné » ou « maus­sade ». Alors si on est loin de l’ex­pres­sion joyeuse que peuvent dé­ga­ger d’autres races, c’est da­van­tage par sa moue mé­lan­co­lique que le Chow-chow sé­duit. Im­pos­sible de par­ler de la tête de l’es­pèce sans faire un dé­tour par sa langue. Par­ti­cu­la­ri­té dans la par­ti­cu­la­ri­té, la cou­leur bleue-noire de celle-ci n’est d’ailleurs pas pré­sente à la nais­sance du chiot. Elle ne com­mence à se co­lo­rer qu’au bout de trois se­maines. Ce phé­no­mène est lié à la forte pig­men­ta­tion des mu­queuses, puisque le pa­lais, les gen­cives et les lèvres de l’es­pèce sont éga­le­ment très sombres. Le stan­dard im­pose d’ailleurs une langue par­fai­te­ment bleue, et en concours, au­cune tâche rose n’est to­lé­rée. Cou­ram­ment, la truffe du Chow-chow est noire. Il ar­rive, pour des chiens de cou­leur crème, donc plus di­luée que la cou­leur fauve ha­bi­tuelle, que leur truffe soit plus claire car dé­pig­men­tée.

Un pe­lage spec­ta­cu­laire et na­tu­rel

Le pe­lage du Chow-chow doit se­lon le stan­dard, être le plus mo­no­chrome pos­sible. Mais peut im­porte la cou­leur. Ain­si même si le fauve reste la teinte la plus fré­quente, la robe peut aus­si être noire, rouge, bleue, cin­na­mone ou crème. Le noir doit être as­sez brillant et le plus uni­forme pos­sible, mais de dis­crets re­flets ar­gen­tés, ou roux en été, res­tent in­évi­tables. Le des­sous de la queue et les cu­lottes sont bien sou­vent plus clairs que le reste du corps. Et comme dans la plu­part des races, les chiots naissent avec un pe­lage plus fon­cé et plus soyeux que ce­lui qu’ils au­ront adultes. Leur pre­mière mue, très im­pres­sion­nante, a lieu aux alen­tours de douze à quinze mois. En gran­dis­sant, le poil du Chow-chow est plus dense et plus rude, no­tam­ment au­tour de sa tête où elle forme une vé­ri­table cri­nière. Sa longue four­rure doit no­tam­ment sa den­si­té spec­ta­cu­laire à un sous-poil très abon­dant et un poil de cou­ver­ture droit. Pour res­pec­ter le stan­dard, l’en­semble de cette four­rure doit res­ter na­tu­relle et dé­pour­vue de tout ar­ti­fice. Ex­cep­tion faite au ni­veau des pieds, où quelques coups de ci­seaux sont ad­mis. A no­ter qu’en France, l’es­pèce à poils courts reste re­la­ti­ve­ment rare. Elle est plus ré­pan­due et ap­pré­ciée aux Etats-unis.

Un chien très ex­clu­sif

On pour­rait écrire des heures sur le ca­rac­tère du Chow-chow qui n’a d’ailleurs pas tou­jours bonne ré­pu­ta­tion. On dit sou­vent de lui qu’il est tê­tu et dif­fi­cile à dres­ser. « Le Chow Chow est un chien asia­tique, donc as­sez par­ti­cu­lier », re­con­naît Mon­sieur Klein, vice pré­sident du club fran­çais. « Mais le club et les éle­veurs ont beau­coup tra­vaillé sur les li­gnés et les ca­rac­tères se sont beau­coup amé­lio­rés. » Et comme le dit Vincent Cou­tant, éle­veur de­puis quatre ans en Dor­dogne : « Ce chien ne se dresse pas, il s’éduque » , à la ma­nière d’un en­fant fi­na­le­ment. Il s’agit alors d’être pa­tient et de veiller à ne pas heur­ter sa dé­li­ca­tesse. Hors de ques­tion de lui de­man­der de rap­por­ter la balle des di­zaines de fois, mais l’on peut tout de même ob­te­nir de lui un rap­pel sa­tis­fai­sant. Quant au con­tact avec les en­fants : « Il n’y a au­cun sou­ci, as­sure Vincent Cou­tant. Si le chien ne se sent pas en dan­ger, il n’a pas de rai­son d’être agres­sif. Au contraire, il va même se mon­trer pro­tec­teur. » Le Chow-chow est un chien qui a énor­mé­ment be­soin de son ou ses maîtres. L’af­fec­tion qu’il leur porte est aus­si im­por­tante que dé­fi­ni­tive. Il peut alors de­ve­nir très ex­clu­sif et se mon­trer as­sez hos­tile face aux étran­gers. Il est d’ailleurs com­pli­qué pour un Chow-chow adulte d’ac­cor­der sa confiance à un nou­veau pro­prié­taire. De ma­nière gé­né­rale, il aboie ra­re­ment et est re­la­ti­ve­ment calme. Et pour cause, il dort près de 18 heures par jour. C’est aus­si la rai­son pour la­quelle ce chien s’ac­cli­mate très bien en ap­par­te­ment. D’au­tant qu’il n’est pas des­truc­teur et est ra­pi­de­ment propre. On re­marque qu’aux alen­tours de deux mois, le chien ré­clame lui même à sor­tir de­hors pour al­ler faire ses be­soins. Il ne creuse pas de trou dans le jar­din pour les y en­ter­rer mais peut tout à fait les faire en de­hors de votre pe­louse, à condi­tion de lui ex­pli­quer et de le sor­tir plus loin. Quant à leur in­dé­pen­dance, si elle peut par­fois être vé­cu comme un dé­faut par les maitres à la re­cherche d’at­ten­tion, elle est plu­tôt un avan­tage pour les tra­vailleurs, ab­sents une bonne par­tie de la jour­née. Une fois seul dans la mai­son, le Chow-chow re­trouve d’ailleurs son tem­pé­ra­ment de gar­dien et in­ter­di­ra aux in­con­nus d’en­trer. Et sous ses airs d’être so­li­taire, le Chow Chow est at­ta­ché à son maître, sans for­cé­ment être dé­mons­tra­tif. « Il ne sau­tille­ra pas de joie pen­dant des heures quand vous ren­tre­rez chez vous, mais sur­veille­ra at­ten­ti­ve­ment l’en­semble de la fa­mille » , dé­taille Jé­rôme Cler­mont, éle­veur de­puis une di­zaine d’an­nées. Qu’il s’agisse d’un mâle ou d’une fe­melle, les com­por­te­ments sont re­la­ti­ve­ment si­mi­laires, même si l’éle­veur a ob­ser­vé « un peu plus d’in­dé­pen­dance de la part des fe­melles ». Tou­jours se­lon les éle­veurs in­ter­ro­gés, ce chien s’adapte très bien dans un bon nombre de fa­milles, qu’elles vivent dans une mai­son ou un ap­par­te­ment. « Seuls les pro­fils plus spor­tifs ne trou­ve­ront pas sa­tis­fac­tion en adop­tant ce chien », met en garde Jé­rôme Cler­mont. Le ChowC­how ne pour­ra en ef­fet pas cou­rir ou mar­cher de longues heures. Quant à l’agility : « Il se­ra plus fa­cile de le pra­ti­quer avec des Chow-chow à poils courts » , conseille Jé­rôme Cler­mont, mais de ma­nière gé­né­rale, « ce sont des chiens in­tel­li­gents seule­ment s’ils y trouvent un in­té­rêt » , re­con­naît l’éle­veur, qui prône alors l’édu­ca­tion par la ré­com­pense.

De plus en plus re­cher­ché

Le Chow-chow est certes de plus en plus convoité en France mais reste un chien re­la­ti­ve­ment dis­cret. Si en dix ans d’éle­vage, Jé­rôme Cler­mont a consta­té une de­mande crois­sante de cette race, c’est sur­tout du cô­té des éle­veurs qu’il ob­serve l’évo­lu­tion la plus im­por­tante. Ils sont en ef­fet de plus en plus nom­breux, soit une cen­taine au­jourd’hui en France. Mal­gré ce­la, la pro­duc­tion reste très me­su­rée. De son cô­té, Mon­sieur Klein, vice pré­sident du club fran­çais a ob­ser­vé qu’il y avait plus d’éle­vages mais moins de gros éle­vages, comme on en trou­vait il y a quelques an­nées en­core. Vincent Cou­tant a pour sa part consta­té, de­puis une di­zaine d’an­nées, un ef­fet de mode au­tour du cô­té pe­luche du Chow- Chow. L’exo­tisme du chien, par sa mor­pho­lo­gie et ses ori­gines, sé­duit éga­le­ment de plus en plus. Mais face à ce­la, Mon­sieur Klein rap­pelle que sous ses airs de nou­nours, sur­tout lors­qu’il est pe­tit, le Chow-chow n’est pas un jouet et reste un chien qui de­mande beau­coup d’at­ten­tion. Quant à son prix, il reste re­la­ti­ve­ment éle­vé, et on ne peut pas, en ce sens, par­ler d’un chien po­pu­laire. Il faut en ef­fet comp­ter entre 1 600 et 2 500 eu­ros au­jourd’hui pour ac­qué­rir un Chow- Chow. Un prix en lé­gère aug­men­ta­tion. Quant aux pro­prié­taires, ils sont sou­vent connais­seurs et sont par­ti­cu­liè­re­ment fi­dèles à la race. On a cou­tume de dire que si l’on a connu la vie avec un Chow-chow, on ne pour­ra plus ja­mais s’en pas­ser, et l’on en re­prend tou­jours un après un précédent su­jet.

Un chien lé­gen­daire

Nom­breuses sont les lé­gendes qui ac­com­pagnent l’his­toire du ChowC­how, à tel point que le mythe vient par­fois se confondre avec la réa­li­té.

• On aime alors évo­quer les ca­rac­té­ris­tiques com­munes qu’il peut avoir avec l’ours, no­tam­ment son crâne as­sez large et plat, et par­ler de lui comme « un chien-ours fos­sile » , qui n’au­rait alors au­cun com­men­ce­ment réelle d’exis­tence.

• Pour ex­pli­quer la cou­leur si in­tri­gante de sa langue, une lé­gende chi­noise ra­conte que le Chow-chow se se­rait co­lo­ré la langue de bleu en lé­chant des mor­ceaux de ciel. Eux­mêmes se­raient d’ailleurs tom­bés pour cé­der un peu de place aux étoiles. Si cette his­toire manque de cré­dit scien­ti­fique, elle a au moins le mé­rite d’être poé­tique.

• Pas be­soin d’être ex­pert pour voir à tra­vers le Chow-chow un ado­rable pe­tit lion. Sous la dy­nas­tie Han, les sta­tuettes ca­nines re­trou­vées dans les tom­beaux des nobles dé­funts (lire pré­cé­dem­ment), rap­pellent, no­tam­ment à tra­vers leur har­nais, les Lions sa­crés des la­mas (dans le boud­dhisme, on dé­signe de « la­ma » ce­lui qui a un ni­veau de spi­ri­tua­li­té avan­cé. On re­trouve no­tam­ment ce terme dans « Da­laï- la­ma » . ). Ces chiens­lions se­raient les gar­diens secrets de Boud­dha. En ef­fet, la lé­gende veut que Boud­dha après plu­sieurs jours de marche dans la fo­rêt ait re­trou­vé sa route grâce à d’étranges pe­tits chiens aux cri­nières de lions, sem­blables à des fi­gures my­tho­lo­giques. Ce chien-lion est alors de­ve­nu un sym­bole énor­mé­ment re­pré­sen­té et sty­li­sé. Sous la dy­nas­tie Tang (618-907), on dit que Gu­ru Pad­ma­samb­ha­va, aux alen­tours de 750, au­rait tout fait pour pré­ser­ver ces pe­tits chiens lions dans les mo­nas­tères du Ti­bet, pour pré­pa­rer l’éven­tuel re­tour de Boud­dha.

Chow-chow, un nom aux mul­tiples ex­pli­ca­tions

Comme c’est dé­jà le cas pour son his­toire, il n’est pas fa­cile de dé­ce­ler le vrai du faux quant à l’ori­gine de son nom. Il pour­rait s’agir d’un mot du pid­gin an­glo-chi­nois, ap­pa­ru vers 1795 à Canton, en Chine. C’est à dire un terme crée entre deux langues, qui s’ap­pro­che­rait d’un dia­lecte ou d’une langue sim­pli­fiée. A cette époque, Canton était un grand port de com­merce, des­ti­né no­tam­ment aux échanges avec l’eu­rope, et plus par­ti­cu­liè­re­ment avec le Royaume-uni. En chi­nois « cha » ou « tsa » , si­gni­fie nour­ri­ture. C’est en 1886 que le nom s’ap­pli­que­rait à cette es­pèce de chien, en ré­fé­rence au ca­rac­tère co­mes­tible de l’ani­mal (lire pré­cé­dem­ment). Une autre théo­rie vou­drait que le terme chi­nois « chaou », qui si­gni­fie « chien de grande force » ou « co­mes­tible » dans un autre dia­lecte chi­nois, soit à l’ori­gine du nom de l’es­pèce. Il se pour­rait aus­si que « chaou » soit éga­le­ment l’ap­pel­la­tion at­tri­buée aux com­mer­çants chi­nois qui tra­vaillaient avec l’an­gle­terre. En­fin, on ap­pelle « chaou­chaou » les ob­jets en­tre­po­sés dans les cales des ba­teaux de com­merces chi­nois, au mi­lieu des­quels les chiens au­raient pu voya­ger. Voi­là donc beau­coup d’hy­po­thèses pour un si pe­tit nom.

Un chien sen­sible

Sans dire que le Chow-chow est par­ti­cu­liè­re­ment fra­gile, il est né­ces­saire d’être vi­gilent quant à la san­té de son chien, sur­tout la pre­mière an­née. Les dys­pla­sies au ni­veau des hanches sont no­tam­ment ré­cur­rentes. Si la cause peut être dû à un facteur gé­né­tique, l’en­vi­ron­ne­ment du chien peut aus­si y contri­buer : « La pre­mière an­née, il faut évi­ter les es­ca­liers, les pro­me­nades trop longues et les sauts » , re­com­mande Jé­rôme Cler­mont. La crois­sance du Chow-chow est re­la­ti­ve­ment longue, il n’at­teint sa taille adulte qu’aux alen­tours de trois ans. Et son os­sa­ture as­sez forte né­ces­site d’être pru­dent et at­ten­tif. Il est im­por­tant de se rendre ré­gu­liè­re­ment chez le vé­té­ri­naire pour des contrôles (tous les deux mois la pre­mière an­née). Une ali­men­ta­tion saine est im­pé­ra­tive pour la bonne san­té du Chow-chow. Si elle peut lui évi­ter des pro­blèmes de dys­pla­sie, elle la pro­té­ge­ra éga­le­ment contre les pro­blèmes de peau. Ils peuvent éga­le­ment être liés à un pro­blème gé­né­tique ou à des al­ler­gies : « On ne lui donne au­cun reste de nour­ri­ture, et il faut être très at­ten­tif, c’est le meilleur moyen de dé­ce­ler des al­ler­gies », ex­plique Vincent Cou­tant, éle­veur en Dor­dogne. Le bros­sage ré­gu­lier per­met­tra à la peau de res­pi­rer évi­te­ra la créa­tion de plaque de ma­cé­ra­tion sur la peau du chien. L’en­tro­pion est éga­le­ment fré­quent chez les Chow-chow, en­core une fois, des vi­sites ré­gu­lières chez le vé­té­ri­naire per­mettent de dé­ce­ler ra­pi­de­ment ces pro­blèmes.

Le toi­let­tage

La four­rure du Chow-chow a beau être dense, elle ne de­mande pas un en­tre­tien contrai­gnant. Il est ce­pen­dant im­por­tant d’ha­bi­tuer le chien dès son plus jeune âge à être bros­sé et la­vé. On conseille dans un pre­mier temps un à deux bros­sages par se­maine et un bain tous les deux mois. Une fois ha­bi­tué, ce­la peut même de­ve­nir un plai­sir pour lui que d’être pa­pouillé. Le chien connaî­tra une pre­mière mue im­pres­sion­nante aux alen­tours de douze à quinze mois. Après celle-ci, il est pré­fé­rable de ré­duire les fré­quences de bros­sage et toi­let­tage. Pour le reste, la four­rure du ChowC­how doit res­ter très na­tu­relle. Pour les concours, on peut cou­per lé­gè­re­ment pour rendre le chien plus com­pact, à l’ar­rière ou au­tour des pieds mais sans ja­mais tou­cher à la cri­nière.

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