Le froid ça nous gagne

L’hi­ver est la meilleure sai­son pour l’ac­ti­vi­té spor­tive de nos com­pa­gnons. Les tem­pé­ra­tures basses ré­duisent très for­te­ment les « coups de cha­leur » chez les ath­lètes ca­nins. N’ou­blions pas que les causes du « coup de cha­leur » prennent en compte d’autre

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Une sai­son idéale

La pé­riode hi­ver­nale em­porte les tiques avec elle, écar­tant un bon nombre de ma­la­dies ! Par ailleurs, les pro­me­neurs sont moins nom­breux en fo­rêt, dé­cou­ra­gés par les lieux boueux ou in­hos­pi­ta­liers. Ef­fec­ti­ve­ment, plu­sieurs chiens réunis apeurent fa­ci­le­ment les flâ­neurs. Pour­tant ceux-ci n’ont qu’une en­vie : cou­rir et cou­rir ! De plus, l’en­traî­ne­ment en groupe est très sti­mu­lant pour les chiens et crée des re­la­tions de com­pli­ci­té entre eux. Cer­tains congé­nères ne s’ap­pré­ciant pas spé­cia­le­ment sont ca­pables de se ré­con­ci­lier suite à une bal­lade com­mune. C’est donc la sai­son idéale pour en­traî­ner nos com­pa­gnons en­har­dis par les tem­pé­ra­tures basses. Néan­moins, cer­tains au­to­ma­tismes sont à ac­qué­rir. Il faut prendre le temps d’échauf­fer son com­pa­gnon. Vous pou­vez ain­si lui de­man­der un de­bout/as­sis plu­sieurs fois pour pré­pa­rer ses ar­ti­cu­la­tions à l’ef­fort. On peut même dé­bu­ter l’en­traî­ne­ment en at­ta­chant son chien pour es­sayer de le « calmer » tout en échauf­fant ses muscles et ne pas faire mon­ter son rythme car­diaque de fa­çon ex­ces­sive. Par contre, si nous choi­sis­sons cette op­tion, il fau­dra que le ca­ni­cros­seur ou ca­ni­vé­té­tiste s’échauffe avant cette trac­tion. En com­pé­ti­tion, nous re­trou­vons cette pra­tique. L’homme se pré­pare de son cô­té avant de re­joindre son bi­nôme ca­nin pour fi­na­li­ser la phase d’échauf­fe­ment. L’en­traî­ne­ment ter­mi­né, il est im­por­tant de mettre le chien au chaud. Vous pou­vez com­men­cer par le bros­ser. Ce­la vous per­met d’ins­pec­ter votre ani­mal, de dé­ce­ler la moindre bles­sure et de la soi­gner. Vous pou­vez aus­si le dou­cher à l’eau chaude, le sé­cher et l’éti­rer. L’uti­li­sa­tion de l’eau per­met aus­si d’en­le­ver le sel des cous­si­nets. En ef­fet, le sel ré­pan­du sur les routes ou les trot­toirs lors de l’en­nei­ge­ment brûle les pattes de nos amis ca­nins. Si vous êtes en com­pé­ti­tion, vous pour­rez le bros­ser, le sé­cher, l’éti­rer, lui pro­po­ser une pe­tite quan­ti­té d’eau tiède et le mettre au chaud. C’est pour­quoi, la paille est uti­li­sée lors des courses pour iso­ler cer­taines meutes du froid. Il est aus­si in­té­res­sant d’ajou­ter de l’eau chaude aux cro­quettes après la course (3 heures après). Ce li­quide chaud ré­veille l’odeur ap­pé­tis­sante des cro­quettes et ap­porte un bien-être au chien. Par ailleurs, une poche de chaud ou une bouillote re­laxe les muscles et sou­lage la dou­leur. Par­fois, les com­pé­ti­teurs n’hé­sitent pas à mas­ser leur par­te­naire pour amé­lio­rer sa ré­cu­pé­ra­tion.

Les aléas de la sai­son hi­ver­nale

L’hi­ver est aus­si la ren­contre avec de nom­breux gi­biers. Cerfs, biches, che­vreuils ou san­gliers n’hé­sitent pas à se mettre à dé­cou­vert pour trou­ver leur pré­cieuse nour­ri­ture. Ces ren­contres sont sou­vent ma­giques mais il faut être sûr de son rap­pel sur ses chiens. Par consé­quent, il faut sa­voir an­ti­ci­per leur ré­ac­tion. Ain­si, il faut ob­ser­ver leur ges­tuelle pour agir le plus ra­pi­de­ment pos­sible. Elle est ai­sée chez les chiens de chasse qui marquent sou­vent l’ar­rêt avec un an­té­rieur le­vé et le reste du corps ten­du jus­qu’au bout de la queue !

Le chien à cô­té de son maître risque ra­re­ment une at­taque. Alors, lais­sez pas­ser ces sei­gneurs des fo­rêts et con­tem­plez ce spec­tacle na­tu­rel, tou­jours en­chan­teur.

Ces basses tem­pé­ra­tures sont aus­si le temps des cre­vasses. Cer­taines crèmes grasses adou­cissent ces bles­sures. Elles sont en vente chez les spé­cia­listes. Les acides gras hy­per­oxy­gé­nés (Agy­val ND) et l’aloe Ve­ra se­lon le vé­té­ri­naire Do­mi­nique Grand­jean de l’uni­té de Mé­de­cine Spor­tive de l’ecole Vé­té­ri­naire de Mai­sons-al­fort ont de très bonnes ver­tus ci­ca­tri­santes lors de plaies bé­nignes. Le chien avec une cre­vasse peut pour­suivre ses en­traî­ne­ments avec des bot­tines adap­tées à sa mor­pho­lo­gie. Ces cre­vasses at­teignent aus­si les oreilles et la queue de cer­tains chiens. La plu­part des su­jets tou­chés sont les races où l’otec­to­mie et la cau­dec­to­mie étaient pra­ti­quées. En ef­fet, la sé­lec­tion gé­né­tique ne pre­nait pas en compte ces cri­tères. Ain­si, il faut mas­ser les oreilles avec de la graisse à traire ou autres crèmes pour ai­der la cir­cu­la­tion san­guine. Par­fois, il faut même at­ta­cher les oreilles pour évi­ter qu’elles se cognent et se fis­surent en­traî­nant des sai­gne­ments. Par consé­quent, les oreilles sont pla­quées sur les joues du chien comme un chiot à l’aide d’un pan­se­ment mé­ti­cu­leux. Cette at­tache d’oreilles ne peut être lais­sée en per­ma­nence. Les oreilles ont be­soin d’une aé­ra­tion na­tu­relle, évi­tant les otites. Il faut donc l’en­le­ver lorsque le chien ne court pas. Concer­nant la queue, il en est de même. Le froid in­ten­si­fie les ger­çures. Les chocs oc­ca­sion­nés par les bat­te­ments de queue en­traînent des lé­sions dif­fi­ciles à ci­ca­tri­ser en hi­ver. Cha­cun use d’as­tuce pour at­té­nuer ces contacts trau­ma­ti­sants. Cer­tains ca­ni­cros­seurs ré­cu­pèrent le sup­port plas­tique de leurs bandes de pan­se­ment élas­tique (leur ser­vant à « strap­per » leurs che­villes) pour y glis­ser la queue de leur com­pa­gnon et la pro­té­ger.

Un équi­pe­ment adap­té !

Lors des com­pé­ti­tions in­ter­na­tio­nales, il n’est pas rare de voir nos ath­lètes ca­nins vê­tus d’une cou­ver­ture ou man­teau tels des cour­siers équins. Ef­fec­ti­ve­ment, l’at­tente des dé­parts dans le froid consomme l’éner­gie des chiens à poils ras. Greys­ters , braques et do­ber­mann s’ha­billent alors. A l’ar­ri­vée, ces mêmes spé­ci­mens re­trouvent leur cou­ver­ture le temps de la ré­cu­pé­ra­tion. Ain­si, ils marchent jus­qu’à re­trou­ver un rythme car­diaque lent. Nous l’avons dé­jà évo­qué pré­cé­dem­ment mais les bot­tines sont uti­li­sées aus­si à cette sai­son. Les pro­tec­tions en po­laire ou tis­su ne peuvent ré­sis­ter aux ré­pé­ti­tions de con­tact avec le sol. Elles se dé­chirent aus­si sur la par­tie des cous­si­nets. Par consé­quent, celles-ci se ré­vèlent donc coû­teuses. Les bot­tines « Bark’n Boots Grip » de Ruff Wear sont un bi­jou de tech­ni­ci­té.

Elles pos­sèdent des se­melles en « Vi­bram » as­su­rant un confort in­dé­niable pour nos par­te­naires ca­nins et une du­rée d’usure pra­ti­que­ment illi­mi­tée. Son ac­croche est ex­cep­tion­nelle grâce à une se­melle consti­tuée de pe­tites étoiles ga­ran­tis­sant une par­faite sta­bi­li­té. Le des­sus du pied est re­cou­vert par un tis­su aé­ré li­mi­tant la su­da­tion. Le sys­tème de la­çage est consti­tué par une in­gé­nieuse bande vel­cro fluo­res­cente. Ce dé­tail a son uti­li­té lors des sor­ties où la vi­si­bi­li­té est ré­duite. Le main­tien du pied est as­su­ré de chaque cô­té par des par­ties mon­tantes en cuir avec de so­lides cou­tures.

L’hi­ver n’a donc plus de se­cret pour vous, vous pou­vez ain­si vous lan­cer à la conquête de nou­veaux es­paces avec votre fi­dèle com­pa­gnon en lui ap­por­tant le maxi­mum de confort.

Guide pra­tique du chien de sport et d’uti­li­té, de Do­mi­nique Grand­jean, Na­tha­lie Mo­quet, San­drine Paw­lo­wiez, Anne-ka­ren Tour­te­batte, Bo­ris Jean et Hé­lène Bac­qué édi­té par Royal Ca­nin

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