Ber­ger de Po­dhale

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L’his­toire du Ber­ger de Po­dhale n’a pas tou­jours été un long fleuve tran­quille. Si on re­monte ses ori­gines, ou celles de ses proches cou­sins, à des temps im­mé­mo­riaux, l’es­pèce a bien failli dis­pa­raître après la Se­conde Guerre mon­diale. Mais au­jourd’hui, ce Ber­ger tendre et pro­tec­teur est bel et bien pré­sent et sait se faire ap­pré­cier par l’en­semble de la fa­mille.

Des ori­gines an­ces­trales

Pour re­trou­ver les ori­gines des chiens de ber­ger, il faut re­mon­ter jus­qu’à la pé­riode Néo­li­thique en Mé­so­po­ta­mie (ac­tuel Moyen-orient) et en Ana­to­lie (Asie Mi­neure), c’est à dire, vers le VIIE mil­lé­naire avant Jé­sus-ch­rist. C’est à cette pé­riode qu’ap­pa­raissent, entre autre, l’éle­vage et l’agriculture. Le vil­lage néo­li­thique de Ca­tal Höyük, dans l’ac­tuelle Tur­quie, se­rait l’une des plus an­ciennes ag­glo­mé­ra­tions du monde. Elle date d’en­vi­ron 7000 ans avant Jé­sus-ch­rist. C’est sur ce site qu’ont été dé­cou­verts des re­pré­sen­ta­tions pic­tu­rales ca­nine ain­si que des dé­bris d’os de bé­tails et de chiens. Preuve de leur col­la­bo­ra­tion dans le tra­vail. Quelques mil­lé­naires plus tard, aux alen­tours du IIE siècle avant Jé­sus-ch­rist on trouve de nou­velles re­pré­sen­ta­tions ico­no­gra­phiques de chiens, que l’on qua­li­fie­rait au­jourd'hui de mo­losses. Ces témoignages pro­viennent des ci­vi­li­sa­tions de Su­mer, d’as­sy­rie et de Ba­by­lone, ce qui cor­res­pon­drait, plus ou moins, à l’ac­tuel Irak. Ces bas re­liefs ou ces re­pré­sen­ta­tions en terre cuite re­pré­sentent es­sen­tiel­le­ment la vie aris­to­cra­tique. Ain­si y voit-on les chiens uti­li­sés pour la chasse et pour pro­té­ger leurs maîtres. Pe­tit à pe­tit, l’agriculture et l’éle­vage tra­versent les fron­tières mé­di­ter­ra­néennes pour ar­ri­ver en Eu­rope, et avec eux, les mé­thodes qui leurs sont propres. On re­trouve alors l’uti­li­sa­tion du chien comme gar­dien de trou­peau.

Dans les mon­tagnes po­lo­naises

Bien des an­nées plus tard, après de nom­breux mou­ve­ments de po­pu­la­tions et de mar­chan­dises, c’est dans l’ac­tuelle Po­logne que l’on re­trou­ve­ra le Ber­ger de Po­dhale. Ce chien très pro­ba­ble­ment is­sus de croi­se­ments de dif­fé­rents mo­losses est ap­pré­cié et adop­té pour sa force et son cou­rage. Il fait d’ailleurs l’ob­jet d’échange lors de tran­sac­tions com­mer­ciales. A l’an­ti­qui­té, on le troque vo­lon­tiers contre des oeuvres d’art, des dra­pe­ries mais aus­si de l’ar­gent. Le ter­ri­toire po­lo­nais jouit d’une si­tua­tion par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­sante. L’oder, ce long fleuve d’eu­rope cen­trale de plus de 850 ki­lo­mètres et la Vis­tule sont pro­pices aux dé­ve­lop­pe­ments de nom­breux peuples. Ain­si naît à l’âge de Bronze, la culture Lu­sa­cienne, puis­sante et in­no­vante, dont émer­ge­ront les Slaves. L’his­toire du pays connaît en­suite de nom­breux re­bon­dis­se­ments, comme la chute des Goths au VIE ou la guerre contre les Avars qui ont ten­té d’en­va­hir leur ter­ri­toire. Cette vic­toire a per­mis à ce peuple de s’étendre da­van­tage en Eu­rope cen­trale et orien­tale. Vien­dra plus tard, aux alen­tours du Xe siècle, la dy­nas­tie prin­cière des Piast, qui a gou­ver­né l’état in­dé­pen­dant de la Po­logne, jus­qu’en 1370. Nous sommes alors face à un peuple sé­den­taire, prin­ci­pa­le­ment agri­cul­teurs. Les res­sources de ce peuple re­la­ti­ve­ment pa­ci­fiste étaient alors l’éle­vage, de bo­vins ou d’ovins, ain­si que la chasse et la pèche. Si une par­tie de leur pays, no­tam­ment la grande plaine, était su­jet aux in­va­sions, car par­ti­cu­liè­re­ment vul­né­rables, les mon­tagnes de Ta­tras, si­tuées dans le sud de la Po­logne pro­fi­taient d’une cer­taine tran­quilli­té. Et c’est pré­ci­sé­ment dans ces mon­tagnes que l’on voit se dé­ve­lop­per le mode de vie pas­to­ral, avec l’uti­li­sa­tion des chiens comme pro­tec­teurs du trou­peau. Les mon­tagnes Ta­tras ont don­né au Ber­ger de Po­dhale sa pre­mière ap­pel­la­tion of­fi­cielle. Avant ce­la, on avait cou­tume de l’ap­pe­ler Ber­ger des Mon­tagnes. Mais c’est en­suite de la ré­gion des mon­tagnes de Ta­tras, ap­pe­lée Po­dha­lie, que le chien tire son nom ac­tuel. Cette ré­gion de Po­dhale est res­tée long­temps ru­rale. Cer­tains écrits viennent d’ailleurs illus­trer la vie au XIXE siècle. C’est le cas de Lud­wik Ze­jsz­ner, qui en 1851, dé­crit la pré­sence de grands chiens blancs au pe­lage long dans les mon­tagnes des Tar­tras. 1888 est l’an­née de l’inau­gu­ra­tion à Za­ko­pan, dans le sud de la Po­logne, du mu­sée consa­cré à la vie de mon­tagne. Mu­sée qui offre une place de choix aux chiens de ber­ger. Et quelques an­nées plus tard, en 1937, se tient, tou­jours à Za­ko­pan, la pre­mière ex­po­si­tion de chiens de ber­ger, pré­sen­tant près de 70 chiens adultes et une tren­taine de chiots, et par­mi eux, les spec­ta­teurs ont pu dé­cou­vrir le Ber­ger de Po­dhale. Mais le XXE siècle a été meur­tri par des

guerres, peu pro­pices à l’éle­vage ca­nin. La Se­conde Guerre mon­diale, sui­vit de la Guerre Froide ont mit en pé­ril notre beau chien blanc qui a bien failli dis­pa­raître. Mais quelques ber­gers per­sé­vé­rants ont tout de même réus­si à gar­der leurs chiens et ain­si main­te­nir la race en vie.

Une re­nais­sance dans les an­nées 1950

C’est grâce au tra­vail de sé­lec­tion du pro­fes­seur De­re­zins­ki et du Doc­teur Bu­kows­ki dans les an­nées 1950, que l’es­pèce a pu être re­le­vée. En 1954, à Za­ko­pane, une réunion a ras­sem­blé une cen­taine de Ber­gers de Po­dhale, au­tre­fois ap­pe­lés Ber­ger des Mon­tagne, et la ma­jo­ri­té était pré­sen­tée par les ber­gers eux-mêmes. Mais cette même an­née, le gou­ver­ne­ment dé­ci­da de l’ins­tal­la­tion d’un parc na­tio­nal dans la ré­gion et im­po­sa aux ber­gers d’éloi­gner leurs trou­peaux. Et pe­tit à pe­tit, l’uti­li­sa­tion de chiens de ber­ger di­mi­nua et la re­pro­duc­tion éga­le­ment. Mais la per­sé­vé­rance de quelques éle­veurs a suf­fi à main­te­nir un chep­tel de la race, qui se­ra re­con­nue en 1967 par la Fé­dé­ra­tion Cy­no­lo­gique In­ter­na­tio­nale (FCI), sous son nom ini­tial : Ber­ger de Ta­tra. En France, c’est à Ma­dame Jour­dain que l’on doit l’in­tro­duc­tion de l’es­pèce dans les an­nées 1980. Cette femme d’ori­gine po­lo­naise im­por­ta un couple de Ber­gers de Po­dhale. Au­jourd’hui en France, on compte en­vi­ron une di­zaine d’éle­veurs, qui pour cer­tain sont plu­ri-races. On dé­nombre entre 200 et 250 naissances par an. Un chiffre re­la­ti­ve­ment constant d’an­née en an­née. Les chiffres parlent d’eux même, c’est une race qui reste re­la­ti­ve­ment rare : « Il y a une vo­lon­té de la part des éle­veurs de gar­der la race confi­den­tielle pour la pré­ser­ver » , ex­plique Fran­çoise Martin, éle­veuse dans le Loir et Cher de­puis plus de 25 ans.

Un chien comme on en voit peu

Et at­ten­tion à ne pas confondre le Ber­ger de Po­dhale avec ses cou­sins qui lui res­semblent par­fois beau­coup. C’est no­tam­ment le cas du Ber­ger Slo­vaque ou le chien de Mon­tagne des Py­ré­nées, qui est bien plus cou­rant chez nous. Mais ne vous y mé­pre­nez pas, ces chiens sont en réa­li­té très dif­fé­rents, et il n’est pas si dif­fi­cile de les dis­tin­guer. Sa taille est sans doute le meilleur des in­dices, puisque le Ber­ger de Po­dhale se­ra si­gni­fi­ca­ti­ve­ment plus pe­tit qu’un Chien de Mon­tagne des Py­ré­nées. La fe­melle a une taille com­prise entre 60

et 65 cm et le mâle, 65 à 70 cm. C’est en­vi­ron dix cen­ti­mètres de moins que son cou­sin des Py­ré­nées. Quant à son poids, il va­rie entre 40 et 55 kg sui­vant le sexe, et en­core une fois, c’est une di­zaine de ki­lo de moins que le Chien de Mon­tagne des Py­ré­nées. Si l’ap­pa­rence du Ber­ger de Po­dhale est re­la­ti­ve­ment ro­buste et com­pacte, il reste un chien as­sez fin, sans masse ex­ces­sive. On a cou­tume de dire que ses pro­por­tions s’ins­crivent dans un rec­tangle. Le stan­dard du Ber­ger de Po­dhale dé­crit un chien au dos droit et large, tout comme ses reins. Ses côtes sont as­sez plates et in­cli­nées et sa cage tho­ra­cique pro­fonde. Son ventre est quant à lui très lé­gè­re­ment re­mon­té et son en­co­lure est mus­clée et pré­sente une cri­nière abon­dante. De ma­nière gé­né­rale, ses membres ont une os­sa­ture im­por­tante. La queue n’est pas at­ta­chée très haut sur le dos du chien. Elle peut se le­ver au des­sus du dos lorsque l’ani­mal est at­ten­tif ou ex­ci­té, mais elle ne se re­courbe pas. En­fin, on ob­serve sou­vent un léger cro­chet à son ex­tré­mi­té. Im­pos­sible de par­ler du Ber­ger de Po­dhale sans évo­quer sa tête et son ex­pres­sion si par­ti­cu­lière. Entre un vi­sage mo­los­soïde mais tout de même as­sez fin et tri­an­gu­laire, il pré­sente un mé­lange har­mo­nieux et élé­gant. Re­gar­der sa tête est aus­si un bon moyen de le dif­fé­ren­cier du Chien de Mon­tagne des Py­ré­nées, puisque ces der­niers ont un chan­frein si­tué sur une ligne di­ver­gente à celle du crâne. Chez le Ber­ger de Po­dhale, leur crâne lé­gè­re­ment ar­ron­di, est pa­ral­lèle à un chan­frein fort, au moins de la même lon­gueur que le crâne. Ain­si, l’ex­pres­sion des deux races se­ra très dif­fé­rente. La truffe du Ber­ger de Po­dhale est noire, mais il ar­rive qu’elle se dé­pig­mente lé­gè­re­ment en hi­ver, ou chez les fe­melles, en pé­riodes de cha­leurs. Les lèvres et les pau­pières sont noires éga­le­ment. Les yeux fon­cés et en amande offre au ber­ger un re­gard doux. Ses oreilles, de forme tri­an­gu­laire, sont de lon­gueurs moyennes et at­ta­chées au ni­veau de la hau­teur de l’oeil ou un peu plus haut. Au re­pos, elles viennent se po­ser sur les joues du chien. Elles sont gé­né­ra­le­ment as­sez épaisses avec une bonne gar­ni­ture de poils. On ob­serve des dif­fé­rences si­gni­fi­ca­tives entre la tête du mâle et celle de la fe­melle, du point de vue ca­rac­té­riel (lire en­ca­dré), comme phy­sique. Le mâle de cette race ar­bore en ef­fet une im­por­tante cri­nière au­tour de sa tête, ce qui n’est pas le cas de la fe­melle. On a ten­dance à consta­ter que celle-ci ont ce­pen­dant une tête beau­coup plus fine.

Une four­rure dense

Si l’on ap­pré­cie tant le Ber­ger de Po­dhale, c’est éga­le­ment pour sa four­rure douce et gé­né­reuse. Blanche ou re­la­ti­ve­ment claire, la cou­leur de sa robe s’ex­plique par son rôle ori­gi­nel de chien de pro­tec­tion des trou­peaux en mon­tagne. Avec cette cou­leur, il se confon­dait avec les ani­maux du trou­peau et ne pas­sait pas pour un pré­da­teur. Cer­tains chiens pré­sentent de pe­tites tâches cou­leur crème. Elles peuvent s’ex­pli­quer par des ves­tiges de croi­se­ments et consi­dé­rées comme in­dé­si­rables par le stan­dard. Sur sa tête, sur l’avant de ses membres an­té­rieurs et sur le bas de ses membres pos­té­rieurs, le Ber­ger de Po­dahle a des poils denses et as­sez courts. A l’in­verse, le poil se­ra se­mi-long sur le reste du corps, et par­ti­cu­liè­re­ment dans son cou, sur ses cuisses et sa queue, avec un sous-poil abon­dant. Le poil peut être droit ou lé­gè­re­ment on­du­lé et offre un as­pect as­sez dur au tou­cher. Mal­gré son ap­pa­rence douce et soyeuse, la four­rure du Ber­ger de Po­dhale n’est pas dif­fi­cile à en­tre­te­nir. On conseille gé­né­ra­le­ment de le bros­ser quo­ti­dien­ne­ment et ce­la dès son plus jeune âge, afin qu’il s’y ha­bi­tue. Il est par­fois bon d’in­sis­ter lé­gè­re­ment sur le poil fin der­rière les oreilles. Quant au bain il est conseillé, chez le Ber­ger de Po­dhale comme chez la plu­part des chiens, dans une moindre me­sure. Lors­qu’il re­vient boueux d’une pro­me­nade, com­men­cez par at­tendre qu’il sèche et don­ner lui un bon coup de brosse pour re­ti­rer toute la sa­le­té. En­fin, c’est un chien qui mue deux fois par an, il est donc pré­fé­rable de l’étriller pour évi­ter que ses poils blancs n’en­va­hissent la mai­son.

Un gar­dien tendre et fi­dèle

En fa­mille, le Ber­ger de Po­dhale sait se mon­trer exem­plaire. Il est re­la­ti­ve­ment calme et tran­quille, et ne mo­no­po­lise pas l’at­ten­tion à la mai­son. Avec les en­fants, il sait même être très pa­tient et sup­porte re­la­ti­ve­ment bien leurs agi­ta­tions et mal­adresses. « A condi­tion que l’en­fant

lui-même soit éle­vé dans le res­pect du chien » , pré­cise l’éle­veuse Fran­çoise Martin. Il peut en­suite de­ve­nir un bon ca­ma­rade de jeux. Très vite, le chien va éga­le­ment vou­loir pro­té­ger l’en­fant avec le­quel il vit. « C’est un com­pa­gnon ex­cep­tion­nel pour un en­fant. » Il est es­sen­tiel pour le Ber­ger de Po­dhale d’être ra­pi­de­ment so­cia­li­sé à la vie fa­mi­liale. « Pour ce type de chien de pro­tec­tion, il est im­por­tant qu’il s’ha­bi­tue très tôt à la cel­lule fa­mi­liale » , in­siste l’éle­veuse. Le chien est très mé­fiant dès sa nais­sance, c’est une ca­rac­té­ris­tique de sa race. Ain­si, s’il n’est pas au con­tact de l’être hu­main dès sa nais­sance ou presque, il res­te­ra mé­fiant par la suite. Mais une fois que ce tra­vail de so­cia­li­sa­tion est fait, le Ber­ger de Po­dhale se­ra très cor­recte, avec l’en­semble de la fa­mille, com­pre­nant vite les règles à suivre et les li­mites à res­pec­ter. Bien que très proche de ses maitres, il sau­ra gar­der suf­fi­sam­ment de dis­tance pour ne pas être en­va­his­sant. Mal­gré ce­la, s’il a re­çu une édu­ca­tion faite de beau­coup d’at­ten­tions et de ten­dresse, il ne man­que­ra pas de ve­nir ré­cla­mer des ca­resses ré­gu­liè­re­ment. Le Ber­ger de Po­dhale conserve par ailleurs un cer­tain sens de l’in­dé­pen­dance et de l’au­to­no­mie, lui per­met­tant de res­ter seul quelques temps sans que ce­la ne pose le moindre pro­blème. Son tem­pé­ra­ment de chien de garde n’étant ja­mais très loin, il veille­ra sur son ter­ri­toire et ce­lui de son maître, sans pour au­tant don­ner de la voix en per­ma­nence. Il sur­veille­ra très at­ten­ti­ve­ment les alen­tours mais n’aboie­ra que si le be­soin se fait sen­tir. Et en sa pré­sence, le maitre peut dor­mir sur ses deux oreilles, car le chien reste en per­ma­nence sur ses gardes et sur­tout la nuit.

Une bi­nôme « chien maitre » ex­cep­tion­nel

S’il reste un chien d’ex­té­rieur, qui ne sup­por­te­rait pas une vie en ap­par­te­ment, il n’est pas fugueur et se conten­te­ra du ter­ri­toire qu’on lui a don­né, sans ja­mais cher­cher à l’agran­dir. Il ap­pré­cie éga­le­ment le calme et n’ira pas uti­li­ser ses forces in­uti­le­ment. Hors de ques­tion pour ce chien de mon­tagne d’al­ler aboyer ou cou­rir der­rière chaque pié­ton qui pas­se­rait de­vant le jar­din. Mais si la si­tua­tion l’im­pose, soyez cer­tains qu’il agi­ra dans la se­conde. Lors­qu’un Ber­ger de Po­dhale ar­rive à la mai­son, il est né­ces­saire de ra­pi­de­ment po­ser des li­mites, au risque

qu’il n’adopte de mau­vaises ha­bi­tudes qui se­ront dé­li­cates à chan­ger par la suite. Ain­si, le maitre de­vra faire preuve de pa­tience et d’une cer­taine psy­cho­lo­gie pour édu­quer son chien. Il faut prendre le temps de le com­prendre, ce qui peut être dé­li­cat car il n’est pas dé­pen­dant de l’homme ori­gi­nel­le­ment. C’est alors au maitre de créer une re­la­tion en duo pour que le chien lui obéisse. S’il fait quelque chose, c’est pour faire plai­sir à son maitre. Donc s’il passe ses journées seul à l’ex­té­rieur, loin de la vie de fa­mille, il ne fau­dra rien at­tendre de sa part. Mais dans l’en­semble, il reste re­la­ti­ve­ment obéis­sant. Seuls les exer­cices ré­pé­ti­tifs ont ten­dance à lui dé­plaire. Se­lon l’éle­veuse Fran­çoise Martin : « On peut lui ap­prendre plein de choses, mais il n’est pas si do­cile. Ce n’est pas un chien mé­ca­ni­sable. S’il n’a pas en­vie de faire quelque chose, il ne le fe­ra pas. » Il faut alors pri­vi­lé­gier les ré­com­penses pour al­ler dans son sens et que le chien trouve un in­té­rêt cer­tain à l’ac­ti­vi­té. D’au­tant qu’il est, de ma­nière gé­né­rale, as­sez tê­tu. Pour ce chien au tem­pé­ra­ment se­rein, il est conseillé de lui of­frir un en­vi­ron­ne­ment à son image. Il est tout d’abord in­utile de lui crier des­sus pour qu’il com­prenne quelque chose et en­core moins de le frap­per. Face aux gens qu’il ne connaît pas, le Ber­ger de Po­dhale peut res­ter en re­trait et mon­trer une vi­gi­lance ac­crue. Il est prêt à in­ter­ve­nir en cas de me­nace en­vers son maître. Il n’ira donc pas spon­ta­né­ment au con­tact de per­sonnes qu’il ne connaît pas mais pré­fé­re­ra ob­ser­ver la si­tua­tion avec mé­fiance et pru­dence. Ain­si, il ne se lais­se­ra pas for­cé­ment ca­res­ser mais ne se mon­tre­ra pas agres­sif pour au­tant. Quant à la vie en groupe, ce n’est pas un chien par­ti­cu­liè­re­ment bel­li­queux et il n’ira pas cher­cher le conflit avec ses congé­nères. Mal­gré ce­la, il a un ca­rac­tère af­fir­mé et peut vite s’im­po­ser au sein du groupe. Ce chien n’étant pas non plus un pré­da­teur, la co­ha­bi­ta­tion avec d’autres ani­maux est re­la­ti­ve­ment bonne.

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