En­core des nou­velles règles

Vos Chiens - - Sommaire -

Uneor­don­nance vient en­core de mo­di­fier

(1) les dis­po­si­tions re­la­tives à l’éle­vage et à la com­mer­cia­li­sa­tion des ani­maux de com­pa­gnie sous pré­texte d’ac­croître leur pro­tec­tion. Sauf que, comme ce­la ra­joute de nou­velles contraintes à celles dé­jà exis­tantes, il est à craindre que, d’ici quelque temps, les chiots nés sur l’hexa­gone se ra­ré­fiant, sauf à ac­cep­ter sans dis­cu­ter la qua­li­té qu’il trou­ve­ra, le consom­ma­teur en vienne à ten­ter de faire ac­cep­ter nos res­tric­tions nationales aux nais­seurs eu­ro­péens.

Les dis­po­si­tions qui entrent en vi­gueur au 1° jan­vier 2016 com­mencent par don­ner une nou­velle dé­fi­ni­tion de cet éle­vage qui consiste, main­te­nant 2), "à dé­te­nir au moins une fe­melle

( re­pro­duc­trice dont au moins un chien ou un chat est cé­dé à titre oné­reux.".

Com­men­taire

Cette no­tion ne re­po­sant sur au­cun fon­de­ment éco­no­mique et le prix d’un chiot va­riant de 500 à plus de 3.000 eu­ros, la ten­ta­tion est main­te­nant grande de pré­tendre avoir don­né les chiots ou cha­tons de la por­tée pour échap­per à

(3) cette dis­po­si­tion. Ou­vrant en­core plus grande la porte au tra­vail dis­si­mu­lé.

Le nou­vel ar­ticle L. 214-6-1 du code ru­ral édicte que, pour pou­voir exer­cer une ac­ti­vi­té liée aux ani­maux de com­pa­gnie, il faut s’être dé­cla­ré à la pré­fec­ture (4) et être ti­tu­laire

• soit d’une cer­ti­fi­ca­tion pro­fes­sion­nelle re­con­nue par le mi­nis­tère (di­plôme ou qua­li­fi­ca­tion pro­fes­sion­nelle),

• soit d’une at­tes­ta­tion de for­ma­tion aux be­soins des ani­maux de com­pa­gnie,

• l’au­to­ri­té­soit d’un pré­fec­to­ra­le­cer­ti­fi­cat de avant ca­pa­ci­té2016. dé­li­vré par Toute per­sonne (phy­sique ou mo­rale) exer­çant l’ac­ti­vi­té d’éle­vage de chiens et/ou chats comme dé­fi­ni ci-des­sus (vente de plus d’un chiot ou cha­ton) est te­nue de se faire im­ma­tri­cu­ler dans le re­gistre te­nu par la Chambre d’agriculture, la­quelle de­vra lui dé­li­vrer (gra­tui­te­ment) un ré­cé­pis­sé (5) avec le­quel il pour­ra, en­suite, en­ta­mer les dé­marches au­près des or­ga­nismes pu­blics ( 6). Tou­te­fois, le foyer fis­cal ( 7) ne ven­dant pas plus d’une por­tée an­nuelle se voit dis­pen­sé de la dé­cla­ra­tion ini­tiale “pro­tec­tion ani­male” et de la for­ma­tion ini­tiale (ou du cer­ti­fi­cat de ca­pa­ci­té). Par ailleurs, les éle­veurs de chiens et/ou de chats pro­dui­sant uni­que­ment des ani­maux ins­crits à un livre gé­néa­lo­gique et ne ven­dant pas plus d’une por­tée par an sont dis­pen­sés de s’ins­crire au re­gistre de la Chambre d’agri- culture, ani­male”cer­ti­fi­cat Rap­pe­lons­pa­gnie­tion d’une vé­té­ri­nai­rede no­ti­ce­doitde ces­sionde et que n’est­la être ca­pa­ci­té). d’éle­va­gede dé­cla­ra­tion­toute ac­com­pa­gnée­tou­jours­la (ou for­ma­tion­vente conven­tio­net pas que, ini­tiale d’ani­mal obli­ga­toi­rei­ni­tia­led’unesi le “pro­tec­tionde cer­ti­fi­catde at­tes­ta-(ou vente),com- pour­du les dé­fi­nis éle­veurs ci-des­sus dits( 8), “pro­fes­sion­nels”rien n’em­pêche (bien com­meau contraire), par simple pré­cau­tion, de four­nir le dit cer­ti­fi­cat. Les mêmes dis­po­si­tions s’ap­pliquent éga­le­ment aux ces­sions d’ani­maux à titre gra­tuit ou oné­reux par une as­so­cia­tion ou fon­da­tion de pro­tec­tion ani­male. Toute pu­bli­ca­tion d’une offre de ces­sion de

chien ou chat (9) doit men­tion­ner

• l’âge des ani­maux,

• alo­gique,s’ils sont ou non ins­crits dans un livre gé­néet, comme avant,

• soit le nu­mé­ro d’iden­ti­fi­ca­tion de la mère et le nombre de chiots/cha­tons de la por­tée

• soit l’iden­ti­fi­ca­tion de cha­cun,

• ain­si que, lors­qu’il s’agit d’une ces­sion à titre gra­tuit, l’in­di­quer ex­pli­ci­te­ment. L’offre de vente doit, elle, pré­ci­ser le nu­mé­ro d’im­ma­tri­cu­la­tion à la Chambre d’agriculture ou, pour ceux non sou­mis à cette for­ma­li­té (ven­dant moins 2 por­tées/an uni­que­ment LOF ou LOOF), le nu­mé­ro de por­tée. A part l’abais­se­ment du seuil à par­tir du­quel le par­ti­cu­lier est consi­dé­ré pra­ti­quer l’éle­vage lors­qu’il ne pro­duit pas ex­clu­si­ve­ment des su­jets ins­crits au LOF ou au LOOF, cette or­don­nance ne mo­di­fie pas grand choses aux dis­po­si­tions an­ciennes. Les­quelles, dé­jà, étaient peu res­pec­tées puisque la ma­jo­ri­té des an­non­ceurs omet­taient d’in­di­quer, par exemple leur iden­ti­fiant SI­RET ou, tout bon­ne­ment, ces co­or­don­nées (nom et adresse) du ven­deur que le code du tra­vail obli­geait pour­tant pu­bli­ca­tion de­puis plus de 15 ans 10).

( Ce­ci sa­chant que les ré­dac­teurs de ces dis­po­si­tions lé­gales donnent l’im­pres­sion de trai­ter d’un su­jet dont ils ignorent tout. Se­raitce parce que vou­loir ré­gir d’iden­tique fa­çon l’éle­vage DU chat et ce­lui DU chien re­lève d’une hé­ré­sie que se­rait ca­pable de dé­ce­ler un élève du pri­maire qui, du pre­mier coup d’oeil, s’aper­ce­vrait que l’on ne peut éle­ver se­lon les mêmes normes un chat et le re­pré­sen­tant de l’une des quelques 6 ou 700 races ou types de chiens. En­fant qui trou­ve­rait bien sûr aber­rant de consta­ter que le pe­tit éle­veur pas­sion­né qui court les ex­po­si­tions et dont la pe­tite “ex­ploi­ta­tion” d’une quin­zaine de su­jets connaît un dé­fi­cit per­ma­nent (par­fois abys­sal) soit trai­té se­lon les mê­mes­normes et dans les mêmes condi­tions (y com­pris ju­di-ciaires) que l’éle­vage de quelques cen­taines d’adultes. Dé­but des an­nées 90’, nous avons su­bi ces ventes sau­vages bra­dant au cours d’un wee­kend quelques cen­taines de chiens

(11) ori­gi­naires de pays de l’ex-est, fa­ti­gués et par­fois ren­dus ma­lades par un voyage de plu­sieurs mil­liers de ki­lo­mètres. Mais,l’or­ga­ni­sa­teur s’étant em­pres­sé de plier ba­gages dans la nuit du di­manche au lun­di pour ren­trer dans son pays, l’ache­teur gru­gé n’avait plus au­cun re­cours. Ni à l’en­contre du ven­deur­do­mi­ci­lié hors de France, ni contre un éle­veur d’outre Da­nube.pour des rai­sons in­con­nues, ces ker­messes ont dis­pa­ru. Peu­têtre parce que rem­pla­cées par des or­ga­ni­sa­teurs fran­çais sé­lec­tion­nant sé­rieu­se­ment leurs ex­po­sants­vis-à-vis des­quels notre lé­gis­la­tion est ap­pli­cable. Le seul voeu que l’on peut for­mu­ler pour la nou­velle an­née (et les sui­vantes) est que cette or­ga­ni­sa­tion “hexa­go­nale” per­dure, que nous ne su­bis­sions plus ces coups do­mi­ni­caux, ces ventes sau­vages et ponc­tuelles pré­ju­di­ciables au­tant à nos pro­fes­sion­nels (pro­duc­teurs et ven­deurs) qu’aux consom­ma­teurs.

Maître Pierre CORREARD, avo­cat

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