LE FLAT-COA­TED

RE­TRIE­VER, UN GRAND SEI­GNEUR !

Vos Chiens - - Spécial Flat-coated -

Ap­pe­lé aus­si re­trie­ver à poil plat, le flat-coa­ted re­trie­ver est ori­gi­naire de Grande-bre­tagne. Ce­pen­dant c'est de l'autre cô­té de l'at­lan­tique, qu'il faut cher­cher ses toutes pre­mières ori­gines, sur l'île de Terre-neuve. Là-bas, les pê­cheurs de mo­rue uti­li­saient des chiens, ori­gi­naires des côtes d'amé­rique, pour ré­cu­pé­rer, dans une eau gla­ciale, le pois­son échap­pé ou re­te­nu dans les mailles de leur fi­let. Lorsque le nombre de chiens aug­men­ta au point d'en de­ve­nir trop im­por­tant, sur cette île, le gou­ver­neur prit des me­sures afin d'en ré­duire les ef­fec­tifs. Cer­tains pê­cheurs pour évi­ter aux chiens d'être ex­ter­mi­nés, les ame­nèrent, après 1815, à Poole, ville cô­tière et por­tuaire, si­tuée dans le comté du Dor­set au sud de l'an­gle­terre. C'est ain­si qu'au cours du XIXE siècle, ces chiens ont contri­bué à la nais­sance du flat.

Sé­lec­tion bri­tan­nique

C'est en An­gle­terre que la race a pris son es­sor. Elle avait l’ob­jet d’une ri­gou­reuse sé­lec­tion. Il s'agis­sait de pro­duire un chien très bon pour le tra­vail de quête et de rap­port sur terre et dans l'eau. L'an­cêtre du flat fut le « wa­vy-coa­ted re­trie­ver » ce qui si­gni­fie « re­trie­ver à poil on­du­leux ». L'in­tro­duc­tion de set­ters et de spa­niels a ame­né la race à de­ve­nir ce qu'elle est au­jourd'hui. Le croi­se­ment avec des set­ters lui a don­né sa sil­houette. Le croi­se­ment avec des col­leys a per­mis de lis­ser le poil. C'est vers 1800 que la race fut fixée grâce au tra­vail me­né no­tam­ment par une éle­veuse : Mrs Shir­ley. Un flat-coa­ted fut pré­sen­té pour la pre­mière fois à l'ex­po­si­tion ca­nine de Bir­min­gham, en 1860, par Mr Brais­ford. Le flat a été le re­trie­ver type pen­dant la pre­mière moi­tié du XIXE siècle, mais le La­bra­dor va l'éclip­ser à par­tir de 1915. En France, le flat a été in­tro­duit au dé­but du XXE siècle. Dans l'hexa­gone, c'est en­core une race rare aux ef­fec­tifs mo­destes. Et il faut sa­voir pa­tien­ter pour avoir un chien de cette race sur­tout si on a une exi­gence de cou­leur. Dans des pays voi­sins, Bel­gique et Hol­lande, le chep­tel est un peu plus nom­breux. Le flat-coa­ted fait par­tie du groupe 8 de la Fé­dé­ra­tion cy­no­lo­gique in­ter­na­tio­nale (FCI), du Gun­dog Group en An­gle­terre et du Spor­ting Group aux Etats-unis.

Pas de grand toi­let­tage

L'en­tre­tien de son poil plat, même s'il est long, est sans sou­ci. Un bros­sage heb­do­ma­daire et le tour est joué. Si le chien rentre boueux après une ba­lade, pas de sou­ci, le poil est au­to-net­toyant donc dès qu'il se­ra sec, un coup de brosse suf­fi­ra à lui rendre son bel as­pect. Le chien qui est pré­sen­té en ex­po­si­tion dite de beau­té de­mande un peu plus de soin. Le poil du flat est wa­ter­proof. Il le pro­tège des in­tem­pé­ries et du froid quand il nage dans l'eau. De re­tour sur la terre ferme, il sèche très ra­pi­de­ment ce qui évite au chien de prendre froid. Il y a deux mues par an.

Agréable à vivre

Au quo­ti­dien, c’est un chien heu­reux de vivre, gen­til, sûr de lui, fi­dèle, loyal, ja­mais agres­sif, pa­tient avec les en­fants. Il est amou­reux de sa fa­mille. Très af­fec­tueux, il est proche de son maître. De fait, il ne sup­porte pas la so­li­tude et ne doit donc pas être re­lé­gué au fond d’un che­nil où il dé­pé­ri­rait. So­ciable, il s’en­tend bien avec ses congé­nères, qu’ils soient de sa race ou non. Il ac­cueille­ra ai­ma­ble­ment le vi­si­teur. L'édu­ca­tion de ce com­pa­gnon agréable et équi­li­bré se fe­ra avec dou­ceur, constance et par le jeu dès son plus jeune âge. "Il a bon ca­rac­tère. Il ex­prime la joie de vivre et il est très in­tel­li­gent. Il est aus­si très pot de colle tou­jours aux cô­tés de son maître", ex­plique l'éle­veuse Lau­rence Pru­vot. Il y a quinze ans, elle avait ac­quis un flat-coa­ted re­trie­ver pour te­nir com­pa­gnie à son gol­den. Et elle s'est prise de pas­sion pour la race : "J'ai tel­le­ment ai­mé son élé­gance et sa prestance que j'ai dé­ci­dé d'en pro­duire". Ce chien mû­rit len­te­ment et son com­por­te­ment res­te­ra, jus­qu'à six à sept mois, ce­lui d'un chiot cu­rieux et joueur. C'est pour cette rai­son qu'on le sur­nomme le "Pe­ter Pan" des chiens. Son dé­ve­lop­pe­ment se fait par pal­lier et il se­ra mâ­ture entre trois ans et trois ans et de­mi.

Un grand be­soin d'exer­cice !

En rai­son de l'ex­cel­lence de son ca­rac­tère, il peut faire un bon chien de com­pa­gnie à condi­tion qu'il ait jus­te­ment de la com­pa­gnie. Si le flat reste seul trop long­temps, il s'en­nuie, s'oc­cupe comme il peut et risque de de­ve­nir des­truc­teur. Avec ce com­pa­gnon dé­bor­dant d'éner­gie, il faut par­ta­ger beau­coup de temps et de loi­sirs. Ce chien vi­gou­reux a be­soin de faire de l'exer­cice chaque jour. Il ap­pré­cie­ra tous types de sor­tie : tra­vail sur le ter­rain, par­tie de chasse, ran­don­née. Pour ce qui est des dis­ci­plines de sport ca­nin, avec lui, il y a l'em­bar­ras du choix : agility, fly­ball, ca­ni­cross, etc. Ce « will to please », tou­jours par­tant pour tout, s’en­ten­dra à mer­veille avec des maîtres spor­tifs et dy­na­miques, pas­sion­nés d'ac­ti­vi­té en plein air. Ce que le flat aime par des­sus tout, c'est rap­por­ter et trans­por­ter un ob­jet dans sa gueule. Alors il ne faut pas hé­si­ter à lui confier une balle ou un dum­my (bou­din flot­tant) et à lui lan­cer ces ob­jets pour qu'il ait le plai­sir de les ra­me­ner. Le flat par­ti­ci­pe­ra bien sûr avec in­té­rêt au Wor­king-test, or­ga­ni­sé pour les re­trie­vers, qui lui per­met­tra d'ef­fec­tuer des exer­cices de rap­port. Ce chien adore éga­le­ment l'eau et il ne faut pas hé­si­ter à l'ame­ner au­près d'un plan d'eau. Il plonge vo­lon­tiers dans l'élé­ment li­quide dès que l'oc­ca­sion se pré­sente. Le flat est-il un chien de garde ? Certes il aboie­ra pour si­gna­ler une ve­nue, sa taille dis­sua­sive, sa cou­leur sombre, sa tête peu connue peuvent faire re­cu­ler tout vi­si­teur mal in­ten­tion­né. Mais au-de­là, ses qua­li­tés de gar­dien sont toutes re­la­tives. Et c'est lo­gique puis­qu'il n'a pas été sé­lec­tion­né pour cette fonc­tion comme les chiens de ber­ger. Il est en re­vanche un re­mar­quable chien de chasse puisque c'est sa rai­son d'être. Là, il ré­vèle toutes ses ap­ti­tudes et son fa­bu­leux tem­pé­ra­ment. C'est un auxi­liaire ap­pré­cié sur pe­tit gi­bier.

Au tra­vail !

D'une grande ré­sis­tance, ro­buste, vif, très ra­pide,in­tui­tif, ré­ac­tif, in­tel­li­gent, il est la "Formule 1" des re­trie­vers aux dires des pas­sion­nés de la race. Do­té d'un in­flux ner­veux ex­cep­tion­nel et d'une grande fi­nesse de nez, il a été sé­lec­tion­né pour tra­vailler sur pe­tit gi­bier prin­ci­pa­le­ment d'eau, puis­qu'il nage comme une loutre. À la chasse, il est in­fa­ti­gable. Sa quête du gi­bier est ri­gou­reuse et son sens de l’ini­tia­tive lui per­met de cou­vrir un grand ter­rain. Dans les épreuves de field trial, le flat peut se mon­trer im­pa­tient, mais "si on le prend bien en main, il n'y a pas de sou­ci", af­firme Lau­rence Pru­vot qui pra­tique cette dis­ci­pline avec ses chiens. Le flat doit ré­pondre par­fai­te­ment aux com­man­de­ments, évi­ter toute ini­tia­tive in­tem­pes­tive.

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