Le dogue al­le­mand, un bon géant !

Dans la grande fa­mille des chiens, le dogue al­le­mand est ré­pu­té comme « le chien le plus grand de la gente ca­nine ». Un titre qu’il par­tage avec le lé­vrier ir­lan­dais, Irish Wolf­hound. S’il est digne d’en­trer dans le fa­meux livre des re­cords pour sa taille

Vos Chiens - - Dogue Allemand -

De­puis la nuit des temps ou à peu près, des chiens de grande taille vi­vaient aux cô­tés des hommes pour leur ap­por­ter leur force et leur ra­pi­di­té. Ain­si, il est at­tes­té qu’il y a 3000 ans de grands chiens de l’es­pèce des mo­losses de guerre d’as­sy­rie, de Perse et du sous-conti­nent in­dien, res­sem­blant au dogue al­le­mand contem­po­rain, dont ils sont les an­cêtres, sui­vaient les ar­mées pour prendre part aux com­bats. Au Moyen Âge, ces grands chiens étaient uti­li­sés non seule­ment pour la garde des biens et des per­sonnes, mais aus­si pour la chasse à courre sur grand gi­bier de l’époque: ours, loups et sur­tout les san­gliers. Au Da­ne­mark, ces grands chiens étaient éle­vés pour chas­ser le gi­bier rouge. Ils étaient très ap­pré­ciés et fort nom­breux, de fait jus­qu’à la Pre­mière Guerre mon­diale cette race était sur­tout connue sous l’ap­pel­la­tion « grand da­nois». Les deux ap­pel­la­tions « dogue al­le­mand » et « grand da­nois » conti­nuent d’être em­ployées pour dé­si­gner la même race. L’avan­tage est quand même at­tri­bué à la dé­no­mi­na­tion “dogue al­le­mand”. Elle fait ré­fé­rence au pays qui dé­tient le stan­dard de la race et qui a contri­bué à son es­sor.

L’en­trée en cy­no­phi­lie

Au XIXE siècle, en Al­le­magne, les chiens ap­pe­lés dogues ne re­pré­sentent pas une race bien dé­ter­mi­née avec des cri­tères mor­pho­lo­giques et com­por­te­men­taux pré­cis et ho­mo­gènes. Les dogues dé­si­gnent des chiens grands et puis­sants qui se dif­fé­ren­cient les uns des autres par la taille ou la cou­leur de la robe. Le chan­ce­lier Ot­to von Bis­marck, qui pos­sède des dogues, les fait connaître à tra­vers l’al­le­magne. En 1878, la va­rié­té de types qui existe chez les dogues va peu à peu s’uni­for­mi­ser sous l’im­pul­sion d’un groupe de pas­sion­nés de ces chiens. Un co­mi­té de 7 per­sonnes com­pre­nant des éle­veurs et de juges al­le­mands, me­né par le Dr Bo­di­nus, dé­cide de ras­sem­bler les dif­fé­rents dogues sous l’ap­pel­la­tion unique « dogue al­le­mand ». En 1888, le Deut­scher Dog­gen Club est fon­dé. Le pre­mier stan­dard est ré­di­gé en 1891. De­puis, l’al­le­magne est dé­ten­trice du stan­dard FCI n. 235 dont la der­nière mo­di­fi­ca­tion date de dé­cembre 2012. Si on com­pare le stan­dard d’ori­gine avec l’ac­tuel, on constate une évo­lu­tion no­tam­ment en ce qui concerne la taille qui était plus pe­tite fin XIXE. Il en est de même pour les têtes qui de­viennent plus im­por­tantes. Les cou­leurs sont dé­sor­mais au nombre de 5, mais nous dé­taille­rons ce point plus loin. La race a été construite avec des grands Bul­len­beis­sers, des mas­tiffs an­glais et des lé­vriers.

Un Apol­lon !

Le dogue al­le­mand est l’apol­lon de la gente ca­nine. Sa plas­tique ma­gni­fique en im­pose : très grand, port al­tier de tête, poi­trine pro­fonde, puis­sant et élan­cé, la ligne ven­trale re­mon­tant sous une croupe large. Ce su­perbe ath­lète sus­cite l’ad­mi­ra­tion. On aime en­core ses yeux de gran­deur moyenne, aus­si fon­cés que pos­sible, à l’ex­pres­sion vive, in­tel­li­gente et ai­mable. Les oreilles qui tra­di­tion­nel­le­ment étaient cou­pées ne le sont plus de­puis l’in­ter­dic­tion de l’otec­to­mie en 2004. De fait, son look a chan­gé, mais cer­tai­ne­ment pas au dé­tri­ment de l’es­thé­tique et de la ma­jes­té de ce dogue. Les oreilles pen­dantes confèrent à l’ex­pres­sion en tête un « air plus mas­sif » qui sied par­fai­te­ment à ce chien im­po­sant. Lors­qu’il se dé­place, ses al­lures sont har­mo­nieuses, souples et cou­vrant bien le ter­rain.

veiller à ce que les en­fants, lors de cette phase, ne le sti­mule pas en per­ma­nence. Certes, la vie com­mune ne com­mence pas de ma­nière simple avec ce chiot, mais le meilleur reste à ve­nir. Et que ne fe­rait-on pas pour un chiot dogue al­le­mand ?

Comment va ?

Si le dogue al­le­mand n’est pas vrai­ment un chien fra­gile, il est su­jet aux mi­sères qui af­fectent le cercle res­treint des très grandes races. M. Mar­tin, pré­sident du Club de race, pré­cise les trois types de pro­blèmes de san­té aux­quels le dogue al­le­mand est confron­té : “la tor­sion d’es­to­mac, les can­cers, dont l’os­téo­sar­come est le plus fré­quent, les car­dio­pa­thies”. La tor­sion d’es­to­mac est une ur­gence vé­té­ri­naire qui né­ces­site une prise en charge ra­pide. La dys­pla­sie des hanches concerne en­vi­ron 5 % de Dogues at­teints de cette pa­tho­lo­gie à un stade avan­cé. Il y a sus­pi­cion de dys­pla­sie lorsque après avoir été long­temps cou­ché, le chien a des pro­blèmes pour se re­le­ver ou s’il avance les deux membres pos­té­rieurs en même temps et se dé­place à la ma­nière d’un la­pin. Comme d’autres grandes races, le dogue al­le­mand ne bat pas des re­cords de lon­gé­vi­té. Elle est en moyenne est de 6 et de­mi à 7 ans en te­nant compte des ac­ci­dents. Cer­tains dogues at­teignent les dix, voire douze ans.

Vivre avec !

Le dogue al­le­mand est le chien de fa­mille par ex­cel­lence : af­fec­tueux, gen­til avec les en­fants, très pot de colle, câ­lin. Il ap­pré­cie le confort et se pré­las­ser de longues heures sur le moel­leux d’un ca­na­pé, s’il y est au­to­ri­sé, n’est pas pour lui dé­plaire. Même si son com­por­te­ment est dis­cret dans un lo­gis et qu’il sait s’y faire ou­blier des heures du­rant, en rai­son de sa taille, le dogue al­le­mand a be­soin de place. Une mai­son avec jar­din est un bon cadre de vie pour lui. Ce­ci étant se­lon M. Mar­tin, “mal­gré le jar­din, il vi­vra dans la mai­son et ne sor­ti­ra qu’avec son maître”. Son for­mat, qui n’est pas passe-par­tout et qui fait aus­si son charme, ne le pré­des­tine pas à vivre dans un stu­dio. Le dogue al­le­mand té­moi­gne­ra sa bonne hu­meur et sa sa­tis­fac­tion avec de larges ba­layages du fouet, em­por­tant sur son pas­sage des ob­jets qui pour­raient traî­ner sur une table basse. Comme il a la tête à hau­teur de table, il faut lui faire com­prendre que ce qui y est po­sé, n’est pas for­cé­ment pour lui.

Cette race a ins­pi­ré bon nombre d’ar­tistes dans di­verses dis­ci­plines : Scoo­by-doo dogue al­le­mand fauve, hé­ros de des­sins ani­més et de films, dans le film « Le Gué­pard », le prince Sa­li­na a un dogue al­le­mand nom­mé Be­re­ni­co,…

Na­tio­nale d’éle­vage 2016 en sep­tembre

Pour ren­con­trer un grand nombre de ces chiens, dis­cu­ter avec des éle­veurs, pou­voir se faire une opi­nion, il est re­com­man­dé d’al­ler voir la Na­tio­nale d’éle­vage, qui est la grande ex­po­si­tion de confor­mi­té au stan­dard, uni­que­ment dé­diée à cette race. Le grand ren­dez-vous an­nuel à ne pas man­quer pour tous les fans de dogues al­le­mands. Cette an­née, il est or­ga­ni­sé les sa­me­di 17 et di­manche 18 sep­tembre à Neu­vic dans le dé­par­te­ment de la Cor­rèze. Ce ras­sem­ble­ment réunit le plus grand nombre de re­pré­sen­tants de cette race de toute l’eu­rope. Avec plus de 400 chiens en com­pé­ti­tion, il est ré­pu­té à l’étran­ger et les ex­po­sants viennent de toute l’eu­rope géo­gra­phique jus­qu’à la Rus­sie. Cette ren­contre d’ama­teurs de la race est or­ga­ni­sée par le Dog­gen Club de France. Il a été créé en 1923, 35 ans après son ho­mo­logue al­le­mand, par un Al­sa­cien M. Kir­chen. La race a failli dis­pa­raître de France lors de la Se­conde Guerre mon­diale. Ce n’est qu’à par­tir de 1947, que des éle­vages font naître des chiots dans cette race. En 1959, pa­raît la pre­mière pu­bli­ca­tion du club sous l’im­pul­sion de sa pré­si­dente Mme Mi­che­line Mé­rat. Le pré­sident ac­tuel est Jean-fran­çois Mar­tin qui gère le club de­puis 1997. En 93 ans d’exis­tence, ce vé­né­rable club a connu seule­ment quatre pré­si­dents de club, ce qui as­sure une sta­bi­li­té. Le Club tra­vaille sur les ques­tions de san­té des grandes races. Des tests de san­té sont mis en place pour les re­pro­duc­teurs.

Le prix d’un chiot

va­rie se­lon les ori­gines et la cou­leur (l’ar­le­quin est la plus pri­sée) de 1 200 à 2000 €. Le bud­get pour l’en­tre­tien de ce chien est conforme à sa taille, im­por­tant. Il faut comp­ter 100 € par mois en moyenne.

Contacts : Le club de race fran­çais : Dog­gen Club de France - DCF

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