Jacques Mé­dard-man­gin

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« J’ai ap­pris à mar­cher avec un chien » C’est ef­fec­ti­ve­ment vrai, puisque cet homme qui a consa­cré sa vie à la cy­no­phi­lie est né dans une fa­mille qui a tou­jours pos­sé­dé des chiens. Son père, un in­dus­triel, avait des Groe­nen­daels qu’il uti­li­sait pour gar­der ses ate­liers et les chan­tiers sur les­quels son en­tre­prise in­ter­ve­nait. A 18 ans, notre fu­tur juge rentre à l’ecole Es­tienne (spé­cia­li­sée dans le Livre et la Com­mu­ni­ca­tion) ; il vit, dé­jà in­dé­pen­dant, dans un ap­par­te­ment pa­ri­sien et ac­quiert son pre­mier chien, un Co­cker, et cette race res­te­ra sa pré­fé­rée toute sa vie ; même s’il vien­dra à la cy­no­phi­lie grâce à une autre race, le Bas­set hound dont il croise un su­jet un jour dans une rue de Pa­ris. « Ça a été un coup de foudre », dit-il. Le Bas­set hound n’était pas en­core connu ; la sé­rie TV de l’ins­pec­teur Co­lom­bo n’a été créée que plus tard. Jacques dé­cide donc d’ac­qué­rir un Bas­set hound et il s’adresse à l’un des deux seuls éle­veurs de l’époque en France, An­tho­ny Burs­tal, un ban­quier d’ori­gine an­glaise qui lui cède une fe­melle blanche et orange âgée de six mois : Tsa­rine de Ro­che­neuve. A l’époque, on iden­ti­fiait les chiens en mar­quant la truffe en­crée sur une feuille. Et le 24 mai 1970, nait la pre­mière por­tée de neuf chiots, sous l’af­fixe de Pri­mau­gué. Le nou­vel éle­veur se rend ré­gu­liè­re­ment en An­gle­terre, puis aux Etats Unis afin de consti­tuer son éle­vage qui pro­dui­ra plus d’une di­zaine de cham­pions. Il af­firme que « les éle­vages de grande qua­li­té sont très sou­vent de pe­tites écu­ries ». Il ob­tient son pre­mier titre de cham­pion de France en 1976, dans le cadre du Sa­lon de l’agri­cul­ture. Les éle­veurs pas­sion­nés sont sou­vent at­ti­rés par d’autres races et par­fois ils cèdent à la ten­ta­tion. Au cours des an­nées, Jacques Mé­dard-man­gin « e x p é r i me n t e » plu­sieurs races, no­tam­ment le Welsh ter­rier et le Wes­tie. L’autre éle­veur au­quel nous avons fait ré­fé­rence plus haut, M. Liot, pré­side le club de race qu’il a fon­dé en 1967 avec une amé­ri­caine, Mme Tel­ma-pe­rez, et qui compte dans ses rangs des cé­lé­bri­tés comme l’ar­tiste John Miller. « C’était un club de bour­geois, af­fir­meil, et M. Liot avait com­pris qu’à 22 ans je pou­vais être utile. Je me suis oc­cu­pé pen­dant des an­nées de l’or­ga­ni­sa­tion ma­té­rielle du club, comme le trans­port de cages, la Na­tio­nale d’éle­vage, le bul­le­tin ». En 1980, il de­vient le pré­sident de ce club, fonc­tion qu’il oc­cu­pe­ra jus­qu’en 2015. « Le club du Bas­set hound a tou­jours été stable, nous confie son ex-pré­sident ; j’ai fait une re­li­gion d’un pré­sident qui pré­si­dait, un éle­veur qui éle­vait, un juge qui ju­geait. Je n’ai ja­mais mé­lan­gé les trois fonc­tions. Quand on ne se sert pas du club pour vendre ses propres chiots ou vendre ses éta­lons pour des saillies, on est res­pec­té par les autres éle­veurs. Je n’ai ja­mais ju­gé la Na­tio­nale d’éle­vage de la race que je pré­si­dais. Ju­ger, c’est choi­sir, même si c’est fait ob­jec­ti­ve­ment ». Il ajoute qu’il est membre du conseil de dis­ci­pline de la Cen­trale Ca­nine de­puis plus de quinze ans, et il s’est ren­du compte que l’in­sta­bi­li­té dans cer­tains clubs était sou­vent due à un mé­lange des genres : « Cer­tains clubs re­la­ti­ve­ment jeunes en sont à leur cin­quième ou sixième pré­sident. L’in­té­rêt fi­nan­cier crée des am­bi­tions et des ba­garres ». Jacques oc­cupe la fonc­tion de juge de­puis 1979 ; il fait par­tie de la pre­mière ses­sion de for­ma­tion de juges or­ga­ni­sée à Mai­sons-al­fort, sous la pré­si­dence SCC de M. Thorpe. Et très ra­pi­de­ment, il de­vient un des quatre juges all round, toutes races, en com­pa­gnie de Guy Man­sen­cal, Jean Ja­ni­cot et Fran­çois Stri­by. Du beau monde, pour ceux qui ont connu cette pé­riode. C’est ce der­nier, à l’époque vice-pré­sident de la SCC, qui au­ra suf­fi­sam­ment in­sis­té pour que notre cy­no­phi­lie se dote de juges all round, fonc­tion in­dis­pen­sable, beau­coup plus en France qu’ailleurs à cause de la confir­ma­tion. Jacques Mé­dard-man­gin pré­cise que « ju­ger toutes les races de­mande de l’hu­mi­li­té, une re­mise en ques­tion per­pé­tuelle, tra­vailler, tra­vailler ! Au der­nier cham­pion­nat à Metz, j’avais des chiens du 7è groupe, des races confi­den­tielles. Pen­dant un mois, j’ai tra­vaillé sur ces races, j’ai pris des notes et Agnès me fai­sait ré­pé­ter les stan­dards ». Il re­con­nait que la confir­ma­tion est une bonne école de for­ma­tion, « elle fait tra­vailler l’oeil. Nous ne sa­vons ja­mais ce qu’on va nous pré­sen­ter et nous fi­nis­sons par ac­qué­rir du mé­tier ». Il est vrai qu’au­cun cer­veau ne peut mé­mo­ri­ser les sub­ti­li­tés des 400 races re­con­nues par la FCI, mais « un bon juge all round, même s’il n’est pas spé­cia­liste sort les meilleurs chiens, de par son ex­pé­rience ». Jacques re­grette que les juges all round soient sou­vent dé­criés, mais sa ré­ponse est claire : « Quand on écoute les ex­po­sants, on s’aper­çoit qu’on est ap­pré­cié, car l’avan­tage du juge all round, c’est qu’il ne connait per­sonne ! ». Il est se­rein et s’il lui ar­rive de se trom­per, sa bonne foi n’est pas en cause. C’est pour­quoi notre juge dé­teste la contes­ta­tion : « Je ne sup­porte pas qu’on puisse mettre en doute mon hon­nê­te­té ». Comme ses col­lègues que nous avons ren­con­trés pour la re­vue, il avoue avoir plus d’af­fi­ni­té, donc de fa­ci­li­té à ju­ger, dans les races de chasse, des 3è, 4è, 6è, 7è 8è groupes. Il es­time que le 2è groupe (mo­losses et autres) est un en­semble dif­fi­cile à dif­fé­ren­cier. Le Ca­mi­la, club des chiens his­pa­no-amé­ri­cains re­groupe 27 races confi­den­tielles au chep­tel par­fois dis­pa­rate. Jacques avoue éga­le­ment n’avoir pas été très à l’aise lors de ju­ge­ments des Ber­gers al­le­mands en Na­tio­nale d’éle­vage,

lors­qu’il dut clas­ser de 1 à 50 les chiens en mou­ve­ment d’une même classe. « Il faut avoir été éle­veur dans la race », dit- il. Pour Jacques Mé­dard-man­gin un bon chien est un ani­mal « beau et bon qui s’ins­crit dans un stan­dard et qui pos­sède les ap­ti­tudes pour les­quelles il a été sé­lec­tion­né », même si ce deuxième point n’est pas per­cep­tible par un juge de beau­té. Mais la no­tion d’uti­li­té est aus­si pri­mor­diale pour lui que la confor­mi­té au stan­dard. Il ajoute : « La Cen­trale Ca­nine pro­pose de mul­tiples dis­ci­plines et ac­ti­vi­tés qui per­mettent de mettre en va­leur les qua­li­tés de tra­vail. Et il ne faut pas ou­blier la san­té ; on doit cher­cher des li­gnées don­nant des chiens sains ». Pré­sident de club, juge, la route est tra­cée pour ren­trer au co­mi­té de la Cen­trale Ca­nine, ce qu’il fe­ra en 1994 sans in­ter­rup­tion jus­qu’à main­te­nant. Il s’oc­cupe de la com­mis­sion des juges et avoue ne pas être un homme de dos­siers. Il est pour­tant tré­so­rier dans cette ins­ti­tu­tion, mais son rôle consiste sur­tout à si­gner des chèques : « Les chiffres ne m’in­té­ressent pas, mais je suis le seul pa­ri­sien membre du co­mi­té et je viens si­gner les chèques plu­sieurs fois par se­maine. Le tré­so­rier ad­joint, Gé­rard Thon­nat, s’oc­cupe plus de ce sec­teur que moi ». Il dé­fend cette «vieille dame « : « La Cen­trale Ca­nine est une ins­ti­tu­tion com­pli­quée qui pro­gresse sans cesse, avec la mise en place des tests ADN, les pe­di­grees 5 gé­né­ra­tions. Il reste tou­jours des nou­velles choses à amé­lio­rer. Elle a été créée au 19è siècle par des chas­seurs et gé­rée par des bour­geois di­let­tantes. Main­te­nant elle s’est pro­fes­sion­na­li­sée et la France n’a pas à rou­gir avec 230 000 chiots ins­crits chaque an­née, deuxième pays après le Ja­pon ». Il re­con­nait que s’in­ves­tir dans la cy­no­phi­lie, c’est cou­per les liens fa­mi­liaux, et les per­sonnes ayant des en­fants ont du mal à prendre du re­cul. La pas­sion cy­no­phile éloigne des pré­oc­cu­pa­tions nor­males et des autres plai­sirs. Jacques est in­vi­té à ju­ger dans le monde en­tier, dont une ving­taine de fois aux Mon­diales et pour­tant : « Lors de mes dé­pla­ce­ments, je n’ai ja­mais le temps d’ap­pré­cier un pays ». Et à pré­sent, son plaisir est de res­ter quelques week-ends dans son pa­villon de La Ga­renne St Hi­laire, à flâ­ner dans le jar­din en com­pa­gnie d’agnès, ad­mi­rer ses oi­seaux en vo­lières, en­tou­ré de ses cinq chiens, pas moins : un Aki­ta Inu qu’il a ré­cu­pé­ré dans un état dif­fi­cile, un Shi­ba Inu et trois Jack Rus­sell ter­riers. « Je n’ai ja­mais vou­lu qu’on me donne un chien, car en­suite on est pieds et poings liés, sur­tout de nos jours avec in­ter­net et les ra­gots qui cir­culent ». Il ne conçoit pas sa vie sans chiens. 50 ans de dé­voue­ment à la cause ca­nine, mais 50 ans de plaisir.

L’ex­té­rieur. Un temps de chien!

Le chien est nor­ma­le­ment pro­té­gé par sa four­rure, il faut évi­ter de la faire tondre avant l’hi­ver. Lors­qu’il sé­journe sous la pluie ou qu’il vous ac­com­pagne en pro­me­nade aux sports d’hi­ver, il risque de mouiller son sous-poil, voi­là le vrai en­ne­mi du chien, l’hu­mi­di­té. Pour évi­ter qu’il at­trape un coup de froid qui le fe­ra tous­ser, il faut le gar­der au chaud en le fric­tion­nant éner­gi­que­ment avec un chif­fon de fla­nelle ou un gant, on peut aus­si uti­li­ser le sé­choir à che­veux de la mai­son. • Il faut éga­le­ment évi­ter qu’il ne mange trop de neige, car ce­la peut en­gen­drer des pro­blèmes di­ges­tifs. • En mar­chant dans la neige, des cris­taux de glace vont se for­mer entre les doigts de pied, les cous­si­nets vont dur­cir et se cre­vas­ser, ces ge­lures peuvent même s’in­fec­ter. On peut rin­cer les pattes à l’eau tiède ce qui en­lè­ve­ra aus­si le sel d’épan­dage qui est caus­tique (sel de po­tasse) et lui mas­ser les pattes avec une pom­made à base d’huile de foie de mo­rue. • Le coup de froid au ventre peut pro­vo­quer une conges­tion qui per­turbe les fonc­tions di­ges­tives, de même que les reins peuvent être per­tur­bés dans l’épu­ra­tion de l’or­ga­nisme al­lant jus­qu’à se blo­quer sous la forme d’un né­phrite. • La ré­ver­bé­ra­tion du so­leil sur la neige peut don­ner une “oph­tal­mie des neiges ” ou une conjonc­ti­vite.

Chien à l’in­té­rieur pour Noël!

• Le sa­pin de noël est un risque pour les chiens, sur­tout les jeunes qui vont ava­ler des ob­jets qui peuvent être toxiques, ou s’élec­tro­cu­ter en mor­dant les guir­landes élec­triques. • Cer­taines plantes sont toxiques comme l’hel­lé­bore noire qui orne les ap­par­te­ments à cette époque de l’an­née. • La fausse mue d’hi­ver qui mul­ti­plie la perte des poils est due au ré­chauf- fe­ment des in­té­rieurs, bros­ser plus sou­vent. • Le chauf­fage par le sol est très éprou­vant pour le chien qui ne peut s’y sous­traire, ce qui en­traîne une déshy­dra­ta­tion qui le pousse à boire sans ar­rêt. Pen­sez à lui four­nir de l’eau fraîche en per­ma­nence et une zone sur­éle­vée où il se­ra plus au frais. • Le re­pas de fête des hu­mains est quel­que­fois par­ta­gé avec le chien de la fa­mille, il faut sa­voir que le cho­co­lat peut être toxique pour lui (par la théo­bro­mine qu’il contient) et que les écarts du ré­gime ha­bi­tuel peuvent don­ner des troubles di­ges­tif, comme la diar­rhée et les vo­mis­se­ments. D’autre part, les os de vo­laille peuvent pro­vo­quer des obs­truc­tions et des per­fo­ra­tions in­tes­ti­nales. Les oi­gnons sont toxiques pour les chiens à la dose de 5 à 10 g par ki­lo du chien, alors ne pas lais­ser votre tourte à l’oi­gnon à sa por­tée.

Des ca­lo­ries pour lut­ter

Les ca­lo­ries sont for­mées par l’ali­men­ta­tion qui, en quelque sorte, ap­porte à l’or­ga­nisme des élé­ments de com­bus­tion. La trans­for­ma­tion de cette éner­gie en cha­leur se fait au ni­veau des muscles et au ni­veau des glandes, en par­ti­cu­lier du foie. Le cer­veau est le ther­mo­stat afin de li­bé­rer l’éner­gie. La pro­duc­tion de cha­leur dé­pend : des sources en­do­cri­niennes, de la nour­ri­ture et du tra­vail. En hi­ver la nour­ri­ture doit être plus riche en corps gras et pour­ra conte­nir des fé­cu­lents bien cuits.

La prise de tem­pé­ra­ture

Elle peut va­rier d’un race à l’autre, par exemple les races naines ont une tem­pé­ra­ture lé­gè­re­ment plus éle­vée. Nor­ma­le­ment, elle doit être com­prise entre 38 et 39 de­grés Cel­sius. Le fait que la truffe soit chaude ou fraîche n’est pas vrai­ment un cri­tère d’ap­pré­cia­tion et il vaut mieux avoir

re­cours à la bonne prise de tem­pé­ra­ture à l’aide d’un ther­mo­mètre. L’idéal, c’est de se faire ai­der par quel­qu’un, une per­sonne tient le chien au col­lier fer­me­ment, pen­dant que l’autre sou­le­vant la queue, in­tro­duit le ther­mo­mètre en­duit d’un peu d’huile de va­se­line jus­qu’à ce qu’il soit en­fon­cé d’un tiers en­vi­ron dans le rec­tum. La prise de tem­pé­ra­ture doit du­rer au moins 2 mi­nutes.

La toux du chien

Il existe plu­sieurs sortes de toux chez le chien. Le chaud et le froid peuvent pro­vo­quer an­gines, rhumes, si­nu­sites. Dans le cas d’an­gine, il tousse pour se dé­bar­ras­ser des glaires qu’il a dans la gorge, comme s’il vou­lait vo­mir. Cette toux est sèche et so­nore. La fièvre est peu im­por­tante. En cas de bron­chite, la toux est grasse, ex­pec­to­rante (ac­com­pa­gnée de bave), et le chien a une forte fièvre. La toux de che­nil est as­so­ciée a des dif­fi­cul­tés res­pi­ra­toires, il a beau­coup de fièvre. Le vac­cin peut être ef­fi­cace mais les cir­cons­tances ag­gra­vantes sont le froid et l’hu­mi­di­té.

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