Un ca­niche peut en ca­cher un autre !

Vos Chiens - - Les Caniches - Ca­thie Gnei­ting

Le ca­niche peut sa­tis­faire, à lui tout seul, les ama­teurs de grands ou de pe­tits chiens, ceux qui aiment un pe­lage clair ou plus sombre, ceux qui adorent le poil fri­sé et ceux qui pré­fèrent le poil cor­dé. La race se dé­cline en de nom­breuses va­rié­tés avec : 2 types de poils, 4 tailles et 5 cou­leurs, ce qui per­met un grand nombre de com­bi­nai­sons. Outre son look va­rié et at­trayant, le ca­niche pré­sente des qua­li­tés com­por­te­men­tales fort ap­pré­ciées. Les ama­teurs sont una­nimes pour louer en prio­ri­té son ex­cep­tion­nelle in­tel­li­gence et sa joie de vivre. C’est le chien fran­çais le plus po­pu­laire dans le monde en­tier.

L’un

des an­cêtres du ca­niche est as­su­ré­ment le bar­bet, chien de chasse à l’eau, dont les ori­gines sont si­tuées en Afrique du Nord. Il est ar­ri­vé en Eu­rope, via l’es­pagne, avec les in­va­sions mu­sul­manes qui dé­bu­tèrent en 711. Dans la pé­nin­sule ibé­rique, il fut croi­sé avec des chiens d’eau lo­caux. D’es­pagne, ce chien d’eau est ve­nu en France. Il est nom­mé «Bar­bet-ca­niche» par le na­tu­ra­liste fran­çais Geor­gesLouis Le­clerc de Buf­fon (1707 - 1788). Au­jourd’hui, chien de com­pa­gnie et clas­sé dans ce groupe par la Fé­dé­ra­tion Cy­no­lo­gique In­ter­na­tio­nale (FCI), le ca­niche était au­tre­fois uti­li­sé pour la chasse. Il était très ap­pré­cié des sau­va­gi­niers (chas­seurs de gi­bier d’eau) pour ses qua­li­tés au tra­vail. Cet ex­cellent na­geur dé­lo­geait les ca­nards des ro­se­lières, puis rap­por­tait le gi­bier abat­tu. Il était tout à la fois un le­veur et un rap­por­teur. Son nom de « ca­niche », qui vient de «cane - ca­nard», fait ré­fé­rence à son tra­vail de chas­seur d’oi­seaux aqua­tiques.

Du ma­rais au sa­lon !

La beau­té, l’in­tel­li­gence, l’élé­gance et la gen­tillesse du ca­niche ont été très ap­pré­ciés dès le Moyen Âge. La race est re­pré­sen­tée sur des écus et des fresques. Ce grand sé­duc­teur fut adop­té par la haute so­cié­té et quit­ta les ma­rais pour s’ins­tal­ler dans les sa­lons douillets et se faire pom­pon­ner. Louis XV vouait une pas­sion aux qu’il ap­pré­ciait pour leur com­por­te­ment doux et fi­dèle. Lors de la Ré­vo­lu­tion de 1789, la no­blesse, qui part en exil à l’étran­ger, em­mène ses ca­niches. En­fin pas tous, et les chiens qui res­tent dans l’hexa­gone sont re­cueillis et adop­tés par le peuple. Comme le ca­niche est d’une grande adap­ta­bi­li­té, qu’il com­prend tout et peut (presque) tout faire, il va par­ta­ger de nom­breuses ac­ti­vi­tés avec ses maîtres, qui ne sont plus for­cé­ment celles d’un chien de chasse. À par­tir du XIXE siècle, il de­vient chien de cirque puis chien de music hall et ap­por­te­ra joie et dis­trac­tion au pu­blic. Après la Pre­mière Guerre mon­diale, il se trans­forme en chien guide d’aveugle pour être les yeux de ceux

éga­le­ment dans les mêmes tailles et cou­leurs. Le poil abon­dant, d’une tex­ture fine, lai­neuse et ser­rée, forme des cor­de­lettes d’au moins 20 cm.

Com­por­te­ment

Proche de l’homme, le ca­niche est l’ami de la fa­mille. Il est ex­trê­me­ment in­tel­li­gent, éveillé, fa­cile à dres­ser, très joueur, Proche de l’homme, le ca­niche est l’ami de la fa­mille. Il est ex­trê­me­ment in­tel­li­gent, éveillé, fa­cile à dres­ser, très joueur, af­fec­tueux, pot-de-colle, joyeux, constant, dy­na­mique. C’est un très grand joueur et jus­qu’à un âge fort avan­cé, si ce n’est pas son der­nier souffle. Il veut na­tu­rel­le­ment faire plai­sir à son maître. Il a aus­si bonne mé­moire et sait ré­soudre des dif­fi­cul­tés. Il a be­soin de la pré­sence des hu­mains à ses cô­tés pour s’épa­nouir. L’éle­veuse Odile Sain­tot se dé­fi­nit comme “une amou­reuse des ca­niches”. Elle a ren­con­tré cette race lors de sa for­ma­tion de toi­let­teuse et ap­pré­cie son in­tel­li­gence : “c’est une qua­li­té, mais par­fois un in­con­vé­nient. Dif­fi­cile de lui ca­cher quelque chose. Quand je pars avec mes ca­niches nains en ex­po­si­tion, je ne fais ja­mais mes va­lises la veille, mais ils de­vinent mal­gré tout et ne me quittent plus”. Avec son moyen, elle fait un peu d’agi­li­ty et a consta­té avec une cer­taine fier­té : “la 3e fois il a fait le par­cours tout seul”. Il s’en sou­ve­nait et n’avait pas be­soin de conduc­trice pour le gui­der. Cha­cun de ces six com­pa­gnons, de cou­leur grise : “ont leur ma­nière dif­fé­rente de se faire re­mar­quer”. Agréable, le ca­niche est un mé­di­ca­ment sur patte qui a fait ses preuves en zoo­thé­ra­pie (vi­site dans les hô­pi­taux, mai­sons de re­traite…). Pour l’éle­veuse Sylvie Pa­taut “My Sweet Lord” : “le ca­niche est un an­ti­dé­pres­seur na­tu­rel. Il est la joie. Les gens qui ont un ca­niche changent

et mi-coupe, les op­tions sont va­riées. Les ta­rifs aus­si. L’éle­veuse Ré­gine Darnes re­com­mande d’al­ler voir un spé­cia­liste pour la tonte, car “en es­sayant on risque de bles­ser le chien”. Cet en­tre­tien ne dis­pense tou­te­fois pas d’un bon coup de brosse heb­do­ma­daire pour aé­rer la four­rure et en uti­li­sant un condi­tion­neur pour nour­rir le poil. Les toi­let­tages au­to­ri­sés en ex­po­si­tion sont : la toi­lette en lion, la toi­lette mo­derne, la toi­lette à l’an­glaise, le toi­let­tage en pup­py, la toi­lette à la scan­di­nave ou coupe ter­rier. Le toi­let­tage met en va­leur la mor­pho­lo­gie du ca­niche. À l’ori­gine, il de­vait sur­tout per­mettre de fa­ci­li­ter leur tra­vail de chiens de chasse no­tam­ment la nage. Le toi­let­tage d’ex­po­si­tion so­phis­ti­qué et éla­bo­ré peut faire pa­raître ces chiens comme dé­li­cats. Il n’en est rien. Et si en ex­po­si­tions, ils pa­radent tel des man­ne­quins, dans le quo­ti­dien, de par leurs ori­gines de chasse, les ca­niches sont rus­tiques. Ils sont tou­jours prêts pour une ran­don­née, un plon­geon dans l’eau ou une séance de sport canin. On les re­trouve dans dif­fé­rentes dis­ci­plines : agi­li­ty, obé­ryth­mée, ca­vage, obéis­sance... Cô­té san­té, ils affichent aus­si une belle rus­ti­ci­té et ne sont pas fra­giles.

Et la san­té ?

Le ca­niche n’est pas un ha­bi­tué des cli­niques vé­té­ri­naires et bé­né­fi­cie d’une belle lon­gé­vi­té de 10 à 15 ans, voire plus. Le club de race de­mande que des tests soient faits pour les gé­ni­teurs afin d’en­rayer cer­taines pa­tho­lo­gies. Ces tests concernent la ré­tine, pour toutes les tailles, et les hanches pour les moyens et les grands. Il est conseillé de net­toyer les oreilles ré­gu­liè­re­ment et de les épi­ler si né­ces­saire afin que le conduit au­di­tif reste bien dé­ga­gé pour évi­ter les otites.

Mise à jour ré­cente du stan­dard

Le stan­dard, ce do­cu­ment qui dé­fi­nit les ca­rac­té­ris­tiques mor­pho­lo­giques et com­por­te­men­tales d’une race, a été mis à jour pour le ca­niche le 23 jan­vier 2014. Par cette mo­di­fi­ca­tion, il re­con­naît le ca­niche par­ti­co­lore à poil fri­sé, qui se ren­contre sur­tout à l’étran­ger. Tou­te­fois des su­jets com­mencent à se voir en ex­po­si­tion, en France, et peuvent ob­te­nir un CAC. Le Club fran­çais dé­ten­teur du stan­dard a certes ad­mis les chiens par­ti­co­lores, mais garde sa pré­fé­rence au ca­niche uni­co­lore. Les cou­leurs des su­jets par­ti­co­lores sont : le noir et blanc, le noir et feu (les marque feu étant bien dé­li­mi­tées et d’une cou­leur fauve bien franche), le tri­co­lore (noir, feu et blanc), le mar­ron et blanc, le mar­ron et feu, le bleu et blanc, le fauve et blanc, le brin­gé. Après avoir été une race à la mode, avec tous les ex­cès dus à cette si­tua­tion, le ca­niche reste au­jourd’hui ap­pré­cié et une va­leur sûre du monde cy­no­phile. Le ca­niche tient la route. Les chiens sont d’ex­cel­lente qua­li­té tant pour leur mor­pho­lo­gie que pour leur ca­rac­tère. Ceux sont d’ir­ré­sis­tibles sé­duc­teurs ! Le prix moyen d’un chiot ins­crit au LOF, iden­ti­fié élec­tri­que­ment et pri­mo vac­ci­né s’ins­crit dans une four­chette de 1000 à 1500 € Contact : Le Club du Ca­niche de France (CCF) Pré­sident : Jean Blan­gi­no www.club­du­ca­ni­che­de­france.fr/

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