LE LEONBERG

Le Leonberg - ou plu­tôt le Leon­ber­ger, en ver­sion ori­gi­nale -, est une race al­le­mande qui a émer­gé dans la cy­no­phi­lie du XIXÈ siècle, à par­tir d’une souche dont la créa­tion est plu­tôt né­bu­leuse, mais qui s’est avé­rée au fi­nal une in­con­tes­table réus­site. C

Vos Chiens - - Le Leonberg - So­phie Li­ca­ri

La mon­tagne du lion

Le Leonberg est une race ré­cente; ce qu’on pour­rait dire as­su­ré­ment aus­si des autres chep­tels ra­ciaux mo­dernes, puis­qu’à par­tir de la moi­tié du XIXÈ siècle, les na­tions in­dus­trielles ont in­ven­té la sé­lec­tion cy­no­phile qui clas­si­fie, dé­coupe les chep­tels ca­nins an­ces­traux en uni­tés co­hé­rentes du point de vue des ap­pa­rences et des fonc­tions, pose entre elles des bar­rières re­pro­duc­tives étanches. Pour chaque va­rié­té re­con­nue, on fixe les ca­rac­té­ris­tiques ad­mises, par­mi les­quelles de nou­velles consi­dé­ra­tions pu­re­ment es­thé­tiques. Le res­ser­re­ment pro­gres­sif des variations ad­mises au sein de chaque chep­tel ra­cial conduit à une ho­mo­gé­néi­sa­tion de ceux-ci, tan­dis qu’on as­siste à l’éche­lon de l’es­pèce à une dé­mul­ti­pli­ca­tion des va­rié­tés re­con­nues et donc des ap­pa­rences. Le Leonberg ne se­rait ce­pen­dant pas, comme d’autres races, le pro­lon­ge­ment d’une an­cienne va­rié­té lo­cale fixée et re­mo­de­lée, mais une créa­tion ba­sée sur di­vers croi­se­ments ; cette dé­marche, bien que moins fré­quente, s’ins­cri­vant aus­si dans le vaste pro­ces­sus de re­com­bi­nai­son du pa­tri­moine canin en­tre­pris par la ra­cia­tion cy­no­phile. Le père du Leonberg, Hein­rich Es­sig (18081887), est un per­son­nage aux mo­ti­va­tions contro­ver­sées, qui se tar­gua d’avoir créé une race de chiens à la fi­gure du lion, en hom­mage à

sa ville de Leonberg. L’his­toire com­mence à la moi­tié du XIXÈ siècle, dans la pro­vince du Wur­tem­berg (sud-ouest de l’al­le­magne) ; la pe­tite ci­té de Leonberg, à 20 km à l’ouest de Stutt­gart, porte un lion sur ses ar­moi­ries, en rap­port avec son nom : berg si­gni­fie mon­tagne, et leon s’ap­pa­rente au la­tin leo, lion. Hein­rich Es­sig, pro­prié­taire d’une scie­rie, conseiller mu­ni­ci­pal, aime les animaux : sa mai­son hé­berge chiens, re­nards, dindes, paons et autres vo­la­tiles. Il au­rait pos­sé­dé une fe­melle Terre-neuve noire et blanche et un mâle Saint-ber­nard ; se­lon ses dires, pour par­ve­nir au Leonberg, à par­tir de 1846 il au­rait croi­sé ce couple et ses pro­duits sur quatre gé­né­ra­tions, y ad­joi­gnant un Mon­tagne des Py­ré­nées et un autre Saint-ber­nard ; il au­rait at­teint une pro­duc­tion de 300 chiots par an. Es­sig est se­con­dé par sa nièce Marie, qui au­rait as­su­mé une grande par­tie du tra­vail d’éle­vage, lui-même se consa­crant à la pro­mo­tion. Il voyage beau­coup, s’au­to­pro­cla­mant ba­ron de Leonberg, fai­sant par­ler de lui dans la presse, et of­frant des chiots, dit-on, à di­verses têtes cou­ron­nées et cé­lé­bri­tés : Eli­sa­beth d’au­triche, Um­ber­to d’ita­lie, Bis­marck, Na­po­léon III, le prince de Galles, le tsar de Rus­sie, Ga­ri­bal­di, Ri­chard Wa­gner… Es­sig au­rait fait des émules : des com­pa­triotes, Bur­ger, Berg­mann, Frie­drich, au­raient ven­du des spé­ci­mens sem­blables. A sa mort, son ne­veu re­prend ses chiens. La lé­gende sus­cite des in­ter­ro­ga­tions. Cer­tains cy­no­logues ont dou­té qu’à par­tir de re­pro­duc­teurs noirs et blancs, blancs et pie, Es­sig ait pu ob­te­nir une va­rié­té fauve ; chiffres avan­cés et mé­thodes laissent aus­si per­plexes. A quoi res­sem­blaient au dé­part ses chiens ? Dif­fi­cile à dire. Un témoignage pho­to­gra­phique le montre avec un chien noir de type Terre-neuve ; des gra­vures cen­sées re­pré­sen­ter ses chiens font état de mo­losses à poil long, de cou­leur très di­verse. A cette époque, peu de races en­core pré­sentent un fa­ciès ho­mo­gène, voire une ap­pel­la­tion pré­cise. En ex­po­si­tions sont pré­sents des Berg­hund (chien de mon­tagne), ou Al­pen­hund (chien des Alpes). Bien que les chiens d’es­sig sont pré­sents dans les pre­mières ex­po­si­tions ca­nines al­le­mandes, comme à Ham­bourg en 1863 avec l’ap­pel­la­tion Leon­ber­ger, ils sus­citent la cri­tique chez les cy­no­logues. Sch­mie-de­ber­ger écrit dans la re­vue Der Hund und der Weid­man (1878) : « les clubs ne

ta­tion et une clien­tèle in­ter­na­tio­nales. La com­pa­rai­son avec le lion, et sa conno­ta­tion aristocratique, ont dû contri­buer aus­si au suc­cès des chiens d’es­sig. Mais l’homme n’était-il in fine qu’un mar­chand doué pour le mar­ke­ting ? L’his­toire cy­no­lo­gique per­met de for­ger une hy­po­thèse de com­pro­mis. Plu­sieurs races mo­los­soïdes ont émer­gé sur une ère de ré­par­ti­tion com­prise entre le centre de l’al­le­magne et la Suisse. Au XVIIÈ siècle, les princes de Met­ter­nich, en Rhé­na­nie, au­raient éle­vé des chiens de mon­tagne. Le Wur­tem­berg, ré­gion an­cien­ne­ment vouée à l’agri­cul­ture et l’éle­vage (Stutt­gart si­gni­fie jar­din aux ju­ments), a consti­tué une im­por­tant vi­vier de mo­losses gar­diens de trou­peaux, de fermes, de châ­teaux, et a vu naître le Rott­wei­ler, le Dogue Al­le­mand, tan­dis que le Do­ber­mann (en par­tie créé sur un pa­tri­moine mo­los­soïde), a vu le jour à Apol­da ( Thu­ringe) ; ces villes étaient le siège de mar­chés aux bes­tiaux. Wur­tem­berg est aus­si le ber­ceau de l’ho­va­wart, is­su de l’an­cien mo­losse au­toch­tone, et on pour­rait d’ailleurs trou­ver à ce­lui-ci, mal­gré son ga­ba­rit plus mo­deste, quelque res­sem­blance en tête avec le Leonberg. On pour­rait donc pen­ser que même dans le cas où Es­sig au­rait eu vrai­ment une ac­ti­vi­té d’éle­veur et au­rait uti­li­sé en ap­port les races qu’il a ci­tées, il au­rait pu se ba­ser avant tout sur une souche mo­los­soïde ré­gio­nale dis­po­nible. Le rêve d’es­sig au­rait pu s’éteindre ; « ils furent un mo­ment as­sez à la mode, mais ac­tuel­le­ment la race tend à dis­pa­raître », note un jour­nal fran­çais en 1899, Sport Uni­ver­sel illus­tré. Mais même dé­crié par cer­tains, le Leonberg par­vient à exis­ter dans la cy­no­phi­lie al­le­mande. Bop­pel, juge et éle­veur de Saint-ber­nard, s’y in­té­resse. Un club est fon­dé à Ber­lin en 1891, un autre à Heil­bronn en 1895. Al­bert Kull, peintre ani­ma­lier de Stutt­gart, fonde l’in­ter­na­tio­na­ler Klub für Leon­ber­ger Hunde en 1895 et ré­dige le pre­mier stan­dard. Une pho­to de cette époque montre un su­jet re­la­ti­ve­ment ty­pique. En 1901 est créé le Na­tio­na­ler Leon­ber­ger Klub, ins­tal­lé d’abord à Apol­da, puis à Hei­del­berg. A l’is­sus de la 1ère Guerre Mon­diale, deux éle­veurs, Sta­del­man et Jo­sen­hans, re­trouvent six mâles et six fe­melles pour re­le­ver la race ; ils fondent le Leon­ber­ger Hunde Klub en 1922, ba­sé à Leonberg. Bel­la v.d. Haardt, née en 1920, est un des pre­mières re­pro­duc­trices uti­li­sées. En 5 ans, en­vi­ron 350 chiens sont en­re­gis­trés. Mais avec la 2è Guerre Mon­diale, 22 chiots seule­ment sont ins­crits en 1945. Hans Wei­gel­sch­midt et Al­bert Kleinze, pré­sident et se­cré­taire du club, sont les prin­ci­paux ar­ti­sans de la re­nais­sance de la race. Le stan- dard est re­ma­nié plu­sieurs fois, la taille di­mi­nuée, sans doute pour s’adap­ter à une ré­duc­tion non vo­lon­taire du ga­ba­rit. La FCI re­con­naît la race en 1949. En 1958, le Leonberg a re­trou­vé son ef­fec­tif d’entre-deux­guerres. En 1975 l’union In­ter­na­tio­nale du Leonberg est fon­dée à Leonberg.

King Leo

Du lion, il a à peu près la rous­seur, mais pas la taille, as­su­ré­ment : le Leonberg est un mo­los­soïde de mon­tagne de fort ga­ba­rit sans être géant : la fe­melle toise 65 à 75 cm (idéa­le­ment 70 cm), le mâle 72 à 80 cm (idéa­le­ment 76 cm), pour 55 à 65 kg en­vi­ron. La sil­houette est puis­sante mais har­mo­nieuse, avec un for­mat lé­gè­re­ment rec­tan­gu­laire, les membres as­sez longs, l’os­sa­ture forte, le dos droit et large, le ventre peu re­mon­té, la poi­trine large et pro­fonde, le gar­rot mar­qué, les al­lures ré­gu­lières et bien éten­dues. La queue se porte basse, lé­gè­re­ment re­cour­bée en ac­tion, pas plus haut que la ligne de dos. Des er­gots pos­té­rieurs ne sont pas ad­mis par le stan­dard. La tête est as­su­ré­ment puis­sante, mais pas très large, et plu­tôt dé­ve­lop­pée en hau­teur et en lon­gueur, sans pré­sen­ter par consé­quent de traits mo­los­soïdes très ac­cu­sés ; même si le Leonberg abri­tait le Saint-ber­nard dans son pa­tri­moine gé­né­tique his­to­rique, il en est à pré­sent éloi­gné. Le chan­frein est de même lon­gueur que le crâne re­la­ti­ve­ment bom­bé, et leurs lignes de pro­fil sont pa­ral­lèles. Le chan­frein est en outre bien rec­tan­gu­laire et lé­gè­re­ment bus­qué, le stop mo­dé­ré­ment mar­qué. La tête ne pré­sente au­cune laxi­té cu­ta­née : pas de rides, pas de pau­pières ni de ba­bines tom­bantes – ce qui ne fait pas du Leonberg un ba­veur. L’ar­ti­cu­lé den­taire est en ci­seaux, éven­tuel­le­ment en pince, la truffe noire. Les oreilles tom­bantes sont de gran­deur moyenne, at­ta­chées haut, col­lées aux joues, les yeux as­sez pe­tits, brun clair à fon­cé, lé­gè­re­ment en amande. L’en­semble de la phy­sio­no­mie pré­sente une ex­pres­sion de dou­ceur. Sa four­rure épaisse fait pa­raître le Leonberg en­core plus puis­sant qu’il ne l’est, sans dis­si­mu­ler tou­te­fois les lignes du corps. Le poil est droit ou on­du­lé, ja­mais bou­clé, plus long et four­ni, or­ne­ment léo­nin oblige, au cou et au poi­trail; le poil aux cu­lottes et à la queue très pa­na­chée est éga­le­ment abon­dant ; les membres sont fran­gés. La robe est fauve char­bon­né, avec des variations de to­na­li­té ; une cou­leur

tains su­jets sont tou­te­fois plus por­tés à la garde que d’autres. Le ter­ri­toire lui im­porte moins en tout cas que son maître, et la pré­sence d’en­fants peut boos­ter ses vel­léi­tés pro­tec­trices. « De­vant une si­tua­tion me­na­çante, si quel­qu’un for­çait la porte, par exemple, on peut en tout cas comp­ter sur lui, il se ma­ni­fes­te­ra ; je trouve en outre les fe­melles plus gar­diennes », note Mme Du­mont. Il se montre dans tous les cas très af­fable avec les vi­si­teurs bien­ve­nus. To­lé­rant, il peut co­ha­bi­ter gé­né­ra­le­ment avec des chiens de même sexe, même entre mâles, « ain­si qu’avec toutes sortes d’animaux, che­vaux, chats, ra­ton­sla­veurs, voire la­mas ! » pré­cise Mme Du­mont.

Suc­cès fran­çais

Bien qu’im­plan­té dans tous les pays de tra­di­tion cy­no­phile, le Leonberg y est plu­tôt dis­cret. Il comp­tait par exemple 579 ins­crip­tions en Al­le­magne en 2015, 308 au Royau­meU­ni, 244 aux Pays-bas, 214 en Suède, 161 en Ita­lie, 32 en Es­pagne. Aux Etats-unis, il est seule­ment au 93è rang de la pro­duc­tion toutes races. En France, il est res­té long­temps fort peu connu. Dans son ou­vrage Le Chien, his­toire, hy­giène, mé­de­cine de 1883, le cy­no­logue Pierre Mé­gnin, en pré­sen­tant une gra­vure de Grand Da­nois, lui don­nait comme sy­no­nyme « chien du Leonberg » … D’autres au­teurs en parlent comme « une race ana­logue à celle des Py­ré­nées ». Hen­ri de Va­ri­gny (His­toire et moeurs des animaux, 1904) écrit que les Leonberg « ne pré­sentent pas beau­coup d’uni­for­mi­té. (…) Cou­leur très va­riable, jaune, grise, ta­che­tée et même noire ». Pour J. Ro­bert et L. For­tin ( Les Chiens, 1898), « c’est même une race contes­tée. » La pion­nière en France est Melle Ré­gnier (de la Pie), qui achète son pre­mier chien en 1894. A l’ex­po­si­tion des Tui­le­ries 1896 et 1896, sa chienne Min­ka ob­tient un 1er prix dans la ca­té­go­rie « chiens de mon­tagne de va­rié­tés di­verses fran­çaises et étran­gères » ; Sport Uni­ver­sel Illus­tré note dé­jà en 1899 qu’à l’ins­tar de cette chienne, le Leonberg va très bien à l’eau. Après la re­con­nais­sance par la FCI, la race gagne une plus grande au­dience hors Al­le­magne. Dans les an­nées 1960, quelques éle­veurs in­fluents as­surent son dé­ve­lop­pe­ment en France : Melle Bou­niol de Gineste (du Châ­teau de Ré­veillon), fon­da­trice et pre­mière pré­si­dente du Club Fran­çais du Leonberg en 1963, Mme La­fille (du Mont Notre-dame), Mme Si­mar (du Clos Monfort), Mme Mi­lan (du Clos des Carmes), M. Royer ( de Cham­rousse), M. Ro­sier ( du Cas­tel de Bon Abri). En France, il est plus plé­bis­ci­té qu’ailleurs ; on comp­tait 931 ins­crip­tions LOF en 2015 - des ef­fec­tifs plu­tôt stables, qui ont dé­pas­sé la barre des 1000 ins­crip­tions il y a quelques an­nées avant de se sta­bi­li­ser à nou­veau lé­gè­re­ment en-des­sous. Il fait par­tie d’un sym­pa­thique trio à suc­cès de races mo­los­soïdes type mon­tagne qui ont di­verses ca­rac­té­ris­tiques en com­mun, no­tam­ment com­por­te­men­tales et fonc­tion­nelles ; mais des trois, le Leonberg est le moins mé­dia­ti­sé et le moins pro­duit, der­rière le Ter­reNeuve et sur­tout le Bou­vier Ber­nois qui s’est im­po­sé comme une des grandes ve­dettes du 2è groupe. Entre France et Al­le­magne, la ques­tion du ga­ba­rit a fait dé­bat. C’est en 1973 que le pays d’ori­gine a abais­sé la taille mi­ni­male ins­crite au stan­dard (qui était au­pa­ra­vant de 76 cm pour le mâle et 70 cm pour la fe­melle), et in­tro­duit une li­mite maxi­male. Les éle­veurs fran­çais, es­ti­mant que les Al­le­mands adap­taient le stan­dard à leur pro­duc­tion, et non le contraire, ont été nom­breux à ne pas suivre ; Outre- Rhin, les chiens avaient en outre des têtes plus car­rées. « Les Al­le­mands vou­laient un Leonberg plus puis­sant, et les Fran­çais un Leonberg plus haut et moins lourd. Puis les concep­tions ont évo­lué, les souches se sont mixées, et il y a eu une har­mo­ni­sa­tion, pour la­quelle a oeu­vré l’union In­ter­na­tio­nale du Leonberg, qui réunit les clubs de di­vers pays », ex­plique le pré­sident du club Denis Ver­non. « Etant al­le­mande, j’im­porte des souches d’al­le­magne, et je trouve qu’il y a en­core cer­taines dif­fé­rences » , re­marque Mme Du­mont ; « les chiens y sont moins hauts et plus cos­tauds ». « En 30 ans, le chep­tel fran­çais a beau­coup évo­lué : on avait sou­vent des mâles à au moins 80 cm au gar­rot. On a ga­gné une os­sa­ture plus forte, ce qui est une bonne chose, mais on a per­du en ma­jes­té et en lé­gè­re­té aux al­lures ; il faut es­sayer de re­trou­ver ces ca­rac­té­ris­tiques tout en conser­vant l’os­sa­ture », es­time Mme Maure ; « la tête est en outre plus large au­jourd’hui, mais je la trouve par­fois trop car­rée, trop Terre-neuve. » La ma­jo­ri­té des éle­veurs ont une pe­tite pro­duc­tion. « Il y a sou­vent plus de de­mandes que de chiots dis­po­nibles, et la race reste glo­ba­le­ment aux mains de ses pas­sion­nés. Le Leonberg n’est pas une race chère à l’achat, com­pa­rées à cer­taines autres plus pe­tites, mais une race chère à pro­duire », ex­plique Mme Maure. La qua­li­té du chep­tel fran­çais de sé­lec­tion est très sa­tis­fai­sante. « A notre der­nière Na­tio­nale d’ele­vage, qui a réuni 300 su­jets, comme lors de nos Ré­gio­nales, les juges in­ter­na­tio­naux ont sa­lué la pro­gres­sion no­table de

nos chiens », ex­plique M. Ver­non ; « aplombs, an­gu­la­tions, mou­ve­ment, ex­pres­sion, pig­men­ta­tion, ont été amé­lio­rés. La ty­pi­ci­té du Leonberg est un com­pro­mis : c’est certes un mo­losse, il est grand et puis­sant, mais doit res­ter élé­gant. » Suite à la de­mande de nom­breux pro­prié­taires dont le chien s’illustre dans di­verses dis­ci­plines, le club a ob­te­nu de la SCC, de­puis avril der­nier, que le Leonberg puisse of­fi­ciel­le­ment fi­gu­rer en classe Tra­vail dans les ex­po­si­tions fran­çaises – dans la no­men­cla­ture FCI, il reste ce­pen­dant non sou­mis au tra­vail. La clien­tèle est sou­vent fa­mi­liale, en rap­port avec les fa­ci­li­tés com­por­te­men­tales du Leo ; « l’ac­qué­reur type est un couple de 30 à 40 ans avec en­fants et mai­son », note M. Ver­non. « Le Leonberg est vrai­ment fou des en­fants », ajoute Mme Du­mont ; « c’est un mo­dèle de to­lé­rance et de dou­ceur. » Les ama­teurs res­tent en outre très fi­dèles à la race ; « il est fré­quent que des jeunes re­prennent un Leonberg parce que leurs pa­rents en avaient », ajoute Mme Maure. M. Ver­non se sa­tis­fait par ailleurs d’un club au fonc­tion­ne­ment et à l’am­biance agréables. Pour in­tro­duire quelque zé­ni­tude dans sa vie quo­ti­dienne, rien de mieux, dé­ci­dem­ment, que le très se­rein Leonberg…

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