Place aux jeunes

Sé­bas­tien JACOPS, juge du 4e groupe

Vos Chiens - - Paroles D’experts - Serge San­chès

Il naît en 1981 par­mi les chiens de ses pa­rents qui élèvent des te­ckels de­puis 1973. Tout de suite dans le bain, il pré­sente ses pre­miers chiens à l’âge de 6 ans. Il par­ti­cipe à des concours pour en­fants, mi-ex­po­si­tion, mi-dé­gui­se­ment. Tou­jours à 6 ans, il gagne son pre­mier groupe avec la fa­meuse chienne BN. Qua­si­ment tous les week- ends la fa­mille Jacops, ac­com­pa­gnée par la pe­tite Elo­die, part en ex­po­si­tions pour pré­sen­ter les chiens is­sus des deux éle­vages «des Trois Mages de Pa­la­dine» et «du Dom Te­ckel». « J’en garde un très bon sou­ve­nir, je ren­con­trais des gens. Ce­la me mo­ti­vait dans mes études, il fal­lait tra­vailler à l’école si­non pas d’ex­pos ». Voi­là des pa­rents qui avaient trou­vé une bonne mé­thode… Ado­les­cent, son plus grand sou­ve­nir est lors­qu’avec sa soeur, ils rem­portent en Al­le­magne les deux titres de cham­pion du monde, mâle et fe­melle, en même temps dans deux rings dif­fé­rents. La fa­mille dé­cide de créer un troi­sième af­fixe ce­lui de Sé­bas­tien, «des Lu­tins de Jacops’son», ré­ser­vé aux poils ras nains et ka­nin­chen ; ce qui per­met de dis­tin­guer les trois qua­li­tés de poils. A 25 ans, Sé­bas­tien pré­sente au club sa can­di­da­ture de juge qui se­ra re­fu­sée trois fois. Trop jeune ? La qua­trième est la bonne lors d’une réunion du club à la pointe de la Bre­tagne. Il passe et réus­sit l’exa­men du club, de la SCC, les as­ses­so­rats. Il de­vient juge et sou­ligne la bonne or­ga­ni­sa­tion du club au ni­veau des juges for­ma­teurs. A 28 ans il com­mence à ju­ger des CACS puis des In­ter­na­tio­nales. Et cette an­née, il a été in­vi­té à of­fi­cier à la Na­tio­nale d’éle­vage ita­lienne. Le contact avec les ex­po­sants-éle­veurs ex­pé­ri­men­tés se passent très bien : « Ils sont cour­tois, at­ten­tifs à mes com­men­taires. En­suite on échange ». A l’in­verse, il re­grette qu’un grand nombre de nou­veaux ex­po­sants soient moins pas­sion­nés. Ils prennent ce qu’on leur donne et il y a peu d’échanges. « Je n’ai pas de prio­ri­té dans mes choix dit- il, je juge un en­semble. Tous les te­ckels ont le même stan­dard. En­suite ils sont clas­sés par tour de poi­trine et qua­li­té de poil. Chaque éle­veur pri­vi­lé­gie cer­taines ca­rac­té­ris­tiques. Cha­cun a son style de chien ». Pour lui, les prin­ci­paux dé­fauts sont ceux qui en­traînent un re­fus de confir­ma­tion et il ajoute le dé­faut de poi­trine plate qui est ap­pa­ru brus­que­ment et dont on ne connaît pas la rai­son. Comme la plu­part de ses col­lègues juges, Sé­bas­tien at­tend des ex­po­sants qu’ils soient po­lis, cour­tois et bons joueurs : « les ex­pos doivent être l’oc­ca­sion de se ren­con­trer entre pas­sion­nés ». Notre jeune juge ex­plique que nor­ma­le­ment on n’a pas le droit de se bais­ser pour pré­sen­ter un te­ckel ; c’est une exi­gence de la FCI. « Mais en France je ne le de­mande pas, car ce­la fe­rait grin­cer des dents. En le te­nant des deux mains, on peut ca­cher plus de dé­fauts ». En Bel­gique le juge de­mande à l’ex­po­sant de se re­le­ver. On ne tient les jeunes chiens au sol que lors des pre­mières ex­po­si­tions. A pré­sent, Sé­bas­tien tra­vaille comme chef de mis­sions comp­tables, mais il conti­nue l’éle­vage grâce à ses pa­rents qui l’ont for­mé et à sa soeur Elo­die qui pré­sente ses chiens : « J’ai dé­ci­dé de ne plus pré­sen­ter en ex­pos. Je ne veux pas qu’on dise que je gagne parce que je suis juge ».

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