Une lé­gende s’en est al­lée

Cet ar­ticle se­ra cer­tai­ne­ment le plus dif­fi­cile à ré­di­ger en onze ans d’écri­ture pour Vos Chiens Ma­ga­zine. Com­ment est-ce pos­sible ? Toi qui ai­mais les chro­no­mètres justes, tu nous as tous pris de vi­tesse ! Un ar­rêt car­diaque a ren­du le monde du ca­nivtt e

Vos Chiens - - Sommaire - N.schness

Un chro­no­mètre, un sty­lo et un pe­tit car­net !

Jean-ma­rie ai­mait la per­fec­tion et ne lais­sait rien au ha­sard. Donc, la re­con­nais­sance du par­cours de course était in­dis­pen­sable à ses yeux. Il ac­com­pa­gnait sa femme ath­lète, la cé­lèbre Em­ma­nuelle Gri­sius. Puis, il dis­cu­tait avec elle et les autres com­pé­ti­teurs des choix tech­niques et du ma­té­riel à adop­ter. Le bien-être des chiens était sa prio­ri­té. C’est pour­quoi, le choix de l’em­pla­ce­ment de son cam­ping-car était tou­jours à l’avan­tage de ses ath­lètes ca­nins. De plus, il ar­ri­vait sou­vent plu­sieurs jours avant la course pour épar­gner de la fa­tigue à ses com­pa­gnons ou pour leur per­mettre de s’ac­cli­ma­ter à ce nou­vel en­vi­ron­ne­ment. Il sa­vait tou­jours trou­ver les mots ap­pro- priés pour ne pas vexer l’or­ga­ni­sa­teur en le pré­ve­nant d’un pas­sage dé­li­cat pour les com­pé­ti­teurs. D’ailleurs, ceux­ci ve­naient même le voir après sa re­con­nais­sance pour connaître son avis. Alors, il trou­vait une so­lu­tion ou un ba­li­sage conve­nant à la si­tua­tion. Il faut dire que son ex­pé­rience était re­con­nue de tous. Jean-ma­rie et Em­ma­nuelle Gri­sius connaissent le ca­nivtt et le ca­ni­cross

de­puis 1997. Ce­pen­dant, Jean-ma­rie an­gois­sait à chaque dé­part en course de sa « muse ». Il avait peur d’une chute. Il faut dire que Ma­nue s’amu­sait à battre les re­cords de France, d’eu­rope et du Monde ! Lors­qu’elle n’avait pas de concur­rente à sa taille, elle ri­va­li­sait avec les hommes ! Il l’ac­com­pa­gnait à ses dé­parts sauf si sa pré­sence per­tur­bait son bon dé­rou­le­ment. En ef­fet, cer­tains de ses chiens étaient tel­le­ment at­ta­chés à lui qu’il de­vait se ca­cher pour qu’ils ac­ceptent de par­tir et le cherchent en vain sur le par­cours. Le dé­part don­né, Jean-ma­rie dé­clen­chait son chro­no­mètre et ins­cri­vait le temps de chaque concur­rent sur son pe­tit car­net. Dès le fran­chis­se­ment de la ligne d’ar­ri­vée, Jean-ma­rie pou­vait si­tuer la place du concur­rent ! C’étaient des ré­sul­tats si­mul­ta­nés dès la fin des an­nées qua­tre­vingt-dix ! Alors, le pre­mier ré­flexe de chaque ath­lète était d’al­ler voir Jean-ma­rie pour connaître son ré­sul­tat ! Il ne se trom­pait ja­mais. Ain­si, il est in­dé­niable que JeanMa­rie a ap­por­té une cer­taine ri­gueur au monde du ca­nivtt et du ca­ni­cross.

Sa connais­sance tech­nique des cycles le ren­dait in­con­tour­nable. Je me rap­pelle d’un Tro­phée Sud Bour­gogne où les meilleurs vé­té­tistes ve­naient faire ré­vi­ser leur vtt dans un ate­lier im­pro­vi­sé au­tour du cam­ping-car de Jean-ma­rie. Son ami Jean Don­nez était à ses cô­tés. Je les re­gar­dais tous les deux en­tou­rés de ces com­pé­ti­teurs aguer­ris et émer­veillés par les sages conseils de ces deux com­pères.

Un hu­ma­niste et un cy­no­phile

Cette foule im­mense réunie dans cette grande église pour te rendre un der­nier hom­mage me prou­va sans éton­ne­ment ta bon­té. Les té­moi­gnages sur Face book ren­forcent en­core l’ar­rache-coeur de ton dé­part. Il nous fau­dra du temps pour l’ac­cep­ter ! Tu étais ai­mé car tu ai­mais tout sim­ple­ment les gens. Bref, un hu­ma­niste, ce­lui qui met au centre de ses prio­ri­tés le bien-être des hommes. Oui, tu étais al­truiste. Je te re­vois plai­san­ter avec les bé­né­voles des courses pour les re­mer­cier de leur dé­voue­ment. Je te re­vois prendre dans tes bras les ra­vi­tailleuses des Tro­phées des Mon­tagnes. Je te re­vois conso­ler des com­pé­ti­teurs après une contre-per­for­mance et les en­cou­ra­ger à sur­mon­ter cet échec. Tu as même prê­té des chiens à des concur­rentes de ta femme ! Tes chiens, la pru­nelle de tes yeux ! Tu les ai­mais d’un amour in­tense et res­pec­tueux. Tu com­men­ças avec des nor­diques puis avec des braques et en­fin des greys­ters. Tu pas­sais du temps à les en­traî­ner et tu n’étais ja­mais pres­ser de les faire cou­rir trop tôt. Ces sor­ties al­ter­naient entre plai­sir de cou­rir et plai­sir de jouer. Tu em­me­nais une balle de ten­nis pour les faire sau­ter à l’eau et les ra­fraî­chir. Tu les ca­jo­lais en te ca­chant mais leurs re­gards ne trom­paient per­sonne sur cet amour ré­ci­proque.

Un couple so­lide comme un roc !

Im­pos­sible de pen­ser à toi sans elle et im­pos­sible de pen­ser à elle sans toi ! Tu l’ai­mais d’un amour in­fi­ni et nombre de femmes te don­naient en exemple à leur ma­ri ! Il faut dire que le pal­ma­rès de ta « Ma­nue » est im­pres­sion­nant. Cette an­cienne cy­cliste sur route (co­équi­pière de Jean­nie Lon­go) et de piste avec Isa­belle Gau­the­ron (4ème au JO de Séoul) pra­ti­qua ces dis­ci­plines de 1978 à 1987. Elle fit même par­tie de l’équipe de France de cy­clisme dans les an­nées 1980. Elle a me­né de front le tri­ath­lon à par­tir de 1986 jus­qu’en 1999. Elle se dis­tin­gua en fi­nis­sant 3ème au Cham­pion­nat de France de Tri­ath­lon longue dis­tance et en étant Cham­pionne d’eu­rope en Tri­ath­lon par équipe en 1993. Elle par­ti­ci­pa huit fois au Tri­ath­lon d’em­brun consi­dé­ré comme le plus phy­sique de France. Son pal­ma­rès en ca­nivtt et ca­ni­cross fut tout aus­si épous­tou­flant avec de nom­breux titres de Cham­pionne de France, d’eu­rope et du Monde. A chaque par­ti­ci­pa­tion au Tro­phée des Mon­tagnes ou du Tro­phée Sud Bour­gogne, Ma­nue mon­ta sur les po­diums. Tu étais dans son ombre mais elle te met­tait dans la lu­mière à chaque ré­com­pense at­tri­buée. Nous, tes amis, tes hé­ri­tiers veille­ront sur ta « prin­cesse ». Tu laisses une trace in­dé­lé­bile dans l’his­toire in­ter­na­tio­nale du ca­nivtt et du ca­ni­cross. Ta convi­via­li­té, ta gen­tillesse, ton in­fluence de coach dans le dé­pas­se­ment de soi au­près de nom­breux ath­lètes in­ter­na­tio­naux et ton sou­rire man­que­ront à tous les ca­ni­vé­té­tistes et ca­ni­cros­seurs du monde. Nous pour­sui­vons notre che­min avec toi dans nos pen­sées….

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