Les dé­cla­ra­tions fis­cales

Vos Chiens - - Sommaire - Maître Pierre CORREARD, avo­cat

Après avoir rap­pe­lé que la dé­cla­ra­tion de ré­sul­tat (d’im­pôts pro­fes­sion­nels) re­la­tive à l’exer­cice 2016 (cou­vrant la pé­riode du 01/01/2016 au 31/12/2016 in­clus) de­vra être par­ve­nue au Centre des Im­pôts au plus tard le mar­di 3 mai 2017 (2° jour ou­vré pos­té­rieur au 1° mai qui suit l’exer­cice ob­jet de la dé­cla­ra­tion), il ap­pa­raît utile de ré­su­mer quelques-unes des prin­ci­pales mo­di­fi­ca­tions lé­gis­la­tives re­la­tives aux éle­vages d’ani­maux fa­mi­liers in­ter­ve­nues der­niè­re­ment.

Les ré­gimes fis­caux

Bien que les dif­fé­rentes op­tions fis­cales soient dé­taillées dans l’ou­vrage “Ini­tia­tion à la comp­ta­bi­li­té et à la fis­ca­li­té d’une pe­tite en­tre­prise” 1), il ap­pa­raît tou­te­fois d’au­tant plus

( utile de ré­su­mer ce qui dif­fé­ren­cie les trois ré­gimes d’im­po­si­tion que l’ex-ré­gime du for­fait s’est vu rem­pla­cé par ce­lui du mi-cro à comp­ter de l’exer­cice 2016 (de dé­cla­ra­tion à ve­nir). Le mi­cro-bic, mi­cro-bnc ou mi­cro-ba qui s’ap­pli­que­ra au­to­ma­ti­que­ment en rem­pla­ce­ment de l’an­cien ré­gime for­fai­taire à par­tir des re­ve­nus dé­cla­rés pour l’exer­cice 2016. Pour pou­voir bé­né­fi­cier de ce ré­gime, la T.P.E. (très pe­tite en­tre­prise) doit réa­li­ser au cours de deux an­nées suc­ces­sives un chiffre d’af­faires hors taxes ne dé­pas­sant pas 82.200€ pour l’agri­cul­ture (au lieu de 76.300 sur 3 an­nées au­pa­ra­vant), de 82.200€ pour les ac­ti­vi­tés com­mer­ciales ou in­dus­trielles ou de 32.900€ en pres­ta­tions de ser­vices. Le bé­né­fice for­fai­taire est cal­cu­lé d’après le chiffre d’af­faires dé­cla­ré di­mi­nué d’un abat

(2) te­ment des­ti­né à prendre en compte les charges de l’en­tre­prise que le Fisc es­time à 87% en agri­cul­ture (abat­te­ment qui se­ra tou­jours > à 305€), 70% en com­merce, 50% pour les ser­vices. En clair, un éle­veur qui au­rait­dé­cla­ré avoir ven­du pour 20.000€ de chiens ou chats en 2016 se­ra im­po­sé comme s’il avait réa­li­sé un bé­né­fice de (200.000 – (200.000 x 87 / 100)) 2.600€. Parce qu’il re­pose sur le ré­sul­tat réel (dif­fé­rence entre ventes et achats) le réel sim­pli­fié oblige par consé­quent te­nue d’une comp­ta­bi­li­té qui, tou­te­fois, de­meure as­sez simple. Ce ré­gime se­ra ap­pli­qué d’of­fice à une ex­ploi­ta­tion dont l’ac­ti­vi­té agri­cole dé­ga­ge­rait un vo­lume de ventes hors taxes (chiffre d’af­faires) com­pris entre 82.200 et 350.000€ ou à un pres­ta­taire de ser-vices qui au­rait réa­li­sé entre 32.900 et 236.000€ ou au com­mer­çant, ar­ti­san ou in­dus­triel ayant pro­duit entre 82.200 et 783.000€. Les avan­tages de cette formule (comme de la sui­vante) ré­sident dans le fait que le re­ve­nu im­po-sable n’est plus for­fai­ti­sé mais qu’il cor­res­pond à la réa­li­té puisque qu’il est dé­ter­mi­né en fonc­tion du ré­sul­tat de l’opé­ra­tion ventes – achats (ré­sul­tat qui peut, con­trai­re­ment au mi­cro, être né­ga­tif –dé­fi­cit-). Autre avan­tage : cette formule per­met d’amor­tir cer­tains in­ves­tis­se­ments im­mo­bi­liers ou mo­bi­liers 3).

( Le réel nor­mals’ap­pli­que­ra obli­ga­toi­re­ment aux en­tre­prises qui, pen­dant deux exer­cices consé­cu­tifs, au­ront réa­li­sé soit un chiffre d’af­faires agri­cole hors taxes ex­cé­dant 350.000, soit 236.000€ en pres­ta­tions de ser­vices, soit783.000€ en ac­ti­vi­té com­mer­ciale ou in­dus­trielle. Ou, évi­dem­ment, sur op­tion pour les en­tre­prises qui, nor­ma­le­ment as­su­jet­ties à un autre ré­gime (mi-cro ou réel sim­pli­fié), le de­man­de­raient. Etant don­né qu’il s’agit d’un rythme d’ac­ti­vi­té éle­vé (par exemple :vente an­nuelle de plus de 450 chiots), le bon sens com­mande de confier la comp­ta­bi­li­té de telles en­tre­prises à un comp­table ex-pé­ri­men­té (comp­table sa­la­rié de l’en­tre­prise ou ca­bi­net ex­té­rieur). Il est à no­ter Que, parce qu’il pré­sup­pose des bé­né­fices im­po­sables (dé­ter­mi­nés en pour­cen­tage des ventes), le mi­cro-bic agri­cole fa­ci­lite, par voie de consé­quence, le cal­cul de ces co­ti­sa­tions so­ciales qui, telle celle dite “de so­li­da­ri­té” pour la M.S.A., sont un pour­cen­tage du bé­né­fice agri­cole.

Pos­si­bi­li­té de chan­ge­ment de ré­gime

Si le chan­ge­ment de ré­gime d’im­po­si­tion de­vient obli­ga­toire lorsque le chiffre d’af­faires fran­chit l’un des seuils in­di­qués ci-des­sus, par contre rien n’in­ter­dit aux ex­ploi­ta­tions d’op­ter pour un ré­gime “su-pé­rieur”. Comme, par exemple, celles re­le­vant de plein droit du ré­gime mi­cro (ex-for­fait) qui peu-vent op­ter pour le réel sim­pli­fié, voire même ce­lui du réel nor­mal 4). Ou celles re­le­vant du réel sim­pli-fié

( qui peuvent op­ter pour le réel nor­mal. Sa­chant, tou­te­fois que, l’in­verse n’étant pas pos­sible, l’en­tre­prise re­le­vant d’of­fice du réel sim­pli­fié (CA agri­cole com­pris entre 82.200 et 350.000€) pour­rait de­man­der à dé­cla­rer au bé­né­fice réel nor-mal mais pas au mi­cro-ba. Bien qu’il soit pos­sible de se conten­ter de co­cher sur l’im­pri­mé 2139-SD de dé­cla­ra­tion la case cor-re­spon­dant au chan­ge­ment de ré­gime, il est plus sage d’adres­ser la de­mande de chan­ge­ment de ré­gime par écrit (lettre simple ou cour­riel) au Ser­vice Fis­cal à la même date que la dé­cla­ra­tion de ré­sul­tat de l’exer­cice (n° 2139-SD). Le tout (cour­rier et dé­cla­ra­tion) de­vant donc et évi­dem­ment être par­ve­nu au Centre des Im­pôts au plus tard le 2° jour ou­vré sui­vant le 1° mai de l’an­née sui­vant clô­ture de l’exer­cice (c’est-à-dire, pour la dé­cla­ra­tion re­la­tive à l’exer­cice 2016,au plus tard le mar­di 3 mai 2017). Le nou­veau ré­gime se­ra ap­pli­qué sur une pé­riode de deux ans pen­dant la­quelle il se­ra ir­ré­vo­cable (pas de re­tour ar­rière pos­sible) et au bout de la­quelle il se­ra au­to­ma­ti­que­ment re­con­duit sauf re-non­cia­tion de la part du contri­buable. En clair et pour sim­pli­fier, toute de­mande de chan­ge­ment de ré­gime concer­nant l’exer­cice 2016 (qui va, en prin­cipe, du 01/01/2016 au 31/12/2016) de­vra être dé­po­sé dans la boîte du

Centre des Im­pôts au plus tard le mar­di 3 mai 2017. Elle concer­ne­ra obli­ga­toi­re­ment les deux exer­cices 2016 et 2017, sans qu’il soit pos­sible d’y re­non­cer pen­dant les deux an­nées en ques­tion. Au bout des­quelles, soit l’ex­ploi­tant pour­ra adres­ser une de­mande de re­non­cia­tion, soit l’op­tion se­ra re­nou­ve­lée par ta­cite re­con­duc­tion pour une nou­velle pé­riode de deux ans.

Que peut-on dé­cla­rer en pro­duc­tion agri­cole

Le chiffre d’af­faires agri­cole in­clut, outre les ventes d’ani­maux, les re­ve­nus ob­te­nus dans des ac­ti­vi-tés que l’ar­ticle 63 du code gé­né­ral des im­pôts consi­dère comme an­nexes de l’agri­cul­ture, sa­voir : • la pré­pa­ra­tion et l’en­trai­ne­ment des équi­dés do­mes­tiques en vue de leur ex­ploi­ta­tion dans des ac­ti­vi­tés autres que celles du spec­tacle ; • les courses en at­te­lage ; • l’en­sei­gne­ment et conduite de traî­neaux à chiens ; • le trans­port à traî­neaux et le louage de traî­neaux par des mu­shers ti­tu­laires du di­plôme d’etat de la jeu­nesse et des sports, men­tion “at­te­lages ca­nins”. Par ailleurs, l’ar­ticle 75 du code gé­né­ral des im­pôts per­met à l’ex­ploi­tant d’in­clure dans son ac­ti­vi­té agri­cole, des re­ve­nus pro­ve­nant de la vente de biens ou de ser­vices non com­mer­ciaux (BNC : dres-sage, pen­sion) et/ou com­mer­ciale re­le­vant des BIC, comme le font, par exemple, ces éle­veurs de chiens qui re­vendent de l’ali­ment ou du ma­té­riel (laisses, col­liers, mu­se­lières). A condi­tion, tou­te­fois, que cette ou ces ventes an­nexes n’aient pas, au cours des 3 an­nées pré­cé-dentes, gé­né­ré des re­cettes dont la moyenne ex­cè­de­rait 30% de la moyenne des re­cettes agri­coles sur la même pé­riode ni, non plus, 50.000 eu­ros de moyenne an­nuelle. La liai­son de ces deux op­tions par la conjonc­tion “ou” in­di­quant, non le cu­mul des deux condi­tions, mais un choix : l’éle­veur dont les ventes hors agri­cul­ture dé­pas­se­raient 30% de son ac­ti­vi­té ru­rale, OU se­raient su­pé­rieures à 50.000 eu­ros de­vrait, se­lon le cas, ad­joindre à sa dé­cla­ra­tion de ré­sul­tat agri­cole une dé­cla­ra­tion aux bé­né­fices non com­mer­ciaux (B.N.C. : pres­ta­tions de ser­vices, …)

(6) ou aux bé­né­fices in­dus­triels et com­mer­ciaux

(7) (B.I.C. : re­vente de pro­duits, artisanat, …) qui peuvent être té­lé­char­gées par In­ter­net.

As­su­jet­tis­se­ment à la TVA

Sont obli­ga­toi­re­ment sou­mises à la TVA les en­tre­prises agri­coles, in­dus­trielles ou com­mer­ciales qui, quel que soit le ré­gime fis­cal au­quel elles sont as­su­jet­ties, ont réa­li­sé, sur deux exer­cices consé­cu­tifs, un chiffre d’af­faires hors taxes égal ou su­pé­rieur à • 46.000€ en agri­cul­ture, • 82.800€ en ac­ti­vi­té de com­merce, d’hé­ber­ge­ment, • 33.100€ en pres­ta­tions de ser­vices. Ain­si que, quel que soit le mon­tant de leur chiffre d’af­faires, les ex­ploi­ta­tions agri­coles dé­cla­rant à l’un des chiffres du réel. Si, pré­cé­dem­ment au mois de juillet 2014, le dif­fé­ren­tiel de TVA pou­vait, grâce au fait que cette

(8) taxe était très ré­duite sur les ventes (5%), se ré­vé­ler in­té­res­sant pour l’éle­veur, il n’en est plus rien au-jourd’hui où les ventes d’ani­maux sont as­su­jet­ties au même taux que les ventes, c’est à dire 20%. At­ten­tion Pour le cas où il res­te­rait mal­gré tout en­core quelques éle­vages non as­su­jet­tis à dé­cla­ra­tion de la TVA, il est im­por­tant qu’ils sachent, d’une part, qu’au­cune de leurs fac­tures (et/ou at­tes­ta­tion, con-ven­tion de vente) ne peut ni ne doit à au­cun mo­ment faire ré­fé­rence à cette taxe et, d’autre

(9) part, que les dites pièces (fac­tures, conven­tions) doivent obli­ga­toi­re­ment men­tion­ner la formule ré­gle­men­taire : “TVA non ap­pli­cable : ar­ticle 293 B du code gé­né­ral des im­pôts”.

Im­mo­bi­li­sa­tions, amor­tis­se­ments, plus ou moins-va­lues

La pos­si­bi­li­té of­ferte aux ré­gimes du réel qui per­met aux ex­ploi­tants d’im­mo­bi­li­ser le ma­té­riel de pro-duc­tion des­ti­né à être amor­ti connaît tou­te­fois une ex­cep­tion en ce qui concerne les ani­maux re-pro­duc­teurs qui, ne pou­vant être im­mo­bi­li­sés que dans les ex­ploi­ta­tions as­su­jet­ties au bé­né­fice réel nor­mal agri­cole, se­ront à faire fi­gu­rer dans les stocks des éle­vages au réel sim­pli­fié. Etant, par ailleurs, évident que toutes les autres im­mo­bi­li­sa­tions (ma­té­riel, ma­chines, bâ­ti­ments, ou­til-lage, …) pour­ront être ef­fec­tuées et amor­ties quel que soit le ré­gime du réel ap­pli­cable.

Qui est éle­veur ?

Etant don­né que la dé­fi­ni­tion de l’éle­vage don­née jus­qu’alors par le code ru­ral a été mo­di­fiée pour

(10) de­ve­nir “on en­tend de chiens ou de chats l’ac­ti­vi­té consis­tant à dé­te­nir au moins une fe­melle re­pro­duc­trice dont au moins un chien ou chat a été cé­dé à titre oné­reux” et que, d’un autre cô­té, l’ar­rê­té mi­nis­té­riel du 18/09/2015 fait équi­va­loir la

(11) pos­ses­sion de huit (8) chiennes ou chattes re­pro­duc­trices à ces 1.200 heures an­nuelles ser­vant pré­cé­dem­ment de norme, il s’en dé­duit que l’éle­veur de chiens ou chats pos­sé­dant • au moins une fe­melle dont il a ven­du au moins un pro­duit se­ra co­ti­sant de so­li­da­ri­té MSA (comme, pré­cé­dem­ment, celles des ex­ploi­ta­tions né­ces­si­tant an­nuel­le­ment de 150 à 1.200 heures de tra­vail), • au moins huit lices se­ra co­ti­sant à la MSA en tant que chef d’ex­ploi­ta­tion comme ceux qui, em­ployés plus de 1.200 heures / an, se voyaient ap­pli­quer les co­ti­sa­tions maxi­males. Etant évi­dem­ment en­ten­du que c’est à l’ex­ploi­tant de prendre l’ini­tia­tive de se faire connaître de la M.S.A. et que la vente d’un seul chiot né chez soi oblige ce nais­seur à ef­fec­tuer les dé­cla­ra­tions aux ad­mi­nis­tra­tions concer­nées (pro­tec­tion ani­male – DDCSPP-, IN­SEE, Im­pôts, …) 12).

( Ex­ploi­tant qui ne doit ac­cor­der qu’une confiance li­mi­tée au Centre de For­ma­li­té des En­tre­prises (même C.F.E. Agri­cole) au­quel il de­man­de­rait d’ef­fec­tuer les dé­marches dont il de­vrait s’as­su­rer qu’au­cune n’a été omise. Les im­pri­més de dé­cla­ra­tion peuvent être ob­te­nus soit au­près du Centre des Im­pôts dont dé­pend l’en­tre­prise, soit par In­ter­net (www.im­pots.gouv. fr). Sa­chant que le meilleur conseiller res­te­ra tou­jours l’ins­pec­teur des Im­pôts. Et qu’il est in­dis­pen­sable de conser­ver soi­gneu­se­ment une co­pie de l’im­pri­mé de dé­cla­ra­tion étant don­né que ces re­ve­nus se­ront à re­por­ter sur la dé­cla­ra­tion per­son­nelle de l’ex­ploi­tant. Sa­chant que les dé­fi­cits (lors­qu’il y en au­ra) pour­ront soit être dé­duits des re­ve­nus non agri­coles (sa-laires, B.I.C., B.n.c.)s’ils sont in­fé­rieurs à 107.718€ 13), soit être re­por­tés pour être dé­duits

( des re­ve­nus non-agri­coles de l’une des 6 an­nées sui­vantes qui se ré­vé­laient in­fé­rieurs au mon­tant ci-des­sus.

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