Le Si­bé­rian Husky : La grande aven­ture

pour vivre une grande aven­ture

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Le husky évoque tout à la fois les vastes es­paces du Grand Nord et l’aven­ture. Do­té d’une plas­tique ma­gni­fique et d’un ca­rac­tère spé­ci­fique, ce chien du groupe V est to­ta­le­ment fas­ci­nant. C’est aus­si l’un des plus beaux au monde, se­lon les pas­sion­nés de la race. En­fin de­puis 4000 ans, il est le fi­dèle auxi­liaire de l’homme !

Ve­nu de Si­bé­rie, par­tie nord-est de l’asie entre l’ou­ral et le Pa­ci­fique ca­rac­té­ri­sée par un cli­mat froid et conti­nen­tal, le husky est le com­pa­gnon des hommes de­puis des mil­liers d’an­nées. Il fut pour eux un auxi­liaire de vie très pré­cieux, es­sen­tiel­le­ment uti­li­sé pour les tran­sports. Les no­mades de Si­bé­rie au­raient été les pre­miers à at­te­ler des chiens à un traî­neau pour pou­voir se dé­pla­cer ra­pi­de­ment et trou­ver ain­si leur nour­ri­ture, dans ces ter­ri­toires, où l’hi­ver dure presque toute l’an­née.

Bâ­ti pour le tra­vail de trait

Chien de tra­vail de taille moyenne, élé­gant dans ses al­lures, le husky est bâ­ti pour le trait, sa fonc­tion d’ori­gine. Sa mor­pho­lo­gie al­lie à la fois puis­sance, en­du­rance et ra­pi­di­té. La mus­cu­la­ture est ferme et bien dé­ve­lop­pée. Ses lignes sont très har­mo­nieuses. La hau­teur au gar­rot pour les mâles est de 53,5 à 60 cm et le poids de 20,5 à 28 kg. La taille des fe­melles s’éche­lonne de 50,5 à 56 cm taille au gar­rot pour un poids de 15,5 à 23 kg. Son os­sa­ture est moyen­ne­ment dé­ve­lop­pée.

Une belle ex­pres­sion

« L’ex­pres­sion du husky est vive, mais ami­cale et même ma­li­cieuse», ain­si le dé­crit le stan­dard FCI n° 270. Sa tête est toute en har­mo­nie. Les yeux, en forme d’amande, sont de cou­leur mar­ron ou bleue. On ac­cepte un oeil de chaque cou­leur. Les oreilles sont de gran­deur moyenne, de forme tri­an­gu­laire, rap­pro­chées et at­ta­chées haut sur la tête. Elles sont épaisses et gar­nies d’une bonne four­rure. Le stop est bien mar­qué. La truffe est noire chez les chiens gris, fauves ou noirs ; de cou­leur foie chez les chiens à robe rousse (dite cui­vrée), elle peut être chaire chez les chiens tout blancs. La truffe rayée de rose, dite «truffe de neige», est ac­cep­tée. Les lèvres sont bien pig­men­tées et s’adaptent exac­te­ment. Les dents pré­sentent un ar­ti­cu­lé en ci­seaux. La queue bien four­nie a la forme de la queue en brosse du re­nard. Il y a trente ans, la beau­té de cette race en avait mal­heu­reu­se­ment fait le chien à la mode. Fran­co Man­na­to, pré­sident du Club de race, juge de beau­té et de tra­vail de la race, éle-

veur sous l’af­fixe of Ama­rit et pro­duc­teur de nom­breux cham­pions, éga­le­ment pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de pul­ka et traî­neau à chiens se sou­vient : «On comp­tait en moyenne 9000 nais­sances par an au dé­but des an­nées 1990. À l’époque c’était aus­si la race la plus eu­tha­na­siée». Cette époque heu­reu­se­ment est ré­vo­lue. «Ac­tuel­le­ment le nombre de nais­sances an­nuelles est de 3000 chiots. La race se porte bien et elle est de loin la pre­mière du groupe V de la FCI (chiens de type Spitz et de type pri­mi­tif) avec 60% des nais­sances», pré­cise Fran­co Man­na­to. Le nombre de nais­sances pro­gresse à un rythme de 20% par an. «Ce groupe est le plus dy­na­mique de la cy­no­phi­lie fran­çaise».

Tra­vailleur et chas­seur

Le husky est ap­pré­cié et ai­mé de trois pu­blics : les spor­tifs de com­pé­ti­tion pour l’at­te­lage, puis ceux qui font avec lui des ex­po­si­tions de confor­mi­té au stan­dard, en­fin ceux qui en sont juste amou­reux et ap­pré­cient ce com­pa­gnon du quo­ti­dien. Mais avant d’ac­qué­rir un de ces chiens d’ex­cep­tion, et par­ta­ger avec lui des mo­ments in­ou­bliables, il faut ac­cep­ter de prendre en compte ses spé­ci­fi­ci­tés. Il ne faut ja­mais ou­blier que le husky est un grand spor­tif qui a be­soin de se dé­pen­ser et de tra­vailler, ce qui si­gni­fie qu’une pro­me­nade en laisse n’est pas suf­fi­sante pour le sa­tis­faire et lui per­mettre de se dé­ve­lop­per cor­rec­te­ment phy­si­que­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment. Tout pro­prié­taire d’un husky doit être spor­tif pour don­ner à son chien l’exer­cice qui lui se­ra bé­né­fique. Il doit aus­si ai­mer sor­tir par tous les temps, car le husky ne craint ni les in­tem­pé­ries ni le froid. Il a été sé­lec­tion­né pour vivre dans de rudes cli­mats et sup­porte des tem­pé­ra­tures ex­trê­me­ment basses.

Une bonne cou­ver­ture

Son pe­lage est une pro­tec­tion ef­fi­cace contre le froid. Le poil est double et de lon­gueur moyenne, don­nant un as­pect bien four­ni. Le sous-poil est doux et dense et d’une lon­gueur suf­fi­sante pour sou­te­nir le poil de cou­ver­ture qui est droit et quelque peu cou­ché. Il n’est ja­mais dur ni plan­té dres­sé sur le corps. Toutes les cou­leurs sont ad­mises, du noir au blanc pur en pas­sant par les fauves, les beiges, les gris avec des pa­na­chures plus ou moins en­va­his­santes. Pour l’en­tre­tien, c’est simple, il ne faut ja­mais la­ver le chien, mais le bros­ser deux à trois fois par se­maine. Lors des deux pé­riodes de mue (prin­temps et au­tomne), il faut aug-

men­ter la ca­dence, qui se­ra de deux fois par jour. Le husky n’est sur­tout pas fait pour vivre confi­ner en ap­par­te­ment et y res­ter seul toute la jour­née. Il faut l’oc­cu­per. Un ter­rain pour s’ébattre est par­fait, mais ce ter­rain doit être fort bien clô­tu­ré, car le husky sait creu­ser ou sau­ter s’il dé­cide d’al­ler ex­plo­rer les en­vi­rons. Comme ses an­cêtres, chiens de no­mades, il n’a au­cun sens de la pro­prié­té. En­fin ce chas­seur, sau­ra trou­ver de quoi se nour­rir s’il croise sur son che­min un pou­lailler ou un cla­pier au­quel il ne man­que­ra pas de rendre une vi­site.

Un bon ca­rac­tère

«Avec l’hu­main, le husky est ado­rable», dé­clare Fran­co Man­na­to. Ce chien se ca­rac­té­rise par sa gen­tillesse et par la dou­ceur de son tem­pé­ra­ment. Il est éveillé et so­ciable. Il s’en­tend par­fai­te­ment avec les en­fants. C’est un ex­cellent com­pa­gnon. Mais il ne faut pas at­tendre de lui qu’il monte la garde. Ce n’est pas sa vo­ca­tion. D’ailleurs il ne montre pas une grande mé­fiance en­vers les étran­gers. Ce n’est pas un chien de ber­ger et il n’a pas l’obéis­sance ca­rac­té­ris­tique d’une de ces races. Son édu­ca­tion doit être me­née avec dou­ceur et fer­me­té. Elle n’est pas fa­cile, si on ne com­prend pas la par­ti­cu­la­ri­té psy­cho­lo­gique de ce chien. «Pour bien vivre avec un husky, il faut com­prendre la spé­ci­fi­ci­té de cette race. C’est un chien à part «, ex­plique Fran­co Man­na­to.

Être le chef de meute

Le husky de Si­bé­rie est un chien de meute qui a be­soin de hié­rar­chie. S’il n’a pas d’autres com­pa­gnons ca­nins, sa meute se­ra sa fa­mille. Et au sein de cette fa­mille, il re­con­naî­tra un hu­main comme chef de meute au­quel il ac­cep­te­ra d’obéir. Et à lui seul. Pour ne pas avoir tout faux avec un husky, il ne faut ja­mais lui lais­ser croire qu’il dé­tient le rang de chef de meute, si­non il vou­dra faire ré­gner sa loi. Et si ce­la ne marche pas, il ne com­pren­dra pas pour­quoi il n’y ar­rive pas.

San­té

Cette race mil­lé­naire bé­né­fi­cie d’une bonne san­té. «La dys­pla­sie coxo­fé­mo­rale a été qua­si­ment éra­di­quée avec moins d’un cas sur mille», pré­cise le pré­sident du club de race.

Il y a quelques sou­cis au ni­veau des yeux avec la ca­ta­racte et la go­nio­dys­pla­sie dont le dé­ve­lop­pe­ment, à terme, conduit à la cé­ci­té. Aus­si le club de race a ré­agi. Un pro­to­cole a été mis en place pour dé­pis­ter sys­té­ma­ti­que­ment les yeux pour ces deux tares afin de li­mi­ter leur pro­pa­ga­tion. Le dé­pis­tage pour la dys­pla­sie de la hanche reste bien sûr d’ac­tua­li­té. La lon­gé­vi­té est ex­cel­lente avec une moyenne d’es­pé­rance de vie de 14-15 ans pour des chiens qui ont bien tra­vaillé. Fran­co Man­na­to ra­conte : « Une de mes chiennes est morte, huit jours avant ses 18 ans, mais c’est ex­cep­tion­nel». Chien re­la­ti­ve­ment fru­gal, le husky n’est pas un gros man­geur pro­ba­ble­ment une ré­mi­nis­cence de sa vie ja­dis où la nour­ri­ture était rare et que la prin­ci­pale oc­cu­pa­tion en était sa quête. Au­jourd’hui ce n’est plus le cas. La ra­tion quo­ti­dienne doit être adap­tée en fonc­tion de l’âge, du de­gré d’ac­ti­vi­té et des condi­tions cli­ma­tiques. Il faut une ali­men­ta­tion riche en pro­téines et en li­pides en pé­riode de grande ac­ti­vi­té, lors de par­ti­ci­pa­tion à des com­pé­ti­tions de tra­vail.

L’ar­ri­vée en France

Ce chien a fait son ap­pa­ri­tion en France en 1969. Fran­co Man­na­to a im­por­té le pre­mier chien de cette race dans l’hexa­gone. C’était une fe­melle grise ve­nue des Etats-unis. En 1973, le pre­mier Husky de Si­bé­rie est ins­crit au LOF. Cette race, in­con­nue alors en France, est rat­ta­chée au club du Sa­moyède, race nor­dique la plus ré­pan­due à l’époque et à la­quelle furent rat­ta­chées les autres races nor­diques nais­santes. Les Fran­çais dé­couvrent le husky et se prennent de pas­sion pour lui. Le nombre de nais­sances évo­lue à un rythme très ac­cé­lé­ré. Pour l’an­née 1989, 15.000 chiens sont ins­crits au LOF. C’est énorme ! L’ac­crois­se­ment constant du chep­tel des hus­kys a conduit, en 1989, le Club Fran­çais des Chiens Nor­diques, qui en as­su­rait la di­rec­tion tech­nique, à don­ner son ac­cord à la créa­tion d’une as­so­cia­tion de race spé­ci­fique : le SIBERIAN HUSKY FRANCE, qui a été mise en stage d’af­fi­lia­tion à la S.C.C. à comp­ter du 1er jan­vier 1990 jus­qu’au 1er avril 1992 où il a été of­fi­ciel­le­ment et dé­fi­ni­ti­ve­ment af­fi­lié. La pre­mière course de chiens de traî­neau sur le ter­ri­toire fran­çais re­monte à plus de qua­rante ans, en 1973. Elle était or­ga­ni­sée au Col de la Schlucht, l’un des prin­ci­paux cols du mas­sif des Vosges, si­tué à 1 139 m d’al­ti­tude. Ces épreuves spor­tives se sont par la suite mul­ti­pliées. Ac­tuel­le­ment on compte six épreuves de tra­vail du­rant une sai­son qui s’étend de dé­but jan­vier à fin mars. Ses ca­pa­ci­tés de chien de tra­vail ont for­gé le ca­rac­tère du husky de­puis des mil­lé­naires. Au­jourd’hui, dans nos so­cié­tés oc­ci­den­tales, il est le com­pa­gnon des loi­sirs, par­fois aus­si le com­plice dans les com­pé­ti­tions. «Quand on tra­vaille avec ses chiens, une re­la­tion très forte se crée avec eux», conclut le pré­sident du club de race. Le husky de Si­bé­rie est un chien pas­sion qui ne laisse pas in­dif­fé­rent et avec le­quel cer­tains hu­mains ont le pri­vi­lège de par­ta­ger leur vie.

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