L’en­vie et la faim

Votre Beaute - - AVRIL-MAI 2014 - *Éd. Ar­mand Co­lin.

« Je n’ai ja­mais faim di­sait Co­luche, je mange avant ! » Et il pour­sui­vait « quand les bornes sont fran­chies, il n’y a plus de li­mites ». Les rap­ports entre l’en­vie et la faim sont com­plexes. Dans l’en­vie, il y a ou un dé­sir d’an­ti­ci­pa­tion du plai­sir ou une dé­ri­va­tion con­so­la­trice. « Tu n’étais pas là, je me suis ven­gée sur une ta­blette de cho­co­lat. » Ou, l’ap­pé­tit vient en man­geant, l’en­vie de man­ger dé­clenche la faim. Ou en­core, je mange sans faim et sans fin. Lo­gique car dans ce cas pré­cis, le si­gnal de sa­tié­té ne peut fonc­tion­ner puis­qu’il n’y a pas à la base une réelle sen­sa­tion de faim. Nous sommes toutes et tous, à un mo­ment de notre vie, des « dé­lin­quants ali­men­taires ». « La faim, écrit Ber­nard Ways­feld mé­de­cin psy­chiatre, en­do­cri­no­logue et nu­tri­tion­niste dans son der­nier livre La Peur de gros­sir*, ré­pond à un be­soin éner­gé­tique, le corps a be­soin de carburant pour fonc­tion­ner ; sym­bo­lique, l’ali­ment a une autre di­men­sion que ce qu’il donne à voir ; hé­do­nistes, nous man­geons pour le plai­sir, la convi­via­li­té, par en­vie, parce que c’est bon. » Mais être dans la re­cherche du plai­sir ali­men­taire, avant même d’avoir faim, nous met en dan­ger. Quand les si­gnaux s’af­folent, les troubles ne sont ja­mais loin.

Do­mi­nique Lion­net

di­rec­trice de la ré­dac­tion

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