50 ans

“Ma mère ayant eu de fré­quentes frac­tures, je me de­mande si mes os sont as­sez so­lides…”

Votre Beaute - - QUESTION & RÉPONSE - * Éga­le­ment membre du Grio (Groupe de re­cherche et d’in­for­ma­tion sur les os­téo­po­roses).

ber­nard Cor­tet*, pro­fes­seur en rhumatologie au Centre hos­pi­ta­lier uni­ver­si­taire de Lille : « Il n’existe pas de gène de l’os­téo­po­rose, mais le ca­pi­tal os­seux ac­quis en fin de crois­sance a néan­moins une forte com­po­sante hé­ré­di­taire (à 60 % ou 70 %). On constate que lors­qu’une mère a été vic­time d’une ou plu­sieurs frac­tures sé­vères, au ni­veau du col du fé­mur en par­ti­cu­lier, sa fille a deux fois plus de risques de pré­sen­ter la même fra­gi­li­té après la ménopause. Plus en­core si sa grand-mère et ses tantes pa­ter­nelles ont éga­le­ment fait des frac­tures ma­jeures. Phé­no­mène ag­gra­vé chez les femmes sveltes, à peau claire et d’ori­gine eu­ro­péenne ou asia­tique. Mieux vaut consul­ter son mé­de­cin trai­tant pour éva­luer sa den­si­té mi­né­rale os­seuse, et donc son risque de frac­ture. Car plus une vul­né­ra­bi­li­té est dé­pis­tée pré­co­ce­ment, mieux elle pour­ra être prise en charge et plus l’adop­tion de me­sures pré­ven­tives se ré­vé­le­ra ef­fi­cace.

MI­SER SUR LE CAL­CIUM ET LE SPORT

« De fait, le mode de vie joue un rôle no­table dans le dé­ve­lop­pe­ment de l’os­téo­po­rose, même en l’ab­sence d’un ter­rain familial pré­dis­po­sant. À com­men­cer par l’ali­men­ta­tion. Pour évi­ter que la den­si­té os­seuse ne se dé­grade, il faut s’as­su­rer des ap­ports consé­quents en cal­cium : 900 mil­li­grammes (mg) par jour pour une femme adulte non-mé­no­pau­sée et 1 200 mg dès que la ménopause est ins­tal­lée. Des ap­ports in­suf­fi­sants ne per­mettent pas, en ef­fet, de cou­vrir les pertes quo­ti­diennes de cal­cium (prin­ci­pa­le­ment dans l’urine), ce qui fra­gi­lise, à terme, le sque­lette. L’ab­sorp­tion ré­gu­lière de pro­duits lai­tiers as­sure une bonne cou­ver­ture en cal­cium. Les fro­mages à pâte cuite en sont bien pour­vus : 356 mg dans une por­tion de 30 g d’em­men­tal ou 291 mg dans 30 g de can­tal. Mais d’autres ali­ments éga­le­ment : épi­nards (168 mg par por­tion de 150 g), bro­co­lis (114 mg pour 150 g), et cer­tains pois­sons, comme les sar­dines à l’huile (400 mg pour 100 g) ou les an­chois (200 mg pour 100 g). Quelques eaux mi­né­rales sont aus­si une source de cal­cium à ne pas né­gli­ger : Hé­par (555 mg/l), Cour­mayeur (533 mg/l), Con­trex (486 mg/l) ou en­core Cha­tel­don (383 mg/l). Lorsque les ap­ports sont trop faibles, des sup­plé­ments cal­ciques (com­pri­més de car­bo­nate de cal­cium par exemple) peuvent être pro­po­sés. « La pra­tique ré­gu­lière d’une ac­ti­vi­té phy­sique contri­bue aus­si gran­de­ment à pré­ve­nir la perte de so­li­di­té os­seuse. Mais seuls les sports qui sou­mettent les os à des contraintes sont réel­le­ment pro­tec­teurs. Ain­si, la course à pied ou sim­ple­ment la marche ren­force de ma­nière évi­dente les os por­teurs des jambes et la co­lonne ver­té­brale. Les sports sans im­pact per­çu par le tis­su os­seux, tels que le vé­lo ou la na­ta­tion, ne pré­sentent pas de bé­né­fice en ma­tière de pré­ven­tion de l’os­téo­po­rose. »

UNE VUL­NÉ­RA­BI­LI­TÉ OS­SEUSE DÉ­PIS­TÉE PRÉ­CO­CE­MENT PER­MET­TRA DE PRENDRE DE BONNES ME­SURES PRÉ­VEN­TIVES.

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