“IL Y A DES ZONES GRISES SUR LA SÛ­RE­TÉ DE CER­TAINES SO­LU­TIONS”

Voyages d'Affaires - - TECHNOLOGIES - PIERRE TRUDELLE, CHEF DE PRO­JET DU RÉ­FÉ­REN­TIEL SUR LES APPLIS SAN­TÉ DE LA HAUTE AU­TO­RI­TÉ DE SAN­TÉ

La Haute au­to­ri­té de san­té vient de pu­blier un guide des bonnes pra­tiques. À quelles fns ? P. T. – La crois­sance du nombre d’applis san­té est ver­ti­gi­neuse. Or il n’y a pas en­core, à l’heure ac­tuelle, de sys­tème d’éva­lua­tion de leur fa­bi­li­té. Ce guide des bonnes pra­tiques sert à ba­li­ser le ter­rain à la fois pour les dé­ve­lop­peurs, mais aus­si pour les pro­fes­sion­nels de san­té et les as­so­cia­tions de pa­tients. Le tout afn de ti­rer vers le haut l’en­semble du mar­ché. Nous sommes au com­men­ce­ment d’un pro­ces­sus de cla­rif­ca­tion, qui de­vrait conduire à la re­com­man­da­tion d’applis d’ici deux ans. Quels sont les risques liés à ces applis san­té ? P. T. – J’en vois trois prin­ci­paux : la cy­ber­sé­cu­ri­té, la pro­tec­tion des don­nées et la fa­bi­li­té du conte­nu mé­di­cal. Pour un uti­li­sa­teur qui n’a pas de connais­sance mé­di­cale, cette fa­bi­li­té est diff­cile à ana­ly­ser. Il est im­por­tant de fl­trer les AppS­tore et Google Store. Car il y a des zones grises sur la sû­re­té de cer­taines so­lu­tions. Par exemple, des tra­ckers d’ac­ti­vi­té peuvent es­ti­mer que vous n’avez pas as­sez cou­ru, alors que c’est faux, en­gen­drant par là un risque de sur­en­traî­ne­ment. Ou en­core des ten­sio­mètres qui éva­luent la pres­sion ar­té­rielle de fa­çon ap­proxi­ma­tive. Face à ce­la, le pa­tient est en au­to­no­mie com­plète, iso­lé de son en­vi­ron­ne­ment mé­di­cal. Je conseille aux uti­li­sa­teurs de bien lire les condi­tions gé­né­rales des ap­pli­ca­tions, de re­gar­der qui fnance la so­lu­tion afn de dé­tec­ter si elles ont une fna­li­té cachée comme la col­lecte d’in­for­ma­tions sur leur com­por­te­ment ou l’uti­li­sa­tion de la géo­lo­ca­li­sa­tion pour les orien­ter vers tel ou tel pro­fes­sion­nel de san­té, voire pour les ai­guiller sur un ma­ga­sin plu­tôt qu'un autre. Com­ment voyez-vous l’ave­nir ? P. T. – Nous sommes au dé­but d’une nou­velle ère nu­mé­rique. On va vers une deuxième gé­né­ra­tion de so­lu­tions, plus pré­cises et plus adap­tées, qui de­vrait ap­pa­raître d’ici 2020. Par de­là les interrogations ac­tuelles, on peut s’at­tendre à ti­rer de vrais bé­néfces de la san­té connec­tée, no­tam­ment à tra­vers une meilleure ob­ser­vance des trai­te­ments et une meilleure pré­ven­tion. Ce qui veut dire moins de dé­penses cu­ra­tives. En pa­ral­lèle, ces so­lu­tions col­lectent une foule de don­nées sur les pa­tients qui sont très im­por­tantes pour la re­cherche aca­dé­mique.

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