COSTA RICA DU GRAND VERT ET DES FORÊTS DE NUAGES

Du grand vert et des forêts de nuages

Voyages d'Affaires - - SOMMAIRE - Re­por­tage Serge Barret Pho­tos Alain Pa­ri­net

Des mon­tagnes, des vol­cans, deux océans, des forêts et du vert à n’en sa­voir que faire. À lui seul, le Costa Rica, pe­tit pays d’Amé­rique Cen­trale, re­groupe 6 % de la bio­di­ver­si­té de la pla­nète. Au­tant d’atouts pour en faire l’une des des­ti­na­tions les plus cou­rues de l’époque.

Au re­tour du voyage, on ne gar­de­ra du Costa Rica qu’une image de grande na­ture, de forêts en dé­me­sure et de vol­can aux aguets… D’ani­maux aus­si, et de fa­bu­leuses pro­me­nades noc­turnes dans la jungle tro­pi­cale. On ne conser­ve­ra donc en sou­ve­nir que ce à quoi on s’at­ten­dait, que ce pour­quoi on est ve­nu dans le pays pion­nier de la conser­va­tion éco­lo­gique, abri­tant à lui tout seul près de 6 % de la bio­di­ver­si­té mon­diale.

Mais pour l’heure, et dès la des­cente d’avion, ce sont les em­bou­teillages de San Jo­sé, ca­pi­tale du plus pe­tit pays d’Amé­rique Cen­trale – 10 fois moins grand que la France –, qui in­ter­pellent. Un hal­lu­ci­nant chaos au­to­mo­bile aux an­ti­podes de la plus pe­tite idée d’éco­tou­risme ; des cen­taines de vé­hi­cules qua­si im­mo­bi­li­sés dans une plas­tique ur­baine cou­ci-cou­ça. On se fe­ra peu à peu à l’es­thé­tique de la ville, ja­mais à la cir­cu­la­tion. De toute fa­çon, et comme presque tous les vi­si­teurs qui, en gé­né­ral, n’y passent que la nuit de leur ar­ri­vée, on ne s’at­tar­de­ra pas bien long­temps dans cette ca­pi­tale très ré­cente, puisque fon­dée en 1823 ; très basse aus­si – sauf rares ex­cep­tions, les bâ­ti­ments ne font que quatre ou cinq étages, guère plus – et clai­re­ment construite à la va-vite.

Il se­rait dom­mage mal­gré tout d’y consa­crer si peu de temps, car une jour­née, voire deux, ne sont pas de trop pour dé­cou­vrir ça et là, dans le quar­tier Amon par exemple, quelques jo­lis bâ­ti­ments co­lo­niaux bien pré­ser­vés ou pour vi­si­ter les plus belles ins­ti­tu­tions de la ville. Et il y en a. À com­men­cer par le Tea­tro na­tio­nal, ra­vis­sant édi­fice inau­gu­ré en 1897 et dont la construc­tion ré­sul­ta du ca­price d’une di­va ita­lienne, Ade­li­na Pat­ti, qui, lors d’une tour­née sud-amé­ri­caine, re­fu­sa de se pro­duire à San Jo­sé faute d’écrin es­ti­mé à la hau­teur de son ta­lent. Bien lui en prit, car, à la de­mande des ba­rons du ca­fé lo­caux, fort vexés, les ar­chi­tectes et dé­co­ra­teurs eu­ro­péens de l’époque firent des pro­diges.

Ce­la donne au­jourd’hui un dé­li­cieux théâtre à l’Ita­lienne ins­pi­ré de l’opé­ra Gar­nier, une jo­lie boîte à bi­joux ne lé­si­nant ni sur les marbres, ni sur les do­rures à la feuille, ni sur le cris­tal et en­core moins sur les bois pré­cieux. Clou de la vi­site avant d’ar­ri­ver au foyer, l’une des plus belles pièces du théâtre, dé­co­rée de la cé­lèbre fresque Ale­go­ria del Cafe y

el Ba­na­no, re­pré­sen­tant le tra­vail dans les plan­ta­tions.

Après une halte au ca­fé du rez-de-chaus­sée, qui peut être pri­va­ti­sé pour des évé­ne­ments, on re­join­dra à deux pas le musée de

l’Or, sans au­cun doute l’un des plus beaux, des plus riches de toute l’Amé­rique la­tine après ce­lui de Bo­go­ta, en Co­lom­bie. Au to­tal, 2 000 pièces d’or­fè­vre­rie ci­se­lées par les po­pu­la­tions pré­co­lom­biennes y sont pré­sen­tées dans une re­mar­quable mu­séo­gra­phie. Non loin de là – mal­heu­reu­se­ment, il fau­dra en­core et tou­jours comp­ter avec les em­bou­teillages –, on n’évi­te­ra pas l’autre institution de San Jo­sé, le mu­seo del Jade, ou­vert en 2014. Bien sûr, et comme son nom l’in­dique, il y a de la pierre verte en-veux-tu-en-voi­là, pas moins de 7 000 pièces au to­tal, dont de ma­gni­fiques, sen­sés être char­gées de pou­voirs ma­giques et ré­ser­vés aux cha­mans de l’époque pré­co­lom­bienne.

En fait, il s’agit d’un musée re­mar­qua­ble­ment pé­da­go­gique, avec ta­blettes in­ter­ac­tives et sta­tues gran­deur na­ture ra­con­tant la vie quo­ti­dienne et les rites re­li­gieux des Amé­rin­diens avant l’ar­ri­vée des ca­ra­velles. Clai­re­ment, la mu­séo­gra­phie vise à in­té­res­ser en tout pre­mier lieu les en­fants des écoles. Et c’est tant mieux, car les adultes, du coup dé­com­plexés, en pro­fitent pour s’ini­tier, loin de tout dis­cours scien­ti­fique né­bu­leux, aux bases d’une culture dont ils ne savent gé­né­ra­le­ment pas grand-chose.

Cultu­rel aus­si, mais dans un genre beau­coup plus po­pu­laire, le troi­sième must de la ca­pi­tale cos­ta­ri­caine : le mar­ché cen­tral. Si l’ar­chi­tec­ture de la halle ne pré­sente pas grand in­té­rêt, tout ce qui y est ex­po­sé, né­go­cié et em­por­té té­moigne de la vie quo­ti­dienne des Ti­cas, comme on sur­nomme les ha­bi­tants du pays. Il y a tous les fruits tro­pi­caux ha­bi­tuel­le­ment pré­sents sous ces la­ti­tudes, une ex­plo­sion de cou­leurs donc, mais aus­si un nombre in­cal­cu­lable de stands pro­po­sant aus­si bien de la po­te­rie que des herbes mé­di­ci­nales – les her­bo­ris­te­ries et leurs mi­racles sont plé­thores ici –, de la vais­selle que des ac­ces­soires pour che­vaux.

Pour le plai­sir, et aus­si pour la cu­rio­si­té, les al­lées du mar­ché sont ponc­tuées d’in­nom­brables so­das, au­tre­ment dit des comp­toirs tout en lon­gueur – jus­qu’à une ving­taine de ta­bou­rets côte à côte – qui pro­posent sur le pouce les ba­siques de la cui­sine lo­cale, no­tam­ment du riz mê­lé de ha­ri­cots rouges et de pe­tits mor­ceaux de viande. C’est le plat na­tio­nal, ce­la s’ap­pelle le gal­lo pin­to, et c’est un vrai dé­lice.

GRANDE NA­TURE ET VIEILLE CULTURE

La dé­cou­verte de San Jo­sé, même ra­pide, et même si elle n’est pas fran­che­ment dans la ligne éco­tou­risme, n’est pas du temps per­du. D’abord parce qu’elle per­met de se re­mettre gen­ti­ment de la fa­tigue d’un voyage de plus d’une di­zaine d’heures ; en­suite et sur­tout parce qu’elle ouvre l’es­prit sur l’his­toire d’un pays tout à fait à part dans la géo­po­li­tique la­ti­no-amé­ri-

caine, ayant abo­li de la peine de mort en 1877 et sup­pri­mé l’ar­mée en 1949 entre autres lois très en avance sur la plu­part des grandes dé­mo­cra­ties du monde.

Pour com­men­cer le pé­riple à tra­vers le pays, on mê­le­ra le tout, grande na­ture et vieille culture, lors d’une pre­mière es­ca­pade dans la Val­lée cen­trale, à deux heures de voi­ture à l’est de la ca­pi­tale, pour re­joindre l’Ira­zu, le plus haut vol­can du Costa Rica culmi­nant à 3 432 m. Afin de prendre de court les nuages qui ne manquent pas de s’ac­cro­cher là-haut dès le mi­lieu de la ma­ti­née, on quit­te­ra San Jo­sé aux pe­tites heures du jour. Et c’est un peu es­tour­bi par l’al­ti­tude qu’on dé­cou­vri­ra un uni­vers dé­so­lé de laves noires et bat­tu par le vent, un vaste pla­teau lisse de gra­villons s’écrou­lant sou­dain sur un cra­tère de 1 050 m de cir­con­fé­rence et 300 m de pro­fon­deur. Hé­las, le lac qui dor­mait au fond, et que l’on aper­çoit sur toutes les cartes pos­tales, a dis­pa­ru de­puis quelques an­nées, à la suite de l’érup­tion d’un autre vol­can, le Tur­rial­ba.

C’est calme, comme ça, un vol­can. Zen, même. À peine quelques fu­me­rolles et une lé­gère odeur de soufre. Pas grand-chose en tout cas pour in­di­quer que le monstre ne dort que d’un oeil et peut en­trer comme ça le toque dans une aus­si pro­fonde et que su­bite co­lère. La der­nière fois, c’était le 8 dé­cembre 1994 et ce n’était pas bien mé­chant. Mais ce­la fai­sait suite au 16 fé­vrier 1963, au­tant dire rien sur l’échelle du temps re­la­tif à ce style de mon­tagnes, lorsque l’Ira­zu vo­mit des tonnes de lave sur la ré­gion. Sa très mau­vaise hu­meur du­ra près de deux ans et per­tur­ba, c’est le moins qu’on puisse dire, la vie de la Val­lée cen­trale.

C’est donc fi­na­le­ment ra­vis qu’après ce mo­ment de grand rien presque an­gois­sant, on re­trou­ve­ra la ca­pi­tale par le che­min des éco­liers, tra­ver­sant des pay­sages bu­co­liques bien vi­vants, des cultures in­croya­ble­ment riches – la pous­sière de lave est un ex­cellent fer­ti­li­sant – avec des pay­sans tra­vaillant cette terre noire qui fume au moindre rayon de so­leil, la plu­part du temps à l’an­cienne. C’est-à-dire s’épau­lant les uns les autres, cour­bant l’échine en groupes et uti­li­sant la force équine à cause des dé­ni­ve­lés li­mi­tant l’usage du trac­teur. C’est sans doute moins ef­fi­cace et plus érein­tant que l’agri­cul­ture mé­ca­ni­sée, mais qu’est-ce que c’est beau…

Ain­si va la vie jus­qu’à Car­ta­go, l’an­cienne ca­pi­tale du pays, qui ne mar­que­ra pas non plus les an­nales de l’ar­chi­tec­ture co­lo­niale la­ti­no-amé­ri­caine, dé­truite qu’elle fut par le vol­can faux dor­meur à qui l’on vient de rendre vi­site. D’abord en 1723, puis en 1841, et en­fin ra­di­ca­le­ment en 1910. Exit les pa­lais do­rés, à terre les églises ba­roques, in­cen­diées les écu­ries, les mai­sons, tout… Du coup fut dé­ci­dé en 1823 le trans­fert du pou­voir po­li­tique dans les murs moins me­na­cés de San Jo­sé, sa ri­vale à l’époque. Il ne reste au­jourd’hui pas grand-chose de ce ber­ceau cultu­rel du Costa Rica, ex­cep­té les très ro­man­tiques ruines à ciel ou­vert de son an­cienne église, les Rui­nas de la Par­ro­quia. En re­vanche, il y a une autre église pour la rem­pla­cer dans les cé­lé­bra­tions de la chose di­vine, la Ba­si­li­ca de Nues­tra Se­no­ra de Los An­geles, bien vi­vante celle-là. Un in­té­rieur ma­gni­fique, que du bois, des cou­poles, des vi­traux et des co­lon­nades peintes, mais sur­tout, une fer­veur ex­cep­tion­nelle qui, tous les 2 août, fait se traî­ner à ge­noux des cen­taines de pè­le­rins ve­nus rendre hom­mage à la Ne­gri­ta, vierge noire pa­tronne du pays. La lé­gende dit qu’une sta­tue de la vierge a été trou­vée là en 1635 par une jeune Amé­rin­dienne et que de­puis, le fa­bu­leux ob­jet ne s’est pas mon­tré avare de mi­racles.

DO­MI­NA­TION AU GOUPILLON

C’est d’ailleurs avec les églises, dont on se ser­vi­ra de sup­port cultu­rel, que l’on dé­cou­vri­ra le plus avan­ta­geu­se­ment l’es­sence du pa­tri­moine his­to­rique post­co­lom­bien du pays. Elles sont in­nom­brables, su­blimes ou plus or­di­naires, de­bout ou en ruines, mais elles ra­content toutes des his­toires de conquis­ta­dors, d’ins­tal­la­tion dans des lieux im­pro­bables, de vo­lon­té d’as­su­rer, goupillon en avant, la do­mi­na­tion d’un nou­veau conti­nent. Il ne reste de cer­taines, à l’image de celle d’Ujar­ras, édi­fiée au XVIIe siècle et l’une des plus an­ciennes du Costa Rica, que des murs. De bien beaux murs d’ailleurs, po­sés au centre d’un jar­din tro­pi­cal en­cer­clé par une jungle qui donne un aper­çu de l’hos­ti­li­té de l’en­vi­ron­ne­ment tel qu’il était autrefois.

Non loin de là, on fe­ra une se­conde halte à Oro­si, de­vant San Jo­sé de Oro­si, la plus an­cienne église consa­crée du pays (1743). Épar­gné par les trem­ble­ments de terre, l’édi­fice très bas, presque pa­taud et flan­qué d’un clo­cher sé­pa­ré, se pré­sente en­core au­jourd’hui tel qu’il était à l’ori­gine. L’in­té­rieur, un sol de briques de terre cuite en lé­ger dé­ni­ve­lé, ac­cuse avec un charme fou le temps qui est pas­sé. Du bois noir, des co­lon­nettes ba­roques, un clair-obs­cur si­len­cieux, une fraî­cheur toute re­la­tive mais quand même bienvenue, et Saint-An­toine de Pa­doue pour veiller sur le tout. Juste à cô­té, dans l’an­cien couvent des moines fran­cis­cains, on a ins­tal­lé un musée d’art sa­cré avec, en toile de fond, et comme tou­jours au Costa Rica, la na­ture en grand vert et le chant des oi­seaux pour par­ti­tion. Cette na­ture que l’on re­join­dra au nord-ouest du pays dans sa vraie dé­me­sure en une bonne de­mi-jour­née de route au dé­part de San Jo­sé.

Le pay­sage est gran­diose. Et sur­tout, il a la dé­li­ca­tesse de ne ja­mais sus­ci­ter l’en­nui en évi­tant la ré­pé­ti­tion. Ain­si, après une sec­tion de la my­thique route Pa­na­mé­ri­caine, le che­min va et court vers le nord, passe par-des­sus les mon­tagnes, en contourne d’autres, tra­verse des lam­beaux de brumes, dé­bouche au so­leil sur des prai­ries où paissent des vaches pla­cides et ou­blie l’exis­tence de l’as­phalte sur une quin­zaine de ki­lo­mètres, juste avant Mon­te­verde- San­ta Ele­na, sa destination fi­nale. C’est donc se­coués comme des pru­niers que les oc­cu­pants des mi­ni­bus, 4x4 et autres ca­mion­nettes ar­rivent à San­ta Ele­na, qui res­semble bien plus à une sta­tion de mon­tagne qu’à un bourg la­ti­noa­mé­ri­cain en­foui dans la jungle. Tout y est : les échoppes à sou­ve­nirs fa­çon cha­let, l’of­fice du tou­risme, les kiosques pro­po­sant des ex­cur­sions di­verses, les res­tau­rants, la banque, deux-trois hô­tels et au­berges de jeu­nesse… Tout est mon­ta­gnard, y com­pris la mé­téo qui passe du plus grand beau au gros brouillard, exac­te­ment comme elle le fait dans les Alpes…

Hors ses murs, c’est du vert ! De tous les verts de la créa­tion, ceux des arbres géants, des lianes, des fou­gères, des mousses et des li­chens. On est ve­nu pour ce­la et on est ser­vi. Alors, c’est avant tout ce vert foi­son­nant, gor­gé de sève, qui ser­vi­ra d’écrin aux in­nom­brables ac­ti­vi­tés pro­po­sées dans la ré­gion, que ce soit dans la ré­serve bio­lo­gique de Mon­te­verde ou dans celle de San­ta Ele­na. Au choix : trek­king dans la fo­rêt pri­maire, pro­me­nade dans la ca­no­pée sur des ponts sus­pen­dus, es­ca­lade d’arbres d’une tren­taine de mètres, ob­ser­va­tion de la faune sau­vage avec un peu de chance et beau­coup de pa­tience – 220 es­pèces de rep­tiles et 850 es­pèces d’oi­seaux –, ca­nyo­ning, raf­ting, ty­ro­lienne, pro­me­nade à che­val, vi­site de gi­gan­tesques serres à pa­pillons, de ser­pen­ta­riums, de bas­sins à gre­nouilles et de jar­dins d’or­chi­dées. Dans tous les cas, ce sont des jours hy­per ac­tifs, sans comp­ter les nuits de pro­me­nade dans la jungle. Le tout, sans mo­dé­ra­tion, un peu comme les nuages qui nimbent presque conti­nuel­le­ment l’en­semble.

Il pleut. Il tombe des cordes, des hal­le­bardes, peu im­porte la ter­mi­no­lo­gie ; tou­jours est-il que, dans un ton­nerre d’en­fer, il dé­grin­gole des tonnes d’eau qui li­mitent la vue à quelques di­zaines de mètres et font un bruit de cré­celle sur les tôles de bâ­ti­ments, tout en re­pei­gnant le ciel d’an­thra­cite. Ce qui in­ter­dit évi­dem­ment toute sor­tie dans la jungle. D’au­tant que l’orage s’en mêle et charge l’at­mo­sphère d’élec­tri­ci­té, frap­pant par-ci par-là quelque vieil arbre mal­chan­ceux. Heu­reu­se­ment, les ran­gers veillent au grain et s’op­posent à toute vel­léi­té de ran­don­née ! Du coup, on en pro­fi­te­ra pour as­sis­ter à une confé­rence sur les qua­kers et, pour­quoi pas, vi­si­ter les lieux évo­quant leur drôle de vie.

Pour­quoi les qua­kers ? Parce qu’en 1951, ve­nant d’Ala­ba­ma et pro­fi­tant de l’es­prit d’un Costa Rica qui ve­nait de dé­man­te­ler son ar­mée après la guerre ci­vile,

44 membres de cette secte pro­tes­tante pa­ci­fiste s’ins­tal­lèrent ici, com­plè­te­ment à l’écart du monde. Ils se lan­cèrent dans l’éle­vage et se mirent à pro­duire un fro­mage qu’ils ren­dirent cé­lèbre dans tout le pays. On vi­site au­jourd’hui la fa­brique qui, mal­heu­reu­se­ment, pour la pho­to sou­ve­nir, est de­ve­nue… in­dus­trielle. Quant aux qua­kers et à leurs des­cen­dants, on ne les ver­ra guère, car ils pré­fèrent tou­jours s’iso­ler dans des fermes éparses, du cô­té du Mon­te­verde. En­core que, quelques ser­veurs de res­tau­rant ar­borent une blon­deur et des yeux bleus qui poussent à l’in­ter­ro­ga­tion. Ren­sei­gne­ments pris, ef­fec­ti­ve­ment…

DE L’IODE ET DES CO­CO­TIERS

Par­fois, lorsque le temps est au bleu, donc tôt le ma­tin, et que l’on grimpe sur une col­line dé­ga­gée, on aper­çoit au loin l’océan Pa­ci­fique qui ruis­selle au so­leil. Et donne d’un seul coup des en­vies folles de plages, d’iode et de co­co­tiers. C’est pas très loin, en fait. Il suf­fit de des­cendre la mon­tagne… Un peu de route donc, un autre monde, un pay­sage qui s’ouvre sur des prai­ries où ca­ra­colent les cow-boys, de vrais cow-boys qu’on ap­pelle ici sa­ba­ne­ros. Des fermes aus­si, qu’on ju­re­rait nord-amé­ri­caines, avec bar­rières, granges bour­rées de four­rage et éo­liennes af­fo­lées… Et puis une pe­tite ville, Li­be­ria, char­mante dans ses vieux quar­tiers rem­plis de de­meures co­lo­niales en cours de ré­ha­bi­li­ta­tion. En­core une tren­taine de ki­lo­mètres, et c’est la mer li­bé­ra­trice. Avec un autre ima­gi­naire, un style de vie fait de grands et luxueux hô­tels s’im­po­sant en contre­point de l’es­prit lodge pré­do­mi­nant dans la jungle, des nuits sous la lune à n’en plus fi­nir et des rhum cock­tails bien char­gés. Du coup, comme aiment à le dire les Cos­ta­ri­cains à pro­pos de tout et de rien :

! Bon­heur su­prême.

Hô­tel-lodge Fonde Ve­la

Stu­dio Ho­tel

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