Fil d’Ariane ou fil à la patte ?

Voyages d'Affaires - - POINT SUR -

In­for­mer, com­mu­ni­quer, lo­ca­li­ser : ces trois axes fon­da­men­taux du du­ty of care sont aus­si ceux sur les­quels planchent les spé­cia­listes des nou­velles tech­no­lo­gies. SMS, email, mes­sa­ge­ries : l’en­tre­prise a main­te­nant l’em­bar­ras du choix en ma­tière de ca­naux de com­mu­ni­ca­tion. “Les nou­velles tech­no­lo­gies nous per­mettent d’avoir une meilleure in­for­ma­tion sur les risques”, té­moigne un ex­pa­trié fran­çais, qui évoque le re­cours à des groupes Whatsapp dé­diés à l’in­for­ma­tion sé­cu­ri­té. Les ac­teurs du voyage d’af­faires in­tègrent aus­si à leurs offres mo­biles des fonc­tion­na­li­tés sé­cu­ri­té, à l’image de Con­cur Lo­cate ou de Trip Source, ap­pli­ca­tion de BCD Tra­vel qui pro­pose de­puis peu un bouton “Emer­gen­cy Res­ponse”. L’in­for­ma­tion est dé­sor­mais dis­po­nible par­tout, en temps réel. Un ou­til comme Qwi­dam, par exemple, se pré­sente comme “un mé­dia so­cial en si­tua­tion d’ur­gence”, prô­nant “l’alerte entre ci­toyens à proxi­mi­té, dans les lieux et les es­paces pu­blics et dans la sphère pro­fes­sion­nelle”. Char­line Ge­lin, chez In­ter­na­tio­nal SOS, rap­pelle ce­pen­dant qu’“on ne maî­trise pas les sources des ou­tils d’in­for­ma­tions col­la­bo­ra­tives, et donc leur fia­bi­li­té. Il est pré­fé­rable de se ren­sei­gner au­près d’ex­perts.” La ré­fé­rence ins­ti­tu­tion­nelle de­meure le site du mi­nis­tère des Af­faires Etran­gères et ses fiches pays qui in­tègrent main­te­nant un on­glet “Voyages d’af­faires”. Ce site pro­pose éga­le­ment l’ou­til Ariane, qui in­cite les voya­geurs à ren­sei­gner les dé­tails de leurs dé­pla­ce­ments en amont. Mais le rêve du res­pon­sable sé­cu­ri­té consiste pro­ba­ble­ment à pou­voir lo­ca­li­ser en temps réel chaque voya­geur. Ce tra­cking se heurte à des contraintes lé­gales, et à un frein psy­cho­lo­gique. “Les col­la­bo­ra­teurs confient leurs don­nées de lo­ca­li­sa­tion à Fa­ce­book ou à Google sans trop de pro­blèmes, alors qu’il y a en­core des ré­ti­cences à l’idée d’en faire au­tant avec son em­ployeur”, dit en­core Char­line Ge­lin. Les men­ta­li­tés semblent néan­moins évo­luer. Pour Laurent Bou­ly, chez An­ti­cip : “Ce n’est plus vé­cu comme du fli­cage, mais comme un avan­tage, une preuve que l’em­ployeur se sou­cie du bien-être de ses sa­la­riés et de leur sé­cu­ri­té.”

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.