METS TON CASQUE !

( EN AVOIR OU PAS)

Wider - - CHRONIQUE -

C’est l’un des rares points com­muns re­liant Pé­ri­clès au pre­mier pi­lote de DH ve­nu : le casque, for­cé­ment obli­ga­toire ! Parce que vous en avez sur­ement plus ( de casques et d’an­nées), pe­tit dé­tour vers une in­jonc­tion que nous n’avons pas tous sui­vie…

Avant d’at­ta­quer la pe­tite re­vue de dé­tails des ac­ti­vi­tés out­door en­ga­geant, cô­té crane, nos ma­nières de consi­dé­rer nos pro­nos­tiques vi­taux en cas de choc, un pe­tit dé­tour. Pour une fois, le thème de cette chronique ne sort pas de mon cha­peau à une heure de l’en­voi du mag' chez l’im­pri­meur. Non. Il s’agit d’une ques­tion qui tourne de­puis long­temps : à quelles ra­tio­na­li­tés obéit- on en ma­tière de sé­cu et de pro­tec­tion ? Tout a vrai­ment com­men­cé l’an pas­sé. Je campe le truc : un bel après- mi­di de nav' so­lo sur un ca­ta de 20 pieds. Le kif, quoi. So­leil, vent et au­to­sa­tis­fac­tion confon­due, en re­mon­tant la bête de l’eau, un chef de base du club, deux fois plus jeune que moi, m’a ra­me­né là où je ne l’at­ten­dais pas : « C’était bon au­jourd’hui, mais au fait, je t’ai vu na­vi­guer, là. Tu n’avais pas de gilet de sau­ve­tage. C’est obli­ga­toire… » . Même si dans ma Ford in­té­rieure, je l’ai mal pris ( j’avais bien un gilet sur le ba­teau, que je ne por­tais ef­fec­ti­ve­ment pas sur moi, parce que !), le gar­çon avait ob­jec­ti­ve­ment rai­son. Pas sur le fait qu’il soit obli­ga­toire de por­ter un gilet sur l’eau, mais d’ob­ser­ver que je n’étais pas du tout ra­tion­nel cô­té « sé­cu » . Sur l’eau, sauf condi­tions apo­ca­lyp­tiques, je n’ai, de mé­moire, ja­mais por­té de gilet. Avoir tort, ça agace tou­jours, non ? Que ce soit du cô­té des rap­ports oc­ca­sion­nels non pro­té­gés ou de la ci­ga­rette ? Mais puis­qu’il nous ar­rive vi­si­ble­ment d’avoir sub­jec­ti­ve­ment de bonnes rai­sons « de ne pas » nous pro­té­ger, j’en ar­rive au vé­lo : je n’ai au­cun mal à avouer que je ne porte ja­mais de casque en ville. Idem en ski ( pas de GoP­ro… !). Dé­ni de réa­li­té ? In­cons­cience ? Quand j’étais pe­tit, pas un co­pain d’école n’en avait. Et à la té­lé, le pe­lo­ton du tour de France rou­lait les oreilles à l’air ( il me semble que le port obli­ga­toire du casque y date de… 1991 !). Il y a bien sûr plus de risques de s’en prendre une sur les pistes cy­clable qu’il y a une gé­né­ra­tion. La den­si­té du tra­fic n’est pas du tout la même. Mais mal­gré tout, di­sons que je me suis très bê­te­ment au­to per­sua­dé que je n’en avais pas be­soin. Pire, j’ai pas­sé des an­nées à col­ler la roue ar­rière de mon pe­tit der­nier, sub­jec­ti­ve­ment « heu­reux » de le voir, lui aus­si, cir­cu­ler en vé­lo sans casque. Je suis un mau­vais père mais un bon ci­toyen ? De­puis la loi de mars der­nier, ras­su­rez- vous, il cir­cule avec son casque. J’en fi­nis avec ce dé­dale de choix et de po­si­tions contra­dic­toires : à l’in­verse, j’ai pas­sé plus d’an­nées en­core à ré­pé­ter à son grand frère que la seule chose que je lui de­man­dais en VTT… c’était de prendre ses pro­tec­tions et son casque ! Pour­quoi est- ce qu’en France, je ne suis pas prêt à faire dix mètres en mo­to sans casque ( in­té­gral), alors que j’adore rou­ler sans au Né­pal ou aux States ? Pire, je me suis sur­tout aper­çu que je n’étais pas le seul… De mé­moire, je n’ai ja­mais vu, cô­té al­pi­nisme, de photo d’Ar­mand Char­let avec autre chose que son bé­ret sur la tête. Grim­per sans casque ? Un type aus­si aver­ti que Ch­ris­tophe Pro­fit a fait la di­recte amé­ri­caine en so­lo les che­veux au vent. De­puis, la FFME l’im­pose par exemple dans les ac­ti­vi­tés d’es­ca­lade. Mais si vous re­gar­dez un Alex Hon­nold « so­loer » le Yose, vous cher­che­rez long­temps son casque. En planche, voire en kite, même sen­ti­ment, que ce soit du cô­té des vagues ou de la vi­tesse. Pour beau­coup de pra­ti­quants « nor­maux » , il a fait son en­trée là où je n’en avais ja­mais ima­gi­né la né­ces­si­té. Je ne me sou­viens ni d’un Naish, ni d’un Ma­ka avec un casque, et il me semble bien, là en­core, qu’An­toine Al­beau en 2015, se ba­la­dait à près de 100 km/ h pour un re­cord éta­bli les che­veux au vent. J’ima­gine que son kif à lui va­lait bien plus que l’ac­ces­soire de sé­cu­ri­té, étrange.. En ba­gnole, plus per­sonne ne songe à rou­ler sans cein­ture. Mais de­hors, mettre un casque ? Ne pas en mettre ? Il est dé­sor­mais presque im­pos­sible de trou­ver une pra­tique où, au- de­là de la vi­tesse d’un homme à pied ou pas­sée la hau­teur d’une chaise, cette pro­tec­tion es­sen­tielle ne soit pas de­ve­nue très for­te­ment conseillée, voire obli­ga­toire. Et pour­tant, mal­gré toutes les bonnes rai­sons d’en por­ter, quelque chose ré­siste vi­si­ble­ment aus­si. Les cer­ti­tudes de l’ex­pé­rience ou le plai­sir des sen­sa­tions au­di­tives dans la na­ture valent plus que la pré­ven­tion d’un pos­sible choc sans filtre ? Vi­si­ble­ment. Dans ce sens, re­mar­quez : les plus lu­cides sont peut- être les bases jum­pers et les wing­sui­ters. Vu les vi­tesses d’im­pact, pour eux, le port du casque ou pas, pour une fois, ne change vrai­ment rien…

ON N’A JA­MAIS VU AR­MAND CHAR­LET AVEC AUTRE CHOSE QUE SON BÉ­RET.

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