LE WA­DI GHUWEIR

Wider - - INTO THE WILD -

La King’s High­way ser­pente sur le pla­teau où s’égrènent les villes an­tiques comme Ma­da­ba, dé­sert ha­bi­té, mais aride, écla­té de cha­leur. Les crêtes en­vi­ron­nantes ne laissent pas pen­ser que se niche, dans les plis des mon­tagnes, le bien le plus pré­cieux : l’eau. Des cen­taines de mètres de pentes sous le pla­teau du Ke­rak, l’eau coule en abon­dance, crée d’exu­bé­rants jar­dins de lau­riers- roses. Pour des­cendre dans le lit du Wa­di Ghuweir, il faut cher­cher d’an­ciennes pistes bé­douines ra­vi­nées par les pluies vio­lentes de l’hi­ver et au­jourd’hui dé­lais­sées. Les étroits flancs du ca­nyon sont or­nés d’en­lu­mi­nures d’oxydes de fer, tra­çant d’étranges ara­besques sur le ro­cher. L’exi­guï­té des lieux dis­si­mule le so­leil im­pla­cable. L’eau suit son che­min par­fois se­cret et dis­pa­raît sous les blocs, pour mieux ré­ap­pa­raître au dé­tour d’un dé­fi­lé. Sa des­ti­na­tion, elle, n’est pas un mys­tère : c’est la mer Morte qui, ponc­tion­née en amont d’une par­tie de l’eau du Jour­dain, perd un mètre par an. L’en­droit le plus bas de la terre – 418 mètres sous le ni­veau des océans – de­vient de plus en plus bas. Mais, après avoir par­cou­ru en deux voyages une dou­zaine de ca­nyons, le Wa­di Ghuweir garde une place à part...

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