TEST

Wind Magazine - - MATOS - Lon­gueur : 212 cm Lar­geur : 55 cm Vo­lume : 77 litres Poids me­su­ré équi­pé : 7,3 kg

DE­SI­GN

Au ni­veau du shape, Se­bas­tian Wen­zel a adap­té le concept To­mo au wind­surf avec une planche de 212 cm de long qui a le nez et l’ar­rière comme cou­pés en com­pa­rai­son d’un flot­teur clas­sique de vagues. Les straps et le pied de mât sont donc très re­cu­lés par rap­port à l’ar­rière, qui reste pour sa part très large ( 40 cm à 30 cm de l’ar­rière). Ce­lui- ci ar­bore un double dia­mond tail mais aus­si un chan­nel au­tour de l’ai­le­ron cen­tral qui per­met d’avoir plu­sieurs lignes de ro­cker sur cette ca­rène très tra­vaillée. Im­por­tant à no­ter, la lar­geur au maître bau est plus faible que sur un shape clas­sique de vo­lume équi­valent. La configuration d’ai­le­ron tri­fin uti­lise un cen­tral de 18 cm et des la­té­raux plu­tôt im­por­tants de 12 cm, le tout de chez Maui Fin Com­pa­ny. Des ai­le­rons ef­fi­caces, quoi­qu’un peu fra­giles. Le reste de l’équi­pe­ment est conforme aux ha­bi­tudes Fa­na­tic : sobre et ef­fi­cace.

SUR L’EAU

Mal­gré ses tout pe­tits 212 cm de long, la Stubby pro­pose une bonne por­tance. Elle flotte très bien pour 77 litres et pro­pose éga­le­ment un dé­part au pla­ning qui cor­res­pond da­van­tage à ce­lui d’une bonne planche de side on­shore qu’à un shape ul­tra ra­di­cal. Au pla­ning, ou pas, le pas­sage des mousses est très na­tu­rel sur ce flot­teur court mais bien équi­li­bré. La re­mon­tée au vent se ré­vèle par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­cace, ce qui est un gage d’ef­fi­ca­ci­té dans pas mal de condi­tions, d’au­tant plus que ni vi­tesse ni contrôle en ligne droite ne posent pro­blème sur ce flot­teur très stable et très sain. En surf, l’avan­tage pre­mier de cet out­line à forme gé­né­reuse sur l’ar­rière c’est de per­mettre la créa­tion na­tu­relle et per­ma­nente de vi­tesse dans la vague. Ce vo­lume sous les pieds offre de la to­lé­rance sur le pla­ce­ment par rap­port à la pente ain­si qu’au ni­veau de la pré­ci­sion des appuis. La com­bi­nai­son de cette vi­tesse et de cette to­lé­rance per­met de pro­duire et d’en­chaî­ner des courbes fluides dès la moindre vague. Et lorsque la vi­tesse aug­mente, l’out­line pa­ral­lèle offre une lon­gueur de rail im­mer­gé et une grosse sur­face d’appuis pour en­ga­ger très fort et car­ver sur un rayon de cour­bure ré­duit au maxi­mum. C’est même frap­pant tel­le­ment on peut sol­li­ci­ter le rail et pous­ser des­sus pour tour­ner court. Ça tourne vrai­ment très fort dans un rayon très faible. La sur­prise, c’est que l’on peut prendre du rail et que l’on n’est pas condam­né à tour­ner à plat en pi­vot. De plus, cette Stubby pro­pose une ré­ac­ti­vi­té ins­tan­ta­née pour ré­ajus­ter les courbes, en­fin, sur­tout pour dé­ci­der de tour­ner en­core plus court au der­nier mo­ment. C’est l’ef­fet « le­vier ré­duit » de cette planche su­per courte qui a beau­coup moins d’iner­tie dans la courbe qu’une planche clas­sique et ré­agit comme un jouet. Mais ce­la, on le res­sent en­core plus dans les snaps en haut de vague où la planche re­vient na­tu­rel­le­ment sous le ri­deur. Autre point fort, on dis­pose en haut de vague d’un ap­pui et d’une puis­sance ex­cep­tion­nels pour car­ver, que la vague soit plate ( cut back) ou pen­tue ( off the lip). Même un peu en re­tard, si ce n’est pas trop creux, ça passe bien par- des­sus la mousse. Fran­che­ment, le ren­du en haut de vague est vrai­ment top. Ça tourne dans un mou­choir et, im­por­tant à pré­ci­ser, la pro­jec­tion en aé­rial est aus­si ex­cel­lente, sur­tout dans les vagues qui ne jettent pas très fort. En­suite, en l’air le contrôle est très bon. Les moves en ro­ta­tion sont éga­le­ment fa­ci­li­tés par ce shape com­pact. Faute d’avoir eu suf­fi­sam­ment de ce type de condi­tions pour conclure, il convient d’ap­por­ter une pe­tite ré­serve sur le com­por­te­ment en grandes courbes dans les grosses vagues side ou side off. Dans les condi­tions que nous avons ren­con­trées, nous n’avons pas no­té de grosse la­cune, sauf qu’à pleine vi­tesse si on est sur­toi­lé et qu’on ar­rive un peu en ca­ta au bout d’un long bot­tom, il ne faut pas hé­si­ter et tout de suite bas­cu­ler de rail pour évi­ter de gar­der la planche à plat dans cette phase. Vrai­ment rien de ca­tas­tro­phique, tout du moins dans les condi­tions où nous l ’avons es­sayée. A no­ter aus­si, nous n’avons pas no­té de pro­blème d’en­four­ne­ment dans les surfs, ni au­cune gêne dans les sauts.

VER­DICT

Afin de construire ce test, nous avons na­vi­gué sur la Stubby sans pro­blème en 4.0, 4.2, 4.5, 4.7 et 5.0 avec un vent side off sur une ses­sion, mais plus gé­né­ra­le­ment side ou side on­shore. Seules les grosses vagues nous ont man­qué, mais mal­gré tout, le ré­sul­tat s’est tou­jours mon­tré pro­bant, à com­men­cer par la plage d’uti­li­sa­tion en termes de sur­faces de voiles. L’ef­fi­ca­ci­té gé­né­rale est ex­cel­lente, la puis­sance dans le car­ving éton­nante et la ca­pa­ci­té à tour­ner court hal­lu­ci­nante. Certes, dans les meilleures condi­tions les planches clas­siques sont tou­jours au moins aus­si ef­fi­caces, tout du moins avec les meilleurs ri­deurs, mais la plu­part du temps, la Stubby marche car­ré­ment de fo­lie en pro­po­sant un vrai bo­nus pour : des vi­rages courts in­croyables, une ré­ac­ti­vi­té de fo­lie, de la puis­sance dans le car­ving à vi­tesse moyenne, un bon dé­part au pla­ning et une re­mon­tée au vent ef­fi­cace, etc. Et l es sen­sa­tions qu’elle pro­cure sont nou­velles, ce qui ne gâche rien… Au fi­nal, c’est une planche qui peut ra­di­ca­li­ser le style de tous les waverideurs du ni­veau in­ter­mé­diaire à ex­pert ++. Et sur­tout, elle est su­per amu­sante et il ne faut pas ou­blier que c’est pour ce­la que l’on fait du wind­surf. Du jour où je l’ai eue sous les pieds, per­son­nel­le­ment, elle m’a sé­duit. Pas sûr en re­vanche que les meilleurs pros de la PWA ne l’uti­lisent en world cup, sauf peut- être aux Ca­na­ries. Mais tout ce qui est bon pour le wind­sur­feur du di­manche ne l’est pas for­cé­ment pour les pros et in­ver­se­ment. Les tout meilleurs ar­rivent dé­jà à tout faire avec des planches « clas­siques » comme ils dé­chi­raient dé­jà en single fin il y a 7/ 8 ans d’ailleurs. Mais avec ce type de planche, la pra­tique dans les vagues de­vraient prendre un nou­veau coup de jeune avec plus de vi­rages ra­di­caux pos­sibles pour tous !!

Ar­thur Arut­kin prend du rail à Cape Town sur la

Stubby. Ales­sio Still­rich s’en­vole à Cape Town du­rant la phase fi­nale de développement

de la Stubby.

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