LE COACH NI­CO­LAS WA­REM­BOURG

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Ri­deur du team in­ter­na­tio­nal JP Aus­tra­lia/Neil­pryde, Ni­co­las compte par­mi les meilleurs wind­sur­feurs fran­çais. Il a no­tam­ment ter­mi­né deuxième des Dé­fi Wind 2015 et 2014 et compte éga­le­ment deux titres de cham­pion de France à son pal­ma­rès. Ni­co­las coache et or­ga­nise des stages wind­surf en France et un peu par­tout dans le monde avec son par­te­naire Ul­tra­ma­ri­na Golf and Glisse. Ti­tu­laire d’un bre­vet d’état se­cond de­gré ain­si que d’un mas­ter de pré­pa­ra­tion phy­sique et men­tale, c’est un pé­da­gogue qua­li­fié et re­con­nu. Re­trou­vezle sur son site in­ter­net : www.ni­co­las-wa­rem­bourg.com

NOUS AL­LONS PRIN­CI­PA­LE­MENT TRAI­TER DANS CE SU­JET DES RÉ­GLAGES, PO­SI­TIONS ET CONSEILS POUR NA­VI­GUER DANS LE VENT FORT EN MA­TÉ­RIEL DE FREE­RACE ET DE SLA­LOM. SONT CONCER­NÉS LES PRA­TI­QUANTS POSSÉDANT UN QUIVER COM­PLET EN PLANCHE DE SLA­LOM ET VOILES À CAM­BERS POUR S’ALI­GNER SUR LE DÉ­FI WIND NO­TAM­MENT. NA­VI­GUER DANS PLUS DE 40 NOEUDS N’EST PAS POUR AU­TANT FER­MÉ À CEUX QUI ONT DU MA­TÉ­RIEL DE FREE­RIDE OU DE VAGUES. BIEN AU CONTRAIRE ! FI­NIR UNE MANCHE DU DÉ­FI EST AVANT TOUT UNE QUES­TION DE CONFORT POUR BOU­CLER LES 40 KM QUE CONSTI­TUE CHAQUE MANCHE. NE VOUS Y TROMPEZ PAS ! S’EN­GA­GER DANS LE VENT FORT EN MA­TÉ­RIEL DE SLA­LOM N’EST PAS DON­NÉ À TOUT LE MONDE. UNE BONNE MAέTRISE DANS LE VENT MÉDIUM À FORT EST IN­DIS­PEN­SABLE.

1/LE MA­TOS

De nom­breuses marques s’in­ves­tissent de plus en plus dans le pe­tit ma­té­riel de sla­lom et l’on peut dé­sor­mais trou­ver des voiles de course en des­sous de 5.0 et des planches ty­pées sla­lom/longue dis­tance au­tour des 53/55 de large.

Pour les flot­teurs, il ne faut pas confondre les planches de speed avec les planches de sla­lom. Il s’agit de deux pro­grammes bien dif­fé­rents. Les planches de speed sont avant tout ef­fi­caces sur le plat en bord de plage. S’ali­gner en longue dis­tance avec, de­mande des condi­tions bien par­ti­cu­lières, en étant sûr de ri­der sur une eau très plate afin d’être per­for­mant. De plus, il ne faut pas comp­ter être ef­fi­cace au près. Nous vous conseillons des planches plus ty­pées sla­lom/longue dis­tance. Elles se­ront moins ten­dues (meilleur pas­sage de cla­pot) et au­ront un ar­rière plus large pour être plus à l’aise si be­soin de ser­rer le vent.

Cô­té voile, toutes les pe­tites voiles sont sus­cep­tibles de mar­cher, mais mon con­seil c’est de pri­vi­lé­gier les marques pro­po­sant des pe­tites voiles sla­lom se mon­tant sur un mât RDM qui amène plus de ten­dresse et de

fa­ci­li­té à votre grée­ment. La voile va se dé­for­mer dans les sur­ventes ame­nant plus de confort, in­dis­pen­sable pour en­cais­ser phy­si­que­ment les longs bords. Il est éga­le­ment im­por­tant de res­pec­ter le com­bo mât/voile de la même marque. Les courbes de mâts ne sont pas exac­te­ment les mêmes entre les voi­le­ries. Va­rier les marques entre le mât et la voile est ra­re­ment une bonne op­tion. Les équipes de re­cherche dé­ve­loppent spé­ci­fi­que­ment des pro­fils de voile avec les cour­bures de mât de la marque.

Le choix de l’ai­le­ron ? Il va être ca­pi­tal en fonc­tion de ce que vous sou­hai­tez faire : na­vi­ga­tion en mode sla­lom tra­vers/largue ou en mode longue dis­tance ? Les ai­le­rons en G10 vont ame­ner beau­coup de fa­ci­li­té à l’en­semble de la planche avec du contrôle et de la vi­tesse. Le flot­teur se­ra éga­le­ment plus fa­cile dans le chan­tier. Pri­vi­lé­giez donc ce type d’ai­le­ron pour les bords courts au largue et tra­vers, type par­cours down wind. Dès que vous sou­hai­tez vous ali­gner en longue dis­tance, il faut pas­ser sur des ai­le­rons qui ont plus d’appuis type fibre de verre/car­bone. Même dans le vent très fort, vous pou­vez des­cendre jus­qu’à 28/27 cm. Vous au­rez lé­gè­re­ment moins de vi­tesse ins­tan­ta­née, mais le gain en appuis/cap se­ra su­pé­rieur à un G10. Point clé pour per­for­mer en longue dis­tance.

Le harnais, vague ou race ? Là aus­si, ce­la dé­pend de votre ob­jec­tif du jour. Le harnais-cein­ture est qua­si una­nime en coupe du monde et sur­tout dans le vent fort. Il per­met d’avoir le bas­sin plus libre pour amor­tir le cla­pot et avoir une re­lance plus ef­fi­cace au jibe. Ce­pen­dant, en longue dis­tance où il faut sou­vent ca­per sur de longues mi­nutes, le main­tien lom­baire est moins ef­fi­cace. Ici, le harnais-cu­lotte offre un main­tien plus ef­fi­cace sur le bas du dos et une meilleure as­sise. Comme nous le ver­rons par la suite sur le tra­vail de la po­si­tion en na­vi­ga­tion, il per­met un meilleur contrôle du ma­té­riel dans les sur­ventes.

2/LE TRA­VAIL DES RÉ­GLAGES

Le ma­té­riel de sla­lom est de plus en plus évo­lué et agré­men­té d’un maxi­mum de car­bone. L’en­semble planche/grée­ment ob­te­nu donne un ré­sul­tat très raide dans les mains, qui de­mande des ré­glages très pré­cis pour être per­for­mant et ne pas su­bir le ma­té­riel. La pre­mière chose à re­te­nir est de trou­ver des ré­glages confor­tables avant de vou­loir être ra­pide. L’équi­libre du ma­té­riel est l’une des clés dans la per­for­mance en longue dis­tance et en­core plus dans le vent fort. Il per­met no­tam­ment de ne pas épui­ser sa ré­serve d’éner­gie dès le pre­mier bord. Vos ré­glages se­ront donc dif­fé­rents en mode sla­lom down wind et en longue dis­tance. Si vous sou­hai­tez être ra­pide sur une courte dis­tance, vous al­lez cher­cher à di­mi­nuer au maxi­mum la sur­face mouillée de votre flot­teur. Vous al­lez no­tam­ment re­mon­ter votre wi­sh­bone ou re­cu­ler la pla­quette. En longue dis­tance, vous ne pour­rez pas gar­der les mêmes ré­glages. Plus vous se­rez sur l’ai­le­ron pour ac­cé­lé­rer, plus vous al­lez for­cer phy­si­que­ment et vous au­rez du mal à gar­der le contrôle. Il s’agit donc de trou­ver des ré­glages plus «sages» pour te­nir la dis­tance et en­core plus dans le baston.

Rap­pel : ré­glages de base de pla­quette et hau­teur de wish : 1. Je monte le wi­sh­bone ou je re­cule la pla­quette : je na­vigue plus sur l’ai­le­ron avec moins de sur­face mouillée. J’ai moins le contrôle du flot­teur. 2. Je baisse le wi­sh­bone ou j’avance la pla­quette : je na­vigue le flot­teur plus à plat. J’ai plus de contrôle.

La no­tion d’équi­libre est ca­pi­tale! Vous de­vez sen­tir votre grée­ment neutre dans les mains. Le pre­mier point est d’équi­li­brer vos bouts de harnais sur le wi­sh­bone. Dès vos pre­miers bords, ob­ser­vez la po­si­tion de vos mains par rap­port à vos bouts de harnais. Vos mains se­ront na­tu­rel­le­ment bien pla­cées, équi­li­brez vos bouts de harnais en consé­quence. Nous le ver­rons par la suite, cette po­si­tion neutre des bouts doit être res­pec­tée pour gé­rer les sur­ventes. Vos bouts de harnais de­vront éga­le­ment être ré­glables. Nous en par­le­rons plus lon­gue­ment par la suite.

La ten­sion à l’amure peut éga­le­ment mo­di­fier le com­por­te­ment de la voile. Une voile trop ti­rée au­ra ten­dance à gui­don­ner dans les mains et à tom­ber sur l’ar­rière. Pas as­sez ti­rée, elle se­ra «ca­mion» c’est-à-dire puis­sante avec peu d’ac­cé­lé­ra­tion. Lorsque vous na­vi­guez pour la pre­mière fois avec une voile, es­sayez plu­sieurs ten­sions pour trou­ver le bon équi­libre entre ac­cé­lé­ra­tion et sta­bi­li­té.

Le con­seil du pro : ma pe­tite astuce sur le Dé­fi Wind est de dé­tendre d’un cen­ti­mètre la ten­sion en bas par rap­port à un ré­glage sla­lom coupe du monde. Ce­la a pour ef­fet de creu­ser lé­gè­re­ment la voile sur l’avant ame­nant plus de sta­bi­li­té. Je perds un peu en ac­cé­lé­ra­tion, mais le gain en contrôle sur un long bord est un gros avan­tage.

Cô­té wi­sh­bone, il est in­dis­pen­sable d’être équi­pé de pa­lans d’écoute même sur les pe­tites voiles. Ce­la vous per­met­tra de creu­ser la voile en cas de baisse du vent pour re­prendre de l’ap­pui. Et in­ver­se­ment si le vent prend des tours comme c’est sou­vent le cas du cô­té de Port-la-Nou­velle (jibe n° 1 du Dé­fi Wind). En ef­fet, il y a sou­vent une dif­fé­rence de 5 à 10 noeuds entre la plage de Gruis­san et celle de Port-la-Nou­velle.

Le con­seil du pro : Veillez à bien pla­cer le ta­quet du pa­lan sur le wi­sh­bone. Suf­fi­sam­ment proche pour ré­gler le creux de la voile en na­vi­ga­tion, pas trop près pour ne pas gê­ner au mo­ment du jibe.

Pour la planche, mis à part le pla­ce­ment de la pla­quette qui vous per­met­tra de ré­gler l’as­siette lon­gi­tu­di­nale du flot­teur, vous pour­rez faire évo­luer la po­si­tion des straps. Dans le car­ton, il faut pri­vi­lé­gier le contrôle. Pla­cez vos straps tout à l’ar­rière et tes­tez sur l’eau. Si vous na­vi­guez en contrôle avec la pla­quette cen­trée, pas be­soin de chan­ger les straps. Si vous êtes dé­jà la pla­quette bien de­vant et que le contrôle est pré­caire, c’est le signe qu’il faut avan­cer les straps d’un cran ou deux. Vous l’au­rez com­pris, si vous avan­cez les straps, vous ga­gnez en contrôle.

3/LE TRA­VAIL DE LA PO­SI­TION

Na­vi­guer dans le vent fort est com­plè­te­ment dif­fé­rent d’une na­vi­ga­tion dans le light wind. Dans le vent lé­ger, l’ob­jec­tif est d’al­lé­ger au maxi­mum ses appuis sur la planche en étant droit et proche du grée­ment. C’est tout l’in­verse dans le vent fort. L’ob­jec­tif est de se po­si­tion­ner pour contrô­ler le ma­té­riel avant de cher­cher la vi­tesse. Vous de­vez donc vous éloi­gner le plus pos­sible de votre grée­ment en ral­lon­geant les bouts de harnais. La lon­gueur peut être ex­trême sur les toutes pe­tites voiles de sla­lom al­lant jus­qu’à 40cm. Elle se­ra au­tour de 22cm sur les grandes voiles de sla­lom type 9.5. La lon­gueur des bouts de harnais peut vous pa­raître ex­trême, mais c’est une op­tion très ef­fi­cace pour na­vi­guer dans le car­ton. À l’aide de bouts de harnais ré­glables, ral­lon­gez au fur et à me­sure la lon­gueur. Pen­sez à vous as­seoir dans le harnais et à ne pas vous pro­je­ter en ar­rière. Un bon re­père qui dé­montre que vos bouts sont trop courts : vous su­bis­sez le grée­ment dans les sur­ventes, le

corps se re­dresse sys­té­ma­ti­que­ment et vous ne pou­vez pas gar­der l’ac­cé­lé­ra­tion. Une fois cette po­si­tion « as­sise » maî­tri­sée et votre ma­té­riel équi­li­bré (planche stable et un mi­ni­mum de dé­pense éner­gé­tique), vous al­lez pou­voir op­ti­mi­ser votre vi­tesse en ana­ly­sant le plan d’eau, c’est l’une des clés du Dé­fi Wind. Il faut réus­sir à an­ti­ci­per les va­ria­tions du vent que vous al­lez ren­con­trer sur votre che­min.

Ob­ser­vez bien les deux pho­tos A et B :

Plus le vent est fort et plus vous al­lez de­voir res­ter gai­né dans le harnais. Votre pre­mier ré­flexe se­ra de vous re­dres­ser, mais c’est une er­reur! L’idée est d’éva­cuer le sur­plus de puis­sance en ou­vrant lé­gè­re­ment la voile avec la main ar­rière. Vous com­pren­drez donc l’im­por­tance d’avoir des bouts de harnais bien équi­li­brés sur le wi­sh­bone. Si vos bouts de harnais sont trop sur l’ar­rière, votre voile se­ra blo­quée et votre corps su­bi­ra toutes les sur­ventes en se re­dres­sant.

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Le harnais-cu­lotte est plus confort en mode longue dis­tance, car il main­tient mieux le bas du dos.

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Le harnais-cein­ture est à pri­vi­lé­gier en mode sla­lom down­wind. Il per­met d’avoir le bas­sin et les jambes plus libres pour amor­tir le cla­pot.

Dé­ten­dez lé­gè­re­ment vos lattes de cam­ber dans le car­ton pour as­sou­plir le grée­ment. Le pas­sage dans le cla­pot se­ra plus confor­table.

Pour le vent fort, j’écarte un peu plus mes bouts de harnais. Ce­la m’aide à sta­bi­li­ser le grée­ment.

Une grande lon­gueur de bouts de harnais est in­dis­pen­sable pour na­vi­guer dans le vent fort. Vent lé­ger = bouts de harnais courts et corps droit pour al­lé­ger les appuis.

Vent fort = bouts longs et po­si­tion as­sise dans le harnais pour fa­vo­ri­ser le contrôle.

La zone bleue sur la pho­to cor­res­pond à une baisse du vent, je vais me re­dres­ser afin d’al­lé­ger mes appuis pour conser­ver ma vi­tesse. La zone rouge cor­res­pond à une grosse ra­fale. J’an­ti­cipe en res­tant bien gai­né dans le harnais vers le bas pour ne pas me faire sur­prendre.

A Le vent est stable, je maî­trise l’en­semble du grée­ment. Je borde la voile pour ac­cé­lé­rer.

Le vent fai­blit, je me re­dresse sur le flot­teur pour al­lé­ger mes appuis.

B Je suis dans une sur­vente. Je reste gai­né vers le bas dans le harnais et j’ouvre lé­gè­re­ment la voile pour lais­ser s’échap­per de la puis­sance.

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