— L’AVIS DU — KING ROB­BY SUR LE FOIL

De­puis les an­nées soixante-dix, Rob­by Naish a connu toutes les époques du wind­surf, nous a mon­tré la voie sur bien des points et son avis a tou­jours comp­té. Alors que la ten­dance foil s’im­pose de plus en plus for­te­ment, et qu’il s’ap­prête à lan­cer une gam

Wind Magazine - - INTERVIEW - Texte : Er­wan Jauf­froy / Pho­to : DR/NAISH

Bien que le foil existe de­puis long­temps, pour­quoi ne t’y être mis que ré­cem­ment ? Ini­tia­le­ment, je n’étais pas vrai­ment in­té­res­sé par le foil en wind­surf à tra­vers une vi­sion haute per­for­mance. Ça me sem­blait plus une autre nou­veau­té qu’autre chose, ce qui est bien, mais qui ne m’at­ti­rait pas plus que ce­la. Tu peux al­ler à peu près aus­si vite, pla­ner à peu près aus­si tôt avec du ma­tos de wind­surf nor­mal qu’avec les pre­miers foils. Mais alors que nous dé­ve­lop­pions nos foils de kite et de surf, il m’a sem­blé qu’il y avait un vrai po­ten­tiel dans le pe­tit temps. L’an pas­sé, j’ai été long­temps au re­pos à cause de mon bas­sin frac­tu­ré et j’avais à me re­mettre en forme dou­ce­ment. Une des étapes de mon re­tour sur l’eau s’est faite avec le test de nos foils de vent lé­ger. C’était fa­cile, sans im­pact, sans ef­fort et sans harnais. C’était une ma­nière pour moi de re­prendre le wind­surf et ce­la m’a don­né l’op­por­tu­ni­té de vrai­ment m’im­pli­quer sur les tests d’ailes avec Mi­chi, Kai, Bernd et Nils. Plus on na­vi­guait, plus je voyais le réel po­ten­tiel dans le do­maine spé­ci­fique du wind­foil, dans le vent lé­ger avec du ma­tos fa­cile et simple.

Que penses-tu vrai­ment de cette nou­velle ma­nière de faire du wind­surf ? J’adore ça. Mais notre ap­proche est as­sez dif­fé­rente de celle des autres en termes de wind­surf. Je ne cherche pas à al­ler su­per vite pour le mo­ment, ni à sau­ter, ni à ri­der des vagues… Je veux ra­me­ner au wind­surf les wind­sur­feurs qui en ont eu marre d’at­tendre le vent et d’ache­ter du ma­tos oné­reux dont ils ne se servaient pas as­sez. Comment pra­tiques-tu le wind­foil ? Je fais du foil dans le vent lé­ger que je n’ex­ploi­tais pas au­pa­ra­vant. Je vole, je me ba­lade, sans harnais. Une pra­tique pure et simple, dans des condi­tions où seuls les ki­te­foils sont sur l’eau. Les sen­sa­tions sont in­croyables et je suis convain­cu qu’avec ce ma­tos, ces foils de vent lé­ger, nous pou­vons faire re­ve­nir un tas de gens au wind­surf. C’est quelque chose que tu peux faire n’im­porte où et y prendre du plai­sir. Ma cible est la per­sonne qui aime le wind­surf, mais qui a ar­rê­té il y a quelques an­nées parce que ça de­ve­nait trop com­pli­qué et qu’il fal­lait trop de vent pour s’amu­ser. Si le vent est fort, je na­vigue sur ma planche de vagues. Mais, main­te­nant, je na­vigue dans 10-12 noeuds de vent avec ma voile de vagues quand les sla­lo­meurs sont avec leur 9.4 à mille eu­ros, le mât qui va avec à 1 000 eu­ros, le grand wi­sh­bone à 1 000eu­ros et l’ai­le­ron à 500eu­ros… Bien sûr, il y a du po­ten­tiel dans de nom­breuses di­rec­tions à la fois en termes d’ac­ces­si­bi­li­té dans le vent lé­ger comme ce que je pousse, mais aus­si du cô­té de la per­for­mance. Les foils sont la ten­dance ac­tuelle sur tous les en­gins nau­tiques. Le dé­ve­lop­pe­ment va se pour­suivre ra­pi­de­ment sur la per­for­mance.

Penses-tu que le wind­foil puisse tuer le wind­surf clas­sique de la même ma­nière que le fun­board a étouf­fé le wind­surf tra­di­tion­nel dans le pas­sé ? Ab­so­lu­ment pas. Dans le bon vent, les planches tra­di­tion­nelles se­ront tou­jours dans le coup. Si tu consi­dères la ten­dance mon­diale du wind­surf, le sport n’est pas mou­rant, mais il n’est pas non plus crois­sant. Il a be­soin de toute l’aide qu’il peut avoir. Si le foil rend le wind­surf plus at­trac­tif d’une fa­çon ou d’une autre, alors c’est une bonne chose pour le sport.

As-tu eu des dif­fi­cul­tés à ap­prendre à foi­ler ?

Nous avons com­men­cé avec des foils qui lèvent à basse vi­tesse et la sta­bi­li­té était notre but pre­mier. Pas la vi­tesse. Du coup, l’ap­pren­tis­sage a été plu­tôt ra­pide. (…) Le con­seil prin­ci­pal, c’est de se rap­pe­ler de ne pas ap­puyer trop en la­té­ral sur la planche, mais de bien gar­der son poids et sa puis­sance cen­trés au dé­but, sans trop bor­der la voile. Mais avec notre ma­tos, c’est du flow, de l’équi­libre et du tra­vail avec le vent, et pas contre le vent. Ce­la nous ra­mène à l’es­sence même du wind­surf.

« JE VEUX RA­ME­NER AU WIND­SURF LES WIND­SUR­FEURS QUI EN ONT EU MARRE D’AT­TENDRE LE VENT ET D’ACHE­TER DU MA­TOS ONÉ­REUX DONT ILS NE SE SERVAIENT PAS AS­SEZ. »

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