PHIL CAR­BON UNE VIE DE STRATES

In­con­nu du monde du wind­surf il y a quelques an­nées, il s’est créé un nom, une marque et une re­nom­mée à force de tra­vail, d’au­dace et de ta­lent. Au­jourd’hui, Phil Car­bon car­tonne. Sous son ra­bot et sur son cla­vier, PC², sa pe­tite en­tre­prise, ne connaît pa

Wind Magazine - - PEOPLE - Texte : Jean Sou­ville / Pho­tos : Ch­ris­tian Lau­ba­ney et Jean Sou­ville.

Peux-tu nous par­ler des dif­fé­rentes étapes qui t’ont pous­sé vers ce mé­tier-là ?

Les ren­contres, le wind­surf et les com­po­sites ont orien­té ma vie vers ce que je suis de­ve­nu au­jourd’hui. Du­rant mes études à la fac d’Or­say, je bos­sais les week-ends au ma­ga­sin Ma­tos de Pa­ris. J’y ai croi­sé Oli­vier Sh­nerb (pa­tron de Co­bra) et Jim­my Le­wis. Ma pas­sion pour le com­po­site a com­men­cé à cette pé­riode. J’ai tou­jours eu en­vie de me faire mes boards. J’ai fait mon pre­mier cus­tom en 1988, il m’a fal­lu des an­nées pour maî­tri­ser la tech­no­lo­gie sand­wich. Dans un ate­lier de lu­the­rie ren­nais, j’ai pu ex­plo­rer d’autres tech­niques et réa­li­ser des ins­tru­ments de mu­sique et même des pièces pour Porsche. Ces col­la­bo­ra­tions se sont dé­rou­lées en marge de mon tra­vail prin­ci­pal, la bio­lo­gie. J’étais met­teur au point sur des au­to­mates d’ana­lyse san­guine, puis com­mer­cial. De 2000 à 2010, j’ai mis le wind­surf en pause. Un gros pro­jet pro­fes­sion­nel m’a por­té vers Per­pi­gnan, mais il n’a pas abou­ti. C’est là que j’ai re­com­men­cé à na­vi­guer. En 2011, j’ai fait le grand saut pour re­ve­nir vers mes pre­miers amours: le wind­surf et le shape. Tout a été très vite, une pre­mière board de speed à Lü­de­ritz avec Gau­tier Bour­geois en 2013, puis le tan­dem pour les Mous­sil­ma­ni en 2014. La ren­contre avec Rob Dou­glass et Syl­vain Ho­cei­ni fin 2014 a dé­fi­ni­ti­ve­ment boos­té PC² et ma vie de sha­peur.

Com­ment as-tu fait pour sha­per pour des poin­tures comme An­toine Al­beau, ou Rob Dou­glass aus­si vite ?

Je crois que j’ai vite eu la ré­pu­ta­tion d’être le Géo Trou­ve­tou du shape, ca­pable de re­le­ver les dé­fis les plus dingues. J’ai peut-être fait preuve d’au­dace ou de fo­lie pour leur pro­po­ser une col­la­bo­ra­tion. Je suis en mode « j’ai rien à perdre à es­sayer », et je ne suis avare ni de mon temps ni de mon éner­gie. Quand un pro­to marche, ça fait vite le tour… Les per­for­mances de Rob Dou­glas en kite m’ont ou­vert beau­coup de portes. Les dif­fé­rents po­diums au Mon­dial du Vent, les re­cords à Lü­de­ritz et le po­dium d’An­toine à Ber­cy ont va­li­dé le fait que je pou­vais bos­ser sur n’im­porte quel pro­gramme et n’im­porte quel sup­port. Quelle émo­tion de voir ma board en tête sur ce pe­tit bas­sin pa­ri­sien et sur le po­dium au cô­té de Rob­by ! Je ne fais pas de plan de car­rière, je me laisse por­ter par mes en­vies et par la pas­sion de ce que je fais. Je suis à la chasse aux po­diums et aux re­cords, c’est la seule vraie carte de vi­site. Je veux vrai­ment ap­por­ter de l’in­no­va­tion et de la qua­li­té, d’où la né­ces­si­té d’avoir un team qui claque de gros ré­sul­tats. J’ai eu la chance de pou­voir re­joindre les sha­peurs qui m’ont fait rê­ver quand j’avais 20 ans, de sha­per en live au sa­lon nau­tique puis au coeur d’une com­pé­ti­tion de wind­surf et, ce­rise sur le gâ­teau, avec Mar­co Cop­pe­lo pour qui j’ai une grande es­time et une pro­fonde ad­mi­ra­tion!

Tu fais des cus­toms et se­mi-cus­toms, pour­quoi pas de sé­rie ?

C’est une fa­çon de se dé­mar­quer et d’al­ler là où les grandes marques ne peuvent pas al­ler. Pour qu’un ri­deur soit heu­reux, il faut que la board lui convienne à 100 %. Il faut une adé­qua­tion entre son ga­ba­rit, son style de nav' et son spot… Le cus­tom per­met de col­ler à ses at­tentes. Ce­la per­met de fa­bri­quer un ob­jet unique et per­son­na­li­sé, d’y ap­por­ter plus de soin en termes de construc­tion et de dé­co. Les de­mandes aug­men­tant, il a fal­lu trou­ver des so­lu­tions pour pou­voir pro­duire plus avec la même phi­lo­so­phie. J’ai eu la chance de m’as­so­cier avec le boss d’Atua­cores, ba­sé à Bor­deaux, pour pro­duire les boards et uti­li­ser sa CNC 5 axes (ma­chine pour sha­per). Avec cet ou­til, on offre toute la sou­plesse du cus­tom et de la mi­ni sé­rie, ce­la per­met aus­si de dé­ve­lop­per de nou­veaux pro­tos en sous­trai­tance pour d’autres marques. Je suis en train de des­si­ner la gamme sla­lom 2018 pour AN­GU­LO, c’est un scoop!

Ci-des­sus : séance de shape de­vant le pu­blic lors du der­nier Dé­fi Wind. © Jean Sou­ville

En haut : rien de mieux qu’un bord sur l’eau pour va­li­der un shape. Phil s’éclate au Rouet. © Ch­ris­tian Lau­ba­ney

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