Pol­lu­tion in­té­rieure

Zen et bien dans ma vie - - Sommaire -

La no­tion de pol­lu­tion in­té­rieure dé­signe clas­si­que­ment les en­vi­ron­ne­ments in­té­rieurs non in­dus­triels tou­chant les mi­lieux clos tels que les ha­bi­ta­tions, les éta­blis­se­ments re­ce­vant du pu­blic, les lieux de garde et d’en­sei­gne­ment, les im­meubles de bu­reaux, les éta­blis­se­ments de san­té et mé­di­co-so­ciaux ou les moyens de trans­port. Les ci­ta­dins passent plus de 80 % de leur temps à l’in­té­rieur de ces es­paces clos1, de sorte que l’ex­po­si­tion aux pol­luants at­mo­sphé­riques est es­sen­tiel­le­ment as­so­ciée à des en­vi­ron­ne­ments in­té­rieurs, en par­ti­cu­lier l’ha­bi­tat (en­vi­ron 50 % du temps).

La pol­lu­tion in­té­rieure consti­tue une pré­oc­cu­pa­tion crois­sante pour plu­sieurs rai­sons. Tout d’abord, de­puis un cer­tain nombre d’an­nées, pour di­mi­nuer les consom­ma­tions en éner­gie, les bâ­ti­ments sont de mieux en mieux iso­lés, ce qui ré­duit for­te­ment les in­fil­tra­tions d’air. En outre, le re­nou­vel­le­ment d’air se ré­vèle par­fois in­suf­fi­sant pour éva­cuer les pol­luants in­té­rieurs (manque d’aé­ra­tion, dys­fonc­tion­ne­ment et/ ou en­tre­tien in­suf­fi­sant des sys­tèmes de ven­ti­la­tion). Les bâ­ti­ments peuvent être oc­cu­pés par des po­pu­la­tions sen­sibles : c’est le cas des en­fants, des per­sonnes âgées, des su­jets asth­ma­tiques ou souf­frant de pa­tho­lo­gies res­pi­ra­toires chro­niques ou car­dio­vas­cu­laires par exemple : En­fin, les as­pects sa­ni­taires as­so­ciés aux dif­fé­rents pol­luants in­té­rieurs sont mieux re­con­nus ; même s’il est dif­fi­cile en­core d’éva­luer les ef­fets sa­ni­taires des as­so­cia­tions ou des in­ter­ac­tions de plu­sieurs pol­luants. La pol­lu­tion de l’air est au­jourd’hui re­con­nue comme le prin­ci­pal risque en­vi­ron­ne­men­tal pour la san­té dans le monde. Elle se­rait res­pon­sable en 2012, se­lon l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té, de sept mil­lions de dé­cès an­nuels dans le monde (ce qui re­pré­sente un dé­cès sur huit), dont 4,3 mil­lions pour la pol­lu­tion in­té­rieure :

- Chaque ci­toyen eu­ro­péen est ain­si pri­vé en moyenne de 8,6 mois de vie

- La pol­lu­tion at­mo­sphé­rique a été clas­sée en can­cé­ri­gène cer­tain pour l’homme par le Centre in­ter­na­tio­nal de re­cherche sur le can­cer

- Comme les par­ti­cules de l’air ex­té­rieur et les ef­fluents d’échap­pe­ment des mo­teurs Die­sel.

Les études épi­dé­mio­lo­giques montrent un lien de cau­sa­li­té fort entre les par­ti­cules fines (PM2,5) et la mor­ta­li­té car­dio­vas­cu­laire et res­pi­ra­toire.

Pour Pierre Guit­ton, fon­da­teur de l’en­tre­prise fran­çaise Te­qoya, qui com­mer­cia­lise de­puis 2015 des io­ni­seurs afin de rendre pure l’air in­té­rieure, cette forme de pol­lu­tion est un pro­blème très grave pour notre so­cié­té. Il af­firme :

« La ré­gle­men­ta­tion im­pose tout d’abord que tout im­meuble soit do­té d’une ven­ti­la­tion per­met­tant de re­nou­ve­ler l’air in­té­rieur une à deux fois par heure. Ce dé­bit est tou­te­fois ra­re­ment at­teint, sans comp­ter que tout dis­po­si­tif de ven­ti­la­tion for­cée consomme de l’éner­gie. Quant aux sub­stances dont il a été prou­vé qu’elles sont toxiques, comme le for­mal­dé­hyde, des ré­gle­men­ta­tions ap­pa­raissent pro­gres­si­ve­ment pour in­ter­dire le dé­pas­se­ment de cer­tains seuils. Tout est en ef­fet ques­tion de concen­tra­tion: une sub­stance com­plè­te­ment in­of­fen­sive en pe­tites quan­ti­tés peut de­ve­nir dan­ge­reuse à plus fortes doses. Mais la re­cherche va plus vite que la ré­gle­men­ta­tion ». Au mi­cro de la Tri­bune, il af­firme qu’il faut prendre conscience de ce risque : « Un son­dage réa­li­sé dans 25 villes eu­ro­péennes, pu­blié par la Com­mis­sion eu­ro­péenne en juillet 2016, dé­voile non seule­ment de très grands écarts entre pays en ma­tière de res­sen­ti de la pol­lu­tion, mais aus­si une conscience gé­né­ra­le­ment très faible de son dan­ger. En com­pa­rant les ré­sul­tats de ce son­dage à la pol­lu­tion at­mo­sphé­rique dans ces villes, nous avons éva­lué que, pour que plus de la moi­tié de la po­pu­la­tion se dise mé­con­tente de la qua­li­té de l’air, il faut que la pol­lu­tion dé­passe d’au moins 50% l’in­dice d’alerte de l’OMS!

Ce­pen­dant, si en Oc­ci­dent on com­mence tout dou­ce­ment à s’in­té­res­ser à la ques­tion, en Chine la pol­lu­tion de l’air est un fac­teur pris en compte dans la vie quo­ti­dienne. Les pu­ri­fi­ca­teurs d’air y sont des ob­jets en passe de de­ve­nir aus­si es­sen­tiels que des ré­fri­gé­ra­teurs: se­lon des pro­jec­tions de mar­ché, « plus de 50% de la po­pu­la­tion chi­noise se­ra équi­pée avant 2020. 50% du mar­ché mon­dial des pu­ri­fi­ca­teurs por­tables, qui vaut entre 4 et 5 mil­liards de dol­lars et croît de 10 à 15% par an, y est concen­tré. 80% de notre chiffre d’af­faires est d’ailleurs gé­né­ré là bas.

Et le pro­chain mar­ché se­ra sans doute l’Inde ». En somme, il faut po­ser la ques­tion sui­vante et l’étu­dier avec at­ten­tion :

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