9. LE CUIR D'ANA­NAS: QUELLE MER­VEILLEUSE AL­TER­NA­TIVE!

Zen et bien dans ma vie - - Sommaire -

Aux Phi­lip­pines, une pe­tite en­tre­prise qui s’est spé­cia­li­sée dans la fa­bri­ca­tion de cuir vé­gé­tal à par­tir de fibres d’ana­nas pour­rait bien ré­vo­lu­tion­ner le monde de la mode. Et, par la même oc­ca­sion, contri­buer à sau­ver notre pla­nète.

C’est en tout cas le pa­ri d’Ana­nas Anam, une en­tre­prise fon­dée par l’Es­pa­gnole Car­men Hi­jo­sa, qui a créé le Piña­tex, une ma­tière tex­tile d’ori­gine vé­gé­tale pou­vant rem­pla­cer le cuir ani­mal. Cette spé­cia­liste du de­si­gn et de la fa­bri­ca­tion d’ob­jets en cuir a vu sa car­rière la me­ner à tra­vers le monde avant de connaître, aux Phi­lip­pines, ce tex­tile ré­vo­lu­tion­naire dont les fibres, trou­vées dans les feuilles d’ana­nas, sont liées en­semble sans be­soin d’être tis­sées ou tri­co­tées. Son dé­ve­lop­pe­ment a abou­ti à la créa­tion du Piña­tex qui est d’au­tant plus du­rable qu’il ré­sulte de la simple ré­cole des ana­nas et com­plète même le re­ve­nu des leurs pro­duc­teurs.

Cette der­nière a pour­tant oeu­vré pen­dant de longues an­nées dans l’in­dus­trie du cuir conven­tion­nel, celle qui abat chaque an­née des mil­liards d’ani­maux pour (lit­té­ra­le­ment) leur faire la peau. Il lui au­ra suf­fit d’un bref pas­sage sur l’ar­chi­pel océa­nien pour se per­sua­der de la né­ces­si­té de dé­ve­lop­per d’autres tex­tiles plus du­rables : «Les peaux des ani­maux sont uti­li­sées dans le tex­tile de­puis des mil­liers d’an­nées, mais leurs pro­ces­sus de tan­nage et de pro­duc­tion ont des ef­fets né­fastes sur l’en­vi­ron­ne­ment, ain­si que sur le bien-être des ani­maux et des per­sonnes im­pli­quées», ex­plique t-elle à Play­Ground Ma­ga­zine.

Outre le fait de s’en­ga­ger au­près de la cause ani­male, ce cuir d’ana­nas a le chic pour pro­po­ser des prix très avan­ta­geux puisque le ma­té­riau re­vient à 23 eu­ros au mètre car­ré contre 25 à 38 eu­ros au mètre car­ré pour le cuir ani­mal. Il est fa­bri­qué di­rec­te­ment aux Phi­lip­pines, consti­tuant une source de re­ve­nus pour les agri­cul­teurs lo­caux, et est en­suite en­voyé en Es­pagne pour être trai­té. Au­tant dire que le Piña­tex a aus­si­tôt sé­duit les consom­ma­teurs et pro­fes­sion­nels dès sa pré­sen­ta­tion. Les so­cié­tés Pu­ma, Cam­per et d’autres en­tre­prises ont même lan­cé quelques pro­to­types comme des chaus­sures, des bro­chettes ou en­core des housses d’or­di­na­teur. Le ma­té­riau a re­çu le prix de l’in­no­va­tion ma­té­rielle 2016 dé­cer­né par le Royal Col­lege of Arts de Londres. Le cuir d’ana­nas montre le che­min. Voyant la folle al­ter­na­tive se pro­pa­ger dans les moeurs des fa­shons éco-res­pon­sables, d’autres en­tre­prises ont dé­ci­dé de suivre le mou­ve­ment. Al­lez ! On sauve la pla­nète ! C’est le cas du Mus­kin et du cuir d’hé­véa. Cette spé­cia­liste du de­si­gn et de la fa­bri­ca­tion d’ob­jets en cuir a vu sa car­rière la me­ner à tra­vers le monde avant de connaître, aux Phi­lip­pines, ce tex­tile ré­vo­lu­tion­naire dont les fibres, trou­vées dans les feuilles d’ana­nas, sont liées en­semble sans be­soin d’être tis­sées ou tri­co­tées. Son dé­ve­lop­pe­ment a abou­ti à la créa­tion du Piña­tex qui est d’au­tant plus du­rable qu’il ré­sulte de la simple ré­cole des ana­nas et com­plète même le re­ve­nu des leurs pro­duc­teurs. De son cô­té, le cuir d’hé­véa est fa­bri­qué à par­tir de la­tex, la sève de l’hé­véa. Ex­trê­me­ment res­pec­tueuse de l’en­vi­ron­ne­ment et de la com­mu­nau­té lo­cale d’Ama­zo­nie, cette ma­tière vé­gé­tale fait main est hé­ri­tière des cultures tra­di­tion­nelles.

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