IN­TER­VIEW : Ra­chel Ples­sis

Zen et bien dans ma vie - - Sommaire - In­ter­view ex­clu­sive de Ra­chel Pes­sis

Le/la chi­rur­gien(ne) es­thé­tique est un mé­de­cin spé­cia­li­sé dans la chi­rur­gie ré­pa­ra­trice, es­thé­tique et plas­tique. Il/elle ef­fec­tue des actes chi­rur­gi­caux per­met­tant de mo­di­fier l’ap­pa­rence cor­po­relle d’une per­sonne à sa de­mande. Le chi­rur­gien ne se contente pas seule­ment d’opé­rer et d’em­bel­lir ses pa­tients. Il doit cer­ner les réelles mo­ti­va­tions de ses clients, sa­voir s’ils sont prêts à su­bir une in­ter­ven­tion qui n’est pas sans risque. Les cri­tères de beau­té vé­hi­cu­lés par les mé­dias ne sont pas sans consé­quences. Les de­mandes et be­soins sont en tout genre et aug­mentent de jour en jour. Pour com­prendre vé­ri­ta­ble­ment les bases de cette pra­tique, votre mag pré­fé­ré est al­lé à la ren­contre du doc­teur Doc­teur Ra­chel Pes­sis. Bon­jour Ra­chel. Pou­vez-vous vous pré­sen­ter briè­ve­ment afin que nos lec­teurs en sachent un peu plus sur vous ? Je suis chi­rur­gien et j’exerce ex­clu­si­ve­ment la chi­rur­gie es­thé­tique et ré­pa­ra­trice. Je fais éga­le­ment beau­coup de mé­de­cine es­thé­tique, dont la de­mande aug­mente de plus en plus. Com­ment êtes vous de­ve­nue chi­rur­gienne ? Quel a été votre par­cours étu­diant ? J’ai com­men­cé mes études de mé­de­cin à 17 ans, et après six an­nées de tronc com­mun, j’ai choi­si de me spé­cia­li­ser en chi­rur­gie, et plus par­ti­cu­liè­re­ment en chi­rur­gie es­thé­tique. En pas­sant par tous les dif­fé­rentes étapes du cur­sus, j’ai fait qua­torze an­nées d’études avant de pou­voir de­ve­nir chi­rur­gien es­thé­tique.

Ai­mez vous votre mé­tier ? Est ce le job dont vous rê­viez ?

J’adore mon mé­tier. De­puis toute pe­tite je sa­vais que je vou­lais être chi­rur­gien. L’idée de la spé­cia­li­sa­tion m’est ve­nue un peu plus tard lorsque j’ai com­pris à quel point on pou­vait rendre ser­vice aux gens et les ai­der à se sen­tir bien grâce à ce mé­tier. Quel est votre meilleur sou­ve­nir dans le cadre de votre pro­fes­sion ? Une pa­tiente que j’avais opé­rée d’une ab­do­mi­no­plas­tie.

Son ventre était très abî­mé après ma nais­sance de ses trois en­fants. Mal­gré le sport elle n’ar­ri­vait pas à re­trou­ver sa sil­houette. Elle me di­sait qu’elle ne se re­con­nais­sait plus alors que dans sa tête elle n’avait pas chan­gé. Lorsque j’ai dé­fait le pan­se­ment le len­de­main de l’in­ter­ven­tion, elle a pleu­ré et m’a dit : « main­te­nant c’est à nou­veau moi » Le pire ? Une pa­tiente qui est par­tie de mon ca­bi­net fu­rieuse parce que je ne vou­lais pas lui mettre la taille de pro­thèses mam­maires qu’elle dé­si­rait : je pri­vi­lé­gie tou­jours le ré­sul­tat na­tu­rel, mais elle vou­lait quelque chose de très gros et de très vi­sible : elle est par­tie en cla­quant la porte ! Quelle est la dif­fé­rence entre la mé­de­cine es­thé­tique et la chi­rur­gie es­thé­tique ? La chi­rur­gie es­thé­tique dé­signe l’en­semble des in­ter­ven­tions à but es­thé­tique et se pra­tique au bloc opé­ra­toire (ab­do­mi­no­plas­tie, pro­thèses mam­maires, lif­ting, etc). La mé­de­cine es­thé­tique ne né­ces­site ni anes­thé­sie, ni sé­jour à la cli­nique, ni conva­les­cence : on peut par exemple citer les in­jec­tions de bo­tox ou d’acide hya­lu­ro­nique qui permettent d’ef­fa­cer les rides, de re­pul­per des lèvres, de com­bler des cernes, ou bien le pee­ling, qui re­donne de l’éclat à la peau. Ce sont deux moyens com­plé­men­taires de se sen­tir mieux dans son corps.

Si vous de­viez dé­crire la chi­rur­gie es­thé­tique en trois mots ?

Pour moi, la chi­rur­gie es­thé­tique doit être na­tu­relle avant tout, dis­crète, et en har­mo­nie avec la per­son­na­li­té des pa­tientes. Mais c’est tel­le­ment plus com­plexe, que c’est im­pos­sible de ré­duire à trois mots cette dis­ci­pline (rires). Pen­sez-vous que le chi­rur­gie es­thé­tique puisse de­ve­nir une drogue pour cer­taines per­sonnes ?

Non, pas si elle ré­pond à un pro­jet bien ré­flé­chi. Au fil du temps, la chi­rur­gie s’est dé­mo­cra­ti­sé en Eu­rope et aux Etats-Unis, pour de­ve­nir une pra­tique dite «nor­male» et «as­su­mée». Quelques an­née au­pa­ra­vant, en re­vanche, c’était en­core très mal vue. Com­ment ex­pli­quer cette mu­ta­tion ? Le dé­sir de beau­té et de ra­jeu­nis­se­ment a tou­jours exis­té.

Cette mu­ta­tion est sur­tout le fruit d’une plus grande maî­trise de la pra­tique. Chaque jour qui passe est une amé­lio­ra­tion en termes d’opé­ra­tions et de sui­vis. Une anes­thé­sie pour une li­po­suc­cion par exemple est main­te­nant un geste tout à fait sûr, Quelles sont les opé­ra­tions que vous pra­ti­quez le plus au­jourd’hui? Quelles sont les in­di­ca­tions les plus pra­ti­quées au­jourd’hui ? Je suis spé­cia­li­sée dans la chi­rur­gie de la sil­houette (seins, ventre, cuisses, etc) et dans la mé­de­cine es­thé­tique, no­tam­ment les in­jec­tions de bo­tox, acide hya­lu­ro­nique et les pee­ling. Les in­di­ca­tions les plus fré­quentes sont soit les pe­tits com­plexes à l’en­trée dans l’âge adulte, soit suite à une gros­sesse, soit l’ap­proche de la cin­quan­taine lorsque le corps com­mence à se mo­di­fier. Quelles sont les toutes der­nières nou­veau­tés dans le do­maine de la chi­rur­gie es­thé­tique ? De plus en plus d’in­ter­ven­tions peuvent trou­ver une al­ter­na­tive dans la mé­de­cine es­thé­tique : c’est la vraie nouveauté. Par exemple on peut par­fois rem­pla­cer une li­poas­pi­ra­tion par de la cryo­li­po­lyse, une ma­chine qui dé­truit les cel­lules grais­seuses par le froid sans avoir be­soin d’une anes­thé­sie, ou rem­pla­cer le lif­ting par des fils ten­seurs, que l’on pose au ca­bi­net sans hos­pi­ta­li­sa­tion. Au­jourd’hui, grâce à la chi­rur­gie es­thé­tique, on a le pou­voir de mo­di­fier tout ce qu’on veut, que ce soit sur notre corps ou notre vi­sage.La seule chose sur la­quelle nous n’avons tou­jours pas trou­vé com­ment agir, c’est la taille. Pen­sez vous qu’un jour on trou­ve­ra le moyen de mo­di­fier la taille des gens grâce à la chi­rur­gie es­thé­tique ? Qui connaît les pro­grès de la science, ce­la dit je ne pense pas que ce soit pour notre gé­né­ra­tion. Est-ce qu’il vous ar­rive de re­fu­ser des clientes? Si oui, quelles peuvent en être les rai­sons ? Il est rare que je re­fuse des clientes. En fait ce qui se passe par­fois c’est que je n’opère pas une pa­tiente parce que nos vi­sions

de l’es­thé­tique ne concordent pas. Lorsque vous choi­sis­sez un chi­rur­gien, il faut être sûr qu’il ou elle ait la même vi­sion de ce qui est beau que vous. Par­fois les femmes me disent qu’elles se sentent plus à l’aise avec une femme chi­rur­gien parce qu’elles ont l’im­pres­sion jus­te­ment que je les com­prends mieux. Pour les hommes, c’est presque pa­reil, même s’ils ont ten­dance à plus conci­liants. Vous ar­rive-t-il de conseiller à cer­tains un re­cours à une psy­cho­thé­ra­pie plu­tôt qu’à la chi­rur­gie ? Oui bien sûr, la chi­rur­gie n’est pas la so­lu­tion à tout, et je tra­vaille avec des psy­cho­logues spé­cia­li­sés. D’après vous, quelles sont les qua­li­tés que doit dé­te­nir un bon chi­rur­gien es­thé­tique et pour­quoi ? Un bon chi­rur­gien es­thé­tique doit être avant tout un bon chi­rur­gien sur le plan tech­nique. Il doit éga­le­ment pos­sé­der un sens de l’es­thé­tique qui s’adapte à la sen­si­bi­li­té de chaque pa­tient, pour ré­pondre au mieux à leurs at­tentes. L’éthique de ce mé­tier est pri­mor­diale, et le chi­rur­gien doit être par­fai­te­ment hon­nête avec son pa­tient sur les ré­sul­tats qu’on peut at­tendre de la chi­rur­gie. Du coup, com­ment bien choi­sir son chi­rur­gien ? Il faut bien sûr vé­ri­fier les di­plômes du chi­rur­gien. Les avis des autres pa­tients peuvent ai­der, mais la consul­ta­tion est pri­mor­diale : elle per­met de faire connais­sance de la per­sonne der­rière le chi­rur­gien, et de voir si il ou elle vous com­prend et sau­ra ré­pondre à vos at­tentes. Y-a-t’il des opé­ra­tions que vous dé­con­seillez ? On ne peut pas ré­pondre à cette ques­tion de fa­çon gé­né­rale, il s’agit de dé­ter­mi­ner au cas par cas ce qui convient le mieux à chaque pa­tient. Faites vous de la pré­pa­ra­tion men­tale les nuits qui pré­cèdent vos opé­ra­tions ? L’ex­pé­rience et la ré­pé­ti­tion permettent de fia­bi­li­ser son geste. Ce­la dit, l’at­ten­tion est tou­jours constante au bloc opé­ra­toire. C’est juste une ques­tion tech­nique. Une maî­trise de soi et une maî­trise de sa dis­ci­pline. Il faut gar­der la tête froide. Vous est-il dé­jà ar­ri­vé d’avoir des mo­ments de doute ou des blo­cages, en plein opé­ra­tion ? Non, c’est ex­trê­me­ment rare, car pour une in­ter­ven­tion bien pré­pa­rée, tous les choix et toutes les ques­tions doivent avoir été pré­pa­rés en amont avec le pa­tient. Quelles peuvent être les consé­quences d’une chi­rur­gie ra­tée pour le pa­tient? Et pour le chi­rur­gien ? (consé­quences ju­di­ciaires, éco­no­miques ?) Une chi­rur­gie ra­tée est soit la consé­quence d’une mal­fa­çon tech­nique, soit le plus sou­vent la consé­quence d’une in­com­pré­hen­sion entre ce que la pa­tient at­ten­dait de la chi­rur­gie et ce qu’il était pos­sible d’en ob­te­nir. Dans ce cas il est par­fois pos­sible d’en­vi­sa­ger une ré­in­ter­ven­tion. Est ce que ce­la vous est dé­jà ar­ri­vé de voir que l’opé­ra­tion n’ai fait qu’ag­gra­ver un com­plexe sans que l’in­ter­ven­tion ne soit ra­tée pour au­tant ? Ag­gra­ver non, ne pas beau­coup mo­di­fier, par­fois. C’est ce dont je par­lais plus haut, lorsque les at­tentes par rap­port à la chi­rur­gie sont au-de­là de ce que la chi­rur­gie peut ap­por­ter, ill peut y avoir ce genres de pro­blèmes. En mo­di­fiant notre corps ou notre vi­sage, il y a t-il un risque, de perte ou de chan­ge­ment d’iden­ti­té ? Non, pas si la chi­rur­gie est bien ex­pli­quée et bien ap­pré­hen­dée. La chi­rur­gie « à la fran­çaise » jus­te­ment, par rap­port à ce qu’onob­serve au Bré­sil ou en Chine par exemple, est beau­coup plus douce, et s’at­tache avant tout à res­pec­ter l’iden­ti­té du pa­tient. Dans votre vie per­son­nelle, est-ce qu’il vous ar­rive d’avoir la dé­for­ma­tion pro­fes­sion­nelle qui consiste à voir le dé­faut d’au­trui dès le pre­mier coup d’oeil ? Non ja­mais. Je crois d’ailleurs que c’est le cas pour mes confrères aus­si. Ce n’est pas une ha­bi­tude. Quel de­vrait être le but de toute in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale ? Prendre soin de soi, au sens large du terme. C’est en ayant cet­te­pen­sée pre­mière et en met­tant en pers­pec­tives tous les élé­ments, que le pa­tient pour­ra ob­te­nir quelque chose de bien. Une in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale doit-elle né­ces­sai­re­ment re­le­ver d’un réel mal être ? Une chi­rur­gie es­thé­tique ne dé­coule pas né­ces­sai­re­ment d’un mal être ! J’opère tous les jours des per­sonnes qui se sentent très bien dans leur peau mais qui vou­draient juste se dé­bar­ras­ser de leurs pe­tits dé­fauts. Trou­vez vous qu’il y a un réel es­sor de la chi­rur­gie ? Oui. Il existe une vraie pro­gres­sion. L’es­sor de la chi­rur­gie ves­thé­tique est pro­ba­ble­ment plus ce­lui de la mé­de­cine es­thé­tique, qui per­met par des moyens plus doux de prendre soin de soi. L’in­fluence de l’en­vi­ron­ne­ment n’est pas plus im­por­tante main­te­nant. Ce sont juste les so­lu­tions pro­po­sées qui sont plus ac­ces­sibles. Pen­sez vous que les ré­seaux so­ciaux aient éga­le­ment leur part de res­pon­sa­bi­li­té dans l’es­sor de la chi­rur­gie es­thé­tique ? Oui pro­ba­ble­ment, ils contri­buent à le­ver le ta­bou sur cette chi­rur­gie. Plus il y a de l’in­for­ma­tion et plus des pra­tiques et de nou­velles mé­thodes peuvent se dé­mo­cra­ti­ser. Est-elle un simple phé­no­mène de mode ou un réel be­soin en gé­né­ral ? La chi­rur­gie es­thé­tique est un moyen de prendre soin de soi, de se sen­tir bien dans son corps. Ce n’est pas un ef­fet de mode, c’est juste un moyen plus moderne et plus « tech­no­lo­gique » de prendre soin de soi.

Au­jourd’hui, peut-on af­fir­mer que la chi­rur­gie est ac­cep­tée par les moeurs ? Le chi­rur­gie es­thé­tique est main­te­nant bien ac­cep­tée, et tout le monde en parle li­bre­ment. Un rap­port de confiance s’ins­talle ra­pi­de­ment entre le pa­tient et le chi­rur­gien. C’est une consé­quence, ou une rai­son im­por­tante, de cette dé­mo­cra­ti­sa­tion. Que pen­sez vous de toutes ces star­lettes de té­lé réa­li­té qui font l’apologie de la chi­rur­gie. Cette apologie re­pré­sente-t-elle un risque à vos yeux ? Il est évident qu’au­cun chi­rur­gien ne pour­rait re­com­man­der ce genre d’at­ti­tude, la chi­rur­gie es­thé­tique reste un acte qui doit être pe­sé, pen­sé et ré­flé­chi avec son chi­rur­gien. Si elle est consi­dé­rée comme un phé­no­mène de mode, alors on assiste à des dé­rives. La chi­rur­gie : forme de li­bé­ra­tion ou signe d’em­pri­son­ne­ment à un confor­misme so­cial ? La chi­rur­gie es­thé­tique n’est pas un moyen de ré­pondre aux normes de la so­cié­té, c’est un moyen de se sen­tir bien et en ac­cord avec soi-même. J’en suis cer­taine. Après, c’est vrai, il existe des per­sonnes qui en font un usage très exa­gé­ré, qui ne cor­res­pond pas à ma vi­sion des choses. Les in­ter­ven­tions chi­rur­gi­cales sont très oné­reuses. Trou­vez vous ces prix jus­ti­fiés ? Ces prix sont jus­ti­fiés par l’ex­per­tise et la maî­trise né­ces­saire à la réa­li­sa­tion des in­ter­ven­tions chi­rur­gi­cales, sans par­ler des responsabilités qui in­combent au chi­rur­gien pour prendre en charge le pa­tient. Pour vous que la chi­rur­gie es­thé­tique soit de­ve­nue une éco­no­mie à part en­tière ? On ne peut pas par­ler d’éco­no­mie de la chi­rur­gie es­thé­tique, en tout cas pas de la fa­çon dont nous la pra­ti­quons au ca­bi­net. La Chi­rur­gie es­thé­tique reste pour nous une chi­rur­gie avant tout, c’est-à-dire une re­la­tion médicale entre le chi­rur­gien et son pa­tient.

Que pou­vez-vous dire concer­nant les opé­ra­tions à l’étran­ger ?

Le grand dan­ger de ces in­ter­ven­tions est le pro­blème du sui­vi post-opé­ra­toire. Beau­coup de chi­rur­giens étran­ger sont tout à fait com­pé­tents, mais si un pro­blème sur­vient après l’in­ter­ven­tion et que votre chi­rur­gien est à 3000 km de chez vous, il ne pour­ra pas vous prendre en charge. Se­lon les pays, la vi­sion de la beau­té est dif­fé­rente. Les types d’in­ter­ven­tions chi­rur­gi­cales va­rient-elles en fonc­tion des consi­dé­ra­tions es­thé­tiques de chaque pays ? Oui bien sûr, les cri­tères de beau­té va­rient d’un pays à l’autre. Au Bré­sil par exemple les fesses sont un cri­tère de beau­té très im­por­tant, elles sont sou­vent sur­di­men­sion­nées lors­qu’elles sont re­faites. Aux Etats-Unis ce sont plu­tôt les seins qui sont vi­sés. En France le cri­tère de beau­té est une ten­dance au na­tu­rel, ré­pu­té sous le terme « French Touch ». Que pen­sez vous de Kim Kar­da­shian ? Ou en­core des frères Bog­da­nof ?

Sans com­men­taire…(rires). En 2008, le mar­ché mon­dial de la beau­té était es­ti­mé à 500 mil­liards de dol­lars. Les soins de lutte contre le vieillis­se­ment re­pré­sen­taient, à eux seuls, 20 % de ce mon­tant. Pen­sez vous, qu’in­cons­ciem­ment, cer­taines per­sonnes puissent re­cher­cher une cer­taine forme d’im­mor­ta­li­té à tra­vers la chi­rur­gie es­thé­tique?

Im­mor­ta­li­té non, re­tar­der en dou­ceur les signes du vieillis­se­ment oui. Une in­jec­tion de bo­tox par exemple per­met de re­tar­der l’ap­pa­ri­tion des rides. Bien faite, elle est par­fai­te­ment na­tu­relle. Beau­coup de gens conti­nuent de consi­dé­rer la chi­rur­gie comme quelque chose de su­per­fi­cielle. Est-ce une bonne ré­flexion ? Pas du tout ! Le fait d’être at­ta­ché à son ap­pa­rence ne fait pas de nous quel­qu’un de su­per­fi­ciel. En­core une fois, tout est dans la li­mite que l’on se fixe, et dans le na­tu­rel qu’on tente d’ap­por­ter.

Pen­sez vous que la chi­rur­gie es­thé­tique puisse dé­na­tu­rer l’Homme ? Qu’elle puisse en quelques sortes le rendre in­hu­main, lui en­le­ver son hu­ma­ni­té par la cor­rec­tion de ses dé­fauts ?

La chi­rur­gie es­thé­tique – heu­reu­se­ment- amé­liore, ou per­met d’être mieux dans sa peau, mais nous laisse notre cô­té per­fec­tible qui nous rend tous sé­dui­sants ! Amé­lio­rer nos pe­tits dé­fauts pour se­sen­tir plus li­bé­ré ne re­vient pas au­to­ma­ti­que­ment à de­ve­nir quel­qu’un d’autre. Avez-vous dé­jà re­çu des pa­tients qui sou­hai­taient res­sem­bler à leur cé­lé­bri­té pré­fé­rée ? Non, ja­mais. En France ce genre de de­mande est vrai­ment très rare. Heu­reu­se­ment d’ailleurs (rires). Dans son livre Uglies,Scott Wes­ter­feld met en scène une so­cié­té fu­tu­riste où tout tourne au­tour de la beau­té. Ce­la en­gendre évi­dem­ment de grandes mu­ta­tions au sein de la so­cié­té. Une dé­mo­cra­ti­sa­tion sans me­sure de la chi­rur­gie es­thé­tique ne se­rait-elle pas un réel dan­ger pour notre so­cié­té ? Il s’agit vrai­ment d’un ou­vrage de science fic­tion. En­core une fois tout dé­pend du do­sage. La ten­dance ac­tuelle n’est pas le confor­misme, mais l’as­pect na­tu­rel. Le but est d’amé­lio­rer la vie des gens avec des in­ter­ven­tions plus douces et plus maî­tri­sées. Il s’agit avant tout de res­pec­ter la per­son­na­li­té et l’iden­ti­té de cha­cun. Fi­na­le­ment, a meilleure fa­çon d’être bien dans sa peau ne se­rait-elle pas de s’ai­mer comme nous sommes ? La meilleure fa­çon de s’ai­mer est jus­te­ment de suivre ses en­vies. On peut s’ai­mer avec ou sans bour­re­let, on peut vou­loir vieillir avec ou sans rides... L’es­sen­tiel est de se sen­tir bien dans son corps, en adé­qua­tion avec sa per­son­na­li­té et sa joie de vivre.

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