LA MÉ­DI­TA­TION SOU­LAGE LE MAL DE DOS Quand on souffre de maux de dos chro­niques, les an­tal­giques ne suf­fisent pas tou­jours. Pour­quoi pas es­sayer la mé­di­ta­tion de pleine conscience, dite “mind­ful­ness” ? Mode d’em­ploi d’une mé­thode non mé­di­ca­men­teuse qui a

Zen et bien dans ma vie - - Conseils En Vrac -

Im­pos­sible de pas­ser à cô­té de l’en­goue­ment pour la mé­di­ta­tion, que ce soit sur In­ter­net, dans les ma­ga­zines ou à la té­lé­vi­sion. Une simple mode ? Pas seule­ment, car plu­sieurs tra­vaux scien­ti­fiques ont prou­vé ses bien­faits contre le stress ou la dou­leur, et en par­ti­cu­lier le mal de dos. En mars 2016, une étude pa­rue dans la re­vue mé­di­cale The Jour­nal of Ame­ri­can Me­di­cal As­so­cia­tion (JAMA) a mon­tré que la mé­di­ta­tion se ré­vé­lait plus ef­fi­cace que les mé­di­ca­ments an­ti­dou­leurs, dès le pre­mier mois de trai­te­ment.

La tech­nique étu­diée par les cher­cheurs est celle de la “mind­ful­ness”, ou “mé­di­ta­tion de pleine conscience”, une mé­thode tra­di­tion­nelle dé­pouillée de ses as­pects spi­ri­tuels. Elle ne re­quiert au­cune connais­sance préa­lable : tout le monde peut s’y mettre.

At­ten­tion, ce n’est pas de la re­laxa­tion ! La mé­di­ta­tion est une at­ti­tude ac­tive où les sens sont en éveil. On ap­prend à s’ex­traire de ses émo­tions et de ses sen­sa­tions pour at­teindre, au fil de la pra­tique, une paix in­té­rieure. Les mé­de­cins ont iden­ti­fié au moins deux mé­ca­nismes à l’oeuvre dans les maux de dos chro­niques, et la mé­di­ta­tion semble par­ti­cu­liè­re­ment adap­tée pour y ré­pondre.

La dou­leur pro­voque des ré­ac­tions de dé­fense du corps. Les muscles, no­tam­ment, se crispent pour for­mer des contrac­tures. « La per­sonne qui souffre ré­duit au maxi­mum ses mou­ve­ments et les ar­ti­cu­la­tions se rai­dissent », com­plète le Dr Cou­dron. Moins on bouge, plus le pro­blème s’ag­grave.

On sait éga­le­ment que le cer­veau joue un rôle ma­jeur dans la chro­ni­ci­sa­tion de la dou­leur. Grâce aux pro­grès de l’ima­ge­rie cé­ré­brale, les cher­cheurs ont ob­ser­vé de quelle ma­nière la sen­sa­tion dou­lou­reuse fi­nis­sait par évo­luer pour son propre compte, ali­men­tée par le stress et l’an­xié­té. Il n’est pas rare que la lé­sion ori­gi­nelle dis­pa­raisse com­plè­te­ment, mais que la lom­bal­gie per­siste à cause de ces phé­no­mènes d’au­toag­gra­va­tion.

L’étude pa­rue dans le JAMA com­pare un groupe de per­sonnes soi­gnées par des an­ti­dou­leurs, avec un autre pa­nel qui a sui­vi des séances de mé­di­ta­tion. Les ré­sul­tats sont sans ap­pel : les pa­tients du deuxième groupe ont consta­té une amé­lio­ra­tion de 51 % de leurs dou­leurs et de leur mo­bi­li­té, quand les pre­miers n’ont été sou­la­gés qu’à hau­teur de 27 %. Le Dr Cou­dron ex­plique que le fait de mé­di­ter dé­con­tracte d’abord les muscles. « Tout le corps se dé­crispe », af­fir­met-il. Ce­la per­met éga­le­ment de mo­di­fier notre rap­port à la dou­leur. En l’ac­cep­tant, on se li­bère des émo­tions né­ga­tives qui ag­gravent et en­tre­tiennent le mal.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.