Le voyage d’une goutte dans l’es­pace

Na­bil Tabet, connu sous le nom de Pou­pouche, A RÉ­CEM­MENT PRÉ­SEN­TÉ Une Goutte dans l’es­pace, SA NOU­VELLE COL­LEC­TION DE PHO­TOS, à l’hô­tel Le Gray à Bey­routh.

Déco Magazine - - ART-NEWS - Ca­rine Kha­laf

Pen­dant une di­zaine d’an­nées, la pho­to a été pour Na­bil Tabet une pas­sion et un hob­by puis­qu’il pas­sait son temps dans sa chambre noire à voir naître des images et à les dé­ve­lop­per. «Un mo­ment de jouis­sance, de plai­sir mais aus­si d’in­quié­tude», avoue-t-il. Avec l’évo­lu­tion de la pho­to­gra­phie et la dé­cou­verte de nou­veaux moyens tech­no­lo­giques, Tabet est par­mi les pre­miers à pré­sen­ter une ex­po­si­tion de pho­tos en­tiè­re­ment réa­li­sées en chro­maLuxe. Ce nou­veau pro­cé­dé d’im­pres­sion per­met d’in­té­grer di­rec­te­ment des images dans un sup­port en alu­mi­nium; le ré­sul­tat ré­siste à l’eau et aux égra­ti­gnures, tout en of­frant une brillance unique. C’est donc avec ce pro­cé­dé que Na­bil Tabet nous in­vite, tout au long de son ex­po­si­tion, à suivre le voyage d’une goutte. «Une goutte donne la vie», dit-il. À son tour, l’ar­tiste dé­cide de créer une his­toire. Tout com­mence par la nais­sance spa­tiale de la goutte qui ouvre les yeux pour la pre­mière fois, re­flé­tant ceux de l’ar­tiste lui-même. Sa tra­jec­toire dé­marre et s’em­balle. L’ef­fet en est res­sen­ti à tra­vers un jeu d’ombres et de lu­mière où elle af­fronte les phé­no­mènes de l’es­pace: murs so­laires, vagues stel­laires, arc-en-ciel, cou­cher de so­leil, au­rore bo­réale, champ ma­gné­tique… Au cours de son ex­plo­ra­tion, la goutte ren­contre d’autres gouttes qui don­ne­ront nais­sance à leur tour à des gout­te­lettes. Un tra­vail mé­ti­cu­leux qui exige pa­tience et at­ten­tion.

À la fin de son sé­jour, la goutte al­lume ses ré­ac­teurs pour sor­tir de l’es­pace in­ter­stel­laire et en­trer dans l’es­pace ter­restre où elle dé­couvre les conti­nents et les îles sous forme d’autres gouttes. Avant d’at­ter­rir en­fin sur le corps d’une femme. Avec des cou­leurs net­te­ment plus froides qu’au dé­but du voyage, de gros plans de la goutte sur le corps nu de la femme ré­vèlent leur os­mose. Une his­toire d’amour nais­sante qui connaî­tra une suite en 2018. Une troi­sième ex­po­si­tion est même an­non­cée: cette fois-ci, la goutte in­vi­te­ra la femme dans l’es­pace pour ren­con­trer sa fa­mille. Af­faire à suivre, donc.

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