Cô­té rue, cette

Déco Magazine - - EN AFRIQUE DU SUD - Sté­pha­nie Gha­zal

ré­si­dence de va­cances pour­rait à la li­mite pas­ser in­aper­çue, si ce n’était l’élé­gance de son tra­cé: un vo­lume d’une ho­ri­zon­ta­li­té très pro­non­cée, flot­tant sur une épaisse ligne blanche qui dé­li­mite le ni­veau de l’en­trée. Mais avant même d’avoir fran­chi le seuil, la vue sur l’ho­ri­zon, au- de­là d’un es­ca­lier lé­ger, an­nonce dé­jà des sur­prises et des es­paces aty­piques. C’est que du cô­té op­po­sé du ter­rain, face à la mer, les vo­lumes se dé­ve­loppent en cas­cade, comme si toute la mai­son était prise dans un mou­ve­ment de des­cente vers l’océan. Et c’est là que ré­side le charme de ce pro­jet qui semble éta­blir

une con­nexion in­con­di­tion­nelle avec la mer, et ré­pondre au mou­ve­ment des vagues par des dé­han­che­ments et des bras ten­dus. Dans un élan amou­reux vers l’ho­ri­zon, le vo­lume de la chambre prin­ci­pale se dé­croche du reste de l’étage, dou­blé d’une longue ter­rasse au ni­veau in­fé­rieur qui fait of­fice de je­tée flot­tante. Tout ici semble in­vi­ter au plon­geon, et à s’aban­don­ner au pay­sage aqua­tique.

Suave, jus­qu’au bout

Dans le trai­te­ment des vo­lumes, Saota opte pour des tran­si­tions sub­tiles entre les pleins et les vides, entre les

den­si­tés, mais aus­si entre les dif­fé­rents ma­té­riaux. Chaque étage de­vient une couche à part, sans pour au­tant tran­cher com­plè­te­ment avec les autres: ce­lui des chambres, au ni­veau le plus haut, per­met le plus de va­ria­tions dans les de­grés des ou­ver­tures, alors que ce­lui des ré­cep­tions, es­sen­tiel­le­ment vi­tré, re­prend la même trame de base du ca­drage. À ce ni­veau, la ter­rasse sert de tran­si­tion avec l’étage d’en des­sous, ce­lui dont l’ex­ten­sion com­prend la pis­cine. Son en­ve­loppe en pierre se dis­tingue sub­ti­le­ment de l’en­semble, comme une base so­lide. Une douce dé­li­mi­ta­tion des trois en­ti­tés qui com­posent la mai­son,

avec des tex­tures qui res­tent en har­mo­nie avec leur en­vi­ron­ne­ment na­tu­rel.

Si­nuo­si­tés et dé­cou­vertes

Si le ter­rain sur le­quel elle est construite était es­sen­tiel­le­ment consti­tué de dunes, la mai­son semble avoir in­té­gré l’es­sence on­du­la­toire de cet hé­ri­tage: le tra­cé si­nueux au­rait trou­vé son che­min à tra­vers les strates jus­qu’aux in­té­rieurs de la de­meure. Dans une com­po­si­tion fluide, des lignes souples s’écartent les unes des autres pour dé­fi­nir puits de lu­mière, es­ca­liers, et autres vides et pas­se­relles. De quoi sen­tir que la lu­mière qui coule à flots se­rait en train

de mo­de­ler les es­paces par sa tra­jec­toire. Çà et là, des élé­ments du mo­bi­lier re­prennent des courbes élé­gantes, ali­men­tant une sen­sa­tion de confort et de lais­ser-al­ler propre au temps des va­cances. Par­tout où l’on se trouve, l’en­ve­loppe ex­té­rieure de­vient un cadre pour une vue, et les es­paces sont agen­cés de sorte à dé­cu­pler l’in­ten­si­té du rap­port au pay­sage en­vi­ron­nant, que ce soit la vé­gé­ta­tion au pre­mier plan ou, un peu plus loin, l’océan. Il sem­ble­rait que dans chaque coin, ha­bi­tants et vi­si­teurs peuvent dé­gus­ter des mo­ments de dé­tente, à l’écoute de la na­ture.

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