La femme der­rière le Sa­lo­neSa­tel­lite

Déco Magazine - - ZOOM - Pro­pos re­cueillis par Ch­ris­tiane Ta­wil

Ré­cem­ment, vous avez été dé­co­rée par le maire de Mi­lan du pres­ti­gieux prix Am­bro­gi­no d’Oro. Une re­con­nais­sance pour votre en­ga­ge­ment au­près des jeunes de­si­gners dans le cadre du Sa­lo­neSa­tel­lite. Ra­con­tez-nous cette belle aven­ture. J’étais en même temps très sur­prise et très ho­no­rée lors de ma no­mi­na­tion. Le prix Am­bro­gi­no est l’un des plus pres­ti­gieux de Mi­lan, qui vient ré­com­pen­ser une ins­ti­tu­tion ou un ci­toyen. Pour moi, étant d’ori­gine vé­né­zué­lienne et mi­la­naise d’adop­tion, c’était une consé­cra­tion.

Au­jourd’hui, après tant d’an­nées pas­sées en Ita­lie, vous sen­tez-vous mi­la­naise d’adop­tion ou res­tez-vous vé­né­zué­lienne? Je di­rais moi­tié-moi­tié. Mes ra­cines sud-amé­ri­caines sont très an­crées en moi, ma per­son­na­li­té, mon style s’en res­sentent, je porte des robes co­lo­rées … Mais je me sens aus­si tel­le­ment mi­la­naise dans mes ha­bi­tudes, comme par exemple al­ler à la Sca­la.

Vous avez fon­dé le Sa­lo­neSa­tel­lite il y a plus de vingt ans, qui a été une pla­te­forme de lan­ce­ment pour beau­coup de grandes poin­tures du de­si­gn. Don­nez-nous des noms…, des anec­dotes. Plu­sieurs de­si­gners ont connu la pros­pé­ri­té grâce au Sa­lo­neSa­tel­lite. Pour moi, ils sont cé­lèbres de ma­nières dif­fé­rentes. Comme une mère pour ses en­fants, je n’ai pas de pré­fé­rence… Par­mi ceux qui se sont fait un nom, je je ci­te­rai les Fran­çais Ma­ta­li Cras­set et Pa­trick Jouin, l’In­dien Sa­tyen­dra Pa­kha­lé, les Ja­po­nais To­mo­ko Azu­mi et Nen­do, les Fin­lan­dais Har­ri Kos­ki­nen et Ilk­ka Sup­pa­nen, le Belge Xa­vier Lust, les Sué­dois Front et Jo­han Lind­stén, les Amé­ri­cains Sean Yoo et Co­ry Gros­ser, le Nor­vé­gien Da­niel Ry­bak­ken, l’Ar­gen­tin Fe­de­ri­co Chur­ba, les Vé­né­zué­liens Ro­dol­fo Agrel­la et Ana­bel­la Geor­gi, la Serbe Ni­ka Zu­panc, l’Al­le­mand Se­bas­tian Herk­ner… Et quelques Ita­liens: Fran­ces­ca Lan­za­vec­chia, Ales­san­dra Bal­de­res­chi, Do­na­ta Pa­ruc­ci­ni, Car­lo Con­tin, Adria­no De­si­gn, Pao­lo Ulian, Lo­ren­zo Da­mia­ni, Cris­ti­na Ce­les­ti­no… Votre image est in­dis­so­ciable du Sa­lon de Mi­lan, vous êtes un lien entre les or­ga­ni­sa­teurs, la presse in­ter­na­tio­nale et les édi­teurs ita­liens. Par­lez-nous de votre contri­bu­tion à vé­hi­cu­ler la créa­ti­vi­té ita­lienne. Je fais de mon mieux. Je viens de ren­trer du Ca­na­da où j’ai été choi­sie par­mi les nom­breux am­bas­sa­deurs en charge de pro­mou­voir le de­si­gn ita­lien dans le monde, lors de l’Ita­lian De­si­gn Day, jour­née fixée le 1er mars et or­ga­ni­sée par le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères ita­lien. L’an­née der­nière j’étais à Séoul, en Co­rée du Sud. J’aime ce que je fais, je le fais avec amour même si c’est par­fois contrai­gnant. Je suis sou­vent in­vi­tée à tra­vers le monde pour par­ler du Sa­lo­neSa­tel­lite et du Sa­lon du meuble, je pro­fite de ces oc­ca­sions pour pro­mou­voir l’Ita­lie, ses de­si­gners, ses en­tre­prises et sur­tout l’art de vivre à l’ita­lienne.

Que nous ré­serve l’édi­tion 2018 de Sa­lo­neSat­te­lite? Avez­vous concoc­té des sur­prises? La vingt et unième édi­tion du Sa­lo­neSa­tel­lite s’ar­ti­cule au­tour d’un thème fas­ci­nant, Afrique/Amé­rique la­tine: de­si­gn mon­tant-de­si­gn émergent. L’at­ten­tion se por­te­ra sur les hé­mi­sphères sud: l’Afrique et l’Amé­rique la­tine, des creu­sets de cultures, de créa­ti­vi­té, de de­si­gn et sur­tout d’ins­pi­ra­tion. Cette ex­po­si­tion est sous la hou­lette des de­si­gners bré­si­liens Hum­ber­to et Fer­nan­do Cam­pa­na qui ont beau­coup tra­vaillé dans le so­cial et l’in­té­gra­tion des per­sonnes mar­gi­na­li­sées. Pour la par­tie afri­caine, c’est le de­si­gner fran­co-ma­ro­cain Hi­cham Lah­lou, fon­da­teur des Afri­ca De­si­gn Award & Days, qui a été com­mis­sion­né pour pro­mou­voir les fu­tures gé­né­ra­tions de l’Afrique créa­tive.

Quel conseil don­ne­riez-vous à un jeune qui se lance dans le de­si­gn, quand on sait qu’au­jourd’hui la concur­rence et l’ac­cès aux édi­teurs sont rudes? Je lui re­com­man­de­rais de suivre sa pas­sion et son ins­tinct mais en même temps de res­ter conti­nuel­le­ment in­for­mé, au tra­vers des ma­ga­zines, du web, des voyages et sur­tout des ren­contres avec les gens.

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