JUNKO SHIMADA DE TOKYO À PA­RIS

Femme Magazine - - INTERVIEW -

VOI­CI 35 ANS QUE JUNKO SHIMADA HA­BILLE LES FEMMES À PA­RIS. DI­PLÔ­MÉE DE L’INS­TI­TUT SUGINO GAKUEN DRESSMAKER DE TOKYO EN 1968, ELLE MET LE CAP SUR LA CA­PI­TALE FRAN­ÇAISE POUR EX­PLO­RER CE TEMPLE DE LA MODE QUI L’A TOU­JOURS FASCINÉE.

j’étais fascinée par les films de la nou­velle vague. Il y avait une éner­gie vrai­ment spé­ciale aus­si bien au Ja­pon qu’en France. Quand je suis ar­ri­vée ici, je ne m’at­ten­dais pas à toute cette agi­ta­tion. Tout le monde fai­sait du stop; l’am­biance était beau­coup plus bo­hème que main­te­nant. À l’époque, la France avait dé­jà ce cô­té ti­raillé entre nos­tal­gie et avant-garde. J’étais très sur­prise de voir la frac­ture tech­no­lo­gique entre le Ja­pon en plein boom et la France qui sem­blait sus­pen­due dans un es­pa­ce­temps un peu dif­fé­rent, mais néan­moins ex­trê­me­ment char­mant du point de vue d’une étran­gère. Les idées bouillon­naient et j’avais en­vie de ça à ce mo­ment-là.

VOUS AVEZ CONNU LA MI­NI­JUPE DES 70'S, LA TEN­TA­TIVE DE

cuir. Le cuir est quand même une ma­tière qui a beau­coup de ca­rac­tère. Au­jourd’hui en France l’idée d’équi­libre est as­sez pré­sente dans le style: on at­té­nue, on «dé­dra­ma­tise». Mais à l’époque c’était un peu le contraire. Là il a ex­ploi­té le cuir et son ima­ge­rie sexy. La femme était fa­tale, presque lé­tale.

LES CRÉA­TEURS QUI VOUS ONT LE PLUS MARQUÉE?

Quand j’étais très jeune, ce n’était pas un créa­teur mais une marque, Le­vi’s. Plus tard il y a eu Mu­gler, McQueen et bien d’autres.

QUELS SONT LES JEUNES CRÉA­TEURS QUE VOUS APPRÉCIEZ?

Jac­que­mus pour son au­dace, le twist des codes que nous uti­li­sons sou­vent. Il y a un cô­té as­sez lé­ger et plai­sant. Ales­san­dro Mi­chele pour le tra­vail, les dé­tails, la ri­chesse des matières. Ro­darte qui est très fé­mi­nin, ani­mal. La femme fa­tale bo­hème. Proen­za Schou­ler…

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