RE­POR­TAGES

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Bien dor­mir Troubles ali­men­taires

Tout comme le té­lé­phone por­table qui doit être re­char­gé ré­gu­liè­re­ment pour ne pas plan­ter, le corps a be­soin de som­meil pour être re­char­gé… Les der­nières études le prouvent: le som­meil est le meilleur al­lié san­té et beau­té!

Plu­sieurs études ré­centes tirent la son­nette d’alarme al­lant jus­qu’à dé­mon­trer qu’un manque chro­nique de som­meil (moins de six heures par nuit) nui­sait à plus de 700 gènes du corps hu­main. De plus, ces al­té­ra­tions peuvent se trans­mettre d’une gé­né­ra­tion à l’autre. La liste des mé­faits du manque de som­meil est longue et alar­mante: dia­bète, prise de poids, ma­la­dies car­dio­vas­cu­laires, hy­per­ten­sion ar­té­rielle, in­fec­tions vi­rales, dé­pres­sion, maux de tête, perte de confiance en soi, dif­fi­cul­tés d’ap­pren­tis­sage…

UN AL­LIÉ SAN­TÉ Le manque de som­meil di­mi­nue l’ac­ti­vi­té des glo­bules blancs et les an­ti­corps dont le rôle est de com­battre les in­fec­tions. En réa­li­té, pen­dant que l’on dort, notre sys­tème im­mu­ni­taire s’en­traîne à «mé­mo­ri­ser» les agents in­fec­tieux qui risquent de l’at­ta­quer. Plus on dort, plus le sys­tème im­mu­ni­taire a le temps d’af­fû­ter sa mémoire. Pour preuve, cette étude me­née il y a quelques an­nées aux ÉtatsU­nis, où l’on a ino­cu­lé le même vi­rus de rhume à 150 vo­lon­taires. On a consta­té au bout de cinq jours que ceux qui avaient dor­mi au moins huit heures par nuit avaient mieux ré­sis­té au vi­rus.

UN AL­LIÉ BEAU­TÉ C’est en dor­mant que la peau se ré­pare. L’équa­tion est simple: la ré­gé­né­ra­tion de la peau est pro­por­tion­nelle aux heures de som­meil. La peau pos­sède une chro­no­bio­lo­gie; elle fonc­tionne dif­fé­rem­ment la jour­née et la nuit. De jour, elle a un rôle pro­tec­teur, comme une bar­rière contre les agres­sions de l’en­vi­ron­ne­ment (froid, cha­leur, sè­che­resse, pol­lu­tion…). C’est donc pen­dant la nuit qu’elle ré­cu­père et se ré­gé­nère avec un pic de mul­ti­pli­ca­tion cel­lu­laire qui se pro­duit entre mi­nuit et 4h du ma­tin. D’où l’in­té­rêt d’al­ler au lit avant mi­nuit. En gros, faire la bam­bou­la jus­qu’à 5h du ma­tin et se ta­per une

AU­JOURD’HUI NOUS DORMONS EN­VI­RON UNE HEURE ET DE­MIE DE MOINS QU’IL Y A CIN­QUANTE ANS. C’EST EN­CORE PLUS VRAI POUR LES JEUNES ADO­LES­CENTS QUI PASSENT DE PLUS EN PLUS DE TEMPS SUR LES RÉ­SEAUX SO­CIAUX, REPOUSSANT AIN­SI LE MO­MENT DU COU­CHER ET S’EX­PO­SANT À LA LUMIÈRE BLEUE DES ÉCRANS. OR, CE MANQUE A DES EF­FETS DÉ­LÉ­TÈRES SUR LE CORPS ET LE MEN­TAL.

grasse mat’ jus­qu’à mi­di n’ar­range pas les choses… De plus, c’est pen­dant la nuit que la per­méa­bi­li­té cu­ta­née est la plus im­por­tante, donc c’est à ce mo­ment là qu’elle ar­rive à bien s’oxygéner. C’est l’une des rai­sons pour les­quelles on conseille de bien se dé­ma­quiller avant de se cou­cher afin de per­mettre à la peau de res­pi­rer le mieux pos­sible. Il n’est donc pas né­ces­saire de se tar­ti­ner de crème de nuit si l’on a une peau sans pro­blème.

UN AL­LIÉ JEU­NESSE Plu­sieurs études ont mon­tré que les mau­vaises dor­meuses pa­rais­saient en moyenne 4 ans plus âgées alors que les bonnes dor­meuses étaient per­çues 8 ans plus jeunes. Outre les rides, ce­la concerne les taches, l’élas­ti­ci­té, l’éclat du teint et les cernes bien évi­dem­ment. Il ne s’agit pas uni­que­ment de jeu­nesse du corps mais éga­le­ment du cer­veau. Le som­meil est né­ces­saire au bon fonc­tion­ne­ment de cet or­gane qui ré­git tous les autres. Ce n’est pas un ha­sard si la plu­part des ac­ci­dents in­dus­triels ma­jeurs ont eu lieu entre mi­nuit et 6h du ma­tin! Par­mi ces ca­tas­trophes, celle de Tcher­no­byl en 1986, l’usine chi­mique de Bho­pal en Inde en 1984 ou en­core l’ex­plo­sion nu­cléaire de Th­ree Mile Is­land aux États-Unis en 1979… Des drames dus en par­tie à un manque de vi­gi­lance ou une er­reur de ju­ge­ment de la part d’une per­sonne fa­ti­guée qui n’a pas suf­fi­sam­ment dor­mi. Tou­jours est-il que le manque de som­meil se­rait res­pon­sable de la perte per­ma­nente de cel­lules cé­ré­brales. D’ici à dire que le som­meil n’est pas rat­tra­pable, il n’y a qu’un pas. Ce­pen­dant, les ré­centes dé­cou­vertes sug­gèrent que les dom­mages in­fli­gés au cer­veau ne se­raient pas com­plè­te­ment ir­ré­ver­sibles si tou­te­fois le manque de som­meil n’a pas at­teint un stade chro­nique.

UN AL­LIÉ DE LA LIGNE C’est dé­sor­mais prou­vé: moins on dort plus on gros­sit! Le res­pon­sable? Les hor­mones! L’ap­pé­tit et la faim étant ré­gu­lés par cer­taines hor­mones: la Gh­ré­line qui sti­mule l’ap­pé­tit et la Lep­tine res­pon­sable de la sa­tié­té. Or, quand on ne dort pas as­sez, l’or­ga­nisme fa­brique un ex­cès de Gh­ré­line et pas as­sez de Lep­tine. On a tout le temps faim et on gri­gnote. Il suf­fit de deux nuits d’en­dor­mis­se­ment tar­dif pour dé­ré­gler le sys­tème. Mais at­ten­tion, il ne faut pas ver­ser dans l’ex­cès in­verse: trop de som­meil tue le som­meil! Idéa­le­ment, il fau­drait em­ma­ga­si­ner 8h de som­meil par nuit en se cou­chant avant mi­nuit pour mettre toutes les chances de son cô­té et gar­der la ligne… ou la re­trou­ver.

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