HU­MEUR

Femme Magazine - - FEMME - L.Z.

Ma­da­mea­bey­routh

Li­ban, une bien-pen­sance sou­vent bon en­fant, mais par­fois ob­tue et culti­vant sciem­ment l’obs­cu­ran­tisme, se per­met en­core de stig­ma­ti­ser une femme ou un homme cé­li­ba­taire, ma­rié ou di­vor­cé, de la fa­çon la plus ré­duc­trice… Ou d’in­ter­dire des fes­ti­vi­tés, car cé­lé­brant une sexua­li­té qui n’est pas de son goût.

C’est de l’ordre de la vio­lence psy­cho­lo­gique, cette pres­sion so­ciale, sur des femmes et des hommes qui n’ont rien de­man­dé à per­sonne, si­non qu’on les laisse vivre leur vie comme ils ou elles l’en­tendent. Qu’on ne leur ap­pose pas une date de pé­remp­tion, un mode d’em­ploi et une tra­jec­toire toute dé­fi­nie. Que le cé­li­bat soit un choix ou qu’il soit su­bi, là n’est pas la ques­tion. Fi­na­le­ment, ce­la est de l’ordre de la vie privée. Mais eux ne se privent pas. De s’im­mis­cer dans ce qui ne les concerne pas. De dis­cu­ter des rai­sons qui portent une femme à écar­ter les jambes ou pas. À ac­cor­der sa main au pre­mier ve­nu, ou au der­nier homme dis­po­nible. Ou en­core de cher­cher les causes qui font qu’un homme soit at­ti­ré par une femme plus âgée, plus grosse, plus ri­dée, non bo­toxée… Non, qu’il soit sa­pio-sexuel n’en fait pas un ho­mo­sexuel: un cer­veau bien fait, qu’il soit fé­mi­nin ou mas­cu­lin, ce­la peut être si sé­dui­sant, si ex­ci­tant… N’en dé­plaise à la sa­cro-sainte pla­nète Bo­tox!

Qu’une per­sonne ne se sente pas obli­gée de s’en­fer­mer dans une des cases qui lui est al­louée à la nais­sance. Qu’elle fasse de la ré­sis­tance. Qu’elle s’ac­com­plisse à sa fa­çon sans peur d’être stig­ma­ti­sée. Qu’elle dé­cide de vivre un amour, une re­la­tion, un ma­riage se­lon ses condi­tions à elle. Qu’un homme soit dif­fé­rent. Tiens, qu’il aime un autre homme, par exemple. Que deux per­sonnes trouvent leur voie. Tant mieux pour elle, lui, pour eux. Le reste ne nous re­garde pas. Mais, que des femmes et des hommes aient réus­si à se li­bé­rer de ces modes de pen­sée et de fonc­tion­ner ne peut que faire hur­ler. Les chantres de la bien-pen­sance qui af­fichent sou­vent un bon­heur que tous ne vivent pas en réa­li­té. Pri­son­niers de choix su­bis, sui­vis, édic­tés, n’ayant eu ni la cu­rio­si­té ni le cou­rage d’al­ler se for­ger une exis­tence is­sue d’ex­pé­riences propres, et d’écrire un ré­cit per­son­nel, ils ne sau­ront pas res­pec­ter le choix libre de leurs amis, de leurs en­fants, ni com­prendre puis ap­prou­ver ce qui ren­dra ces der­niers heu­reux.

Le qu’en-di­ra-t-on, ce­la fait sou­rire Ma­dame. Non, ne rien avoir à ci­rer de ce que les autres pensent. Même si les gens ne vont pas com­prendre… Même s’ils vont ju­ger. Ja­ser. Ne pas en avoir cure, et conti­nuer sa route. Jus­te­ment, Ma­dame res­pecte ceux qui ont le cou­rage d’as­su­mer un choix de vie libre en­vers et contre tous. Et qui ont dans le col­li­ma­teur, cette sa­tis­fac­tion d’être en ac­cord avec eux-mêmes, et de suivre leur propre voie. Même si le com­bat est trop dur. Même si on ne le gagne pas tou­jours. Ce qui la dé­sole, c’est d’as­sé­ner des vé­ri­tés toutes faites à un couple qui a su vivre sa dif­fé­rence. Pour­quoi ne pas ac­cep­ter que quel­qu’un puisse suivre un che­min propre, sou­mis à d’autres codes, et ain­si pa­ver la voie à de nou­veaux pos­sibles…?

Le dik­tat de la ma­jo­ri­té, quelle hor­reur! La vie est d’un en­nui quand on ne l’a pas choi­sie se­lon nos en­vies propres. Mais juste pour se fondre dans une sup­po­sée nor­ma­li­té. Cha­cun sa dif­fé­rence. Un che­min de vie, c’est si per­son­nel.

Comme le dit le phi­lo­sophe, «cha­cun porte en lui le sens qu’il donne au monde ». Mé­di­ter cette phrase, pour évi­ter de perdre tant d’éner­gie à se mê­ler de la vie privée des gens. Le bon­heur, cette chose si dif­fi­cile à ob­te­nir et après la­quelle on court tous… Le bon­heur est af­faire per­son­nelle. Que ce­lui qui le trouve s’y ac­croche. Cha­cun sa route. Cha­cun son choix. Bas­ta.

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