CONSEILS

LE CONSOM­MA­TEUR LI­BA­NAIS EST MA­TRA­QUÉ, CES DER­NIERS TEMPS, PAR UNE PU­BLI­CI­TÉ IN­TEN­SIVE POR­TANT SUR DES PRÊTS BAN­CAIRES PER­SON­NELS. A PRIO­RI, IL EST SÉ­DUIT, LES PRO­MO­TIONS MET­TANT EN AVANT DE NOM­BREUSES INCITATIONS COMME LE PRÊT IN­DI­VI­DUEL SANS JUSTIFICATI

Femme Magazine - - CONTENU - Li­liane Mok­bel

Prêts per­son­nels

La pu­bli­ci­té par­lante est en train de trou­ver des ré­pon­dants. Mais avant de fran­chir le pas, les ques­tion­ne­ments sur les avan­tages et les in­con­vé­nients d’une telle dé­marche sont jus­ti­fiés, les de­man­deurs pro­ve­nant des couches so­ciales les moins ai­sées.

PRO­BLÈME DE TRÉ­SO­RE­RIE

La Banque du Li­ban en­cou­rage l’oc­troi de prêts ban­caires, dans l’ab­so­lu, en consi­dé­rant que cette op­tion est à même de do­per la crois­sance éco­no­mique à tra­vers l’en­cou­ra­ge­ment à la consom­ma­tion et le sou­tien à l’em­ploi. Elle a ac­cor­dé, à cet ef­fet, de nom­breuses incitations fi­nan­cières aux banques. Tou­te­fois, l’ob­ten­tion d’une avance est tri­bu­taire du seul consen­te­ment du dé­par­te­ment de la ges­tion du risque cré­dit de l’éta­blis­se­ment au­près du­quel le client a pré­sen­té une de­mande. Pour ce qui est du prêt per­son­nel sans jus­ti­fi­ca­tif, un tel cré­dit ne si­gni­fie pas un cré­dit in­con­di­tion­nel non as­sor­ti de garde-fou.

Par contre, les règles de son ac­cep­ta­tion sont strictes et les dé­ci­sions de son oc­troi sont prises au cas par cas. Un prêt per­son­nel est une ca­té­go­rie de cré­dit à la consom­ma­tion qui per­met à l’em­prun­teur de de­man­der une somme d’ar­gent sans que l’or­ga­nisme prê­teur ne lui pose au­cune ques­tion. En termes plus simples, le client n’a pas à four­nir de de­vis, de fac­tures, de pro­jets pré­cis ou à dé­voi­ler la fi­na­li­té de son em­prunt. Il per­met de faire face ra­pi­de­ment à un pro­blème de tré­so­re­rie im­pré­vi­sible, à titre in­di­ca­tif on peut ci­ter les frais de l’en­ter­re­ment d’un pa­rent ou l’hos­pi­ta­li­sa­tion su­bite d’un membre de la fa­mille. Aus­si est-il né­ces­saire de sou­li­gner un avan­tage im­por­tant as­sor­ti à ces prêts, à sa­voir que le mon­tant em­prun­té peut ser­vir au fi­nan­ce­ment d’un ou de plu­sieurs pro­jets. Par ailleurs, c’est un cré­dit aux ca­rac­té­ris­tiques fixes qui res­tent constantes tout au long de la pé­riode de rem­bour­se­ment de l’em­prunt.

CONDI­TIONS STRICTES

La trans­pa­rence, tant du cô­té de l’em­prun­teur que du cô­té du prê­teur, est ré­gie d’une ma­nière stricte par les dis­po­si­tions de la circulaire de la Banque du Li­ban Nº124. Tous les me­nus dé­tails de­vant fi­gu­rer sur le con­trat d’oc­troi d’un cré­dit per­son­nel sont men­tion­nés avec pré­ci­sion. Pour illus­trer les exi­gences im­po­sées par la BDL, on ci­te­ra le fait que lorsque le cré­dit est ac­cor­dé à un «taux dé­bi­teur va­riable», la condi­tion est écrite en arabe sui­vie de sa tra­duc­tion en an­glais ou en fran­çais. Sur un autre plan, si les banques ne sont pas concer­nées par l’ob­jet à fi­nan­cer, elles sont concer­nées par le sta­tut et pro­fil so­cial du de­man­deur et aus­si par sa si­tua­tion fi­nan­cière. La confiance du prê­teur en­vers le client est pri­mor­diale puisque la prin­ci­pale pro­blé­ma­tique lors d’une de­mande de cré­dit sans jus­ti­fi­ca­tif est de sa­voir si l’em­prun­teur a réel­le­ment la pos­si­bi­li­té de rem­bour­ser le ca­pi­tal ac­cor­dé dans le dé­lai im­par­ti. Sui­vant le cas alors, il est pos­sible qu’une ou plu­sieurs ga­ran­ties soient exi­gées, à sa­voir une fiche de paie, des per­sonnes ga­rantes ou un gage à dé­fi­nir se­lon le mon­tant de­man­dé.

ÉVA­LUA­TION DU RISQUE

Il y au­rait près de 500 dif­fé­rentes offres de prêts per­son­nels pro­po­sées par les banques li­ba­naises. La somme em­prun­tée va­rie entre $ 15 000 et $ 150 000, se­lon le cas. Celle-ci est cal­cu­lée en fonc­tion du sa­laire de l’em­prun­teur et peut at­teindre 10 à 16 fois son re­ve­nu men­suel. Néan­moins, le mon­tant de la men­sua­li­té à rem­bour­ser ne peut en au­cun cas dé­pas­ser le 1/3 du re­ve­nu men­suel. Quant au taux d’in­té­rêt, il est cer­tai­ne­ment in­fé­rieur à ce­lui ap­pli­qué par les usu­riers et dé­pend du dé­lai de rem­bour­se­ment, que ce taux soit for­fai­taire ou dé­gres­sif. Plus le dé­lai est court, plus le taux d’in­té­rêt dé­bi­teur est faible. Dans d’autres cas, la banque peut exi­ger la ga­ran­tie de deux per­sonnes qui s’en­ga­ge­raient par écrit à rem­bour­ser le mon­tant en cas de dé­faut de paie­ment. Un der­nier cas de fi­gure, l’éta­blis­se­ment de cré­dit peut exi­ger une ga­ran­tie en es­pèces qui se tra­dui­rait par le blo­cage d’une somme égale au mon­tant em­prun­té.

IL Y AU­RAIT PRÈS DE 500 DIF­FÉ­RENTES OFFRES DE PRÊTS PER­SON­NELS PRO­PO­SÉES PAR LES BANQUES LI­BA­NAISES.

SIMULATIONS

Afin de com­pa­rer les offres, il est conseillé de réa­li­ser une si­mu­la­tion en ligne de votre pro­jet de cré­dit sans jus­ti­fi­ca­tif. Une fois les offres col­lec­tées, la com­pa­rai­son de­vient fa­cile pour bé­né­fi­cier d’un fi­nan­ce­ment aux les meilleures condi­tions et taux du mar­ché d’au­tant plus que les pro­grammes en ligne pour de tels exer­cices sont nom­breux. L’es­sen­tiel est de ne pas mettre en dan­ger les fi­nances du mé­nage et de s’as­su­rer des ca­pa­ci­tés de rem­bour­se­ment avant de se lan­cer. Le prêt per­son­nel n’est donc pas né­ces­sai­re­ment un cré­dit à faible taux mais un cré­dit dont la men­sua­li­té est réa­li­sable. Reste à sa­voir que, contrai­re­ment à un prêt af­fec­té, le mon­tant trans­fé­ré sur un compte du fait de l’ob­ten­tion d’un cré­dit per­son­nel est ir­ré­ver­sible. Si votre pro­jet tombe à l’eau, vous vous re­trou­vez avec un en­det­te­ment qui au­rait pu être évi­té.

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