CANCER DU CER­VEAU, RÉ­SUL­TATS PROMETTEURS DE L’IM­MU­NO­THÉ­RA­PIE

Femme Magazine - - SANTÉ -

Richard Gra­dy ( 50 ans) souf­frait d’un glio­blas­tome, une tu­meur du cer­veau par­ti­cu­liè­re­ment agres­sive. Il avait été trai­té par chi­rur­gie, par ra­dio­thé­ra­pie et par des mé­di­ca­ments anti- can­cé­reux, mais son cancer a ré­ap­pa­ru et s’est ré­pan­du dans d’autres par­ties du cer­veau. L’équipe a ex­trait des cel­lules im­mu­ni­taires de ce pa­tient, des lym­pho­cytes T, et les a mo­di­fiées gé­né­ti­que­ment pour qu’elles ex­priment des pro­téines de sur­face qui re­con­naissent et dé­truisent les cel­lules can­cé­reuses du glio­blas­tome. Les cel­lules mo­di­fiées, ap­pe­lées CAR T ( pour chi­me­ric an­ti­gen re­cep­tor T cells) ci­blaient l’an­ti­gène IL13Rα2 ( in­ter­leu­kin- 13 re­cep­tor al­pha 2). Tout d’abord, le pa­tient a su­bi une chi­rur­gie pour re­ti­rer trois de ses plus grosses tu­meurs, soit l’es­sen­tiel. Puis les cher­cheurs ont in­jec­té les cel­lules CAR T di­rec­te­ment dans le site où se trou­vait la plus gosse tu­meur. Sur ce site, la tu­meur a ar­rê­té de croître, mais d’autres tu­meurs plus pe­tites ont conti­nué à gros­sir et de nou­velles sont ap­pa­rues. Les mé­de­cins ont alors pla­cé un se­cond tube dans le cer­veau, dans le sys­tème ven­tri­cu­laire, là où le li­quide cé­pha­lo­ra­chi­dien est fa­bri­qué, et ils ont in­jec­té les cel­lules à cet en­droit. L’au­teur de ces tra­vaux a ex­pli­qué dans Me­di­cal Xpress que l’idée était que le li­quide cé­ré­bros­pi­nal trans­porte les lym­pho­cytes T à d’autres en­droits. Après trois trai­te­ments, toutes les tu­meurs ont été ré­duites et après le dixième ( au bout de six mois), elles ont dis­pa­ru. C’était la pre­mière fois que des cel­lules im­mu­ni­taires étaient in­jec­tées dans ces ré­gions du cer­veau. L’in­jec­tion dans les ven­tri­cules était ris­quée car elle peut cau­ser une in­flam­ma­tion dan­ge­reuse voire mor­telle. Mais le pa­tient n’a pas connu de telles com­pli­ca­tions. Les effets se­con­daires du traitement ( maux de tête, fa­tigue, dou­leurs mus­cu­laires) étaient gé­rés; cer­tains pou­vaient être liés à d’autres trai­te­ments que pre­nait le pa­tient. Mais en­suite de nou­velles tu­meurs sont ap­pa­rues dans dif­fé­rentes zones du cer­veau et de la moelle épi­nière. D’après Beh­nam Ba­die, ces tu­meurs ne conte­naient pas for­cé­ment la pro­téine ci­blée par les cel­lules CAR T. À l’ave­nir, il fau­drait donc uti­li­ser plu­sieurs types de cel­lules im­mu­ni­taires mo­di­fiées pour ci­bler dif­fé­rentes pro­téines. Celles- ci pour­raient aus­si dé­pendre du pa­tient. Il s’agit alors d’une ap­proche per­son­na­li­sée pour contrô­ler le cancer. Le pa­tient a sui­vi un traitement par ra­dio­thé­ra­pie. Sa réponse à l’im­mu­no­thé­ra­pie a du­ré plus de sept mois et le fait qu’il ait sur­vé­cu plus d’un an après le dé­but du traitement est une si­tua­tion ex­cep­tion­nelle pour quel­qu’un dont l’es­pé­rance de vie se me­su­rait en se­maines. Richard Gra­dy fait par­tie d’un es­sai cli­nique com­pre­nant neuf per­sonnes. D’autres pa­tients de cet es­sai au­raient ob­te­nu des ré­sul­tats po­si­tifs avec cette thé­ra­pie, d’après Time.

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