CHEZ UN RAP­PEUR À SOUTH BEACH

TOUT EST PARTI D’UNE CARCASSE EN BÉ­TON ACHETÉE À UN PROMOTEUR IMMOBILIER. SI CE N’EST QUE CETTE COQUILLE VIDE DE 400 M2 BÉNÉFICIE D’UNE SI­TUA­TION EX­CEP­TION­NELLE AU COEUR DE SOUTH BEACH AVEC UNE VUE IMPRENABLE SUR LE CLUB DE GOLF DE MIAMI BEACH. UNE AUBAIN

Femme Magazine - - DÉCORATION - Ro­la Cus­son

Fon­da­trice de Light On White, Ali­zée Brion a eu un par­cours pour le moins éclec­tique. Di­plô­mée en ar­chi­tec­ture de l’Uni­ver­si­té de Co­lum­bia à New York, la jeune femme fait ses armes chez Phi­lippe Starck à Pa­ris. Cette Pa­ri­sienne éle­vée à Londres por­tait dé­jà dans ses gènes une ou­ver­ture sur le monde et une soif de dé­cou­vertes. Tou­jours à l’écoute de ses clients, Ali­zée Brion consi­dère qu’une ré­si­dence doit res­sem­bler à ses ha­bi­tants. C’est ain­si que l’ar­chi­tecte com­mence tou­jours par cer­ner les ha­bi­tudes de vie et les at­tentes de ses clients avant d’abor­der un pro­jet. Elle ap­pré­hende éga­le­ment chaque chan­tier en te­nant compte de son en­vi­ron­ne­ment.

UN DRES­SING DE RÊVE

S’agis­sant de cette mai­son en du­plex

com­pre­nant un im­mense sa­lon, une salle à man­ger et quatre chambres, la pé­pite des lieux est tout sim­ple­ment le dres­sing! Le pro­prié­taire, un rap­peur d’ori­gine fran­çaise, a vrai­sem­bla­ble­ment adop­té le look des rap­peurs amé­ri­cains et col­lec­tionne les cas­quettes, baskets et blou­sons aux cou­leurs vives.

Pour ac­cueillir di­gne­ment cette riche garde- robe de star du show­biz, l’ar­chi­tecte a conçu un vestiaire spa­cieux où les vê­te­ments et ac­ces­soires du chan­teur sont ex­po­sés comme au­tant d’oeuvres d’art et éclai­rés par des Leds in­té­grés! Un vestiaire dont le bois re­cou­vrant sol et murs met en va­leur la garde-robe aux tons et au gra­phisme pop.

Pour le reste de la mai­son, Ali­zée Brion a op­té pour une neu­tra­li­té de cou­leurs quelque peu mas­cu­line dou­blée de lignes épu­rées pour une am­biance claire et apaisée.

De larges baies vi­trées créent un lien entre l’ex­té­rieur et l’in­té­rieur. Un choix gui­dé par les condi­tions cli­ma­tiques clé­mentes de la Flo­ride mais aus­si pour bé­né­fi­cier d’une jo­lie vue sur le golf club voi­sin. D’ailleurs, le jar­din de la mai­son a été agré­men­té de plantes tro­pi­cales afin d’éta­blir un lien ver­doyant avec le green du golf.

DES ES­PACES CLOI­SON­NÉS

Afin d’évi­ter la sen­sa­tion de froi­deur dans l’im­mense sa­lon, l’ar­chi­tecte a op­té pour des es­paces cloi­son­nés. «Des es­paces dans d’autres es­paces» , dit- elle. Le tout sans pour au­tant avoir re­cours à une pro­fu­sion de mo­bi­lier. L’idée était de créer une am­biance co­sy et confor­table; un es­pace à vivre plu­tôt qu’une aus­tère salle de ré­cep­tion. Le sa­lon pro­pose donc deux uni­vers dis­tincts sé­pa­rés par deux ca­na­pés pla­cés dos à dos. On peut ain­si choi­sir

de s’ins­tal­ler confor­ta­ble­ment dans la par­tie qui ac­cueille la té­lé pour une soi­rée co­coo­ning ou re­ce­voir des amis dans la sec­tion plus for­melle. La neu­tra­li­té des tons est contre­ba­lan­cée par un jeu de tex­tures; le bois brut ré­pond à la douce brillance de la laque, le lin dé­li­ca­te­ment bro­dé cô­toie le cuir pa­ti­né… le tout pour of­frir une ex­pé­rience vi­suelle et sen­so­rielle à la fois.

L’es­pace salle à man­ger quant à lui est dans le pro­lon­ge­ment de la cui­sine spa­cieuse dé­li­mi­tée par un bar où sont ali­gnés des tabourets de bar en mé­tal cui­vré Bend. Sur le mur im­ma­cu­lé est ac­cro­ché un ta­bleau qui rap­pelle le noir de Sou­lage, si ce n’est que ce­lui- ci est si­gné du peintre ja­po­nais Takesada Matsutani.

Cô­té chambres, la suite parentale est un co­con de dou­ceur avec son par­quet de bois na­tu­rel. Près de la baie vi­trée trône un ca­na­pé tout rond où l’on peut se lo­ver sur un amon­cel­le­ment de coussins si­gnés Band­hi­ni et Kel­ly Hop­pen.

Les chambres des en­fants ont été pen­sées de ma­nière à re­flé­ter la per­son­na­li­té de cha­cun mais en même temps en te­nant compte de leur fu­ture évo­lu­tion en jeunes ado­les­cents dont les goûts dif­fèrent. C’est ain­si que les touches de cou­leurs vives et en­fan­tines ont été com­pen­sées par une base de bleu ma­rine moins las­sante. De même, Ali­zée Brion a évi­té d’ins­tal­ler du mo­bi­lier in­té­gré lais­sant ain­si la li­ber­té aux jeunes de pou­voir bou­ger les meubles à leur guise quand ils en sen­ti­ront le be­soin.

Cette mai­son aux lignes pures a été conçue tel un cube en verre ou­vert sur une nature luxu­riante per­met­tant ain­si de vivre li­bre­ment de­dans-de­hors dans une at­mo­sphère d’un luxueux confort.

CUI­SINE ET TABLE DE SALLE À MAN­GER RÉALISÉES SUR ME­SURE PAR LIGHT ON WHITE. TABOURETS DE BAR BEND. TA­BLEAU TAKESADA MATSUTANI.

LA CHAMBRE PARENTALE ET SON «LOVE SEAT» TOUT ROND DES­SI­NÉ PAR LIGHT ON WHITE. VASES KEL­LY HOP­PEN. LIT RH MO­DERN.

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