ELIE NASNAS

ELIE NASNAS DI­REC­TEUR GÉ­NÉ­RAL D’AXA MIDDLE EAST

Le Mensuel Magazine - - Sommaire -

«Il faut re­pen­ser toute l’in­dus­trie de l’as­su­rance»

Elie Nasnas, di­rec­teur gé­né­ral de la com­pa­gnie d’as­su­rance AXA Middle East, ré­flé­chit et éla­bore un ta­bleau de bord dont les pro­jec­tions s’ins­cri­raient en 2025, voire en 2030. Les be­soins des in­di­vi­dus en cou­ver­ture as­su­rance évo­luent se­lon un rythme ra­pide cor­res­pon­dant aux modes de vie. L’in­no­va­tion et la créa­ti­vi­té doivent suivre la ten­dance, afin que les so­cié­tés d’as­su­rance ne soient pas prises au dé­pour­vu par des de­mandes spé­ci­fiques so­phis­ti­quées. M. Nasnas énu­mère, à titre in­di­ca­tif, les évo­lu­tions pos­sibles, comme l’es­pé­rance de vie, qui se­rait de 110 ans en 2025, la part des voi­tures sans chauf­feur, qui re­pré­sen­te­rait 70% du mar­ché en 2030… «Dans le der­nier cas, le mar­ché tra­di­tion­nel de l’as­su­rance au­to disparaîtrait au pro­fit d’une ga­ran­tie des fa­bri­cants de voi­tures et d’une autre des four­nis­seurs de GPS; tant le fa­bri­cant que le four­nis­seur se­raient as­su­rés non plus par des as­su­reurs lo­caux, mais par des mul­ti­na­tio­nales do­tées de moyens fi­nan­ciers im­por­tants», sou­ligne-t-il, ajou­tant qu’«il y au­rait tou­jours des op­por­tu­ni­tés pour les as­su­reurs lo­caux bien pré­pa­rés, mais le pay­sage de l’in­dus­trie de l’as­su­rance se­rait com­plè­te­ment dif­fé­rent de ce­lui qui existe au­jourd’hui». En ré­ponse à une ques­tion de Ma­ga­zine, M. Nasnas re­con­naît qu’il est dif­fi­cile de vivre dé­cem­ment au Li­ban sans sous­crire à de mul­tiples po­lices d’as­su­rance. Il s’in­ter­roge, dans le même temps, sur le nombre de Li­ba­nais qui se­raient en me­sure de le faire, vu leur pou­voir d’achat en baisse constante. Ce­ci dit, au pays du Cèdre, la part de l’as­su­rance du PIB est de 3,4%, une pro­por­tion conve­nable en com­pa­rai­son à celle des autres pays de la ré­gion, mais bien in­fé­rieure à celle des pays ma­tures, qui est de 7% et 8%.

DÉ­CLA­RER LES DÉ­PLA­CE­MENTS. Con­cer­nant les po­lices d’as­su­rance cou­vrant les sous­crip­teurs à l’étran­ger, le nu­mé­ro deux D’AXA Middle East consi­dère que l’as­su­ré de­vrait dé­cla­rer à son as­su­reur son dé­pla­ce­ment dans des pays qui sont le théâtre de vio­lences, confor­mé­ment à la théo­rie de l’ag­gra­va­tion du risque. A ce mo­ment-là, la cou­ver­ture dé­pen­drait de la na­ture du con­trat qui lie l’as­su­reur et l’as­su­ré. Certes, la nais­sance d’un mar­ché com­mun arabe de l’as­su­rance ou­vri­rait de nou­velles portes aux com­pa­gnies arabes. Mal­heu­reu­se­ment, ce su­jet est abor­dé dans les cou­lisses des ren­contres du GAIF (Ge­ne­ral Arab In­su­rance Fe­de­ra­tion) sans au­cun pro­jet sé­rieux, les po­li­tiques pro­tec­tion­nistes des pays arabes consti­tuant une en­trave à cette ou­ver­ture.

Quid de l’in­fla­tion et des primes d’as­su­rance? Le di­rec­teur gé­né­ral D’AXA Middle East pointe du doigt la concur­rence ser­rée que se livrent les as­su­reurs lo­caux, em­pê­chant un ré­ajus­te­ment des primes d’as­su­rance en fonc­tion du taux d’in­fla­tion. Ce­pen­dant, les primes d’as­su­rance ma­la­die sont ma­jo­rées d’en­vi­ron 6% et 7% par an, un im­pé­ra­tif afin que les as­su­reurs puissent conti­nuer à four­nir la cou­ver­ture dans cette branche, les pro­grès de la mé­de­cine et le per­fec­tion­ne­ment des équi­pe­ments ti­rant à la hausse les prix des soins mé­di­caux. Con­cer­nant l’as­su­rance vie, elle au­rait en­ta­mé un dé­mar­rage en dou­ceur do­pée par les po­lices d’as­su­rance vie exi­gées pour les prêts lo­ge­ment. «Cette obli­ga­tion a sen­si­bi­li­sé les per­sonnes au concept de l’as­su­rance vie. Mais il reste beau­coup à faire en termes d’in­ci­ta­tions fis­cales ac­cor­dées par l’etat tant aux in­di­vi­dus qu’aux en­tre­prises», dit M. Nasnas. Dans tous les cas de fi­gure, il n’y a pas de doute que toute l’in­dus­trie de l’as­su­rance de­vrait être re­pen­sée au­tant que le sys­tème de cou­ver­ture so­ciale et mé­di­cale de la part de la Caisse na­tio­nale de sé­cu­ri­té so­ciale (CNSS). Les as­su­reurs opèrent confor­mé­ment à la loi de l’as­su­rance de 1990. Une nou­velle lé­gis­la­tion mo­derne avait été éla­bo­rée en 2007, mais elle se trouve tou­jours entre le Sé­rail et le Par­le­ment,

LE MAR­CHÉ DE L’AS­SU­RANCE AU­TO DISPARAÎTRAIT AU PRO­FIT D’UNE GA­RAN­TIE DES FA­BRI­CANTS DE VOI­TURES ET D’UNE AUTRE DES FOUR­NIS­SEURS DE GPS.

fi­gu­rant par­mi les 49 pro­jets de lois dont la lé­ga­li­té est contes­tée par cer­tains hommes po­li­tiques, qui consi­dèrent que le gou­ver­ne­ment, pré­si­dé par Fouad Si­nio­ra à cette époque, était non lé­gi­time.

Les com­pa­gnies d’as­su­rance conti­nuent de fonc­tion­ner se­lon des cri­tères ob­so­lètes, telles l’exi­gence d’un ca­pi­tal d’un mil­lion et de­mi de dol­lars et une marge de sol­va­bi­li­té qui per­met d’avoir un chiffre d’af­faires égal à 1/10 des fonds propres.

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