PIERRE, LE «MA­NA­GER».

Le Mensuel Magazine - - Économie Temps Fort -

re­prises de­puis. Un choix qui in­ter­roge, se­lon le maire de Jeï­ta, Sa­mir Ba­roud, qui s’ex­prime dans al­mo­don.com, Ma­pas étant, d’une part, «dé­pour­vue d’ex­pé­rience dans le do­maine tou­ris­tique» et, d’autre part, «ne re­ver­sant à l’etat qu’une in­fime par­tie des bé­né­fices réa­li­sés».

DES FRÈRES DANS L’OMBRE. Si Ni­co­las Fattouche est une per­son­na­li­té pu­blique bien connue des Li­ba­nais, ses frères, Pierre et Mous­sa, semblent de na­ture plus dis­crète. Mous­sa Fattouche est ap­pa­ru sur la scène po­li­tique au cours des der­nières mu­ni­ci­pales, di­ri­geant la liste Zah­lé mé­rite, par­rai­née par son frère Ni­co­las. Une liste qui ob­tien­dra plus de 6 000 voix. Pour­tant, des trois frères, il semble que ce soit Pierre, se­lon de sources concor­dantes, «la tête pen­sante» de la fa­mille. C’est lui, prin­ci­pa­le­ment, qui gé­re­rait les dif­fé­rentes af­faires du clan. Clai­re­ment doué pour le bu­si­ness, Pierre Fattouche est, se­lon plu­sieurs sources, à l’ori­gine des suc­cès en­tre­pre­neu­riaux de la fa­mille. Les trois frères en­tre­tien­draient d’ex­cel­lentes re­la­tions avec la Sy­rie, le Hez­bol­lah, mais aus­si, pa­ra­doxa­le­ment, avec les Etats-unis. Au­tant de re­la­tions, on s’en doute, qui s’avèrent très utiles pour le bu­si­ness. Il est de no­to­rié­té pu­blique que les Fattouche ont en­tre­te­nu des re­la­tions étroites avec la Sy­rie et no­tam­ment avec les Ma­kh­louf, via l’en­tre­prise de té­lé­coms Sy­ria­tel. Le site Middle East Trans­pa­rent (me­trans­pa­rent.com) évoque, dans un pa­pier consa­cré au «ra­cket sy­rien au Li­ban», le 11 mai 2005, les te­nants et les abou­tis­sants de ce dos­sier, qui au­rait por­té no­tam­ment sur le dé­tour­ne­ment des ap­pels in­ter­na­tio­naux en pro­ve­nance du Li­ban, via la com­pa­gnie Sy­ria­tel.

Au Li­ban, outre la so­cié­té Fa­bis­sa s.a.r.l., éta­blie à Zah­lé de­puis 1991 et di­ri­gée par Pierre Fattouche, spé­cia­li­sée dans la pro­duc­tion et l’im­port-ex­port d’al­cools et de spi­ri­tueux, la fa­mille pos­sède plu­sieurs car­rières d’ex­trac­tion de roche, sable et de concas­sage.

Le nom des Fattouche est aus­si étroi­te­ment lié à ce­lui du site de concas­sage de Dahr el-baï­dar. Une car­rière, comme d’autres, qui a fait cou­ler de l’encre à une époque, quand l’an­cien Pre­mier mi­nistre, Sa­lim Hoss, dé­cide de fer­mer les car­rières pour une courte pé­riode à la fin des an­nées 90. Ni­co­las Fattouche, qui gère en tant qu’avo­cat les af­faires fa­mi­liales, ré­clame alors à l’etat une com­pen­sa­tion fi­nan­cière. En 2005, un juge dé­cide que l’etat de­vra ver­ser, au bé­né­fice des Fattouche, un mon­tant de 218 mil­lions de dol­lars, as­sor­ti de 9% d’in­té­rêt par an­née de re­tard dans le ver­se­ment. Une com­pen­sa­tion qui n’au­rait, à ce jour, tou­jours pas été ver­sée. En­core en 2013, Wa­lid Joum­blatt se se­rait no­tam­ment op­po­sé au ver­se­ment d’une telle somme. Le dos­sier est com­plexe, rem­pli de sou­bre­sauts contra­dic­toires ju­di­ciaires et po­li­tiques. En fé­vrier 2003,

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