SA­LE­TÉ!

Le Mensuel Magazine - - Société -

Dé­tri­tus, bou­teilles en plas­tique, mé­gots et même ex­cré­ments... jonchent la rue. Se­lon les ha­bi­tants du quar­tier, la si­tua­tion est de­ve­nue in­sup­por­table!

ré­si­den­tielle. La rue 16 ne com­porte que des im­meubles stan­ding, comme l’on peut s’y at­tendre à Rabié. Se­lon Mme Sa­ghié, les ap­par­te­ments s’y mon­naient jus­qu’à 2 mil­lions de dol­lars. Les ré­si­dants ont ache­té ici pour le calme, un bel en­vi­ron­ne­ment, loin de la fré­né­sie de Bey­routh. Jus­qu’à il y a trois ans, la pré­sence de l’am­bas­sade d’al­le­magne ne po­sait pas de pro­blème. Mais la si­tua­tion change, avec la dé­ci­sion de la chan­ce­lière al­le­mande, An­ge­la Mer­kel, d’ou­vrir les fron­tières aux ré­fu­giés sy­riens.

«Re­gar­dez la sa­le­té!», s’ex­clame l’ar­tiste. Dé­tri­tus, bou­teilles en plas­tique, mé­gots et même ex­cré­ments jonchent la rue. «Vous voyez toutes ces voi­tures ga­rées là? Elles ap­par­tiennent toutes aux ré­fu­giés. Ils se garent n’im­porte où, y com­pris de­vant nos im­meubles, bloquent le pas­sage avec les taxis, pull­mans, vans», fait-elle re­mar­quer. A tel point que les mu­ni­ci­pa­li­tés de Kor­net Cheh­wan et de Mtay­leb, dont dé­pend le quar­tier, ont été obli­gées d’ins­tal­ler des ru­bans jaunes et des blocs de bé­ton in­ter­di­sant le sta­tion­ne­ment. Même les rues en­vi­ron­nantes sont concer­nées. Georges, po­li­cier mu­ni­ci­pal de Kor­net Cheh­wan, passe dé­sor­mais ses jour­nées à ex­hor­ter les ré­fu­giés d’en­le­ver leurs vé­hi­cules, al­lant jus­qu’à les ver­ba­li­ser quand ceux-ci n’ob­tem­pèrent pas. «Je suis obli­gé d’être pré­sent dès 6h du ma­tin pour les em­pê­cher de se ga­rer, ra­conte le gar­dien du par­king de l’école pri­vée Je­sus & Ma­ry, si­tuée à 500 m de là; si­non, les bus sco­laires ne peuvent plus pas­ser, tout comme les pa­rents qui dé­posent leurs en­fants», sou­ligne-t-il. «Nous avons dû clô­tu­rer le par­king. Mais main­te­nant, ils vont se ga­rer plus haut». Même exas­pé­ra­tion du cô­té de l’église grecque-or­tho­doxe Saint-elie, à Mtay­leb. Con­tac­té par Ma­ga­zine, le père Aga­pios ex­plique que le nombre de ré­fu­giés ne cesse d’aug­men­ter. «Ils s’ins­tallent sur les ter­rasses de l’église pour dor­mir, manger, entrent dans l’église pour chan­ger leurs ha­bits, al­ler aux toi­lettes et laissent tous leurs dé­chets sur place. Quand on leur parle, soit ils ne ré­pondent pas, soit ils sont agres­sifs. Nous sommes dans une pa­roisse ré­si­den­tielle; un centre pour ré­fu­giés n’a rien à faire ici. Ce­la de­vrait être trans­fé­ré à Bey­routh», avance-t-il.

Les ré­fu­giés sy­riens viennent par­fois dès 4h du ma­tin s’ins­tal­ler dans la rue, quand ils n’y passent pas car­ré­ment la nuit. «Ils se fau­filent entre les im­meubles ou entre les voi­tures, s’ins­tallent pour dor­mir, fu­mer le nar­gui­lé ou font un bar­be­cue», s’em­porte Gha­da Sa­ghié. «Ils entrent même dans les par­kings en sous-sol des im­meubles, s’ins­tallent sur des car­tons voire des ma­te­las pour dor­mir ou se re­po­ser», s’agace Jes­sy, l’une de ses voi­sines. Il n’est pas rare, non plus, de re­trou­ver des ex­cré­ments dans les cages d’es­ca­liers des im­meubles. Ré­gu­liè­re­ment aus­si, des ré­fu­giés viennent qué­man­der de l’eau, de la nour­ri­ture ou un

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