Do­nald Trump mul­ti­plient Moyen-orient.

Le Mensuel Magazine - - Focus Monde - PAR JEN­NY SA­LEH

L’élec­tion sur­prise de l’ov­ni po­li­tique qu’est a sur­pris. Les ques­tions se par­ti­cu­liè­re­ment au à la Mai­son-blanche au­tour de sa po­li­tique étran­gère, Elé­ments de ré­ponse.

Le 20 jan­vier 2017, une nou­velle ère s’ou­vri­ra pour l’amé­rique et, par ef­fet do­mi­no, pour le monde. Ce jour­là, Do­nald Trump de­vien­dra le 45e pré­sident des Etats-unis. Que fe­rat-il de son man­dat? Dès son élec­tion sur­prise face à Hilla­ry Clin­ton, le 8 no­vembre der­nier, les spé­cu­la­tions se sont mul­ti­pliées sur ce que se­ra le monde se­lon M. Trump qui fe­ra, là, ses pre­miers pas en po­li­tique in­ter­na­tio­nale. Sur le Moyen-orient, no­tam­ment, où les cartes pour­raient être re­bat­tues.

Au cours de sa cam­pagne, le can­di­dat ré­pu­bli­cain a don­né quelques grandes lignes sur sa fu­ture stra­té­gie moyen-orien­tale. Do­nald Trump avait no­tam­ment pré­co­ni­sé un plan pour «dé­faire Daech en 30 jours», se fixant l’ob­jec­tif de vaincre l’idéo­lo­gie du ter­ro­risme is­la­mique, de la même ma­nière que les Etatsu­nis ont ga­gné la guerre froide. Concer­nant la crise sy­rienne, il n’avait pas ca­ché son sou­hait de s’al­lier avec la Rus­sie de Vla­di­mir Pou­tine – qu’il ad­mire –, afin de vaincre Daech, tout en stop­pant la li­vrai­son d’armes aux «re­belles» sou­te­nus par les Etats-unis du­rant les mandats de Barack Obama. Sa prio­ri­té étant la lutte contre Daech et non le dé­part de Ba­char elas­sad. Une idée-force ré­ité­rée dans le Wall

après son élec­tion. Tou­jours sur la Syrie, M. Trump s’était pro­non­cé pour la créa­tion d’une «safe zone» sur le ter­ri­toire sy­rien, pour y ins­tal­ler les ré­fu­giés.

Sur le dos­sier ira­nien, il n’a pas ca­ché son sou­hait de dé­man­te­ler l’ac­cord de Vienne sur le nu­cléaire, ar­ra­ché à la force du poi­gnet, en 2015. Tou­te­fois, pour­ra-t-il ris­quer de s’alié­ner l’en­semble des ar­ti­sans du deal nu­cléaire – Rus­sie et Chine com­prises – tout comme les mi­lieux d’af­faires amé­ri­cains? Rien n’est moins sûr et le prag­ma­tisme pour­rait, une fois de plus, pré­va­loir. En pa­ral­lèle, il a ré­ité­ré le sou­tien in­dé­fec­tible à l’etat d’is­raël, «le plus grand al­lié des Etats-unis». Il sou­hai­te­rait, d’ailleurs, lan­cer un signe fort en trans­fé­rant l’am­bas­sade amé­ri­caine à Jé­ru­sa­lem. Au­tant dire que la so­lu­tion des deux Etats pour ré­soudre le pro­blème is­raé­lo-pa­les­ti­nien ne fi­gu­re­ra pas dans ses prio­ri­tés.

M. Trump a éga­le­ment ex­pri­mé son op­po­si­tion aux in­ter­ven­tions mi­li­taires amé­ri­caines à l’étran­ger, lorsque les in­té­rêts vi­taux du pays ne sont pas me­na­cés. Pour lui, la guerre par pro­cu­ra­tion en Syrie, comme l’in­ter­ven­tion en Li­bye, ont se­mé un chaos dont le duo Oba­ma­clin­ton est di­rec­te­ment res­pon­sable. En dé­cembre 2015 dé­jà, M. Trump avait af­fir­mé que la ré­gion se­rait beau­coup plus stable si Sad­dam Hus­sein et Mouam­mar Kadha­fi étaient en­core en place, re­gret­tant en ce­la les in­ter­ven­tions de 2003 et 2011.

UN RÉA­LISTE. Les pays du Golfe, en re­vanche, ne semblent pas pla­cés très haut dans l’es­time de M. Trump. Le pré­sident-élu avait sug­gé­ré de leur faire payer les ser­vices ren­dus par les Amé­ri­cains en termes de sé­cu­ri­té.

Entre des an­nonces de cam­pagne et ce qu’un di­ri­geant ac­com­plit réel­le­ment, il y a, évi­dem­ment, sou­vent une dif­fé­rence. D’ores et dé­jà, les connais­seurs du nou­veau pré­sident amé­ri­cain af­firment que M. Trump est un réa­liste, un prag­ma­tique. En au­cun cas un idéo­logue, se­lon les propres mots de Barack Obama. Ceux qui ont tra­vaillé avec «The Do­nald» dans les af­faires, le dé­crivent, par ailleurs, comme un re­dou­table né­go­cia­teur, fin

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