NOC­TURNE IN BLACK, DE JIM­MY KEYROUZ REN­CONTRE AVEC UN TA­LENT LI­BA­NAIS

Le Mensuel Magazine - - Cinéma -

du Li­ba­nais Jim­my Keyrouz, a ob­te­nu la mé­daille d’or, le 22 sep­tembre 2016, des Student Aca­de­my Awards et a été no­mi­né pour la 89e Nuit des Os­cars. Ren­contre avec le scé­na­riste et réa­li­sa­teur.

Di­plô­mé de l’ie­sav, Jim­my Keyrouz a quit­té le Li­ban il y a quatre ans et s’est ins­crit à la Columbia Uni­ver­si­ty pour étu­dier l’écri­ture de scé­na­rio et la réa­li­sa­tion (screen­wri­ting and di­rec­ting). «Je sen­tais que j’avais en­core tel­le­ment de choses à ap­prendre et j’ai donc dé­ci­dé de par­tir. Au Li­ban, nous avons d’ex­cel­lents réa­li­sa­teurs, mais les bons scé­na­ristes sont plus rares à trou­ver. C’est pour cette rai­son que j’ai choi­si Columbia», ex­plique M. Keyrouz à Ma­ga­zine. Noc­turne in black est son film de di­plôme. «C’était en 2014. J’étais cho­qué par ce qui se pas­sait en Syrie. J’avais lu un ar­ticle dans le­quel on di­sait que la mu­sique y était même in­ter­dite. J’étais écoeu­ré en tant que mu­si­cien et c’est de là qu’est née l’idée de ce film. Je vou­lais faire quelque chose sur la Syrie, puis je suis tom­bé, par ha­sard, sur un ar­ticle de presse in­ti­tu­lé Sy­ria pia­no man, qui ra­con­tait l’his­toire d’un pia­niste, Ae­ham Ah­mad, qui ap­por­tait de l’es­poir aux ha­bi­tants du camp (pa­les­ti­nien) de Yar­mouk (près de Da­mas), en jouant de la mu­sique». Jim­my Keyrouz s’ins­pire de l’his­toire d’ae­ham Ah­mad et écrit la sienne, à sa ma­nière. «Je suis en­tré en contact avec Ah­mad. J’ima­gi­nais la si­tua­tion. En tant que li­ba­nais, je connais­sais la guerre». Noc­turne in black est une fic­tion, dans la­quelle Jim­my Keyrouz ra­conte l’his­toire d’un mu­si­cien qui es­saie de re­cons­truire un pia­no, dé­truit par des ji­ha­distes, dans un quar­tier sy­rien ra­va­gé par la guerre. En 2014, il écrit le scé­na­rio et, en mai 2015, il rentre au Li­ban pour le tour­nage du film avec une équipe li­ba­naise. «Je vou­lais tourner en Syrie, mais c’était im­pos­sible», sou­ligne M. Keyrouz. Il ren­contre son pro­duc­teur, Marc Fadel, qui l’aide à mon­ter une équipe. Le tour­nage dé­bute en sep­tembre.

SÉ­LEC­TION­NÉ PAR­MI 1 749 FILMS. En mai 2016, le film est pro­je­té au Lin­coln Cen­ter, à New York, et ob­tient plu­sieurs prix. Il par­ti­cipe au pres­ti­gieux festival de Tel­lu­ride, ain­si qu’au festival de la Columbia Uni­ver­si­ty. Dix-sept films, dont Noc­turne in black, sont sé­lec­tion­nés comme ga­gnants des Aca­de­my Awards, par­mi 1 749 films. Le sus­pense com­mence et, après avoir fran­chi toutes les étapes, il ob­tient la mé­daille d’or, sy­no­nyme de l’os­car d’étu­diant. Ce que re­pré­sente cet Os­car pour lui? «Ce­la m’en­cou­rage à al­ler de l’avant; je suis sur­tout heu­reux pour ma fa­mille et l’équipe de tour­nage. Mais main­te­nant, je me concentre sur mes pro­jets d’ave­nir», confie M. Keyrouz. Pour le jeune scé­na­riste et réa­li­sa­teur, l’art est l’ou­til majeur pour com­battre le ter­ro­risme et les guerres. «Ah­mad jouait pour rap­pe­ler aux gens que, mal­gré la guerre, il res­tait de belles choses pour les­quelles il faut se battre». Le mer­cre­di 23 no­vembre, le film est no­mi­né aux Os­cars dans la ca­té­go­rie Live Ac­tion Shorts. Af­faire à suivre.

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