DU PACTE NA­TIO­NAL ET DE LA FOR­MULE

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au Pacte; une con­di­tion né­ces­saire qui im­pose à tous une al­lé­geance ab­so­lue à la na­tion et à l’etat.

Néan­moins, une autre in­ter­pré­ta­tion s’est im­po­sée pro­gres­si­ve­ment jus­qu’à de­ve­nir ex­clu­sive, ré­dui­sant le Pacte à la For­mule de par­tage du pou­voir in­ter­com­mu­nau­taire. Ce par­tage est ré­gi par la «for­mule» bien an­té­rieure au Pacte et à la Cons­ti­tu­tion de 1926. Mieux en­ra­ci­née dans les moeurs et scru­pu­leu­se­ment ap­pli­quée, elle n’a eu de cesse de s’im­po­ser, dé­tour­nant même, au gré des cir­cons­tances, les dis­po­si­tions des deux autres cor­pus fon­da­teurs. Taëf n’a fait qu’ac­cen­tuer cette confu­sion entre le Pacte et la For­mule de vie en com­mun, deux concepts certes dis­tincts mais com­plé­men­taires. Si le Pacte est im­muable, la For­mule peut évo­luer et se mo­di­fier, le Pacte n’étant pas sou­mis à une seule tra­duc­tion ins­ti­tu­tion­nelle. Du reste, il n’est pas tri­bu­taire d’une seule forme de struc­ture éta­tique et ad­mi­nis­tra­tive.

Si la For­mule ga­ran­tit les droits des com­mu­nau­tés, le Pacte leur im­pose l’obli­ga­tion de se confor­mer à la neu­tra­li­té. Toute vio­la­tion de ce prin­cipe rend la For­mule illé­gi­time et in­opé­rante, me­nace l’uni­té na­tio­nale, brise le contrat de confiance et crée des dys­fonc­tion­ne­ments du sys­tème po­li­tique. In­ver­se­ment, les at­teintes à la For­mule fra­gi­lisent le Pacte et dé­lient les com­mu­nau­tés de leur de­voir de neu­tra­li­té. Mais l’ap­pli­ca­tion de la For­mule né­ces­site aus­si l’avè­ne­ment d’un Etat ci­vil, sans le­quel la gou­ver­nance et l’etat de droit sont illu­soires. Ain­si Pacte et neu­tra­li­té, For­mule et Etat ci­vil vont de pair et sont in­dis­so­ciables.

Pour conso­li­der le vivre en com­mun, il nous faut, dé­sor­mais, par­ve­nir à un consen­sus, large et uni­voque, au­tour de nos constantes, afin d’ins­tau­rer une vé­ri­table iden­ti­té po­li­tique et un pa­trio­tisme consti­tu­tion­nel.

«Cette in­dé­pen­dance, nous la vou­lons ef­fec­tive, cette souveraineté, nous la vou­lons en­tière, de telle sorte que nous puis­sions ré­gir nos des­ti­nées, comme nous l’en­ten­dons, ain­si que nous l’im­po­se­ra notre in­té­rêt na­tio­nal, à l’ex­clu­sion de tout autre… Nous ne vou­lons plus que le Li­ban de­meure la route où passe le co­lo­nia­lisme vers les pays arabes. Nous et eux-mêmes le vou­lons, par consé­quent, une pa­trie chère, in­dé­pen­dante, sou­ve­raine et libre.»

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