POUR IN­VER­SER L’EF­FET PA­PILLON

Le Mensuel Magazine - - Éditorial - PAUL KHALIFEH

Certes, le fac­teur psy­cho­lo­gique est im­por­tant pour la re­lance de l’éco­no­mie. Le sen­ti­ment de sé­cu­ri­té des mé­nages, l’optimisme de la jeu­nesse et la confiance des en­tre­pre­neurs peuvent in­ci­ter à la consom­ma­tion et boos­ter l’ac­ti­vi­té com­mer­ciale à la veille des fêtes. La nor­ma­li­sa­tion des re­la­tions entre le Li­ban et les Etats du Golfe (le pré­sident Mi­chel Aoun a dé­jà re­çu neuf in­vi­ta­tions pour vi­si­ter des pays arabes et étran­gers) pour­rait an­non­cer le re­tour pro­chain des tou­ristes arabes, après quatre ans de boy­cott. Le mon­tage fi­nan­cier de Riad Sa­la­mé a per­mis à la Banque cen­trale de conso­li­der ses ré­serves en de­vises, et les me­sures qu’il a ré­cem­ment prises (l’émis­sion de cer­ti­fi­cats de dé­pôts à 5%) ont ab­sor­bé l’ex­cé­dent de li­qui­di­tés en livres li­ba­naises, né de cette in­gé­nie­rie et qui me­na­çait de faire mon­ter l’in­fla­tion.

Toutes ces bonnes nou­velles, cou­plées aux me­sures de la BDL, ne sont ce­pen­dant pas suf­fi­santes pour re­dres­ser une éco­no­mie frap­pée de plein fouet par la crise sy­rienne, en par­tie res­pon­sable de la baisse des ex­por­ta­tions li­ba­naises vers les pays arabes et de l’ac­ti­vi­té de tran­sit, et par la chute des prix du pé­trole, qui a pro­vo­qué un ta­ris­se­ment des flux de ca­pi­taux en­trants. Ces fac­teurs, ajou­tés, entre autres, à une conjonc­ture in­ter­na­tio­nale dé­fa­vo­rable, ont frei­né la crois­sance et pa­ra­ly­sé l’éco­no­mie. Pour stop­per l’ef­fet pa­pillon et in­ver­ser la ten­dance bais­sière de la plu­part des in­di­ca­teurs, il est impératif d’en­cou­ra­ger le re­tour des in­ves­tis­se­ments, afin de re­lan­cer l’éco­no­mie réelle. L’etat peut, dans ce do­maine, jouer un rôle de pre­mier plan, en of­frant aux in­ves­tis­seurs un en­vi­ron­ne­ment plus pro­pice aux af­faires. Il doit, pour ce­la, as­su­rer les ser­vices élé­men­taires, comme l’élec­tri­ci­té, l’eau et un ré­seau de té­lé­com­mu­ni­ca­tions per­for­mant. Ces pro­jets peuvent être lan­cés sans at­tendre les in­évi­tables ré­formes struc­tu­relles, qui né­ces­sitent un vaste chan­tier lé­gis­la­tif, afin de mo­der­ni­ser les lois ou en éla­bo­rer de nou­velles.

Pour at­teindre ce mo­deste ob­jec­tif, il faut d’abord for­mer un gou­ver­ne­ment. Chaque jour de re­tard dans la nais­sance du Ca­bi­net as­som­brit le cli­mat po­si­tif ob­ser­vé de­puis l’élec­tion pré­si­den­tielle, re­plonge les Li­ba­nais dans l’état d’es­prit qui pré­va­lait avant le 31 oc­tobre et fait dis­pa­raître les faibles si­gnaux d’es­poir ap­pa­rus ces quatre der­nières se­maines.

Il est inad­mis­sible que le Li­ban manque l’op­por­tu­ni­té de re­lan­cer son éco­no­mie, une ques­tion de sur­vie pour quatre mil­lions et de­mi de Li­ba­nais, à cause de ti­raille­ments au­tour de l’at­tri­bu­tion d’un por­te­feuille mi­nis­té­riel à telle ou telle per­son­na­li­té.

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