HI­CHAM HADDAD

Ani­ma­teur, hu­mo­riste et ac­teur, Hi­cham Haddad a plus d’une corde à son arc. Après ses dé­buts en 2009 sur la chaîne OTV, il anime de­puis 2015 l’émis­sion à suc­cès La­hon w bass sur la LBCI.

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Un street boy aux mul­tiples fa­cettes

Il en a fait du che­min le pe­tit gar­çon re­plet qui por­tait des lu­nettes et qui était mal­trai­té par les élèves à l’école. «J’avais tout ce qu’il fal­lait pour qu’on se moque de moi. J’étais pe­tit de taille, gros et je por­tais des lu­nettes», confie Hi­cham Haddad à Ma­ga­zine. «Ma mère m’a éle­vé d’une ma­nière qui a dé­ve­lop­pé mon es­prit». A 6 ans, il li­sait dé­jà le jour­nal et en­sei­gnait beau­coup de choses aux autres éco­liers. «Mes amis se mo­quaient de moi. J’ai donc beau­coup tra­vaillé sur moi-même et ce­la m'a ai­dé à ac­qué­rir une grande as­su­rance. Je parle à voix haute et on dit sou­vent que mon at­ti­tude est agres­sive». Ori­gi­naire du Li­ban-sud, Hi­cham Haddad a gran­di à Mous­seit­bé et a fait ses études au Grand Ly­cée à Achra­fié. «J’ai vé­cu dans des en­vi­ron­ne­ments très dif­fé­rents, c’est la rai­son pour la­quelle je connais bien l’autre et sa fa­çon de pen­ser. Je peux m’adap­ter à toutes les si­tua­tions». Il connaît les tra­di­tions et les usages de chaque com­mu­nau­té et de chaque mi­lieu. «J’ai vé­cu dans une mai­son qui prône la to­lé­rance, ce­la m’a beau­coup ai­dé dans mes re­la­tions avec les autres».

Né dans une fa­mille de scien­ti­fiques, d’un père bac­té­rio­logue et d’une mère phar­ma­cienne, Hi­cham Haddad a sui­vi des études de ges­tion et de mar­ke­ting. Il est dé­ten­teur d’un D.E.S.S. en Dis­tri­bu­tion. Il a deux pas­sions: le football et la po­li­tique. Après avoir in­té­gré le Cou­rant pa­trio­tique libre, il de­vient le res­pon­sable de

la sec­tion des étu­diants de l’uni­ver­si­té Saintjo­seph, de 2000 à 2002.

Pen­dant onze ans, il tra­vaille dans le do­maine de la dis­tri­bu­tion. Il a 30 ans lors­qu’il ren­contre le met­teur en scène Cha­dy Han­na et l’ac­trice Na­tha­lie Naoum, qui l’en­cou­ragent à faire de la té­lé­vi­sion. Le pe­tit écran de­vient aus­si­tôt une vé­ri­table ad­dic­tion pour Hi­cham.

RADIÉ DU CPL. En 2009 il fait ses dé­buts sur OTV avec le pro­gramme LOL et Ovri­ra. «Pour­tant, les émis­sions que je pré­sente à la té­lé ne me res­semblent pas. J’au­rais pré­fé­ré un pro­gramme de culture gé­né­rale, qui puisse dé­voi­ler mes connais­sances». Très culti­vé, Hi­cham Haddad lit huit à neuf heures par jour. «Je suis pas­sion­né par l’his­toire, la po­li­tique, les bio­gra­phies d’hommes po­li­tiques». Res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion po­li­tique du CPL, il se­ra radié du par­ti à la suite de ses prises de po­si­tion. «J’ai été radié à cause de mon op­po­si­tion à l’hé­ri­tage po­li­tique», dit-il.

Dans le pro­gramme Her­ta’je, qu’il anime sur OTV, on dé­couvre un Hi­cham Haddad vi­ru­lent qui n’épargne pas les in­vi­tés. En re­vanche, il se montre plus conci­liant dans

La­hon w Bass car après la sé­quence du dé­but qui est gé­né­ra­le­ment caus­tique, il cherche à dé­tendre le té­lé­spec­ta­teur dans la par­tie ré­ser­vée à l’in­ter­view de l’in­vi­té.

DES RÔLES AU THÉÂTRE. Son émis­sion La­hon w bass en­re­gistre le plus haut taux d’au­di­mat les mar­dis soirs. «Les té­lé­spec­ta­teurs veulent voir des gens qui leur res­semblent, pas des don­neurs de le­çon qui les traitent de haut. Je vends ce que les gens aiment et ce qu’ils veulent re­gar­der chez eux à la mai­son». Hi­cham Haddad cherche à mettre ses in­vi­tés à l'aise. «Ils ne sont pas là pour être cri­ti­qués, édu­qués ou at­ta­qués. De plus, je n’aime pas trop m’in­tro­duire dans leur in­ti­mi­té». Per­sonne n’est à l’abri de ses cri­tiques acerbes et de ses re­marques sar­cas­tiques. Sa­mir Gea­gea, Elias Bou Saab, Ge­bran Bas­sil et bien d’autres. Il ne mé­nage per­sonne. La seule opi­nion qui l’in­té­resse, c’est celle du té­lé­spec­ta­teur. Le suc­cès de son émis­sion tient, se­lon lui, à plu­sieurs élé­ments, dont la troupe mu­si­cale, la pré­pa­ra­tion et le pro­fil de l’in­vi­té. Entre l’hu­mour et la vul­ga­ri­té, entre la dif­fa­ma­tion et la cri­tique, tout est re­la­tif. «Tout re­vient à la per­sonne que je re­çois et ce­la dé­pend de ses goûts. Je n’aime pas gé­né­ra­li­ser. J’ai dé­ni­gré de nom­breux hommes po­li­tiques. Cer­tains se sont fâ­chés, d’autres pas. Les uns l’ont consi­dé­ré comme une blague, d’autres l’ont pris comme une of­fense. Tout re­vient à la per­cep­tion que cha­cun a des mots et des évé­ne­ments. Entre la sym­pa­thie et la vul­ga­ri­té, tout est re­la­tif. Les gens me per­çoivent comme ils veulent», es­time Hi­cham Haddad. Et lui, com­ment se voit-il? «Mul­ti­fa­cettes, je m’adapte à toute si­tua­tion. Je peux par­ler de tout. Je suis une per­sonne aux mul­tiples vi­sages. Ce qu’on ap­pelle un street boy. J’aime les gens». Hi­cham Haddad a joué quelques rôles au théâtre, dans des pièces de chan­son­niers ain­si que dans des films li­ba­nais. Mais sa prio­ri­té reste in­con­tes­ta­ble­ment la pré­sen­ta­tion de son émis­sion.

Avec son épouse Na­tha­lie Zar­ka, ils sont les pa­rents d’un gar­çon de trois ans, pré­nom­mé Marc, et en at­tendent un se­cond pro­chai­ne­ment.

Des pro­jets d’ave­nir, Hi­cham Haddad n’en a pas. Il croit à l’im­pré­vu, au des­tin. «L’im­pré­vu est plus fort que tout ce qui est pla­ni­fié. Quand j’ai ter­mi­né mon MBA, j’ai été ac­cep­té dans les grandes écoles de France dont L’ESCP. Si j’avais dé­ci­dé d’y al­ler, ma vie au­rait sui­vi un autre cours et je n’au­rais ja­mais fait de la té­lé­vi­sion».

L'ani­ma­teur, ac­teur et hu­mo­riste Hi­cham Haddad dé­voile quelques pans de sa per­son­na­li­té mul­ti­fa­cette.

AU­DI­MAT La seule opi­nion qui l'in­té­resse, c'est celle du té­lé­spec­ta­teur.

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