UNE MA­LA­DIE MAL PER­ÇUE MAIS GUÉ­RIS­SABLE

Pa­tho­lo­gie aus­si fré­quente que le dia­bète, l’épi­lep­sie souffre d'une mau­vaise image, au Li­ban comme ailleurs. Pour­tant, la plu­part des épi­lep­tiques vivent nor­ma­le­ment, la ma­la­die étant as­sez fa­ci­le­ment trai­table.

Le Mensuel Magazine - - Santé -

Avec une pré­va­lence de l’ordre de 1% au Li­ban, l’épi­lep­sie prend deux formes, comme le pré­cise le Dr Ro­nald Mous­sa, neu­ro­chi­rur­gien et fon­da­teur de l’as­so­cia­tion Ep­si­lon : les épi­lep­sies bé­nignes, qui peuvent être contrô­lées par le biais de mé­di­ca­ments et les épi­lep­sies « rebelles » où les ma­lades ne ré­pondent à au­cun trai­te­ment. Pour ces der­niers, qui re­pré­sentent le tiers des épi­lep­tiques au Li­ban, il existe des so­lu­tions chi­rur­gi­cales pou­vant me­ner à une gué­ri­son. En quoi consistent ces so­lu­tions ? Pour opé­rer un épi­lep­tique qui ne ré­pond pas aux trai­te­ments mé­di­caux clas­siques, il est im­pé­ra­tif de dé­li­mi­ter la zone à l’ori­gine du dé­clen­che­ment des crises, à tra­vers des tests. Le Dr Ab­dal­lah Rah­ba­ni, neu­ro­logue, ex­plique que nous as­sis­tons au­jourd’hui à une très grande évo­lu­tion au ni­veau de la prise en charge des épi­lep­sies, avec no­tam­ment l’in­tro­duc­tion de nou­velles mé­thodes diag­nos­tiques, in­cluant des mé­thodes d’ima­ge­rie ré­centes comme L’IRM à haute ré­so­lu­tion, le PET scan (mé­thode d'ima­ge­rie mé­di­cale pra­ti­quée par les spé­cia­listes en mé­de­cine nu­cléaire qui per­met de me­su­rer en trois di­men­sions une ac­ti­vi­té mé­ta­bo­lique ou mo­lé­cu­laire d'un or­gane

grâce aux émis­sions pro­duites par les po­si­tons – an­ti­par­ti­cules as­so­ciées aux élec­trons ), le SPECT scan (scin­ti­gra­phie cé­ré­brale, uti­li­sant des mar­queurs ra­dio­ac­tifs qui se fixent dans le cer­veau, en fonc­tion de son état fonc­tion­nel au mo­ment où l'on fait l'in­jec­tion. L'image ob­te­nue est donc une «pho­to­gra­phie» du fonc­tion­ne­ment cé­ré­bral à un mo­ment don­né), et l’élec­troen­cé­pha­lo­gra­phie qui per­met au­jourd’hui d’ef­fec­tuer un en­re­gis­tre­ment vi­déo sur plu­sieurs jours de l’ac­ti­vi­té cé­ré­brale du ma­lade, pour pou­voir en­re­gis­trer la crise, la dé­fi­nir et lo­ca­li­ser la lé­sion cé­ré­brale. Une fois cette der­nière cer­née, l’on peut pro­cé­der à l’opé­ra­tion chi­rur­gi­cale pour dé­bar­ras­ser le ma­lade de la par­tie lé­sée.

Il existe tou­te­fois des cas où il est im­pos­sible de contour­ner la ré­gion qui dé­clenche les dé­charges cé­ré­brales, les crises pou­vant se pro­duire à plu­sieurs en­droits du cer­veau. Le mé­de­cin a alors re­cours à la sti­mu­la­tion du nerf vague (nerf crâ­nien mixte qui convoie des in­for­ma­tions mo­trices, sen­si­tives et sen­so­rielles) avec l’im­plan­ta­tion d’une sorte d’ap­pa­reil sous-cu­ta­né re­lié à ce nerf, au ni­veau du tho­rax, et qui a pour ob­jec­tif de ré­duire le dé­clen­che­ment des crises. Une autre mé­thode thé­ra­peu­tique, nou­vel­le­ment in­tro­duite, est la sti­mu­la­tion cé­ré­brale en ré­ponse aux dé­charges épi­lep­tiques (Res­pon­sive brain sti­mu­la­tion). Ré­ser­vée aux cas très dif­fi­ciles qui ne ré­pondent à au­cun des trai­te­ments men­tion­nés pré­cé­dem­ment, cette mé­thode a re­cours à un im­plant in­tra­crâ­nien qui va dé­tec­ter, via deux élec­trodes, l’ori­gine de la dé­charge puis sti­mu­ler la ré­gion ayant dé­clen­ché la crise et ar­rê­ter cette der­nière.

UNE MA­LA­DIE MUL­TI­FAC­TO­RIELLE. Les fac­teurs à l’ori­gine de l’épi­lep­sie sont mul­tiples. Alors que l’hé­ré­di­té joue, certes, un rôle im­por­tant, d’autres élé­ments contri­buent au dé­ve­lop­pe­ment de la ma­la­die: des ac­ci­dents lors de la gros­sesse, la prise de cer­tains mé­di­ca­ments, une forte fièvre, sur­tout chez les en­fants (me­nant à une convul­sion fé­brile), la prise d’al­cool, le manque de som­meil, cer­tains jeux vi­déo, des tu­meurs du cer­veau, etc.

Des crises de quelques se­condes peuvent sur­ve­nir entre l'âge de 5 et 10 ans, mais dis­pa­raissent gé­né­ra­le­ment dès l'âge de 12 ans. VRAI

Les convul­sions ne sont pas symp­to­ma­tiques de l'épi­lep­sie, les crises pou­vant se ma­ni­fes­ter par une perte de conscience, un re­gard fixe, ou des hal­lu­ci­na­tions. FAUX

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